Andrée Chedid - Les quatre morts de Jean de Dieu

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Les quatre morts de Jean de Dieu
Andrée Chedid
Editions Flammarion
177 pages
ISBN : 9782081233515




4ème de couverture :

"Elle aurait aimé crier, se battre, soustraire Jean à cette fin. Elle aurait tant voulu prolonger leurs âges, vivre jusqu'au bout. Qu'ils s'accompagnent mutuellement, longuement, le plus longuement possible et entrer dans la nuit ensemble en se tenant la main.
Maintenant il fallait peu à peu envisager, admettre, accepter le poids de cette main froide, qui n'avait plus de vie, qui n'avait plus de sens. Admettre, accepter, se résigner. Non. Jamais. Ce serait comme trahir."
De la guerre d'Espagne à la chute du mur de Berlin, Andrée Chedid fait le portrait d'un enfant du siècle dans ce roman profond et émouvant qui est comme la quintessence de toute son œuvre.


Biographie d’André Chedid :

Elle est née le 20 mars 1920 au Caire (Égypte) et morte de la maladie d’Alzheimer1 le 6 février 2011 à Paris. Femme de lettres et poète française d’origine libanaise. Elle est la mère du chanteur Louis Chedid, de la peintre Michèle Chedid-Koltz et la grand-mère du chanteur M.


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Jean de Dieu, c’est son prénom, vit dans une famille bourgeoise espagnole très catholique pratiquante au point qu’il envisage la prêtrise. Sa jeune cousine lui fit découvrir une autre facette de la vie et c’en est fini de la future carrière dans les ordres. Ce fut sa première mort. La seconde est  son exil en France suite à la prise du pouvoir par Franco et à la mort du Front Populaire. Il ne reverra plus jamais l’Espagne. La chute du Mur de Berlin sonnera la fin  de son idéal communiste. Voici qu’arrive « la Salope » c’est ainsi qu’il appelle sa maladie. Victime d’un Alzheimer, il luttera pour reculer l’échéance de sa troisième mort. La quatrière fut l’ultime et l’inéluctable.

J’oserais dire qu’il y en a une cinquième, même si elle n’est pas directe, mais induite : le désespoir d’Isabelita, sa femme.

Jean de Dieu a fait de belles rencontres qui ont changé sa vie, entre autre, le Père Amédée, ce curé, ancien légionnaire qui le confortera dans la perte de la foi.
« La nature ayant horreur du vide, Jean chercha à s’évader du conservatisme de sa Sainte Mère l’Eglise et des pesanteurs familiales en fréquentant secrètement des milieux athées et anarchistes. » Son camarade de foot, Miguelito, lui présente son père, un ébéniste prénommé José que l’on appelle « José le Bolcheviste ». Il deviendra son père spirituel. Il le suivra et deviendra à son tour ébéniste. Ils se réfugieront à Paris où il épousera Isabelita épousera et à qui il vouera un amour infini.
 

Avec un style fluide, direct, tour à tour poétique, humoristique nous raconte la vie de Jean de Dieu, nous parle de cette seconde moitié du XXème siècle. En toute simplicité, elle nous pose quelques questions sur la vieillesse, la mort, les convictions, l’amour.

Les quatre morts de Jean de Dieu, c’est le roman d’un homme simple et intègre ou d’un homme tout simplement. Un superbe livre qui, une fois fermé reste dans la mémoire car on peut se reconnaître ou reconnaître un proche. C’est un vrai roman d’amour, un roman d’amour de la vie et des autres.

Quelques extraits :

« Si l’on considère que le poème est porteur d’un certain questionnement sur le monde à travers la langue, cela implique que la poésie intervient dans cet espace au sein duquel se joue notre rapport au monde et au sens.
En poésie comme en science, c’est l’étonnement, l’émerveillement devant le réel qui se révèle source de sens. »
« Ces grammairiens paranoïaques ont construit une forêt d’obstacles à l’envol des mots. C’est pourquoi nous avons l’immense, le surprenant, le miraculeux bonheur d’avoir hérité une merveilleuse volière dans laquelle chantent et battent des ailes des millions de captifs heureux : les poétiques mots-oiseaux. »
« La vie, il faut la saisir au collet depuis son plus jeune âge. Avec sérénité, mais avec appétit féroce ».

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Yv 08/02/2012 12:21


Ça m'est toujours plus difficile de parler des livres que j'aime que de ceux que je n'aime pas et que je peux descendre en flèche, aisément

zazy 08/02/2012 12:30



Pour descendre, il y a des formules lapidaires



Yv 08/02/2012 11:04


Et quelle belle écriture ! Andrée Chédid est un grande écrivain : entre prose et poésie, de la vraie belle littérature. Et de belles histoires, de beaux personnages.

zazy 08/02/2012 11:42



C'est vrai, je n'en ai pas assez parlé. Il est très dur pour moi de parler de livres de cette qualité



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