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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #editions albin michel

M.C. Beaton - Pour le meilleur et pour le pire

25 Juin 2017, 15:58pm

Publié par zazy

Pour le meilleur et pour le pire

M.C. Beaton

Editions Albin Michel

Juin 2017

288 pages

ISBN : 9782226329967

 

4ème de couverture

Incroyable mais vrai : James Lacey, le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin ! 

Hélas, le conte de fées est de courte durée : au moment où les tourtereaux s’apprêtent à dire «  oui  », Jimmy, l’ex-mari d’Agatha, surgit en pleine cérémonie… Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha, désespérée, au pied de l’autel.

Le lendemain, Jimmy est retrouvé mort au fond d’un fossé. Suspect n°1, le couple Agatha-James se reforme le temps d’une enquête pour laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire

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Agatha Raison, pour une troisième fois est de retour entre mes mains.

Agatha Raisin va se marier avec le beau James Lacey ! Et elle a la peur au ventre car, mais oui, chers lecteurs, Agatha est TOUJOURS mariée à Jimmy Raisin. Quoi, notre anglaise va être bigame ? Ce n’est pas possible, elle est inconsciente ! Oui, elle l’est, surtout lorsqu’il s’agit du futur marié et qu’elle voulait penser fermement, qu’il était mort.

Heureusement, elle a Roy, un « bon ami » qui enquête sur Jimmy et qui le retrouve clochard sous un pont à Londres où il lui annonce le futur mariage d’Aggie. Pensez donc, le premier débarque justement le jour de la noce et

« Votre mari est ici, Agatha. Jimmy Raisin est présent. »
Agatha promena autour d’elle un regard hébété. « Il est mort, Jimmy est mort. De quoi parle Fred ?
- C’est moi, Aggie, ton mari », dit Jimmy en lui brandissant son extrait d’acte de mariage sous le nez. »

devant toute l’assistance « Espèce de salaud, je vais te tuer. » Phrase on ne peut plus normale et malheureuse devant l’assistance  et de l’intrus.

Le problème, c’est que le lendemain, Jimmy est retrouvé mort, refroidi, dans un fossé où Agatha était venue se promener quelques heures auparavant et qu’elle l’a giflé et entaillé la lèvre en présence d’un agriculteur qui montait la côte sur son tracteur.

Hou la la ! ça va mal pour notre héroïne, elle est dans de sales draps car inculpée pour le meurtre de son mari. Oh pas longtemps car

« Je retire l’inculpation contre vous, Mrs Raisin, faute de preuves suffisantes, mais je dois vous demander de ne pas quitter le territoire national. »

Pour le reste, comme je ne veux pas divulgâcher (j’adore ce terme) vous n’en saurez pas plus venant de moi. Car oui, Agatha Raisin va enquêter

Ce n’est pas le suspens du siècle car je connais la trame des histoires de notre pétulante enquêtrice. Je sais qu’elle trouvera la clé. Ce que j’apprécie c’est cet humour so british, l’écriture pétillante, qui en font une lecture très plaisante. Alors, je ne boude pas mon plaisir et j’en redemande.

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Sarah Barukh - Elle voulait juste marcher tout droit

20 Juin 2017, 14:50pm

Publié par zazy

Elle voulait juste marcher tout droit

Sarah Barukh

Editions Albin Michel

Février 2017

432 pages

ISBN : 9782226329769

 

4ème de couverture :

1946. La guerre est finie depuis quelques mois lorsqu’Alice, huit ans, rencontre pour la première fois sa mère. Après des années à vivre cachée dans une ferme auprès de sa nourrice, la petite fille doit tout quitter pour suivre cette femme dont elle ne sait rien et qui lui fait peur, avec son drôle de tatouage sur le bras.

C’est le début d’un long voyage : de Paris à New York, Alice va découvrir le secret de son passé, et quitter à jamais l’enfance.

Comment trouver son chemin dans un monde dévasté par la guerre ? Avec une sensibilité infinie,  Sarah Barukh exprime les sentiments et les émotions d’une enfant prise dans la tourmente de l’Histoire.

Un premier roman magistral.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Depuis l’enfance, Sarah Barukh a toujours aimé les histoires, celles qu’on lui contait ou celles qu’elle s’inventait. Elle a longtemps travaillé dans la communication, la production audiovisuelle et éditoriale. Elle voulait juste marcher tout droit est son premier roman.

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Mai 1943. Je découvre Alice, petite fille de 6 ans, laissée par sa mère, en nourrice chez Jeanne dans un petit village pyrénéens où elle va traverser la guerre. Jeanne son seul point d’ancrage qui répond à toutes les questions de l’enfant pas « Parce que c’est la guerre ». D’autres questions affluent lorsque, en 1946, sa mère, aussi maigre qu’un fantôme la récupère pour l’emmener à Paris. Une seconde vie s’offre à elle, où elle voit survivre et souffrir sa mère. Troisième départ lorsque sa mère est hospitalisée, presque mourante. Cette fois, direction les Etats-Unis chez son supposé père… Et d’autres péripéties.

Une lecture  émouvante, voire lacrymale. J’aurais préféré que l’auteure s’arrête plus profondément sur les personnages de Jeanne et de la mère revenue des camps et que le livre se termine là. Les péripéties américaines sont trop invraisemblables et la fin  un peu trop téléguidée.

Sarah Barukh sait très bien raconter de belles histoires car, à peine commencé, j’ai su que je ne fermerai pas la lumière tant que je n’aurai lu le denier mot. Pourtant c’est une lecture en demi-teinte. J’attends le second livre !

