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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #2015

Anne Schmauch - Katherine Ferrier - Mémé Dusa

20 Juin 2017, 14:09pm

Publié par zazy

Mémé Dusa

Texte Anne Schmauch

Illustration  Katherine Ferrier

Editions Sarbacane

Collection: Pépix

Dès 8 ans

192 pages

novembre 2015

ISBN: 9782848658162

 

4ème de couverture :

Hélène se doutait bien que ses parents lui cachaient quelque chose à propos de ses origines grecques. Mais quand son idiot de grand frère et elle se retrouvent parachutés en Grèce antique – il y a 5 000 ans, au milieu des monstres et des dieux !! –, ça lui fait tout drôle. Enfin… « Drôle », façon de parler, parce que leur grand-mère, Mémé Dusa alias la VRAIE Médusa, habite là-bas aussi, et qu’elle a la mauvaise habitude d’assassiner comme elle respire… Autant dire que ça va swinguer !

Bienvenue dans une aventure mêlant enquête policière, voyage temporel et combats de monstres au pays d’Ulysse, Zeus et les autres !

Les auteurs (site de l’éditeur)

Anne Schmauch est née en 1978 à Metz, où elle a vécu quelques années avant de déménager à Nantes puis à Rennes. Ses études d’histoire de l’art et de lettres l’ont menée à Paris, où elle vit actuellement.

Elle a écrit une quinzaine d’histoires, pour la presse et pour l’édition.

Diplômée de l’atelier de Bande dessinée de l’EESI, Katherine Ferrier s’est imposée en BD jeunesse avec sa série Hôtel Étrange, qu’elle dessine et co-écrit avec Florian Ferrier.

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Papy est boiteux, alors Papy ne pourra venir garder les enfants chez eux. Hélène et Hector doivent descendre dans le sud retrouver leur grand-mère et Papy. C’est ce qu’a entendu Hélène, surprenant la conversation entre ses parents. Mais qui est donc cette Mémé Dusa qu’ils n’ont jamais vue, dont on ne parle jamais, qui ne vient jamais les voir, surtout dont leur mère ne parle jamais parce que totalement infréquentable ?

Dès leur arrivée, Mémé Dusa médusa ses petits-enfants. L’auteur a conçu le titre pour le jeu de mots, alors, je ne vais pas me prier. Pourtant, il faut remonter à la racine du mot méduser ! Je vous laisse imaginer l'accueil (voir l'image), tout y est, la chevelure ondulante, la toge, les personnages pétrifiés, plus le reste  

Oui, ce livre assez drôle et ludique parle de personnages de la Grèce antique, Méduse l’une des trois Gorgones dont la chevelure est faite de serpents, comme Mémé Dusa. Hélène et Hector, deux prénoms chargés d’histoire mythologique, Ulysse et ses marins plus couards que la légende….

Beaucoup de péripéties sur un rythme enlevé, j’oserais presqu’écrire échevelé si je n’avais peur des serpents de mémé Dusa ! Si la narratrice principale est Hélène, Hector aime bien y mettre son grain de sel et, cela peut être piquant.

Non, même si vous me chatouillez la plante des pieds je ne dirai rien, et pas besoin de faire appel à Cerbère, je vous laisse le soin de découvrir cette histoire.

Ah oui, j’allais oublier ! Jeunes gens, vous avez un test sur le "Relou Number One". Mesdemoiselles, je suis certaine que vous y trouverez vos grands frères et lycée de Versailles.

Je ne terminerai pas cette chronique sans parler des dessins déjantés de Katherine Ferrier qui campe une mémé Dosa fumante.

Je remercie les éditions Sarbacane qui participent à l’opération Voie des indés mensuelle de Liblfy, pour cette lecture divertissante, mais pas que.

Mémé Dusa va attendre gentiment (enfin je l’espère) l’arrivée de mes petits-enfants cet été.

 

 

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Mika Biermann - Booming

23 Mars 2017, 16:37pm

Publié par zazy

Booming

Mika Biermann

Editions Anarchasis

août 2015

144 pages

ISBN : 9791092011289

 

4ème de couverture :

Surgis du fin fond du décor, Lee Lightouch et Pato Conchi, le grand maigre et le petit gros, se rendent à Booming pour raison sentimentale.
« Personne ne va à Booming » ; « Prenez un bonbon, je ne crois pas qu’ils en aient » : on les avait pourtant prévenus. Kid Padoon et sa bande font régner la terreur à Booming, le shérif à leur botte, le bordel à leur service, le saloon à leur disposition, le croque-mort aux petits soins.

