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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #editions mirobole

Rita Falk - Choucroute maudite

28 Juillet 2017, 22:16pm

Publié par zazy

Choucroute maudite

Rita Falk

Traduit de l'allemand par Brigitte Lethrosne et Nicole Patilloux

Editions Mirobole

mars 2017

256 pages

ISBN 978-2-37561-057-2

 

 

4ème de couverture :

«Bienvenue à Niederkaltenkirchen : ses habitants, son folklore, ses meurtres.»

 

Bienvenue dans le village de Niederkaltenkirchen, Bavière, pour une comédie policière haute en couleur. Le commissaire Franz Eberhofer, viré de Munich pour raisons disciplinaires, se la coulait douce dans sa bourgade natale : les patrouilles finissaient invariablement devant une bière chez Wolfi, en promenade avec Louis II – son chien –, dans la boucherie de son copain Simmerl ou à table avec sa mémé sourde comme un pot. Ça, c’était jusqu’à ce que les membres de la famille Neuhofer claquent l’un après l’autre, avec la mère retrouvée pendue dans les bois, le père électricien électrocuté, et le fils aîné aplati façon crêpe sous le poids d’un conteneur. Ne reste plus que Hans, le fils cadet.

 

L’enquête s’annonce déprimante. Mieux vaut prendre des forces et avaler consciencieusement les robustes charcuteries locales.

 

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Je fais un grand écart, sans préparation, j’aime le risque, admirez la sportive !! Après le langage poétique, châtié de Pierre Cendors, me voici au pays de la choucroute, à Niederkaltenkirchen, (je ne le répèterai pas deux fois) en Bavière. J’attaque les nourritures terrestres qui tiennent au corps et à la graisse.

Le Commissaire Franz Eberhofer a été muté dans ce village au nom  imprononçable qui l’a vu naître, suite à une grosse bévue commise à Munich que sa hiérarchie n’a pas du tout apprécié.

L’ennui, la digestion,  les promenades avec Louis II portent à la réflexion. Lorsque le dernier des Neuhofer,  Hans de son prénom est victime d’un accident de scooter, Eberhofer se demande si tous les membres de la famille sont bien morts, de façon rapprochée, d’une mort déclarée, à chaque fois, naturelle. Petit retour en arrière ; le père électrocuté, la mère pendue, le fils aîné écrabouillé par un container. Bien entendu, sa hiérarchie ne le suit pas et l’envoie chez le psy.

Franz a tout du looser, mais, il ne faut pas se fier aux apparences.

Entre deux repas, deux bières, deux parties de jambes en l’air, les promenades digestives, une envie d’y croire et son entourage qui ne veut pas se casser la tête, notre commissaire va dénouer cette affaire. Accidents ou crimes ?

Il y a Franz, mais aussi les autres personnages tout aussi truculents. Le papa qui n’écoute que les Beatles en fumant son pétard, la mémé et ses courses au Lidl, La Mercedes Benz, non pas la voiture mais une belle femme... Même devant une choucroute avec sa pinte de bière, je resterai muette, d’ailleurs on ne pale pas la bouche pleine !

Si vous voulez tout savoir, lisez ce polar truculent et digeste, grivois, pittoresque, rural, décalé. Rassurez-vous cher lecteur, lire ce livre vous fera sourire mais pas grossir. Les nourritures terrestres et roboratives qu’engloutit notre commissaire ne m’ont pas amenées à l’indigestion. Alors, jouissez des réparties picaresques, folkloriques des personnages de ce polar hors des sentiers battus, en compagnie de Louis II.

Un très bon moment de lecture, un policier original, un brin déjanté qui tient au corps, une intrigue fort bien menée. Que demander de plus, sinon une suite !

Merci Yves pour le partage.