 

 

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Viveca Sten - Au coeur de l'été

27 Avril 2017, 13:20pm

Publié par zazy

Au cœur de l’été

Viveca Sten

Traduction Rémi Cassaigne

Editions Albin Michel

Mars 2017

416 pages

ISBN : 9782226318220

 

4ème de couverture :

Week-end de la Saint-Jean sur l’île de Sandhamn. Les jeunes fêtards ont envahi les pontons, le port grouille de bateaux blancs. Musique à fond et alcool à flots. Dans la foule, une jeune fille avance en titubant avant de s’effondrer sous les yeux de la police.
Pendant ce temps, Nora Linde s’apprête à célébrer la Saint-Jean avec son nouveau compagnon Jonas et sa fille Wilma. Mais la fête tourne au cauchemar lorsque, dans la nuit, Wilma disparaît. Le lendemain matin, le cadavre d’un garçon de seize ans est retrouvé sur la plage.
L’inspecteur Thomas Andreasson, l’ami d’enfance de Nora, est dépêché sur les lieux. Les premiers éléments de l’enquête lui en révèlent toute la difficulté, chacun ayant sa propre version des faits. Qui est la victime et qui le meurtrier de cette nuit d’été ?
Viveca Sten est désormais une figure incontournable dans le paysage du polar suédois : après Les Secrets de l’île, la nouvelle enquête de l’inspecteur Thomas Andreasson et de Nora Linde, le couple qui a inspiré la célèbre série télévisée Meurtres à Sandhamn diffusée sur Arte.

« Viveca Sten fait partie de l’élite des auteurs suédois. Si elle continue ainsi, elle sera bientôt à sa tête. » DAST Magazine

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La Saint Jean sur l’île de Sandhamn est un jour de fête, joie, plaisir, bonheur. Les choses peuvent déraper et beaucoup de policiers patrouillent pour essayer d’éviter tout débordement.

Victor, est l’adolescent d’une famille dont le père est toujours au boulot, ou ailleurs, la mère abonnée aux tranquillisants et au botox. A seize ans, il il ne veut pas aller avec ses parents chez des amis, d’ailleurs, il a prévu autre chose

« J’ai prévu de me barrer à Sandhamn avec Tobbe et des potes. Christoffer peut emprunter le bateau de leur vieux, ça déchire »

Oui, c’est ainsi qu’il parle à sa mère.

Wilma Sköld a quatorze ans et veut aller, elle aussi à la fête avec sa copine retrouver d’autres potes. Le père, divorcé, finit par accepter.

« Ça ira, si je rentre à deux heures du matin ? »

Le père cède encore mais la transaction donne une heure du matin.

Habillée et maquillée comme une poupée Barbie, elle file retrouver sa copine, après avoir piqué quelques bouteilles de vin à son père… Et la fête alors !!

Pourtant, au petit matin, un homme et son chien découvrent un jeune garçon mort, à moitié caché sous des branches et des passants ont trouvé Wilma totalement choquée. Que s’est-il passé ?

Ce qui devait être une fête, nature comme mon idéal suédois me poussait à le penser, est une beuverie monstre, une séance de shoot généralisée en plein air… Les clichés partent en mille morceaux et la jeunesse dorée s’envolent dans les paradis artificiels et dangereux.

Andreasson et Linde enquêtent, fouillent plus profond malgré une évidence qui s’impose rapidement. D’indices en fausses pistes, de témoignages en  auditions, de grains de sable en nuits blanches, le dénouement, inattendu pour ma part, arrive.

Viveca Sten plante le décor dès le début, la fête, les familles éclatées, les parents qui s’occupent plus de leurs personnes que de leurs enfants,  « pauvre petite fille riche » pour parodier un chanteur. Un gamin qui reçoit du pognon en guise de bises parentales, la permissivité, bref une jeunesse dorée lors de la nuit de la Saint Jean. Les lendemains sont beaucoup moins dorés et ont une mauvaise haleine.

J’ai lu ce livre d’une seule traite car l’écriture de Viveca Sten m’a rendue dépendante. Il fallait absolument que je sache. L’écriture, donc la traduction, est vive, alerte. Les chapitres courts donnent beaucoup de rythme. Le ton est juste. J’ai visualisé l’enquête comme j’aurais pu la regarder à la téloche.

Attention, maintenant, je vais enfoncer une porte ouverte… Merci à toi ami lecteur qui prendrait de mes nouvelles de mon exploit. Pourquoi chers auteurs, vous en prendre ainsi aux estomacs de vos enquêteurs en leur faisant ingurgiter de la bouffe infâme ?

Enquêtrices, enquêteurs de tous les pays, unissez-vous pour exiger de vos auteurs, la fin des sandwichs de mauvaise qualité, la bière tiédasse, les cafés qui sentent le carton !

Un très bon moment de lecture et une nuit blanche des plus agréables. Vive le polar suédois ! Je vais essayer de dénicher les précédents tomes.

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Sébastien Gendron - Révolution

28 Janvier 2017, 23:06pm

Publié par zazy

Révolution

Sébastien Gendron

Editions Albin Michel

Janvier 2017

400 pages

ISBN : 9782226393258

 

4ème de couverture :

Debout au milieu d’un pont autoroutier, jambes légèrement écartées, corps dressé, bras droit le long de la hanche, bras gauche replié soutenu par une orthèse, Pandora Guaperal a un Glock 23 posé sur la tempe, chien relevé, balle wadcutter dans la chambre, index sur la queue de détente réglée à un kilo de pression, cran de sûreté en position on.
Face à elle, à la sortie du tunnel, un véhicule approche. Derrière lui, des milliers d’autres dont le seul horizon est la route des vacances.
Pandora est prête : la révolution n’attend pas. Et elle vaut bien une balle dans la tête.