Mais ça n’est encore rien : il y a quelque chose de détraqué à Booming, un truc qui coince, qui débloque, qui recoince et qui vous rend cinglé.
Accrochez-vous : Booming est un western quantique qui se joue des balles et du temps qui passe.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Mika Biermann, originaire d’Allemagne, habite Marseille depuis 25 ans. Après avoir fait les Beaux Arts à Berlin et Marseille, il s’achemine vers l’écriture, et a déjà publié deux ouvrages : Les 30 jours de Marseille (Climats, 1996) et Ville propre (La Tangente, 2007). Un Blanc est son troisième roman, mais il a aussi publié en Autriche la traduction allemande des chroniques de Jacques Durant dans Libération sur la tauromachie.

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Booming sent bon la petite ville américaine florissante, avec ses commerces, son saloon, son sheriff, ses indiens, ses bandits, son croque-mort… bref, une ville du far West florissante. Quoi, ce n’est pas ça ? Lorsque l’on s’appelle Booming….

Lee Lightouch, longiligne anglais amoureux de la peinture et Pato Conchi, colombien petit, bien en chair et leurs mules, en auront un tout au avis lorsqu’arrivés à Townsend  ils demandent la direction de Booming

« Le barman chauve expédia un mollard dans le crachoir.
- Personne ne va jamais à Booming
- -Pourquoi pas ?
- N’y a rien là-bas »

Pourquoi ces deux hommes qui font penser à Don Quichotte et Sancho Panza veulent-ils aller à Booming ? C’est là que l’histoire diverge par rapport à Don Quichotte. Pato Conchi veut y retrouver sa Dulcinée, sa Conchita enlevée par Kid Padoon.

Ami lecteur, amie lectrice cartésiens, sautez de votre mule, restez à Townsend, je repasse vous chercher à la fin de cette chronique.

Bon, retrouvons nos deux cow-boys à l’entrée de Booming devant un indien assis immobile mais qui semble vivant, sauf qu’il est dur comme une statue, mais intransportable.

« A l’œil nu, les cheveux ressemblaient à de vrais cheveux, la peau à de la vraie peau. Au toucher, tout avait la dureté de la pierre. La rigidité du fer. La densité du bois. »

Peu après, Pato s’enfonce un brin d’herbe dans la chaussure, sauf que… l’herbe est dure et tranchante comme du fer, qu’ils ne peuvent la déterrer.

Avec précaution, ils continuent leur chemin pour entrer dans Booming. Tout est immobile, même le soleil ne bouge pas, un vrai décor de cinéma. Plus loin, un homme est dans le même état que l’indien.

Bienvenue à Booming où même les mouches sont arrêtées dans leurs vols, ville sans bruit, sans mouvement, sans odeur.

Les deux hommes se séparent et, à ce moment, la vie reprend ou, ils se promènent au milieu des « statues » et font dévier la balle qui devrait tuer…

Ces « arrêts sur image » racontent la violence qui règne à Booming sous la coupe de Kid Padoon et sa bande.

Bref, Mika Biermann s’amuse, se joue des codes, des dimensions, du temps… La chronologie est bafouée avec allégresse, les histoires se croisent dans le temps, tout semble fou sens dessous-dessus, mais, que nenni, l’auteur sait où il nous emmène et tricote son histoire avec précision. Un point à l’endroit, un point à l’envers, puis reprend la maille plus haut… pour une écharpe qui s’enroule agréablement autour de mon cou. Une histoire qui ne me fait pas lâcher le livre.

Plus que ce western hors d’âge, pas comme les infâmes whiskies que se tapent Lightouch, il y a l’amitié intemporelle entre ces deux hommes que tout devrait séparer.

Ce roman est superbement construit, déconstruit puis reconstruit, tout ceci avec brio, sans jamais perdre le fil. J’y ai perdu la tête, l’ai retrouvée pour mieux être comblée par la maîtrise de l’écriture

Bref, entre western classique avec les bons, les méchants, les truands, les pendaisons, les filles de joie, le sheriff corrompu et ivrogne… et western quantique, selon la 4ème de couverture et que je ne saurais vous expliciter, j’ai passé un moment de lecture comme je les aime.

