Michiel Heyns - La dactylographe de Mr James

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La dactylographe de Mr James

Michiel Heyns

Traduction de Françoise Adelstain

Editions Philippe Rey

324 pages

ISBN : 9782848762128

 

 

 

En premier lieu, je tiens à remercier  logo-libflybis le logo-furet.png et logo-ph-rey.gif En effet, dans le cadre de l’opération logo-on-vous-it-tout.jpeg j’ai eu le plaisir de recevoir ce livre que j’avais déjà mis dans ma liste de livres à acheter. Le spiritisme a fonctionné !! 

 

Frieda  Worth est promise à Mr Dodds, pharmacien de son état, qui ne voit en elle que la mère de ses futurs enfants. Frieda, fille de son époque voudrait travailler, s’émanciper. C’est ainsi qu’elle se retrouve dans l’école de dactylographie de Miss Petherbridge qui leur affirme que : « Nous les femmes, nous avons appris à nos dépens que nous sommes des citoyens de seconde zone dans Un Monde d’Hommes. Il est de notre devoir d’acquérir les qualifications donnant accès à ce monde ». Henri James, grand auteur, revisite son œuvre pour une réédition intégrale et engage Frieda pour taper, sous sa dictée. Activité qui lui laisse le loisir de travailler à son propre roman.  « Attendre, il n’y a rien de pire quand on prend sous la dictée. » A se rendre tous les jours au domicile du romancier, elle découvre sa vie quotidienne, ses amis et relations.

 

Elle y rencontre Morton Fullerton et se laisse séduire « Tout en laissant Mr Fullerton remédier à son inexpérience, Frieda s’interrogeait : l’étrange détachement qu’elle ressentait était-il la marque d’une déficience, de l’absence de quelque aptitude vitale ? Elle n’imaginait pas Emma Bovary ou Anna Karénine observant leur situation avec une telle ironie. Mais Emma et Anna étaient des créations d’homme qui, pour satisfaire leur vanité, devaient croire aux transports extatiques des femmes qu’ils possédaient » Il y eu un marché entre eux : récupérer les lettres écrites à Henry James… afin qu’elles ne tombent pas, au décès du romancier, entre des mains trop curieuses. Elle ne le reverra pas avant 2 ans mais reste en contact avec lui par l’entremise ... de la machine à écrire. Nous sommes en pleine mode de spiritisme et voici que Frieda se découvre medium. Elle se met à sa machine à écrire, pense fortement à Fullerton et … « Assise à sa machine, elle prit conscience d’une présence, et que les doigts n’obéissaient pas aux injonctions de son esprit, mais à des pensées à demi formulées s’emparaient de lui… Mais elle découvrit que, si elle ne résistait pas, elle pouvait consigner aussi aisément les impulsions de la conscience usurpatrice que lorsqu’elle travaillait sous la dictée… Il lui fallait seulement vider son esprit de toute pensée étrangère, et attendre que l’engourdissement succède au tremblement de ses mains ; puis ses doigts, posés sur les touches commençaient à exécuter les injonctions de l’autre esprit qu’elle identifiait désormais à Mr Fullerton. »

 

La France ou le désir d’y séjourner est souvent évoqué. Mr Fullerton, Mrs Wharton s’y rendent accompagnés, de temps à autre, par Henry James. « Effectivement, ma chère, je le crois aussi. Et pourtant, à Paris, on prend conscience de ce qu’on a perdu comme nulle part ailleurs. »

 

Suite à leur première étreinte, Fullerton avait émis l’idée que peut-être, un jour ou l’autre, elle pourrait l’y retrouver… avec les lettres bien entendu. « Sauf si ? Sur le ton de la confidence, alors que le joyeux cliquetis qui les entourait empêchait qu’on l’on entende, il chuchota : « Sauf si cela vous fournissait l’occasion de visiter Paris –à mes frais bien entendu, pour vous remercier, mais aussi pour le plaisir que j’aurais de vous montre la ville. ». Proposition dont il ne souvient même plus lorsqu’elle le revit !

 

 « Il resta égal à lui-même, la traitant avec son habituelle courtoisie solennelle. Une façon d’être vivant à faciliter les rapports sociaux, mais pas à aborder les questions dérangeantes : à exprimer la plus chaleureuse affection ou à masquer la plus profonde antipathie : le comble de l’art de vivre civilisé et le raffinement ultime de la barbarie ; un comportement qui ne faisait pas souffrir ni n’apportait de réconfort. »  Cet extrait dépeint assez bien le comportement général de Henry James. Beaucoup d’ambigüité  sur les relations amoureuses de Henry James, il ne parle que de ses amis qu’il aime tendrement…..Pas de femmes autour de lui, sauf Edith Wharton et « sa » dactylographe.

 

 A la fin du livre, Henry James brûle toute sa correspondance alors qu’il y a des raretés dedans, mais je ne vous dévoilerai pas les raisons de ce feu purificateur.