 

 

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Anders Fager - La reine en jaune

19 Février 2017, 22:35pm

Publié par zazy

La reine en jaune

Anders Fager

Traduit du suédois par Carine Bruy

Editions Mirobole

janvier 2017

352 pages

ISBN 978-2-37561-052-7

 

4ème de couverture :

La beauté du diable pour l’écriture, le génie du mal pour la construction… Anders Fager revisite les grands thèmes du fantastique pour créer sa propre mythologie contemporaine à travers des histoires qui font surgir un univers fiévreux peuplé de forces maléfiques, ou le monstre n’est jamais celui qu’on croit.

À Trossen, les résidents de la maison de retraite se regroupent au troisième étage pour des rites venus d’un autre âge ; Les deux frères Zami et Janoch escortent Grand-Mère pour un long voyage – Grand-Mère qui gronde parfois, ou montre les crocs ; pour My l’artiste, la femme bafouée, le chef-d’œuvre ultime ne peut se concevoir sans sacrifices ; à Bodskär, dans la baie plongée dans les ténèbres, quelque chose émerge des flots…

Découvrez un Lovecraft version trash et rock ‘n’ roll pour une véritable et très angoissée chronique sociale.

L’auteur (site de l’éditeur)

Auteur culte, comparé à Stephen King dans ses œuvres les plus sombres, à un John Ajvide Lindqvist sous stéroïdes ou au maître de l’horreur H.P. Lovecraft, Anders Fager, né en 1964, vit à Stockholm. Ex-dyslexique, ex-punk, ex-geek, il a fait paraître entre 2009 et 2011 trois recueils de contes d’horreur, dont Mirobole publie en janvier 2014 une sélection en un seul volume Les Furies de Borås.

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J’ai découvert un auteur qui m’a bousculé comme la balle d’un flipper.

Ce recueil de nouvelles est déjanté, barré, presque trash,

Le cher d’œuvre de Mademoiselle Witt, où l’art poussé à son extrême pour certains, l’art dévoyé pour d’autres, du porno trash, dégradation féminine pour les féministes. My Witt, porno star qui utilise son corps sexuellement pour faire des photos pornos trash jusqu’à la folie.

Cérémonies où les rites païens sont remis en scène par le personnel du 4ème étage d’une maison de retraite. C’est du râpeux, du flippant !

Quand la mort vient à Bodskär où l’armée se trouve aux prises avec des phénomènes très étranges et mortels, où la frontière entre le bien et le mal connait quelques distorsions.

La reine en jaune voit le retour de My Witt internée dans un asile psychiatrique.aux prises à la violence du personnel médical qui n’hésite pas à la frapper, la violer, l’abrutir de médicaments, l’attacher. A trop côtoyer la folie pour aller au bout de ses œuvres, elle semble passée de l’autre côté du monde

Le voyage de grand-mère où deux garçons étranges, analphabètes traversent l’Europe dans une camionnette blanche pour récupérer leur grand-mère ; une grand-mère qui a les crocs.

Des « Fragments »  relient ces nouvelles comme un pont pour aller sur les îles. Mais qui sont ces vieux manipulateurs qui semblent connaître beaucoup, beaucoup de choses sur tout le monde et que le trash, le porno ne dérangent pas ?

Oui, c’est déjanté et tout le tintouin. Cela parle aussi de l’art, de sa finalité. Jusqu’où l’art peut aller, le hardcore peut-il être de l’art, tout est-il art ; Question présente également dans F d’Antonio Xerxenesky.

La limite entre le bien et le mal, le vrai et le faux, le réel et le fantastique sont très élastiques. L’avidité, la rapacité, la luxure, la domination y sont dépeints avec minutie, réalisme. L’écriture d’Anders Fager est limpide dans un monde noir, glauque où nul espoir n’est permis. Les fins ne sont pas celles des contes de fées. Le rythme, l’incongruité donnent beaucoup de peps et d’allant à ce bouquin.

Une lecture qui n'est pas de tout repos. La découverte de l’écriture d’André Fager fut un réel plaisir, quel voyage !