La couverture du livre concoctée par Anacharsis est parlante, après coup ; Un cow-boy en plastique sur son cheval et son petit carré d’herbe verte, posé sur un décor genre Colorado.

Livre lu dans le cadre de la voie des indés initiée par Libfly qui met à l'honneur les éditeurs indépendants.

 

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Sigolène Vinson - Courir après les ombres

7 Février 2017, 16:08pm

Publié par zazy

Courir après les ombres

Sigolène Vinson

Editions Plon

Août 2015

208 pages

ISBN : 9782259229579

4ème de couverture :

Du détroit de Bab-el-Mandeb au golfe d'Aden, Paul Deville négocie les ressources africaines pour le compte d'une multinationale chinoise. De port en port, les ravages de la mondialisation lui sautent au visage et au cœur la beauté du monde dont il ne peut empêcher la destruction.
Les merveilles qui ne s'achètent pas ne risquent-elles pas de disparaître dans un système ou toute valeur se chiffre ?
Paul se met alors à chasser un autre trésor : les « écrits jamais écrits » d'Arthur Rimbaud – il veut le croire, le marchand d'armes n'a pas tué le poète. Inlassablement, il cherche.
Trouvera-t-il plus que le soleil aveuglant, la culpabilité d'être et la fièvre ?

L’auteur (site de l’éditeur) :

Sigolène Vinson, ancienne avocate, est chroniqueuse (Charlie Hebdo, Causette) et romancière. Elle a grandi à Djibouti.

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Paul Delville, dont le père, brillant professeur d’économie, sombre peu à peu dans la folie, a tout quitté pour travailler pour les chinois. Il négocie l’implantation de bases navales pour sécuriser le trafic maritime chinois.

« Paul travaille pour une compagnie chinoise, la Shangai Petroleum, Chemical and Mineral Corporation, et participe à l’élaboration du collier de perles. Un collier qui n’est pas un bijou. Encore moins une ode ou un poème. Ce sont les Américains qui ont donné ce nom à la tactique impérialiste : chaque nouvelle base navale arrachée par la République populaire est une perle à ajouter au collier.

C’est la version et la mission officielle de celui dont la conclusion de la thèse est « La valeur du travail est à la mesure générale des valeurs ».

Paul est un trader cynique qui promène  son utopie de foutre en l’air l’économie mondiale par son action avec la Chine.

« Les puissances occidentales n’ont plus les moyens de répondre ni à vos prix ni à vos exigences. La Chine, si. »

« Au Mali, par son intermédiaire, la Chine est devenue propriétaire d’une mine de phosphate, troquée contre la réalisation d’une ligne ferroviaire entre les localités de Taoudenni et Tassalit ? Il n’est pas dit que le minerai extrait de la terre malienne ne participe pas à l’élaboration du polonium chinois. »

Il est présentement à Djibouti pour sonder le lac Assal et sa possible richesse en lithium. Mais, il a une autre quête, son obsession de Rimbaud et trouver les derniers écrits jamais publier de l’auteur.

« Il est libre de se livrer à des discours mercantiles et guerriers et passer le plus clair de son temps à vivre en poète, à courir après l’ombre de l’homme de talent, à guetter les livres jamais écrits. »

La Chine à même l’outrecuidance d’enfouir ses déchets nucléaires dans l’Océan, sans aucun état d’âme et fait mourir à petits feux les Somaliens. Est-ce la goutte d’eau qui réveille Paul, Paul qui se cogne aux parois de verre, se cogne à la vie ?

« Pour les jeter à l’eau à l’approche des côtes somaliennes, c’est le nouveau programme nucléaire chinois, emprunté à celui de l’Italie. »

Le livre est bâti autour de contradictions. Paul, son commerce cynique pour la Chine et sa quête donquichottesque des écrits non publiés de Rimbaud. Paul qui choisit d’être apatride et le neveu d’Harg qui fuit la misère de son pays. L’hypocrisie, pardon, le pragmatisme, des Chinois qui paient des cacahuètes l’installation de leur collier de perles face à la misère de ce peuple. La française qui a des envies de mort et Mariam qui pêche, face aux cargos-usines, pour survivre.

