Keith Ridgway - Mauvaise pente

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Mauvaise-pente.jpgMauvaise pente
Keith Ridgway
Traduction de Philippe Gerval
Editions Phébus
331 pages
ISBN 2859407545


Biographie de l’auteur (source l’express.fr) :

Né à Dublin en 1966, vite adoubé par ses pairs et déjà traduit en une douzaine de langues, Keith Ridgway s'est d'abord imposé dans son pays comme un nouvelliste raffiné, avant de signer en 1998 un premier roman, Mauvaise pente, qui lui a valu en France le prix Femina étranger, trois ans plus tard. Il vit aujourd'hui à Londres.

Mauvaise pente – a reçu le Prix Femina étranger et le Prix premier roman étranger

 
Quatrième de couverture :

Grace Quinn exploitait hier encore une ferme dans la campagne irlandaise, aux côtés de son mari. Mais Grace a tué son mari. Avec préméditation peut-être, mais non point froidement : rien n'est froid dans son histoire. Et elle s'en va à Dublin rejoindre Martin, son grand fils qu'elle n'a pas su aimer comme il aurait fallu... Prisonnière d'un passé qui refuse de se laisser oublier, Grace ne cesse de se faire violence à elle-même : elle joue au chat et à la souris avec la police mais voudrait avouer son crime à tous ceux qu'elle rencontre. Elle apprendra, au fil d'un itinéraire mouvementé, que l'aveu est une terrible épreuve : de toutes la plus périlleuse.

 

Résumé du livre :

Grace, épouse d’un ivrogne irlandais, ne cesse de payer « sa faute », la mort accidentelle de son fils ainé Sean, noyé dans un ruisseau un soir alors qu’elle rentrait son linge sec. Elle paie le prix fort : battue par son ivrogne de mari qui redoublera de violence après le départ du second fils Martin. Il avait osé avouer à ses parents son homosexualité. Puis ce même mari tue une petite fille alors qu’il conduisait ivre mort. A son retour de prison, les coups ne cessent de pleuvoir et, un soir par comme les autres, Grace passe à l’acte. Elle prend la voiture et va à la rencontre de ce monstre, qu’elle trouve en train de prier à l’endroit de l’accident et…. Va le tuer en lui roulant dessus. Après l’enterrement, elle se réfugie à Dublin chez Martin qui vit en couple avec Henry.

 

Mon avis :

Pour Grace la mauvaise pente a commencé par son mariage contracté en opposition à son père. La vie ne lui a rien épargné, elle a tout enduré, tout endossé jusqu’à l’explosion fatale. Elle pensait se défaire de son ivrogne de mari en le tuant et c’est le contraire qui est arrivé.

 

Dans un Dublin pluvieux et froid, nous assistons au face à face souvent laborieux, sans parole entre la mère et le fils. Grace, toute engluée dans  sa culpabilité car, enfin, elle a tué ! ne peut parler à ce fils tendrement aimé, chassé de la maison par son père, empêtré dans une jalousie malsaine. Ils se frôlent, mais ne peuvent se toucher, se retrouver. Sean, un ami de Martin, jouera un rôle important car Grace lui racontera le meurtre et, incapable de se taire, il transmettra ce lourd secret à Martin. Alors là, se passe une chose inouïe : il ne peut accepter le meurtre de son père, lui qui l’a tant haï, et sa haine se retournera contre sa mère. Il ira jusqu’au bout de cette « folie » en avertissant la police.

 

Le seul moment de douceur de ce livre est l’arrivée de Grace dans une pension de famille où elle va poser sa valise et essayer de se retrouver. L’imposante Mrs Talbot saura lui donner un peu d’humanité et son amitié.

 

Grace, tout comme X, jeune fille de 14 ans violée à qui la justice refuse le droit de se faire avorter, sont les victimes et, en même temps, le symbole d’une Irlande qui essaie de se libérer du joug de la religion.

 

C’est un très beau roman aussi lourd que les manteaux mouillés par la pluie de Dublin, très prenant que l’on ne peut lâcher. Cette atmosphère pesante ira jusqu’à la double chute de Grace.

 

Un très beau prix Femina étranger. Par sa profondeur, je le déclare coup de cœur

 

Quelques phrases :

 Imaginer que tomber de très haut est une progression. Une chose qui en vaut la peine.
  Je l'ai fait parce que je voulais me libérer de lui, et maintenant je suis liée à lui plus indissolublement que je ne l'avais jamais été. 

Elle avait tué, elle avait fait cela, elle avait accroché ce mot autour de son cou et il l'entraînait inexorablement vers le bas

Les statistiques. Ca vous fait penser à des choses qu'on n'imaginerait jamais autrement.
Un morceau de ciel d’un bleu immaculé qui s’étendait depuis les toits jusqu’au sommet de la fenêtre, comme si on avait mis la mer à sécher.

 

 

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R


J'ai ce livre depuis un moment dans ma bibliothèque mais je ne l'ai pas encore ouvert. J'espère avoir un coup de coeur comme toi !



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Z


Un livre prenant



S


Merci pour ce commentaire qui donne envie d'aller vers ce livre.



Répondre
Z


Merci de ton avis. C'est un livre superbe


Les 9 consciences du malfini me tentente beaucoup



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