Pour résister à l’absurdité du monde, Sébastien Gendron, l’auteur de Road Tripes et de La Revalorisation des déchets, a lui aussi une arme : nonsense et subversion dans une comédie noire, entre Frédéric Dard et les Monty Python.

L’auteur (site de l’éditeur)

Sébastien Gendron est l'auteur d'une dizaine de romans noirs. Il est aussi réalisateur, scénaristes et chroniqueur. Il puise tour à tour son inspiration chez les Monty Python, le cinéma américain des années 1970, les livres de Jean Echenoz, Jean-Patrick Manchette, Jean-Bernard Pouy, Tim Dorsey, Jim Thompson et Philippe Djian. Soit un univers unique aux accents volontiers loufoques.

Il a publié Road Tripes (2013) puis La revalorisation des déchets (2015) aux éditions Albin Michel. Il écrit également pour la jeunesse.

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Nous ne sommes pas en mai, mais je me suis fait une petite révolution avec Sébastien Gendron pas piquée des vers ni des hannetons !

Pandora Guaperal et Georges Berchanko ont un cursus non négligeable, pourtant, ils n’ont pas trouvé de boulot à leur hauteur et se retrouvent à faire de minables mission chez Vadim Interim. Ils ont une bonne instruction, un bon niveau, mais, ils se sont trouvés parmi les laissés pour compte parce que trop ou pas assez.

« Parce qu’à l’origine Georges n’est pas manœuvre, c’est même tout le contraire. Il est ingénieur informaticien. ».

Gorges se retrouve, malgré lui, embarqué dans une histoire qui l’a totalement dépassé, mais je crois qu’il est souvent dépassé,  Résultat final deux morts et un copain, voyelle. Non, ce n’est pas un chien, mais un colosse attardé mental qui ne peut aligner deux mots.

Quant à Pénélope, joli prénom n’est-il pas, elle a pour mission d’abattre le calvaire de Marjovent pour y construire le minaret de la nouvelle mosquée. Pandora a failli se faire lyncher à la fin, on ne s’attaque pas à un emblème catholique. Plus qu’énervée, elle  défonce à la pelleteuse, qu’elle conduit de main de maître, la maison de son exploiteur, le sieur Vadim qui a pris la tangente. J’ai oublié, elle est également championne de tir, cela a son importance dans l’histoire

« J’attends que les gens fassent la révolution. Et je ne bougerai pas d’ici tant qu’ils auront pas commencé. »

Ah ces jeunes et leur révolution !! Mais vous n’y êtes pas du tout chers amis ! Pandora et Georges sont quadras, ce ne sont plus des perdreaux de l’année. Cela n’empêche pas que de boulot de merde en boulot de forçat…

« J’en ai rien à foutre d’être traitée d’extrémistes par des gens qui manipulent l’information pour effrayer tout le monde. Moi, ce que je veux, c’est que les gens se révoltent. Dans ce pays, c’est tout à fait légitime. Des révolutions ici, il y en a eu et elles ont changé le monde. Regardez ce que la France est devenue depuis. Vous vous souvenez de cette ministre de l’Intérieur qui proposait au Parlement d’envoyer nos experts de la police nationale pour aider Ben Ali à mater la révolution tunisienne ? Une ministre de la V° République, héritière directe d’une démocratie qui s’est construite grâce à un soulèvement populaire plus de deux cent ans auparavant ! Notre classe dirigeante ressemble de plus en plus à celle qu’on a envoyée à la guillotine en 1789. Des gens qui n’ont plus aucun rapport avec le peuple et un peuple qui les traite de pourris et s’éloigne de plus en plus des urnes. Vous trouvez ça normal ? Pas moi. Je trouve ça à vomir. »

Donc, Pandora se trouve au beau milieu de la chaussée sur l’autoroute A53, viaduc de Saint-Maxence avec un pistolet sur la tempe. Vous imaginez l’embouteillage que cela peut créer des deux côtés car, il faut compter avec les curieux circulant en sens inverse. Tout cela baigné par la musique protestataire lancée par l’animateur d’une radio locale qui a baptisé Pandora « Lady Gun ».

Ces ingrédients auraient pu faire un livre marrant, avec suspens et cela aurait été simplement burlesque rien qu’en imaginant une quadra avec un pistolet à la tempe causant un embouteillage monstre avec tout ce qui cela peut sous-entendre. Oui, mais voilà, Sébastien Gendron laisse percer certaines vérités. Personne ne bouge, tout le monde râle, se dispute entre voisins de queue, mais sans plus de panache, chacun pour soi et Dieu pour eux. Certains iront même jusqu’à extraire violemment de leurs voitures des mecs en costume trois pièces avec grosse voiture, des décideurs pour eux. Une autre forme d’action qui rappelle certaines périodes peu glorieuses. Tout autour de Pandora et Georges il y a une galerie de personnages  dont la journaliste opportuniste, Voyelle, un médecin urgentiste, un mercenaire étranger à la solde du patronat….

Un livre lucide, loufoque, un brin acide à l’humour noir décapant lu d’une seule traite qui ne se laisse pas oublier facilement.