« Elle remarque enfin les yeux de la française, la cicatrice dedans. Pas le reflet d’une vie de misère… quelque chose de plus sordide, à la limite de l’obscénité dans un monde qui crève la dalle : la douleur d’être. Mariam trouve ça franchement immonde. » La française a le mal de vivre, alors que Mariam à du mal à survivre.

J’ai aimé la fierté de Mariam et de Harg, leur amour pour Djibouti, l’amour de la Corne de l’Afrique que Sigolène porte en elle.

Si le caillou est une envolée poétique, Courir après les ombres, même si il y a la quête des derniers poèmes de Rimbaud a les pieds dans la boue de la mondialisation. Cette balade a des airs de ballades mélancoliques sur fond de misère, de désespoir, de mort au nom d'une prospérité à laquelle ils n'ont pas accès.

 

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Antonio Moresco - Fable d'amour

30 Août 2016, 15:11pm

Publié par zazy

 

Fable d’amour

Antonio Moresco

Editions Verdier

Traduit de l’italien par Laurent Lombard

128 pages

Août 2015

ISBN : 978-2-86432-807-0

 

4ème de couverture :« Fable d’amour, écrit Moresco, raconte une histoire d’amour entre deux personnages qu’il serait impossible d’imaginer plus éloignés : un vieux clochard qui ne se souvient plus de rien et qui a pratiquement perdu la raison, et une fille merveilleuse. C’est l’histoire d’une de ces rencontres qu’on croit impossibles mais qui peuvent avoir lieu dans les territoires libres et absolus de la fable, et aussi quelquefois dans la vie. »

Fût-il le plus pur, l’amour a-t-il vocation à durer ? Mais puisque l’amour est sans pourquoi, doit-on chercher plus d’explications à ce qui le tue qu’à ce qui le fait naître ? Et si la fable était le seul mode pour raconter aujourd’hui la puissance d’aimer ?

L’auteur (site de l’éditeur) :

Figure majeure de la prose narrative contemporaine, Antonio Moresco est né à Mantoue en 1947. Il est sans aucun doute l’un des écrivains les plus inspirés, les plus puissants, les plus imaginatifs, mais aussi les plus délicats de la littérature italienne, et qui depuis toujours poursuit son œuvre dans la solitude des plus hautes exigences.

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C’est écrit sur la couverture : Fable d’amour. Ainsi, ami lecteur, laisse tes vérités, la réalité de côté et entre par la porte qu’ouvre Antonio Moresco.

Oui, c’est une fable qui commence comme un conte par « Il était une fois… » mais la réalité est là avec toute sa dureté. L’écriture d’Antonio Moresco, toute en finesse saisit la misère de la misère.

Lui, Antonio, alias « Le vieux fou » est un clochard anonyme qui vit couché « sous sa couverture dure comme de la tôle, au milieu des sacs en plastiques éventrés et de ses haillons »

Elle, Rosa « Elle était belle, elle avait de merveilleux yeux noirs et, bien qu’encore jeune fille, elle avait déjà de merveilleuses formes de femme. »

Un jour, Elle prend Antonio par la main pour l’emmener chez elle. Elle le lave, le caresse... Aussi belle qu’il est laid, aussi lumineuse qu’il est dans le noir, ils vont s’aimer. Il se livre totalement à Rosa.

Ils vécurent heureux et eurent…. quelques mois de bonheur, jusqu’au jour où elle le renvoie brutalement, sans plus d’explications, à sa condition de miséreux qui devient misérable par l’étendue de son chagrin. Il en meurt… Et…quelque chose change. Et … je n’en dirai pas plus.

