Eric Valmir - Magari

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Magari

Eric Valmir

Robert Laffont

Août 2012

380 pages

 

 Je remercie Babelio  http://www.babelio.com/images/masse_critique.jpg pour cette opération ainsi que les  logo laffont pour ce partenariat. Un très bon livre.

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Magari, quel mystère caches-tu derrière ce mot intraduisible en français « Magari est une richesse de la langue italienne qui ne peut se traduire par un seul mot.  C’est un sentiment d’incertitude, de désirs de rêves cachés, mais qui peut aussi porter en lui la négation et la résignation. » Voici l’’explication d’Eric Valmir.

 Lorenzo, depuis tout petit, baigne dans la politique à son corps défendant. Son père, communiste pur et dur vit dans un monde binaire : communiste versus fasciste. Alors que tous ses copains ont une vie avec des repas de famille chaque dimanche en compagnie des oncles, tantes et grands-parents, lui  a des dimanches tristes et houleux entre ses parents.

 Nous sommes en pleine période des brigades rouges, ses parents refusent de le laisser jouer dehors par peur des attentats et des fusillades. Il ne peut même pas aller voir les matches de  la Roma, l’équipe de foot romaine dont il est fervent supporter. Il s’échappe en regardant la télévision dans ce qu’elle a de pire aux yeux paternels

Il adore passer ses vacances en Ombrie chez son grand-père maternel et là, quel bonheur de parcourir la région avec Nonno et ses copains, la liberté quoi. L’ombre au tableau, il ne sait pas pourquoi ses parents et lui sont fâchés, irrémédiablement fâchés.

Lorenzo grandit, travaille, quitte ses parents, pense s’engager à droite sous la pulsion de Matteo, Magari….

En suivant Lorenzo, le fil rouge de ce roman, Eric Valmir nous parle de la vie quotidienne et politique de l’Italie des années de plomb pour arriver à l’avènement de Berlusconi. On retrouve le reporter qui fut le correspondant, dans ce pays, pour France-Inter.

Le parti pris romanesque, à savoir l’accident de Lorenzo, ne nuit pas à sa lecture, au contraire  (la fin est surprenante). La plume alerte, gaie, romanesque d’Eric Valmir, sa connaissance de la vie politique italienne m’ont fait passer un très agréable moment de lecture.

Vraiment un très bon livre profond mais qui sait se faire léger.

Quelques extraits :

Parfois, je faisais semblant de dormir et j’observais le petit garçon que tu étais, immobile en train de me regarder… C’était doux… C’était… indéfinissable… et j’étais mort de trouille devant cet amour que tu me portais parce que je me disais combien de temps ça va durer, tout ça ?... je veux dire… s’ »occuper de toi et t’aimer suffirait-il ?

 Disons qu’on est le 24 juillet… et tu vois des reportages sur la splendide tenue du peuple italien autour de son Duce… Dans la nuit, le roi démet Mussolini de ses fonctions… Deux carabiniers l’emmènent… Le lendemain soir, le 25, dans le même journal d’information, tu entends les mêmes reporters de la veille qui s’extasient désormais devant la dissolution de la Chambre des faisceaux, se félicitant de l’arrestation du monstrueux Mussolini qui a mis la nation à genoux… Et toi, à ce moment-à, que fais-tu de tout ça ? Que dois-tu penser ? Que deviennent tes repères ? Toutes les valeurs qu’on t’a enseignées depuis que tu es né ?

 Tu vas bientôt voter, Lorè… Tu sais ce que cela signifie… Ce n’est pas anodin…Au moment de cocher…. Ne donne jamais ta croix à la gauche ! Surtout pas dans les mois qui viennent… La Démocratie chrétienne est engluée dans ces affaires… beaucoup commencent à aller en prison, et les communistes se complaisent dans un rôle hypocrite de gentilshommes….

 La salle était debout. Elle scandait le nom de Luigi. Le Centre droit naissait au milieu des bombes, des attentats, du sang, des suicides de chefs d’entreprise, des meurtres, des voitures bourrées d’explosifs à Florence, Milan et Rome, des victimes. Le climat de terreur était revenu. Le pays avançait comme un funambule qui a peur de tomber.

Tous les anciens de la Démocratie chrétienne, le clan des Caruso,  étaient ceux qui tiraient les ficelles du futur CD, ils négociaient en coulisses. Eux se contenteraient au mieux de portefeuilles ministériels.

 Luigi Squallocci voulait rénover la vie politique. Son analyse était simple : la corruption, les affaires et les croisements d’intérêts avaient entamé la confiance des citoyens.

 Ensuite, il y avait Silvio µBerlusconi. Le patron de la télé voulait se lancer en politique pour le bien de l’Italie. Une des plus grosses fortunes du pays, on ne pouvait le soupçonner de vouloir voler. C’est le crédo qu’il défendait.