 Sébastien Gendron et les éditions Albin Michel m’ont offert une belle nuit blanche (beaucoup en ce moment). Un livre qui a du corps, de la tripe.

Le troisième quart, il finira dans mes impôts. C’est normal sauf que ces impôts, l’Etat en refile une partie aux banques pour les sauver, ces mêmes banques qui refusent de prêter de l’argent. L’Etat en refile une partie entre autre à l’industrie automobile qui licencie à tour de bras. L’Etat en refile une partie à des entreprises qui sont en train de se barrer de l’autre côté de la Méditerranée parce que les ouvrier français ne sont pas compétitifs. Et ces ouvriers français, qui voient leurs entreprises délocalisées, parce que c’est la crise, ils ont pourtant accepté de bosser plus sans être payés davantage. Même les syndicats leur ont dit que c’était la seule chose à faire. On les fout à la porte ou on leur propose d’aller bosser ailleurs, à des centaines de kilomètres de chez, à l’autre bout de la France, voire à l’étranger. S’ils refusent tant psi pour leur gueule.

Tout le monde cède, parce que tout le monde a peur. Voilà ce qui se passe. Tout le monde vit courbé en deux.

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Eric Pessan - La nuit du second tour

25 Janvier 2017, 09:44am

Publié par zazy

La nuit du second tour

Eric Pessan

Editions Albin Michel

Janvier 2017

176 pages

ISBN : 9782226328700

 

4ème de couverture :

Le soir du second tour des élections présidentielles la ville s’embrase, le pire est arrivé. David se retrouve à déambuler face aux émeutes et à sa vie ratée. Mina, elle, a préféré s’embarquer sur un cargo pour les Antilles pour ne pas assister à la débâcle. Deux êtres en proie à l’impuissance d’aimer qu’une nuit de cataclysme va profondément changer. Deux voyages intérieurs qui s’entremêlent en fiévreuses et subtiles sinuosités.
Eric Pessan poursuit une œuvre singulière, souvent mélancolique, explorant les liens étroits entre la vie intime et le désarroi collectif, qui empêche parfois jusqu’à la possibilité de se réinventer.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Roman, essai, livre de jeunesse, théâtre, poésie... Eric Pessan s'est essayé avec bonheur à de nombreux genres littéraires.
Il anime régulièrement des ateliers d'écriture, participe à des créations théâtrales et collabore à plusieurs revues littéraires.

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2017, nous élirons notre futur(e) Président(e) de la République et le scénario du livre pourrait devenir réalité.

Un homme découpe sa carte d’électeur en petits morceaux avec de gros ciseaux, un couple pleure, d’autres crient leur colère ou manifestent. Oui, c’est arrivé, le pays a basculé du côté de l’extrémisme. « Chacun a les dirigeants qu’elle mérite, crie un homme caché par l’ombre d’un mur. »

David erre à travers les rues de la ville seul, se fait apostropher par des clochards, pardon SDF, ou par des personnes qui, comme lui, ont perdu tous leurs repères. David cet homme qui ne sait jamais dire non à son patron, qui part travailler la boule au ventre, revient lessivé avec toujours la même boule au ventre qui a encore grossi. Cet homme est gris, insipide à force de renoncement. Même Mina, il a réussi à la perdre à force de se taire, de ne pas s’expliquer, de renoncer. C’était pourtant une belle histoire d’amour entre eux. Mina aurait bien voulu tout partager avec David, mais voilà, le mur est devenu opaque à force de ne pas se parler, ne pas se confier. « Peut-être qu’avec David ils ont manqué d’endurance, qu’ils se sont essoufflés trop vite, qu’ils n’ont pas su faire front ensemble. A force d’humiliations minuscules, chacun n’avait plus assez d’estime de soi pour supporter d’être aimé. » Elle est partie, retournée chez ses parents, les écouter, les regarder s’engueuler, plutôt son père gueuler, exiger…

Le jour des élections, elle est partie sur un cargo direction les Antilles pour ne pas savoir, ne pas voir, ne pas connaître le résultat. Quitte à être seule, au moins l’être au milieu de nulle part sans apercevoir la terre ; la mer, encore la mer, toujours la mer.

Pourtant,  ils sont encore connectés, encore liés. Ils ne peuvent s’empêcher de penser l’un à l’autre, de sentir, voir les mêmes choses à peu près au même moment. Lui « Faiblement éclairé, son reflet n’a que des trous  la place des yeux », elle « Mina chercher son regard dans le reflet d’un hublot, ne voit qu’une vague figure percée de trous béants. ».

A terre, les français se réveillent avec la gueule de bois. Ils se ruent dans la rue, les pour, les contrer, les autres.  Le pays se retrouve coupé en deux. Ceux qui ont voté pour et les autres.

Eric Pessan l’écrit dans le dernier chapitre, cite une phrase de Tristan Bernard « Agé de presque quatre-vingts ans, arrêté durant l’Occupation pour être déporté à Drancy, l’écrivain aurait déclaré à son épouse : Jusqu’à présent nous vivions dans l’angoisse, désormais, nous vivrons dans l’espoir »

Certains chapitres, commençant par « Il y a le feu sur terre sont écrits avec des paragraphes qui ne se terminent pas par des points,  pour mieux faire ressortir l’urgence, l’essoufflement, le trouble suite aux résultats du second tour des élections présidentielles.