Cette fable décrit notre société dans ce qu’elle a d’impitoyable où les laissés pour compte sont abandonnés, invisibles. Antonio Moresco nous pose aussi cette question ; doit-on se livrer corps et âme à l’être aimé au risque de tout perdre ? Le vocabulaire, les mots sont directs, réalistes, quelque fois crus ; pourtant il émane de ce livre une très grande poésie. Le style de l’auteur donne du rythme, voire une légèreté à la lecture qui tranche avec la dureté de la vie d’Antonio. J’ai navigué entre la beauté et la laideur, la légèreté et la cruauté, l’ombre et la lumière, la vie et la mort, le conte et la réalité. Cette fable est un petit bijou

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Antonio Garrido - Le lecteur de cadavres

26 Juillet 2016, 21:53pm

Publié par zazy

 

Le lecteur de cadavres

Antonio Garrido

Traduction de l'espagnol, Nelly et Alex Lhermillier

Le livre de poche

768 pages

Date de parution:

Juin 2015

ISBN : 9782253184195

 

 

4ème de couverture :

Ci Song est un jeune garçon d’origine modeste qui vit dans la Chine du XIIIe siècle. Après la mort de ses parents, l’incendie de leur maison et l’arrestation de son frère, il quitte son village avec sa petite sœur malade. C’est à Lin’an, capitale de l’empire, qu’il devient fossoyeur des « champs de la mort » avant d’accéder à la prestigieuse Académie Ming. Son talent pour expliquer les causes d’un décès le rend célèbre. Lorsque l'écho de ses exploits parvient aux oreilles de l'empereur, celui-ci le convoque pour enquêter sur une série d'assassinats. S'il réussit, il entrera au sein du Conseil des Châtiments ; s'il échoue, c'est la mort. C'est ainsi que Cí Song, le lecteur de cadavres, devient le premier médecin légiste de tous les temps. Un roman, inspiré par la vie d’un personnage réel, captivant et richement documenté où, dans la Chine exotique de l'époque médiévale, la haine côtoie l'ambition, comme l'amour, la mort.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Antonio Garrido est né en Espagne en 1963. Il enseigne à l’université de Valence. Passionné d’histoire, il a consacré sept ans de sa vie à l’écriture de La Scribe, son premier roman, best-seller en Espagne, pour lequel il a effectué de nombreuses recherches en Allemagne.

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Ce livre est inspiré de la vie de Long Si dans la Chine du XIIIème siècle. Comme l’écrit Antonio Garrido, dans sa postface, « un roman historique est avant tout un roman ». Basé sur des faits historiques avérés, j’ai suivi Ci à travers les méandres de sa vie, de tous les malheurs qu’il a connus et, dieux sait qu’il en a connu. Une vraie poisse à lui seul !! C’est peut-être ce qui m’a gênée. Ce petit bémol posé, j’ai découvert la vie de la Chine, ses traditions.

Ainsi, le père de Ci doit retourner au village et y vivre à la mort de son père. Les voici tous réunis dans la maison du grand frère qui se fait un malin plaisir de les rabaisser. Ci ne le supporte pas, mais son père l’oblige à s’excuser encore et toujours et à honorer ce grand frère tyrannique. Après la mort brutale de sa parentèle, Ci s’enfuit à Lin’an, capitale de l’Empire.

Après bien des péripéties, il devient fossoyeur. Son habileté à lire dans les cadavres, lui permet d’entrer dans la grande académie Ming. Sa grande aptitude à découvrir les causes de la mort, parvient aux oreilles de l’empereur qui le mandate pour découvrir l’auteur de plusieurs assassinats  similaires. Il trouve et c’est la gloire, il ne trouve pas, c’est la mort ! Lisez le livre pour en savoir plus…

Epopée où Antonio Garrido, fort bien documenté, me fait découvrir les mœurs de la Chine moyenâgeuse dans un décor à la fois somptueux, noir, sale, grouillant mais Ô combien vivant. Quelle minutie dans la description des cadavres, dans les explications des découvertes de Long Si et autres.

Un livre qui ne se lâche pas facilement, malgré la dureté de certaines scènes. Une belle découverte.

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Anne Percin - Ma mère, le crabe et moi

14 Juillet 2016, 15:09pm

Publié par zazy

Ma mère, le crabe et moi

Anne Percin

Editions du Rouergue

Septembre 2015

192 pages

ISBN : 978-2-8126-0929-9

 

4ème de couverture :

J’aurais préféré que ma mère me dise : "Tu sais, je crève de trouille et je ne peux rien te promettre." Ou bien qu’elle pleure franchement, à gros bouillons. Oui, qu’elle pleure !
Au lieu d’afficher ce sourire de façade. Le sourire "tout-va-bien-je-gère". J'aurais voulu qu’elle crie, qu’elle hurle, qu’elle se roule par terre en tapant des pieds,
qu’elle fasse un truc pas calculé du tout, un truc qu’on ne voit pas dans les séries françaises à la télé, un truc pas bien élevé, pas conseillé par le guide J’élève mon ado toute seule, au chapitre "Comment lui annoncer votre cancer?"

