Pierre Raufast - Le cerbère blanc

Le cerbère blanc

Pierre Raufast

Editions Stock

Mars 2020

260 pages

ISBN : 9782234088498

 

4ème de couverture :

Choyé par les siens, Mathieu vit une enfance idyllique dans la vallée de Chantebrie. Mais tout bascule le jour où il perd ses parents dans un accident tragique. C’est décidé, il consacrera sa vie à défier la mort. Il quitte sa vallée et Amandine, sa fiancée, pour suivre des études de médecine à Paris. Là, il travaillera pour un taxidermiste dont la plus belle pièce est un mystérieux cerbère blanc…

Mais peut-on vraiment oublier son passé ?

L’auteur (site de la maison d’édition) :

Pierre Raufast est né à Marseille en 1973 et vit aujourd’hui à Clermont-Ferrand. Ingénieur diplômé de l'École des Mines de Nancy, il travaille dans la cyber-sécurité.

Auteur de nombreux romans chaleureusement accueillis par la critique et le public (La Fractale des raviolis, Alma, 2014 ; Folio, 2015 – prix Jeune mousquetaire, prix de la Bastide et Talent Cultura 2014 – ; ou encore La Variante chilienne, sélectionné pour le prix du roman Fnac 2015), il signe avec Le Cerbère blanc son cinquième roman.

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Amandine et Mathieu, Mathieu et Amandine. Jamais l’un sans l’autre, indissociables, inséparables depuis la naissance « Deux gémeaux à défaut d’être jumeaux ».

Les parents, très amis, étaient toujours ensemble. Le tableau est idyllique, le bonheur présent. Las ! Le destin s’en mêle. Les parents de Mathieu se tuent dans un accident de voiture alors qu’ils étaient au ski. Mathieu se culpabilise car, pour une bouderie, ils sont partis quelques instants plus tard. Alors il a décidé qu’il soignerait, soignerait tout. Au collège, les enfants créent la clinique des doudous. Tout un programme et… ça fonctionne rudement.

« Finalement que ce soit pour les doudous ou les lapins, Mathieu voulait sauver des vies. Il était ce médecin en puissance que je n’ai jamais vraiment pris au sérieux. Les passions de nos hommes les consument tôt ou tard. »

Et il ne changea pas d’avis, surtout après la mort du père d’Amandine pour laquelle il se sent également responsable et coupable. « Comment pourrais-je continuer à faire semblant de rien ? C’était impossible. Mais d’un autre côté, lui avouer ma culpabilité la ferait souffrir ». lors, il monte à Paris sans avertir Amandine. « Ce fut une immense connerie, quelque chose d’irrationnel ».

Ses études l’amène à apprendre à soigner et pendant son temps libre, il travaille chez un taxidermiste, apprend le métier et, par certain côté, fige la mort. Dans l’entrée, il y a un cerbère blanc empaillé superbe « Observe, écoute et juge. Toujours dans cet ordre, cela te permettra de connaître l’âme de ton interlocuteur. » C’est ce que lui dit le taxidermiste en parlant de sa bête empaillée.

Que n’eût -il pas connu et appliqué cette maxime avant de fuir à Paris !

Repousser les limites de la mort, c’est son projet, devenu réalité dans une clinique de luxe dédiée aux gens riches qui veulent rester jeunes longtemps, longtemps, longtemps…. A des tarifs qu’eux seuls peuvent s’offrir

Mathieu a un rapport étroit avec la mort. D’un côté il se sent responsable de la mort des personnes qui l’entourent et de l’autre, il la défie en empaillant des animaux ou, plus tard, dans sa clinique à rajeunir des chairs. Comme s’il voulait non pas réparer les vivants, mais figer le temps. Ode à l’éternelle jeunesse en cultivant l’enveloppe plus que le contenu qui devient vide de sens. Mais la mort est la plus forte dans ce jeu.

Pierre Raufast pousse même le bouchon plus loin dans la seconde partie du livre. Il m’a fallu la réflexion d’après lecture pour en comprendre le sens et la logique.

« Notre âme est un objet quantique qui file à la vitesse de la lumière. Dans la théorie des cordes, notre univers contient onze dimensions, dont les trois spatiales et le temps. Comme l’âme est un objet quantique sans masse, elle peut se mouvoir à travers les autres dimensions en empruntant des raccourcis spatiaux. C’est le principe des trous de ver illustré dans les films de science-fiction avec les voyages dans « l’hyperespace ». » C.Q.F.D. !! Et direction accélérateur de particules du CERN à Genève.

Du haut de l’Olympe, Phoebus considéra Mathieu et murmura dans la langue des immortels « sors tuamortalis, non est mortale, quod optas, « Ton sort est celui d’un mortel, mais ton désir est immortel ». »

J’ai souri à ce grand écart entre une logique scientifique et les dieux (Phoebus, Tantale…) discutant du cas Mathieu lors d’un festin. Le projet, tel une revisite de l’Odyssée est mené tambour battant avec humour et amour..

Acceptez de vous laisser mener dans la barque des dieux, conduite par Cerbère.

Pierre Raufast parle du même sujet que « Une bête au Paradis » le traitement différent en fait deux bons livres. D’ailleurs chacun parle de la fuite du mâle et la femme qui reste… La femme serait-elle la figure de la tradition, de la terre, celle qui, à l'instar du marin, attend et espère ?

A partir d’un amour d’enfance absolu… Tout est permis.


 


 

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Lydia 28/07/2020 13:26

Il faut absolument que je découvre cet auteur. J'ai "La fractale des raviolis" qui attend dans ma PAL depuis un moment.

zazy 29/07/2020 10:09

La fractale fut le premier livre lu

dasola 12/06/2020 19:41

Bonsoir Zazy, pas encore lu ce nouveau Pierre Raufast mais il faut que je le commande en librairie, on ne le trouve pas forcément sur les étagères des libraires. Je suis fan inconditionnelle de cet écrivain. Bonne soirée.

zazy 12/06/2020 19:44

Je te comprends car je le suis également. Tu devrais certainement le trouver à la bib

Jerome 24/05/2020 15:20

Chic, un nouveau Raufast ! Hâte de mettre la main dessus.

zazy 27/05/2020 21:29

Cela devrait te plaire

Nicole Grundlinger 15/05/2020 18:02

Tiens, c'est amusant, je n'aurais pas fait le rapprochement avec Une bête au Paradis... En tout cas, l'univers de Pierre Raufast est toujours surprenant, c'est sympa de se laisser conter...

zazy 16/05/2020 11:23

Le thème est quasi le même. Le mec part pour poursuivre ses études et ne revient que...

Bernie 15/05/2020 17:23

Je n'ai encore rien lu de cet auteur, est-ce le bon ouvrage pour commencer à le connaître ?

zazy 16/05/2020 11:22

J'ai donc lu le premier (la fractale des raviolis) et le dernier de cet auteur, donc il me reste à découvrir l'entre ! Le Cerbère blanc a des chroniques plus ou moins favorables. Peut-être parce qu'il est sorti d'une certaine zone de confort ?

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