 

‘Qui a envie de voter pour quelqu’un qui annonce d’emblée de ne pas pouvoir contrer la financiarisation du monde ? Qui a envie de s’engager pour quelqu’un qui est à demi dans le renoncement ? Qui veut soutenir quelqu’un qui ne parle que de rigueur, de crise, d’austérité, dans un monde que l’on sait prospère et florissant comme jamais le monde ne l’a été ?

A force d’oublier qu’ils doivent faire rêver, les partis traditionnels ont enfanté un cauchemar. »

J’ai découvert Eric Pessan avec Muette, un superbe livre aux petites phrases quotidiennes et assassines. La nuit du second tour est un roman intense et engagé, peut-être pour nous dire réveillons-nous avant qu’il ne soit trop tard..

Et vous, que feriez-vous  si cela arrivait ?

Les éditions Albin Michel ont publié un livre engagé. La littérature sert à ça aussi.

« Ceux qui gouvernent comme ceux qui voulaient gouverner ont infantilisé le mécontentement, se sont amusés des grands élans don quichottesques de ceux qui voulaient changer le monde. Ils ont dit de ne pas bouger, de ne rien faire, de se contenter de voter et de ne surtout pas venir exprimer de déception. Ils ont dit qu’il fallait participer, aider, collaborer, accompagner, promouvoir. Ils ont rabâché que les temps n’étaient plus au faste et au luxe sans jamais apporter la moindre preuve. Les partis politiques traditionnels n’ont pas su offrir un sourire, une joie, ou –à défaut- l’espoir d’une joie possible à ceux qui en avaient besoin, se dit David. »

« A force de trahisons, à force de renoncements, à force d’immobilisme, à force de réalisme, à force de donner l’impression qu’ »ils n’y sont pour rien, à force de laisser croire qu’ils ne peuvent absolument pas influer sur l’ordre des choses, à force d’orgueil, à force de dédain, à force de répéter qu’ils ne sont pas responsables, à force de morgue et d’ignorance, les partis politiques traditionnels ont fini par provoquer la catastrophe, se dit Mina. »

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Catherine Hermary-Vieille - D'or et de sang, la malédiction des Valois

18 Novembre 2016, 13:37pm

Publié par zazy

D’or et de sang

La malédiction des Valois

Catherine Hermary-Vieille

Editions Albin Michel

Octobre 2016

384 pages

ISBN : 9782226323897

 

4ème de couverture :

Ils ont été les derniers rois de la Renaissance. Violents, cruels, dégénérés, soumis à la férule de Catherine de Médicis, mère abusive, régente ambitieuse, qui tiendra jusqu’au bout un pouvoir que ses fils étaient incapables d’assumer. François II, Charles IX, Henri III, le duc d’Anjou… tous disparaitront dans la fleur de l’âge, assassinés, emportés par la maladie ou la folie.

 Libre, rebelle, sensuelle, leur sœur Marguerite, « la perle des Valois », affiche une vie dissolue, collectionnant les amants. Elle acceptera pourtant de se plier à la raison d’Etat en épousant Henri de Navarre, le futur Henri IV.

Femme fatale, la reine Margot domine l’extraordinaire roman de Catherine Hermary-Vieille qui nous plonge dans les fastes et les horreurs d’une cour de France hantée par les espions, les empoisonneurs et les spadassins, gouvernée par des fauves sanguinaires qui s’entredéchireront jusqu’à la mort de leur dynastie. 

L’auteur (site de l’éditeur)

Depuis Le Grand Vizir de la nuit (Prix Femina 1981), Catherine Hermary-Vieille alterne biographies et romans : La Marquise des ombresL'Infidèle (Grand Prix RTL), Un amour fou (Prix des Maisons de la Presse), La BourbonnaiseLes Années TrianonMerveilleusesLe siècle de Dieu, etc.

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François II est mort. Marie Stuart, sa veuve, retourne à Edimbourg dans l’espoir d’un nouveau mariage. Catherine de Médicis, devenue régente, espère encore et toujours trouver un terrain d’entente entre huguenots et catholiques alors que le colloque de Poissy a échoué. Commentaires du duc de Guise. « Nous avons beaucoup perdu, madame, insiste le duc de Guise. Ce colloque a offert un statut aux huguenots. Ils vont redresser la tête et leur orgueil n’aura plus de limites. Vous rendez-vous compte qu’ils représentent un danger mortel pour la monarchie, pour votre famille ? Ne faites pas l’erreur de vouloir boire à deux fontaines à la fois. »

Sous la plume de Catherine Hermary-Vieille, Catherine de Médicis brille par son intelligence quelque fois machiavélique. Elle tient à défendre l’intégrité du royaume et attend avec impatience l’arrivée, sur le trône, de son fils préféré, Henri III. « Grâce » à elle, ses fils s’entredéchirent, se haïssent. C’est elle qui tient le pouvoir, rien ne se fait sans son aval, ni sans l’avis de ses astrologues.  Sous le règne de Charles IX, après l’attentat manqué contre l’amiral de Coligny, et afin d’éviter que les Guise ne prennent le pouvoir,  elle pousse le roi à ordonner ce qui sera la nuit de la Saint Barthélémy  «Le danger est imminent, insiste Catherine. Usez, mon fils, du glaive que Dieu vous a confié pour l’élimination des mécréants ».