Entre rires et larmes, Tania nous raconte six mois de complicité avec sa mère malade, mais aussi les nouveaux défis qu’elle s’est lancée : devenir championne de cross… et tomber amoureuse.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Née en 1970 à Épinal, Anne Percin vit en Saône-et-Loire où elle partage sa vie entre l’enseignement et l’écriture. Elle écrit à la fois pour la jeunesse et les adultes. Elle est notamment l’auteur à succès d’une trilogie pour adolescents, Comment (bien) rater ses vacances. Dans la brune, elle est l’auteur de trois romans : Bonheur fantôme, Le premier été (adaptation télévisée sur France 3) et Les singuliers (sorti en Babel en août 2016).

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Tania, jeune ado pas trop à l’aise dans sa peau, vit seule avec sa mère à qui les médecins annoncent un cancer du sein avec ablation totale « du néné ». Tout au long du livre, j’assiste aux étapes inhérentes au traitement du crabe, au rapprochement entre la mère et la fille. La scène la plus frappante est celle de la « mort au poil ».

Un livre plein de gouaille, d’humour, de vacheries et d’amour. Anne Percin mélange l’humour, la gravité et cela donne un beau livre qui n’a rien de larmoyant, au contraire, où la chrysalide devient un joli papillon. Je suis sortie de cette lecture avec une besace pleine de sourires et d’espoir. Une très belle lecture.

Livre lu dans le cadre de « L’échappée lecture » version 2016, organisée par la bibliothèque départementale de la Nièvre et son réseau de bibliothèques locales.

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Antje Babenderderde - Talitha Running horse

12 Juillet 2016, 15:18pm

Publié par zazy

Talitha Running horse

Antje Babenderderde

Traduit de l’allemand par Vincent Hautbtmann

Editions Bayard

Octobre 2015

400 pages

ISBN : 978-2-7470-4013-6

 

4ème de couverture :

Talitha Running Horse est différente des autres Indiens lakotas de la réserve : elle est métisse et vit avec son père dans une caravane. Sa mère, une Blanche, les a abandonnés quand elle était petite. Malgré tout, Talitha est heureuse : elle a une amie chère, elle aime dessiner et, surtout, elle est passionnée par les chevaux. Or, les nouveaux voisins de sa tante ont un petit élevage d’Apaloosas. Talitha se prend d’affection pour un poulain, qu’elle baptise Stormy. Et elle tombe sous le charme de Neil Thunderhawk, le fils du propriétaire… Mais, lorsque la caravane de son père est détruite, toute la vie de Talitha bascule…
À travers le portrait de Talitha, une jeune métisse courageuse, l’auteur de Lune indienne nous parle de la vie des Indiens lakotas d’aujourd’hui, de leurs traditions, et du lien particulier qui les unit aux chevaux…

L’auteur (site de l’éditeur)

Antje Babendererde est née en 1963 à Jena en Allemagne. Elle a travaillé comme psychologue du travail dans un hôpital spécialisé en psychiatrie et neurologie. Elle porte un intérêt particulier à la culture indienne. Ses précédents romans "Lune indienne" et "Le chant des orques", publiés chez Bayard, ont reçu un accueil chaleureux auprès des libraires et des lecteurs.

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Tally vit avec son père dans une caravane stationnée dans une réserve indienne, celle des Lakotas. Or, elle est métisse, sa mère, qui l’a abandonnée vers l’âge de 6 ans est blanche et son père indien Lakota. Elle essuie quelques, voire pas mal de sarcasmes à cause de sa chevelure frisée et plus claire que les longs cheveux raides et noirs des « pures souches ».

A travers elle, nous suivons la vie dans la réserve, la difficulté du père pour trouver un travail fixe, la pauvreté où chaque dollar compte. Cela n’empêche pas Tally d’avoir des rêves. Cette jeune fille a l’art de positiver, ce n’est pas pour rien que son père l’appelle tendrement « Braveheart ».