 

Au jeu de dupes entre tous les protagonistes ; je te trompe, je te mens, je ne te dis pas tout, je me cache…. Frieda y laissera quelques illusions, mais son espoir d’être écrivain n’en sera que renforcé. Elle ne tapera plus sur sa machine à écrire sous l’impulsion d’une « présence » mais bien de ses propres idées.

 

 

Michiel Heyns décrit parfaitement la vie de la haute bourgeoisie pensante de ce début du XXème siècle encore enraciné dans le siècle précédent, mais avec des sursauts de liberté comme la naissance des suffragettes, le fait pour une femme de travailler par choix et non par nécessité, de s’affranchir de la tutelle et de la domination masculine. « Je ne parle pas, comme vous l’a dit Mrs Dew-Smith, au nom de la femme dans son rôle d’ange consolateur, mais pour la Femme dans son nouveau rôle de Guerrière, de Conquérante et, si nécessaire, d’Ennemie de Tout ce Qui Est. » Par contre, l’esprit de classe, voire de caste existe bel et bien et Frieda, qui n’est pas considérée comme une domestique, le ressent parfaitement.

 

J’ai pu apprécier les belles descriptions, j’ai souri aux quelques piques sur nous les mangeurs de grenouilles. Un ton ironique mais de bon aloi :

 

Le Warden hotel où loge Frieda, porte sur sa plaque « hôtel de Tempérance avec buvette » « tarifs rigoureusement modérés » termes antinomiques portant à sourire.

 

Mr Dodds lui donnant l’article d’un certain docteur Cantlie mettant en garde  sur le fait que l’activité sportive chez une femme risquait de développer les épaules « plutôt que les parties procréatives de leur anatomie » alors qu’elle voulait s’acheter une bicyclette, chose qu’elle fera lorsqu’elle sera à Rye.

 

Ce n’est pas un livre que l’on lit d’une seule traite, l’écriture un peu surannée du roman est un léger obstacle. Une fois ce stade dépassé, Michiel Heyns  nous ouvre les portes de Lamb House, d’un épisode de la vie de Henry James, auteur reconnu et pour moi, à découvrir, tout comme Michiel Hyens.

 

P.S. : Jeunes gens qui ne connaissez que le clavier de l’ordinateur, vous ne savez pas l’énergie dépensée pour taper un texte sur une vieille Underwood !!!

 

 

4ème de couverture :


En 1907, Henry James engage une nouvelle secrétaire. Theodora Bosanquet, qui demeura à son service jusqu’à la mort de l’écrivain. Rebaptisée Frieda Worth, elle est la voix de cet étonnant roman dont on ne sait plus vraiment qui est l’auteur, tant Michiel Heyns est un virtuose du style jamesien. Combinant faits et fiction, il recrée la petite ville de Rye et la société gravitant autour du Maître : la vie à Lamb House –la grande maison de brique où se croisent et se recroisent les domestiques imperturbables-, les invités bavards et indiscrets, la famille James (le docte professeur William, sa femme et leurs deux enfants), la redoutable meneuse des suffragettes, une medium et ses séances de spiritisme, les jeunes disciples mâles de James, sont oublier Max le chien –tous emportés dans une sorte de tourbillon.

 

Appréciée pour sa compétence, frustrée de n’être guère plus que la dactylographe du grand homme, qui la fascine mais qu’elle observe d’un œil critique, prise au centre d’une tragi-comique histoire de lettres compromettantes dont les principaux acteurs sont la terrifiante Edith Wharton et le beau Morton Fullerton, les deux amis de cœur de Mr James, Frieda s’efforce, elle, d’obéir au dictum du Maître : « profitez de la vie autant que vous le pouvez ; c’est une erreur que de ne pas le faire. » Mais vivre a aussi un prix : Amours, tromperies, jeux de dupes, subtilité des esprits, tout est réuni pour faire de ce roman un enchantement de lecture.

 

Biographie de Michiel Heyns :


Michiel Heyns  est Né en Afrique du Sud le 2 décembre 1943. Devenu professeur d’anglais, il a pu se consacrer pleinement à l'écriture après le formidable succès de son premier roman, Jours d'enfance (Children's Day), en 2002.
Il enseigne la creative writing comme professeur visiteur à l'Université de Tulsa, aux États-Unis, mais il vit à Somerset West en Afrique du Sud.

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Valérie 23/08/2012 11:32


J'avais lu un livre de David Lodge sur Henry James, celui-ci pourrait donc m'intéresser. 

zazy 23/08/2012 21:17



J'ai apprécié



mimipinson 20/08/2012 10:39


Roman qui m'a vite ennuyée, et dont l'écriture victorienne, m'a encore plus vite gonflée !!!


 

zazy 20/08/2012 14:01



Alors que je me suis laissée bercée par cette mélodied'antan



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