Là, tout le monde éclatait de rire, c’était la minute détente. Vous imaginez… Berlu président du Conseil. Ce type n’a peur de rien ! En plus, il surfe sur la même idée que nous, celle de l’antipolitique avec une campagne orchestrée par son département publicité. Comme si avec deux filles à poil et trois sourires, on pouvait être élu.

 

4ème de couverture :

« La famille, c'est sacré, paraît-il. En regardant celles qui vivent dans le quartier, à Rome,

je me dis que ça doit être vrai. Il y a des cris, des embrassades, des rires, de la musique.

Chez nous, on ne s'embrassait pas, ça gueulait politique et j'étais toujours tenu à l'écart. »

Quand Lorenzo sort de chez lui ce matin-là, flottent sur Rome toutes les promesses de l'été. Nous sommes le 19 juin 2001. Silvio Berlusconi est redevenu quelques jours plus tôt chef du gouvernement. Pour la plus grande joie de ses tifosi, l'AS Roma vient de remporter le troisième scudetto de son histoire. Et Lorenzo est heureux : certainement pas à cause du retour aux affaires du Cavaliere – la politique, il en a soupé. Peut-être même pas grâce à la victoire de son équipe, et Dieu sait pourtant s'il a rêvé de revivre une telle liesse... Non, Lorenzo est heureux parce que Francesca l'aime. Parce que, dans quelques mois, naîtra leur premier enfant, une fille, il en est certain. Parce que, à l'abord de la trentaine, l'ombre du petit garçon naïf et malhabile, celle de l'adolescent irrésolu ballotté par tous les vents contraires, n'est plus si lourde à porter. Aujourd'hui, sa vie a un axe, un socle, une direction. Alors, il traverse la rue sans faire attention. Et ne voit pas la voiture qui surgit au même moment...

...Étendu sur le bitume, Lorenzo remonte le fil de sa vie. Celle d'un jeune Romain qui a grandi écartelé entre l'intransigeance d'un père communiste ultra militant, les migraines d'une mère rongée par un drame familial et l'amour d'un grand-père cachant tant bien que mal son passé mussolinien. Un parcours chaotique marqué par ce sentiment d'incertitude, de désirs, de rêves enfouis et aussi de résignation qu'exprime le mot « magari » (« si seulement...»), comme un état d'âme qui se décline à l'infini.

De l'assassinat d'Aldo Moro à l'avènement des années Berlusconi, c'est une radioscopie de la société italienne dans toutes ses nuances et ses contradictions que nous offre ce roman d'apprentissage au souffle à la fois intime et puissant. C'est aussi un voyage plein de sensualité dans les boucles du Tibre, ou l'on sent à chaque page les brûlures du soleil et la fraîcheur de l'eau sur la peau du héros.

 

Biographie d’Eric Valmir :

Éric Valmir a été le correspondant de Radio France en Italie pendant 5 ans. Installé à Rome, il couvre toute l'actualité italienne, produit et réalise la série radiophonique « Ciao Ragazzi » et commence à écrire Magari. Rentré à Paris, il anime depuis septembre 2011 sur France Inter un rendez-vous matinal politique « Les jeunes dans la présidentielle », qui connaît rapidement un succès d'audience. Il est également l'auteur, chez Robert Laffont, de Toute une nuit (2005), De la difficulté d'évoquer Dieu dans un monde qui pense ne pas en avoir besoin (entretiens avec le cardinal Oscar Rodríguez Maradiaga, 2008), et de Italie, belle...

 

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D

ça semble intéressant.. l'Italie me fascine.. et en ce moment,  àMontréal, on vit dans une atmosphère, de corruption, de pots de vins, de politique et de mafia. ça ne finira jamais. ...
Magari. 
Répondre
Z


Malheureusement, la corruption est présente partout, c'est un bon rapport qualité/prix Magari



S

J'en ai croisé plusieurs exemplaires chez le bouquiniste. Je regrette maintenant de ne pas l'avoir acheté.
Répondre
Z


Un bon livre.



M

Un bien beau titre! Un mot italien que j'aime. Tu m'as donné envie de lire ce livre! 
Répondre
Z


Il est très agréable à lire



O

Merci Zazy


C'est nettement mieux ! même que j'ai vu que tu avais mis deux fois la 4ème de couv. et la bio d'Eric Valmir. Mais ce que tu en dis donne envie de lire ce roman


Amitiés
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Z


Je corrige !!!!



O

Bonjour Zazy


Ouin, ouin, ouin... Je n'arrive pas à lire les extraits du roman ! Pourtant j'ai changé de lunettes il y a guère. Pourrais-tu augmenter, s'il te plait, la police de caractères ?


Ceci ne m'encourage pas à lire en numérique


Merci d'avance Zazy


Amitiés
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Z


Cher tonton, voilà qui est fait, j'ai également augmenté la grandeur des caractères. Moi non plus je n'arrivais pas à lire.... Je ne vais pas souvent sur monb blogue


Merci de m'avoir prévenue



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