Une nouvelle fois, Mirobole a fait mouche

Yv en parle

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Zygmunt Miloszewski - Les impliqués

24 Janvier 2017, 17:00pm

Publié par zazy

 

Les impliqués

Zygmunt Miloszewski

Editions Mirobole

Traduit du polonais par Kamil Barbarski

octobre 2013

448 pages

ISBN : 979-10-92145-09-0

 

4ème de couverture :

« Il touchait une paie de fonctionnaire. C’était la même pour un procureur de la capitale et pour celui d’un trou paumé à la frontière biélorusse. »

Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l’un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’œil. L’affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Szacki ne sait même plus si son quotidien l’épuise ou l’ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances.

Cette méthode de la constellation familiale, par exemple, une psychothérapie peu conventionnelle basée sur les mises en scène… Son pouvoir semble effrayant. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de commettre un meurtre ? Ou faut-il chercher plus loin, avant même la chute du communisme ?

L’auteur (site de l’éditeur) :

Zygmunt Miłoszewski, né à Varsovie le 8 mai 1976, est un auteur phare de la jeune génération polonaise. Ecrivain, journaliste et scénariste, il fait ses débuts en 2005 avec un roman d’horreur remarqué, Interphone. Aujourd’hui, ses romans sont traduits dans 9 pays.
Les Impliqués (Mirobole, 2013) s’est vu sélectionné pour de nombreux prix, tel le Prix du polar européen, le Prix SNCF du polar et le Prix des lectrices de Elle. Mirobole a publié en janvier 2015 le deuxième volet des enquêtes de Teodore Szacki, Un fond de vérité.

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Après avoir lu Un fond de vérité, je remonte le cours de la bibliographie de Zygmunt Miłoszewski pour mon plus grand plaisir.

Varsovie, juin 2005. Le juge Teodore Szacki est appelé suite à un crime commis lors d’un stage de thérapie de groupe organisé, dans un ancien monastère, par Cezary Rudzki, psy de son état. La victime a une broche à rôtir dans l’œil, avouez que ce n’est pas banal.  L’affaire commence tranquillement et parait même à Tedore, quelque peu ennuyeuse, tout comme le début de l’histoire.  La suite me donnera tort, l’enquête  n’est pas des plus classiques, que nenni, n’oubliez pas qu’il y a du psy sous jacent et les vieux démons remontent à la surface

La Pologne a quitté le giron russe, mais les habitudes ont la vie dure ainsi que les renseignements, généraux ou pas. Tout ceci a des relents fétides et glauques ce que vérifie une fois de plus notre juge. L’histoire mouvementée de ce pays est partie prenante de la vie polonaise et, donc, du meurtre, tout comme Varsovie, personnage à part entière de ce polar.

Théodore Szacki, toujours aussi complexe,  humain, rigide du col mais capable de grand écart. Je trouve la même construction, à chaque début de paragraphe : le petit journal des nouvelles du jour, sans oublier la sacro sainte météo, on n’est jamais assez bien informé !

J’ai passé une très agréable nuit blanche en compagnie de Monsieur le Juge par la grace de de l’écriture de Zygmunt Miłoszewski  vive, descriptive, qui sait maintenir le suspens, jusqu’à un final inattendu et un peu amer.

J’attends avec impatience de retrouver Teodore Szacki dans de nouvelles aventures.

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Zygmunt Miloszewski - Un fond de vérité

30 Décembre 2015, 14:43pm

Publié par zazy

 

Un fond de vérité

Zygmunt Miloszewski

Mirobole Editions

Traduit du Polonais par Kamil Barbarski

janvier 2015

475 pages

ISBN: 9791092145335

 

4ème de couverture :

Fraîchement divorcé, Teodore Szacki a quitté son travail de procureur à Varsovie et débarque dans la paisible bourgade de Sandomierz, où il compte bien refaire sa vie. Mais six mois à peine après avoir abandonné l’agitation de la capitale et l’asphyxie de son mariage, il s’ennuie déjà.

