Marc Villemain - Ceci est ma chair

Ceci est ma chair

Marc Villemain

Editions Les pérégrines

septembre 2021

296 pages

ISBN: 9791025205310

 

4ème de couverture :

Face à l’épuisement des ressources et à la multiplication des pandémies, les habitants de Michão firent sécession du reste du genre Homo, lors de ce que l’on appela la Seconde Résurrection. Grâce au cannibalisme hygiéniste et méthodique, degré ultime du processus civilisationnel, le duché devint florissant. En l’an 150 de la Seconde Résurrection, alors que tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, un attentat détruit le complexe carnologique de la dit-cité de Marlevache, tuant vingt-trois Marlevachien·chiennes. Qui peut bien avoir commis un acte si barbare ?

Ce roman aux allures de conte philosophique cannibale et aux accents rabelaisiens est porté par la langue espiègle et truculente de Marc Villemain. Mais derrière la farce, la tragédie n’est jamais bien loin.

L’auteur  :

Ecrivain, éditeur et critique littéraire, Marc Villemain est notamment l’auteur de Et que morts s’ensuivent (Seuil, Grand Prix SGDL en 2019) Il y avait des rivières infranchissables et Mado (Joëlle Losfeld 2017 et 2019, prix de l’Académie de Saintonge).

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Dystopie, uchronie ? Non. conte épicurien, oui.

« Comment continuer à nourrir nos chers animaux tout en cohabitant avec des humains qui prolifèrent comme des lapins à la saison chaude ?… Il (le duché) prohiba la consommation de toute viande animale » La cause de la défense animale a été entendue, celle de la surpopulation endiguée à Michão!

Petit rappel historique : Les habitants se nomment les Restaurés « Ainsi baptisés à la suite de la fondation il y a cent cinquante ans du duché de Michão, conséquence de cette période que l’histoire a retenue sous le nom de Troisième Restauration. » Nous sommes dans les années 2100

Les habitants semblent vivre heureux depuis la Seconde Résurrection où ils ont fait sécession avec le reste de l’humanité. Chez eux, plus de problème de surpopulation, et de crise alimentaire le problème est réglé car ils sont cannibales. Oui, vous avez bien lu. Oh là, je vous vois venir avec vos délires de chasse à l’homme et que sais-je encore… Non, non, c’est un cannibalisme heureux. D’ailleurs, la fierté d’une famille de 3 enfants est de donner le second enfant à déguster « Le deuxième enfant d’une fratrie est constitutionnellement sacrifié lorsqu’il accède à la majorité, soit le jour de ses quatorze ans, âge auquel la chair, en sus de ses qualités gustatives assez remarquables, procure les meilleurs avantages comparatifs. ». Par ailleurs, aucune violence inutile, tout est fait dans les normes sanitaires draconiennes. Il y a des abattoirs, la viande est vérifiée,les « clients » sont volontaires.

Tout va bien dans le meilleur des mondes de ce petit conté d’irréductibles gaulois sécessionnistes jusqu’au jour où un complexe carnologique explose. Dès le début de ce chapitre, je n’ai pu m’empêcher de penser au Bataclan dans la description du carnage, toute ressemblance avec des évènements récents est voulue. Pourquoi cet attentat car il s’agit bien d’un attentat ? Le Conté a son lot de détracteurs au sein de ses habitants, ses ultras, prêts à tout. C’est que, la vie que mène ses habitants n’est pas du goût de tout le monde. Gustave du Gonzague, le Dépariteur (chef du dit duché de Marlevache) y va de son discours pour honorer les morts avant que d’en manger les restes. « Entrelardant son discours d’allusions à quelque groupuscule anti cannibale,… Le cannibalisme est l’apogée de l’humanisme, le stade avancé d’une civilisation qui, pour la première foie dans l’Histoire, offre à ses membres une sépulture digne de ce nom et ne les livre pas sans honte aux lombrics et à la putréfaction ».

Dans une langue précieuse, mais pas châtiée, ni châtrée, Marc Villemain en usant force calembours, jeux de mots, réécriture de chansons populaires (ou pas), raconte la vie de ce petit conté qui a des airs de village gaulois par les banquets, viandes, même le barde est là (Je sais, mauvais jeu de mots). Basile du Blaise, c’est son nom est en même temps le curé, pardon le Spirite, avec un S en début de mot.

J’aime que l’on s’amuse avec la langue française, qu’on la triture, la malaxe, la détourne (en tout bien tout honneur), cela donne beaucoup de légèreté à son livre et Marc Villemain le fait si bien. Il

n’emploie jamais le je, raconte, met les personnages en scène, en fait, de temps à autre, une pièce de théâtre. Entre truculence, gauloiserie et tragédie, il conte l’histoire de ce conté florissant, et en profite pour faire une satire à la fois politique, religieuse, sociétale de nos relations humaines.

Liliane, fais les valises, on rentre à la maison » Tout de suite M’sieur Marchais. Bien sûr cela ne dit rien au moins de quarante ans et plus si affinité,… Mais il a fait les beaux jours de l’O.R.T.F. !

Merci Marc Villemain pour ce roman qui m’a littéralement ravie. Je n’ai pas que souri, j’ai ri et, j’aime le politiquement incorrect….que cela fait du bien. Imaginez-vous, regard concupiscent devant un homme ou une femme, admirant ses courbes, sa plastique et... !! Tiens, en mignardise, je me « suçoterais » bien un petit pénis farcis !

Oui, je fais de ce livre un coup de cœur, j'aime l'impertinence et ce livre n'en manque pas

J’ai déjà lu et apprécié « Il y avait des rivières infranchissables », dans un tout autre style

 

 


 

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V
eh bien, un "conte philosophique cannibale et aux accents rabelaisiens" ? Si en plus, on s'amuse avec la langue, je signe tout de suite !
Répondre
Z
Oh oui, signe !
M
Je ne connais pas encore cet auteur, mais je ne dis pas non pour le découvrir un jour...
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Z
Il y a beaucoup de poésie dans ses livres, même dans celui-ci
A
Tu te « suçoterais » bien un petit pénis farcis ! : Non ?!
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Z
Meuh si !!!
L
Je ne connaissais pas du tout mais tu me donnes envie de le lire.
Gros bisous !
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Z
Rabelais n'a qu'à bien se tenir !!!
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