Margot épouse Henri de Navarre, protestant. Drôle de cérémonie de mariage où Henri reste sur le parvis pendant que Margot entre à l’église seule. La belle et appétissante Margot a de multiples amants, ce n’est un secret pour personne. Elle aime comploter, mais sans le talent de sa mère pour ce faire. Les relations entre la mère et la fille sont glaciales. « Catherine ne parvient pas à cajoler sa fille, une effrontée, coquette, trop avide de preuves d’amour. Ses élans l’agacent. Elle n’aimait pas que le feu roi Henri la prenne sur ses genoux par la mignarder, l’appelant « ma petite femme. Diane et Margot, deux voleuses. » Tout est dit dans cet extrait. Chez Diane de Poitiers, LA rivale, Margot trouvait la tendresse.

Le Louvre ? Un château où personne ne se sent à l’aise, où les mains et naines  des Valois espionnent tout le monde, où les murs ont des oreilles et des épées, un lieu sombre, froid, humide. Ainsi le Duc de Guise « ne se sent jamais à l’aise au Louvre. On a l’impression que des regards ennemis guettent sans cette une proie à abattre ». Cela devient pire avec l’accession au trône de Henri III et de ses Mignons « Margot retrouve l’atmosphère irrespirable de la cour…Henri et François s'affrontent en réalité par fidèles interposés. Il n’y plus de banquet, plus de bal où des insultes ne soient prononcées ou des défis inacceptables ne soient lancés en présence même du roi. »

En lisant, je visualise Catherine de Médicis, par monts et pas vaux et par n’importe quel temps, dans sa voiture allant parlementer, essayer, encore et encore, d’arranger les choses à sa sauce. « Catherine monte en voiture. Son obésité, ses rhumatismes, ses maux d’estomac sont d’incessantes incommodités, mais a-t-elle le choix ? »

D’or et de sang, la malédiction des Valois,  baigne dans une atmosphère lourde, noire, faite de complots, d’assassinats, de vengeance, de guerre. Charles IX sur son lit de mort dit à sa nourrice : « Ah ma nourrice, chuchote Charles, ma mie, que de sang et que de meurtres ! Ah, que j’ai eu un méchant conseil ! »  Avec la mort de Henri III, la sulfureuse dynastie des Valois s’éteint, les Bourbons arrivent au pouvoir avec Henri IV. Un livre où il est beaucoup question de différentes religions, de guerre de religions, un sujet très actuel.

Grâce à l’écriture classique et belle de Catherine Hermary-Vieille, j’ai lu cette fresque historique avec grand plaisir et des nuits écourtées

 

 

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Beaton M.C. - Agatha Raisin enuête - Randonnée mortelle

10 Novembre 2016, 14:58pm

Publié par zazy

Randonnée mortelle Agatha Raisin enquête

M. C. Beaton

Traduit de l’anglais par Jacques Bosser

Editions Albin Michel

Novembre 2016

252 pages

ISBN : 9782226322708

 

4ème de couverture :

Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds - et le non moins cher James Lacey. Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l’impression d’enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely.
Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d’affaires criminelles. Comme le meurtre d’une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs.
Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition. Mais la piste d’un tueur se perd aussi facilement que la tête ou… la vie !

L’auteur (site de l’éditeur) :

Née en 1936 à Glasgow, Marion Chesney alias M.C. Beaton a été libraire et journaliste avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne avec ses deux séries de romans policiers : Hamish MacBeth et surtout Agatha Raisin (plus de 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde).

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Chère Agatha Raisin,

Vos aventures sont arrivées à point nommé sur ma table de chevet. Après cette sensation d’étouffement due à l’actualité, j’avais besoin de respirer l’air pur, mais pas si calme, de votre campagne anglaise, ma propre campagne, pluvieuse, venteuse, ne favorise pas une sortie.

Je vous découvre  et, j’avoue, que vous ne déparez pas votre ancêtre, Agatha Christie, d’ailleurs vous en portez le prénom comme un hommage. Vous êtes aussi attachante qu’horripilante. Vous fûtes une femme d’affaire impitoyable, il suffit lire la façon avec laquelle vous retournez le journaliste mâle. Je vous comprends d’être heureuse de retourner dans votre maison, boire un coup, voire plus, au Red Lion…

L’enquêteur, Bill Wong,  en manque de moyens et d’effectifs, compte vraiment sur vous pour élucider les affaires à sa place. Ne serait-il pas un gros feignant, votre copain ? Mais, ces enquêtes vous plaisent tant, que ce serait dommage de ne pas vous les confier !

Comme vous, je suis sous le charme de James et je vois poindre, à la fin du livre, matière à un prochain opus, mais je n’en dis pas plus.

Occupons-nous de cette randonnée mortelle à Dembley. Jessica, présidente du groupe des marcheurs fait rouvrir tous les chemins de randonnée, occupé illégalement et en douce par les propriétaires terriens. Cela lui fait un certain nombre d’ennemis, d’autant que la donzelle a très mauvais caractère. Or, on retrouve Jessica morte dans le champ de colza de Sir Charles Fraith. Déborah, membre de du club des marcheurs vous demande d’enquêter et trouver le tueur ou la tueuse, ne soyons pas sexistes.

Votre « génitrice » M.C. Beaton écrit dans les gammes  de l’humour décapant, de la légèreté, de la gaffe, des contraires. Tout ceci est so British,  bien lié, très agréable à lire. Je vais remonter jusqu’au premier tome pour voir le genèse de votre vie, car Chère Agatha Raisin, vous me plaisez beaucoup, je crois que je vais devenir fan.