Les jeunes filles aimant découvrir d’autres façons de vivre, aimant les chevaux, la vie au grand air, les traditions, les histoires d’amour seront comblées par ce livre d’une facture très classique

Livre lu dans le cadre de « L’échappée lecture » version 2016, organisée par la bibliothèque départementale de la Nièvre et son réseau de bibliothèques locales.

 

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Bernard Friot - J'aimerais te dire

10 Juillet 2016, 19:09pm

Publié par zazy

 

J’aimerais te dire

Bernard Friot

Illustrations : Etudiants des Arts Déco de Paris

Editions de la Martinière Jeunesse

Août 2015

ISBN : 9782732471341

9-12 ans

 

4ème de couverture :

Un recueil de poèmes, les émotions mises en mots par Bernard Friot, en partenariat avec les Arts Déco. L'amour, la peur, le chagrin, la colère...

L’auteur (site de l’éditeur) :

Avant de se consacrer à l’écriture, Bernard Friot était professeur de lettres. Il s’est toujours intéressé aux pratiques de lecture des enfants et des adolescents. Responsable du Bureau du livre de jeunesse à Francfort pendant quatre ans, il est aussi traducteur d’une trentaine d’ouvrages et auteur d’une collection d’histoires courtes (« Histoires pressées », « Nouvelles histoires pressées ») et de romans aux éditions Milan et Thierry Magnier. Plusieurs de ses textes ont été adaptés au théâtre. Installé à Besançon, il se consacre aujourd’hui à l'écriture et à la traduction.

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Un souffle poétique émane de ce beau livre. Est-ce un long poème en plusieurs déclinaisons, plusieurs petits odes ? Cela n’a aucune importance. Chaque page se suffit à elle-même et nous conduit vers la suivante.

Bernard Friot explore l’ennui, la colère, l’amour avec de superbes illustrations des élèves de l’Ecole des Beaux Arts de Paris. Les dessins collent et accompagnent le texte d’une très belle façon. Ils ont su interpréter les mots, les émotions de l’auteur. Un très bel exercice pour un beau livre.

J’ai aimé cette lecture et j’y suis retournée plusieurs fois pour découvrir un détail, un mot, un rythme.

Un coup de cœur

Livre lu dans le cadre de « L’échappée lecture » version 2016, organisée par la bibliothèque départementale de la Nièvre et son réseau de bibliothèques locales.

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Jean-Luc A. d’Asciano - Cigogne

28 Juin 2016, 21:38pm

Publié par zazy

Cigogne

Jean-Luc A. d’Asciano

Editions Serge Safran

Mars 2015

184 pages

ISBN : 979-10-90175- 28-0

 

4ème de couverture :

Recueil de sept nouvelles aux liens subtils entre elles, parle de l’enfance, du poids de l’héritage, du rapport au monde et des manières de fuir la violence et la bêtise des humains.

Adolescente en rébellion contre une cigogne, enfant chamane découvrant les animaux d’un cirque, SDF un peu fou squattant une maison en ruine, frères siamois à la voix miraculeuse ou reclus schizophrène, tous ces personnages portent en eux une vision du monde critique, drôle et désenchantée.

Évoluant dans un univers à la lisière du fantastique, ils passent des alliances avec des figures tutélaires, d’étranges bestioles à plumes, à poils ou à peau.

Un univers enchanteur, mélange de réalisme très cru et d’onirisme ouvert sur l’amour de la vie.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Jean-Luc A. d’Asciano est né à Lyon, mais a grandi à Nantes. Passe un doctorat de littérature et psychanalyse. Écrit des articles sur le roman noir, l’architecture, les arts contemporains ou la cuisine. Fonde les éditions de L’Œil d’or où il publie Petite mystique de Jean Genet (2007).

Cigogne est son premier livre de fiction, premier recueil de nouvelles.

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La légende veut que les cigognes livrent des bébés. Avec ce recueil de nouvelles, Jean-Luc d’Asciano conforte la légende en nous livrant un bon livre.

