Pierre <jourde - Le voyage du canapé-lit
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Pierre Jourde
Editions Folio
Juin 2020
332 pages
ISBN : 3260100038687
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4ème de couverture :
«Le transport du canapé constituait l’apogée de la malédiction des objets qui me poursuivait depuis ma naissance. Et je commençais à comprendre obscurément le rôle central que certains de ces objets avaient pu jouer dans des épisodes désastreux, dangereux ou grotesques de mon existence. Ils étaient toujours là quand il y avait un mauvais coup à faire.»
À la mort de sa mère avare et dure, une femme hérite d’un canapé remarquablement laid. Elle charge ses deux fils et sa belle-fille de transporter la relique depuis Paris jusqu’à leur maison en Auvergne. À bord d’une camionnette, Pierre, Bernard et Martine embarquent alors dans un périple hilarant, au cours duquel défilent les paysages et les histoires de famille aussi féroces que réjouissantes.
L’auteur (site de la maison d’édition) :
Pierre Jourde est romancier et critique littéraire. Il enseigne la littérature à l’université Grenoble III. Il est notamment l’auteur d’un pamphlet très remarqué, La littérature sans estomac (2002) et, aux Éditions Gallimard, d’un essai, Carnets d’un voyageur zoulou dans les banlieues en feu (Hors série, 2007), d’un récit, Le Tibet sans peine (collection Blanche, 2008, Folio n° 5005) et de deux romans, Paradis noirs (collection Blanche, 2009) et Le Maréchal absolu (collection Blanche, 2012).
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Une histoire de canapé désopilante de temps à autre, une psychanalyse non pas de comptoir mais de camionnette. La Jourde Brother en plein délire.
Tout commence par le décès de la grand-mère et le départ du canapé-lit pour l’Auvergne à bord d’un Citroën Jumper loué 230 euros TTC, sans compter l’essence et les péages... Tout ça pour un vieux canapé-lit usagé et un week-end de Pâques pour tout arranger
Ah ces auvergnats, pour économiser un euro, ils peuvent en dépenser 50… Oui, mais faut pas gâcher, on ne jette rien à la poubelle…
Donc, voici la Jourde Brothers composée de Pierre et Bernard, ce dernier en compagnie de Chantal, son épouse (la Jourde Brothers, c’est d’elle!). La pauvre, ce que je la plains avec deux numéros de cet acabit !
Il est vrai qu’en voiture, l’on parle de tout et de rien. Ici, Pierre parle beaucoup de lui, des fois très pipi-caca. Ah ! La philosophie de canapé-lit est de sortie et ça fuse !
Les frères Jourde, ce ne sont pas des anges, des gamins normaux, quoi. Pierre, l’auteur est toujours resté cet ado hargneux, provoquant (lire le passage concernant Christine Angot), mais qu’est-ce que Jourde est drôle ! Je le confesse, plusieurs fois, j’ai dû m’arrêter de lire parce que je riais ; si vous lisez ces passages à voix haute, c’est encore mieux.
OK, je ne pouvais pas ne pas aimer. le Citroën traverse des régions qui me sont très chères et...je savais où il devait passer pour rejoindre l’Auvergne
En voiture, il faut bien passer le temps et nos deux compères le font avec brio et saine méchanceté.
La géographie routière rejoint la géographie des souvenirs et la géographie personnelle, voire intime ; il y est souvent question de toilettes.
On traverse la France, mais pas que. La géographie et la géographie des souvenirs s’entremêlent avec des a anecdotes piquantes, où l’autodérision n’est jamais loin.
Bien sûr, il y a des moments où je me suis un peu ennuyée, si peu… Un voyage avec la traversée de la Beauce ne peut être tout le temps au top !
J’ai aimé, adoré le style de Jourde que je découvre avec ce livre. J’aime l’humour féroce, les digressions, apparemment sans queue ni tête mais… avec des pattes pour avancer.
Des moments à ne pas manquer : la remise des Prix à l’Académie française, le coiffeur londonien. Lorsque Jourde sent ou pressent notre ennui, il nous apostrophe, nous prend à partie, parle pour nous
« – Non, lecteur, ne t’en va pas, ça me fait de la peine. Excuse-moi si je me suis montré brutal. Écoute-moi encore un peu…
– Non non, ça suffit, j’ai un Le Clézio à finir. »
Bref, j’ai vraiment adoré ce foutoir, ce récit hilarant, ces digressions, calembours. Ce voyage en mode picaresque m’a fait un bien fou. Fond et forme de grande qualité… Que demande le lecteur ? Encore, encore, encore.
J’ai découvert ce livre grâce à l’opération « offert pour l’achat de 2 folio ». La couverture m’avait tapé dans l’œil, tout comme le titre très évocateur.
Oui, j’en fais un coup de cœur.
