Isabelle Flaten - Un honnête homme

Un honnête homme

Isabelle Flaten

Editions Anne Carrière

mars 2023

221 pages

ISBN : 9782380822878

 

4ème de couverture :

Une petite bourgade de province, ses notables, ses domestiques et sa rumeur. Charles Bovary, un jeune homme mal assuré, vient s’y établir à l’issue de ses études, suivant docilement la voie que sa mère a tracée pour son fils unique. Il épouse en premières noces une femme plus âgée que lui et richement dotée. Mais, en âme sensible et dévouée, Charles rêve de grand amour et veut fonder une famille. Dans un exercice virtuose, l’auteure réécrit l’histoire de Madame Bovary du point de vue de Charles et dresse le portrait d’un homme, au xixe siècle, qui peine à remplir le rôle que la société lui a assigné. Différent et vulnérable dans les sentiments qu’il exprime, dans la place qu’il donne à l’amour et au désir, Charles Bovary émerge d’entre les lignes du récit conté par Isabelle Flaten comme un homme de notre temps

L’autrice (site de la maison d’édition) :

Isabelle Flaten est née à Strasbourg au milieu du siècle dernier. Après une première vie à cultiver sa flemme, elle a décidé pour la seconde de cultiver ses chimères et s’est mise à écrire. Elle a publié plusieurs romans, qui ont été remarqués des libraires, à La dernière goutte, au Réalgar et au Nouvel Attila. Un honnête homme est son treizième roman.

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Isabelle Flaten donne voix et vie à Charles Bovary

Quelle belle idée que de vouloir sortir Charles Bovary du flou où l’a positionné Flaubert, quel jeu difficile que de vouloir le faire vivre sans copier Flaubert ! Isabelle Flaten y arrive fort bien et son livre, d’une lecture très agréable, éclaire un homme attachant.

C’est le vœu de sa mère qu’il soit médecin, il ne sera qu’officier de santé, mais qu’importe, elle le marie avec une riche veuve plus âgée que lui, revêche pour augmenter le plaisir. Il passe de sa mère à sa femme sans qu’on lui demande son avis. Que voulez-vous, c’est un bon fils ! Mais attention, ce n’est pas un benêt, un niais, un sot… C’est seulement un bon fils qui apprécie la simplicité, une certaine tranquillité et, surtout, qui voudrait être heureux et…. qui laisse faire la vie.

Et puis vient Emma, fille d’un de ses patients. Dès le premier regard, il sait qu’il est amoureux, épris d’elle et que c’est pour la vie. « Au fil de leurs rencontres, cela se confirme, entre Emma et lui les choses se passent à merveille. »Pour une fois, il se sent acteur de sa vie. Il épouse la jeune fille une fois le délai séant passé. Après quelques mois d’un bonheur parfait, il se rend compte, sans se l’avouer, qu’il n’arrivera jamais à contenter son Emma. Il paiera très cher pour cela. Heureusement, partir au galop sur son cheval, visiter ses malades, les recevoir dans son cabinet le remplissent d’une joie pure et simple. Lui qui a embrassé l’état de médecin pour faire plaisir à sa mère, le devient par passion et s’abonne à plusieurs revues pour augmenter son savoir. Oui, c’est un bon médecin.

Lui qui rêvait d’une vie harmonieuse avec femme et enfants, se retrouve avec une seconde épouse bipolaire, des dettes abyssales, alors, qu’en épousant Emma, il pensait reprendre la main sur sa vie réglée par sa mère. La naissance de leur fille ne change rien au programme. Mauvaise épouse, elle sera mauvaise mère

Isabelle Flaten connaît très bien Madame Bovary, elle décortique les mœurs de l’époque, le mariage arrangé auquel Charles se plie parce qu’il ne connaît pas autre chose. Charles fait partie des notable de cette petite ville provinciale. De ce fait, il est suivi par tous les yeux des voisines qui cancanent à cœur joie lorsque tout va mal.

Gustave Flaubert, lorsqu’il écrit Madame Bovary dépeint les mœurs de l’époque avec une joie féroce, mais… en homme de son temps, y semble bien à l’aise.

J’ai aimé cette lecture, cette revisite côté Charles. L’écriture d’Isabelle Flaten est dansante, changeante, légère avec une touche d’ironie. Comme un impressionniste, elle dépeint Charles par petites touches, sans s’appuyer, tout en lui donnant de la profondeur. Elle fait le portrait d’un homme plus complexe, fragile, mais bien campé dans sa campagne normande. Roman miroir dont j’ai apprécié la pirouette finale malicieuse

Un livre, une écriture qui furent un grand moment de plaisir

Livre lu dans le cadre d’une opération Lecteurs.com que je remercie vivement comme les Editions Anne Carrière.

J'ai retenu Adelphe à la bibliothèque

 


 

 

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A
J'en avais entendu parler, et je trouvais que c'était une bonne idée. Mais je n'avais pas poussé plus loin.
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Z
Je pense que tu devrais, ne serait-ce que par la très belle écriture d'Isabelle Flaten
N
Je suis contente que tu envisages de lire Adelphe, c'est un livre auquel je reste très attachée malgré le temps et les lectures qui se sont accumulées entre temps...
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Z
Il est retenu
A
En général je n'aime pas trop ce genre de détournement, mais ici ça a l'air plutôt bien fait et ce pauvre Charles méritait bien que l'on s'intéresse à lui autrement que Flaubert ..
Répondre
Z
Tout-à-fait, ce fut une longue et houleuse discussion avec mon prof de français en seconde
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