Ramsès Kefi - Quatre jours sans ma mère
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Quatre jour sans ma mère
Ramsès Kefi
Editions Philippe Rey
21/08/2025
ISBN : 978-2-38482-249-2
208 pages
4ème de couverture :
Un soir, Amani, soixante-sept ans, femme de ménage à la retraite dans une cité HLM paisible en bordure de forêt, s’en va. Pas de dispute, pas se cris, pas de valise non plus. Juste une casserole de pâtes piquantes laissée sur la cuisinière et un mot griffonné à la hâte : « Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai. » Son mari Hédi, ancien maçon bougon, chancelle. Son fils Salmane s’effondre. À trente-six ans, il vit encore chez ses parents, travaille dans un fast-food, fuit l’amour et gaspille ses nuits sur un parking avec son meilleur ami, Archie, et d’autres copains cabossés.
Père et fils tentent de comprendre ce qui a poussé le pilier de leur famille à disparaître. Alors que Hédi réagit vivement, réaménage l’appartement, enlève son alliance, Salmane met tout en œuvre pour retrouver sa mère. Son enquête commence avec de maigres indices – une lettre, un chat tigré, une clé rouillée –, et remue un nombre incalculable de regrets. Il pressent que ce départ est lié à l’histoire de ses parents, orphelins émigrés de Tunisie. Il devine aussi que l’événement va tous les transformer, surtout lui, Salmane, qui voit enfin advenir son passage à l’âge adulte.
Dans ce premier roman plein de verve et de sensibilité, Ramsès Kefi compose une fresque intime et sociale, où le quartier ouvrier de la Caverne est à lui seul un personnage, avec ses habitants pudiques, son PMU d’antan, ses reproductions de bisons sur les murs… Ce texte est un chant d’amour aux mères qui portent le poids de leur famille, sans bruit et sans reconnaissance, aux hommes fragiles, impétueux mais débordant de tendresse, à ceux qui ont le courage d’aller chercher dans le passé les remèdes aux maux du présent.
L’auteur (site de la maison d’édition) :
Après des études d’histoire et une parenthèse dans la restauration, Ramsès Kefi aborde le journalisme par hasard, en envoyant un texte – sur le café – à diverses rédactions. Le Bondyblog le publie et Rue89, dans la foulée, lui propose un stage. Il y restera cinq ans, à un poste de reporter polyvalent. En 2016, il rejoint le service Société de Libération, où il se spécialise dans les périphéries. En 2022, il part pour la revue XXI avec qui il publie À la base, c’était lui le gentil, un livre sur les rixes adolescentes. Quatre jours sans ma mère est son premier roman.
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Miséricorde, Amani 67 ans, a disparu, elle est partie !!! Elle a quitté l’HLM conjugal en laissant juste un petit mot « Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai »
Pourquoi ? Où ? Ce sont les questions sans réponse que se posent Hédi le mari et Salmane le fils. Pourtant, les réactions sont différentes.
La colère chez hedi. Sa femme partie, c’est un affront pour lui. Il en enlève son alliance, change l’appartement, mais ne se remet pas en questions. Salmane, sorte de Tanguy, veut retrouver sa mère. Il faut dire que Salmane n’est plus un ado, il a quand même 36 ans. On le regarde perdre sa vie sans trop la gagner entre son travail dans un fast food et les copains du parking.
Amani a toujours été là et, pourtant, elle est invisible aux yeux de ses deux hommes. Elle était là, présente, un peu comme un meuble ou un chien, invisible en tant qu’être humain
La quête de sa mère, de leur histoire familiale va réveiller le fils qui abandonne petit-à-petit, le terrain vague où il zone avec les copains.
On apprend un peu plus sur la vie de Amani et Hedi qui ont été élevés dans un orphelinat niché sur une montagne d’Afrique. « Le plus souvent, ils résumaient leur trajectoire sans virgule, pour ne rien détailler. La misère sévère au bled et l’exil très tôt pour la fuir. Le taudis à Marseille, la chambre de bonne à Paris et la renaissance dans un quartier HLM à onze stations de train de la capitale ».
Ils ont fait leur nid dans ce quartier HLM, baptisé « La Caverne » où les jeunes ont dessiné des mammouths, des hommes préhistoriques.
Cet endroit porte bien son nom. C’est une caverne rassurante pour Salmane qui a pourtant fait des études, un master en histoire ancienne en poche. Mais, voilà à la Caverne il est chez lui et ne veut pas en sortir.
Partir à la recherche, à la quête de sa mère va tout bousculer.
Au début, l’écriture se fait lente, je ressens l’apathie, le refus de s’engager de Salmane. Au fil des pages, l’écriture se fait plus vive, le rythme s’intensifie. Salmane se redresser, voit un avenir. Peut-être pourra-t-il quitter sa coquille, sa caverne.
Ramsès Kefi, dans ce livre, parle de l’amour, du besoin de le montrer à ses proches, des secrets qui empêche de grandir, de se former. Arracher le passé des silence pour s’attacher aux autres.
J’ai aimé cette lecture, même si, au début, j’ai eu une forte envie de botter les fesses de ce grand-petit garçon.