Heureusement, devant l’ancienne synagogue de la vieille ville, du travail l’attend : un corps de femme drainé de son sang, tout comme dans un rite sacrificiel juif… Lorsque le mari de la victime subit le même sort, la population de la ville renoue avec des peurs vieilles de plusieurs décennies. Aux prises avec une flambée d’antisémitisme sans précédent, Szacki va devoir plonger dans un passé aux échos douloureux, et tenter de trouver la vérité dans une histoire qui déchaîne toutes les passions.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Zygmunt Miloszewski, né à Varsovie le 8 mai 1976, est un auteur phare de la jeune génération polonaise. Ecrivain, journaliste et scénariste, il fait ses débuts en 2005 avec un roman d’horreur remarqué, Interphone. Aujourd'hui, ses romans sont traduits dans 9 pays.

Il a obtenu en janvier 2015 le prix Paszport Polityki dans la catégorie littérature ===========

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C’est la période des gros pavés et nous ne sommes pas en mai 68. Après la 7ème fonction du langage, je me retrouve non pas avec un policier, mais le procureur Teodore Szacki, polonais débarqué depuis peu de la capitale dans une charmante ( ?) petite ville endormie. Sandomierz. Le procureur, a souhaité venir vivre ici suite à son divorce, mais, il faut être honnête, il s’emmerde vraiment et ce ne sont pas les quelques parties de jambes en l’air qui change la donne. Heureusement, la découverte du corps d’une jeune femme devant la synagogue va animer sa vie.

Qui a pu tuer cette jolie jeune femme, catholique (très important) que tout le monde semble aimer ? Pourquoi cela semble t-il être fait selon un rituel juif ?

Le mari, cocu et futur abandonné est le premier et principal suspect… jusqu’à ce que l’on découvre son corps tué dans les mêmes rituels juifs.

Est-ce le retour de la croyance en la légende du sang illustré sur un vitrail de la cathédrale ?

Toujours cette petite puisque dans la tête de Szacki qui lui fait creuser au-delà de ce que l’on voudrait lui faire croire, mais…

Ce polar ne côtoie pas l’absurdie rencontrée dans L’assassinat d’Hicabi Bey ou Des mille et une façons de quitter la Moldavie, du même éditeur. Pourtant, c’est du solide, de l’efficace. Les us et coutumes de Sandomierz sont passés au crible sans aucun état d’âme par Teodore Szacki. Ce gros bourg où tout se sait, mais où une partie des choses est cachée comme les sous-terrains, les vieilles histoires datant de la dernière guerre. Pourtant, rien n’est oublié, les vieilles rancœurs, la défiance et la méfiance (pour parler gentiment) envers les juifs sont toujours là. L’auteur nous fait toucher du doigt les relations difficiles entre polonais catholiques et juifs polonais. Miloszewski raconte ce passé, caché, du nazisme, mais Ô combien présent et profond

A partir de ce meurtre, Zygmunt Miloszewski raconte sa Pologne où l’antisémitisme règne encore et toujours. Il dépeint les us et coutumes de ces petites villes de province où tout se sait, où tout est pourtant caché, où le temps coule plus lentement, les distances plus courtes, voire beaucoup plus courtes.

Si la vie provinciale peut être ennuyeuse parfois, la lecture de ce livre ne l’a pas été. Tout s’imbrique, se mélange, s’aère, se complique sans jamais baisser d’intensité. Toute superstition ne contient-elle pas « un fond de vérité » ? comme les habitants de Sandomierz essaient de faire comprendre au procureur.

Une belle nuit blanche, un livre dense, intelligent, consistant comme les gâteaux polonais qui, bu avec une tasse de thé, sont un délice. Zygmunt Miloszewski sait manier le suspens, très bien dépeindre son pays. La traduction de Kamil Barbarski m’a fait découvrir un auteur avec lequel je vais remonter le temps en lisant « Les impliqués ».

Une belle réussite des Editions Mirobole qui m’avaient déjà enchantée avec « L’assassinat d’Hicabi Bey »et « Des mille et une façons de quitter la Moldavie » J'aime toujours autant l'impertinence et la malice des couvertures

 

 

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