Des nouvelles quelques fois dérangeantes, où l’incongru flirte avec l’étrange. Les personnages sont totalement atypiques. La base, réaliste, permet à l’imagination de l’auteur de se déployer d’une belle façon. Je laisse donc le réalisme à côté de moi

Un imaginaire foisonnant avec des frères siamois qui découvrent pas hasard leurs pouvoirs, «Nous sommes nés monstrueux et notre vie fut belle. Nous sommes nés au plein milieu d'un été admirablement chaud. Nuls signes mystérieux – pluies de crapauds, migrations de rats, passages de comètes à la ponctualité détériorée, naissances d'agnelles à six pattes ou tournée de saltimbanques – n'annoncèrent notre venue. Juste le cri de douleur de ma mère lorsqu'elle accoucha, et son silence obstiné lorsqu'elle nous vit.». des enfants avec un pouvoir mental développé, la folie douce ou pas…

J’ai aimé le SDF ultrasensible qui adore le déplacement de l’air au passage des TGV qui s’installe dans une cabane enfouie sous les ronces pour que sa chienne puisse mettre bas tranquillement. Il dépose ses objets selon un rituel bien défini et enfin « sa face s’anime, s’agite de soubresauts, de tics qui s’organisent. La grimace arrive, la grande grimace, sa préférée : tous son visage se plisse, s’illumine puis s’apaise en un immense, unique et calme sourire ».

Et puis, il y a la cigogne. Cette Klappi qui fait l’unanimité contre elle, qui suit le père partout, il n’y en plus que pour elle. « Johannes, c’est mon père. Klapperstorch, c’est une cigogne. Mais ceci n’est pas l’histoire d’amour entre mon père et Klapperstorch. C’est l’histoire de la guerre sans merci entre le reste de la famille et la cigogne. » Cela pourrait mal se terminer.

Les parents semblent un peu dépassés par leurs progénitures, le drame pourrait être là, sous-jacent, pourtant il y a de l’amour ou, pour le moins, de la tendresse. L’innocence est belle, le désespoir absent, les protagonistes font face à leurs destins. Humains et animaux vivent ensemble, compagnons des uns et des autres, amis ou ennemis, mais pas trop.

Ce livre aux frontières du surnaturel, du conte, de l’onirisme est écrit d’une belle façon. Un recueil de nouvelles très original.

Merci à Libfly pour cette belle découverte dans le cadre de la voie des indés. , une maison d’édition qui sait me séduire par l’originalité et la qualité de ses livres.

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Eliane Saliba Garillon - Le journal impubliable de George Pearle

6 Juin 2016, 09:20am

Publié par zazy

Le journal impubliable de George Pearl

Eliane Saliba Garillon

Editions Arléa

220 pages

mars 2015

ISBN : 9782363080752

 

4ème de couverture :

J’ai dirigé une centaine de personnes pendant vingt-cinq ans en faisant de G.P. Hall la boîte d’architecture la plus cotée de Manhattan. J’ai été un patron modèle, c’est-à-dire haï, et mon surnom de Pearl Harbor a finalement servi à éloigner de moi les pots de colle et les imbéciles. J’ai eu des contacts houleux avec d’autres présidents de société, des rapports en dents de scie avec des sénateurs, des coups de gueule avec de gros clients, et je m’en suis toujours bien porté, persuadé qu’une bonne dose de logique suffisait à dénouer n’importe quelle relation complexe.

Et puis je suis venu à Rome. Et puis j’ai embauché une femme de ménage.

Prix de l’Union Interalliée 2016

 

L’auteur (site de l’éditeur) :

Eliane Saliba Garillon est née au Liban où elle vit. Le Journal impubliable de George Pearl est son deuxième roman.

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George Pearl, surnommé Pearl Harbor « Pearl était tellement insupportable qu’on le surnommait Pearl Harbor » célèbre architecte new yorkais a vendu son agence pour s’établir à Rome et jouir d’une retraite tranquille. L’homme, un brin misanthrope et mysogine n’a jamais voulu se marier et essaie de fuir ses semblables « Je n’ai jamais pu cacher leur vérité aux imbéciles »

Pourtant sa solitude est souvent interrompue par des visites opportunes ou pas. La plus surprenante est celle régulière de celui qu’il appel Laurel, ectoplasme ? Ange gardien ?

Ce livre est vraiment savoureux, spirituel, drôle, mais pas que. Un petit plaisir de lecture qui se lit rapidement. Cela fait du bien, une bouffée d’oxygène.

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