A très bientôt de vous lire dans de nouvelles aventures

Amicalement

Zazy

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Charles d'Ambrosio - Le musée des poissons morts

20 Septembre 2016, 17:17pm

Publié par zazy

Le musée des poissons morts

Charles d’Ambrosio

Traduction France Camus-pichon

Editions Albin Michel

Septembre 2016

292 pages

ISBN : 9782226328847

 

4ème de couverture :

Considéré comme l’un des maîtres de la nouvelle, Charles D’Ambrosio emporte l’adhésion par la puissance et la beauté de son écriture. Il met en scène des personnages confrontés à des relations complexes et des sentiments troubles. Graves ou ironiques, ces bribes d’existence sont autant de petits chefs-d’œuvre.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Originaire de Seattle, Charles D'Ambrosio est considéré comme un maître de la nouvelle. Lors de sa parution, Le Musée des poissons morts a été unanimement salué par la presse française et américaine, s'imposant aujourd'hui comme un classique.

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« Pour ma femme, impossible de dire « réfrigérateur ». Elle apprend. Alors elle dit « Le musée des poissons morts ». Cette phrase de Rigo a donné le titre au livre de Charles d’Ambrosio. Rigo, travailleur immigré sans papier, est technicien sur un plateau où l’on tourne des films pornos.

Huit nouvelles où les petites gens, les paumés, les laissés pour compte de la société américaine évoluent dans une atmosphère vraie. Les portraits dessinés sont criants de vérité, les personnages à la dérive, désorientés, s’accrochent au moindre bout de bois, près de la folie ordinaire à l’instar de ce scénariste à succès que la dépression conduit à l’hôpital psychiatrique qui s’éprend d’une danseuse qui pratique l’automutilation. Les repas familiaux sont acides, décapants "Là-haut vers le nord" et "Bénédiction". Un régal aigre-doux

Monsieur Drummond est réparateur de machines à écrire, comme son père l’était avant lui. Métier d’avenir s’il en est !! Petit à petit on comprend que son fils n’est pas l’oisif que l’on pourrait penser au début de la nouvelle, mais qu’il souffre de schizophrénie. Cet homme placide n’a aucun avenir dans son métier, ni aucun espoir avec son fils si ce n’est l’accompagner au fil des jours, de tout supporter seul car sa femme les a quittés. Il ne lui en veut même pas ! Je crois que c’est cela l’univers de ce livre, l’absence d’avenir, simplement vivre, supporter le présent. Superbe ! Charles d’Ambrosio m’a émue avec ces tranches de vie banales, ces portraits pas forcément sympathiques pour quelques uns. Il instille un crescendo, une bouffée de suspens et, à la fin, il y a la minuscule lumière de rédemption, d’amour, d’espoir ou simplement de vie.

Une superbe découverte. L’auteur ne demande pas de compassion pour ses personnages, simplement de les écouter vivre, de les aimer dans toutes les facettes qu’il propose et… ça marche. Ces tranches de vie ne sont pas misérables mais humaines.

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Joann Sfar - Comment tu parles de ton père

28 Août 2016, 14:25pm

Publié par zazy

Comment tu parles de ton père

Joann Sfar

Editions Albin Michel

160 pages

Août 2016

ISBN: 978-2226329776

 

4ème de couverture :

Papa est né l'année où tonton Adolf est devenu chancelier : 1933. C'est l'année où pour la première fois on a découvert le monstre du Loch Ness. C'est l'année, enfin, où sortait King Kong sur les écrans. Mon père, c'est pas rien. Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir et un père comme André Sfar. Ce livre pudique, émouvant et très personnel, est le Kaddish de Joann Sfar pour son père disparu. Entre rire et larmes.

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Je n’ai pas encore lu le chat du Rabbin, ni les autres… C’est grave docteur ?

Par contre, j’ai découvert Joann Sfar avec « L’éternel » qui m’a fait rire. J’ai aimé le style décalé Sfar , j’étais piégée. J’aime aussi l’écouter sur France Inter.

Revenons à son père, pardon, papa comme il dit. « Je vous signale que papa est né l’année où tonton Dolphi est devenu chancelier : 1933. »

Orphelin de mère très jeune, trois ans, son père lui a tu la vérité exhortant chaque membre de la famille à en faire autant. C’est finalement le grand-père qui, deux ans plus tard, lui dit la vérité

Un homme ou une femme adulte qui nomme son père, papa ou sa mère maman, cela m’a toujours interpellée quelque part. Est-ce le signe d’une relation intense ? Je ne saurais dire. Tiens, Joann Sfar, pourquoi écrivez-vous papa au lieu de père ? « J’ai eu un bon papa, mais je suis fou. C’est comme ça. Dieu me pardonne. Papa, je t’aime ».

Le livre se présente comme le Kaddish (4ème de couverture) que le fils doit réciter sur la tombe de son père, lors des funérailles. C’est un roman d’amour pour ce père qui l’a protégé et aimé.

Toujours ses mots à l’emporte-pièce qui font mouche, la dérision, comme pour les jeunes femmes des pompes funèbres, un régal « Je vous dois le plus grand four rire et sans doute la seule vraie érection de cette’ semaine funèbre » ou « Dans les années 30, la France a souhaité importer des médecins polonais, sans doute de la même façon qu’on a fait venir récemment des plombiers. » ou son prépuce dans une boîte à bijoux

J’ai aimé son raisonnement, sa conclusion sur la paix entre Israël et la Palestine : « Là-bas, il y aura a paix le jour où les gens le voudront bien. Et aujourd’hui, il ne veulent pas ». « Il y aura la paix lorsque les hommes oseront n’être plus d’aucun clan. Aucun de vous ne le souhaite. Ayez au moins la décence de cesser de pleurnicher. » Arguments marqués au coin du bon sens ! Joann Sfar, dans ce livre vous me donnez l’impression d’être redevenu le petit enfant de votre père, d’où votre vocabulaire : papa, zizi… de mots employé par les jeunes enfants. j’espère que le manque « C’est cela qui me manque depuis le décès de mon père : je ne parviens plus à avoir peur de quiconque. » ne vous empêchera pas de garder le petit enfant qui est en vous. « Il parait que c’est ça, devenir adulte : le père meurt, on n’a plus d’autre ennemi que soi-même ».

Il n’y a pas que le père et l’image du père dans ce livre, Joan Sfar pousse quelques coups de gueule sur la religion. La sienne et les autres « J’ai deux enfants qui s’en foutent d’être juifs, j’y ai veillé. » Pourtant, il en parle beaucoup dans le livre, « Je répète partout que la principale qualité du Christ, c’est la colère mais le message ne passe pas. » Ah bon ? J’aime vos réflexions, restez athée, païen, cela me plait.

J’ai trouvé, dans ce livre, beaucoup de l’humour de Philippe Roth, de Woody Allen. Peut-être est-ce ça l’âme juive, cacher ses sentiments derrière l’humour et les pirouettes.

J’ai lu ce livre d’une seule traite et je lui dois une nuit très écourtée et fort agréable.

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Thierry Maugenest - La cité des loges

8 Juillet 2016, 20:45pm

Publié par zazy

 

La cité des loges

Thierry Maugenest

Editions Albin Michel

Mai 2016

304 pages

ISBN : 9782226326157

 

4ème de couverture :

Venise, automne 1732. Les uns après les autres, des acteurs de la Commedia dell'arte disparaissent en pleine représentation. Pour Zorzi Baffo, le chef de la police criminelle, ce nouveau mystère pourrait être lié au destin tragique d'une jeune comédienne de passage dans la ville. Egaré dans les arcanes des scènes et des coulisses vénitiennes, l'enquêteur fait appel à Carlo Goldoni, dramaturge en pleine gloire, qui fut autrefois son adjoint à la chancellerie criminelle. La découverte d'un théâtre clandestin d'un genre très particulier précipite les deux hommes au cœur d'une affaire plus sombre encore...

Sexe, théâtre et politique... les clefs de la Venise dépravée et libertine du XVIIIe siècle. Après La septième nuit de Venise et Noire belladone, Thierry Maugenest, pour qui la Cité des doges n'a aucun secret, nous plonge dans une intrigue policière aussi enlevée qu'une pièce de Goldoni, aussi noire que les eaux de la Lagune.

 

L’auteur (site de l'éditeur) :

Fin connaisseur de la cité des Doges, Thierry Maugenest a publié une dizaine de livres parmi lesquels Venise.net (Liana Levi, 2003) couronné par plusieurs prix littéraires, Les Rillettes de Proust (Hugo & Co). Il vit entre Aix-en-Provence et Venise.
Dans La septième nuit de Venise (Albin Michel, 2014) et Noire Belladone (Albin Michel, 2015), il introduit dans la Venise du XVIIIe siècle, un nouveau couple d'enquêteurs : le commissaire Zorzi Baffo, à ses heures poète érotique, et son adjoint Carlo Goldoni, futur grand auteur dramatique.

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Nous sommes en automne 1732, Zorzi Baffo, chef de la « quarantial criminale » à Venise, libertin porté sur la rime, sort d’une nuit de débauche et trouve dans sa poche une lettre, annonçant la mort prochaine du marquis Brighelli.

« Zorzi gravit les marches de l’escalier des Géants avant de regagner son bureau de la chancellerie criminelle » et écoute les faits apportés par son secrétaire. Il a une vision très personnelle de sa charge et des peines qu’il doit infliger aux contrevenants et voleurs. « Je me moque des lois ! s’emporte alors Zorzi. Si je respectais chacun des décrets que je dois faire appliquer, je perdrais mon temps à poursuivre des malheureux qui tentent simplement de survivre avec le peu d’argent qu’ils ont », quand son oreille frémit en écoutant le nom du marquis Brighelli, celui cité dans la lettre ! Baffo demande l’aide de son ami Goldoni pour débrouiller l’affaire

Les troupes théâtrales attirent beaucoup de monde et sont souvent la propriété de riches nobles dont Mezzetin ; Inquisiteur de son état et chef de Baffo. Petit aparté, ce même Baffo est l’amant de la femme de Mezzetin ! Oui, mais pourquoi se mêle t-il de si près à cette histoire ? Quel lien avec un cadavre de femme et la mutation de Zorzi sept ans plus tôt ?

Je plonge dans la commedia dell’arte où tout le monde avance masqué. Comment peut-on enlever un personnage de comédie, puis deux, puis trois… et pourquoi ?

A Venise, personnage principal de ce livre, les mœurs sont aussi glissantes que les abords des canaux, aussi noire que l’eau, aussi mensongères qu’une comédie. Cela sied à Thierry Maugenest qui me perd dans le dédale des canaux, les palais où se déroulent les bacchanales, les théâtres où disparaissent des marquis… pour mieux me ferrer. Je me suis laissée emporter dans une gondole entre les pages de son livre pour une agréable nuit blanche.

Merci Albin Michel pour votre fidélité

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