Miguel Bonnefoy - Le voyage d'Octavio
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Miguel Bonnefoy
Editions Rivages
janvier 2015
128 pages
ISBN: 9782743629410
4ème de couverture :
Le voyage d'Octavio est celui d'un analphabète vénézuélien qui, à travers d'épiques tribulations, va se réapproprier son passé et celui de son pays. Le destin voudra qu'il tombe amoureux de Venezuela, une comédienne de Maracaibo, qui lui apprend l'écriture. Mais la bande de brigands « chevaleresques », menée par Rutilio Alberto Guerra, pour laquelle il travaille, organisera un cambriolage précisément au domicile de sa bien-aimée. Avant que ne débute un grand voyage dans le pays qui porte son nom. Octavio va alors mettre ses pas dans ceux de saint Christophe, dans ceux d'un hôte mystérieux, dans ceux d'un peuple qu'il ignore. Car cette rencontre déchirante entre un homme et un pays, racontée ici dans la langue simple des premiers récits, est d'abord une initiation allégorique et amoureuse, dont l'univers luxuriant n'est pas sans faire songer à ceux de Gabriel García Márquez ou d'Alejo Carpentier.
L’auteur:
Miguel Bonnefoy, de nationalité vénézuélienne est né en 1988 à Paris, est le fils d'un romancier chilien et d'une diplomate vénézuélienne.
Professeur de français et écrivain vénézuélien, "Le voyage d'Octavio" aux éditions Rivages est son premier roman.
Il a remporté le prix du Jeune Ecrivain, en 2013, grâce à une nouvelle intitulée "Icare".
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Au début, il y eut la peste qui, par l’entremise d’un bateau et de ses marins, fut transmise aux habitants du port de La Guaira et d’un citronnier qui sauva lesdits habitants. Bien sûr en ces temps de religiosité, une chapelle fut érigée puis abandonnée plus tard pour servir de repaire à des voleurs.
Don Octavio, analphabète connaît les joies de l’amour et de la lecture grâce à Venezuela, comédienne. Las ! Acoquiné à la bande de malfaiteurs de la chapelle susnommée, il se retrouve obligé de cambrioler le domicile, normalement vide, de sa dulcinée qui n’était pas partie et l’a reconnu.
Pur Don Octavio, c’est le départ d’une « croisière terrestre », sorte de voyage initiatique où il rencontre diverses apparitions, je n’ose dire personnes qui le mènent plus loin vers la connaissance de lui-même.
Comment imaginer qu’en si peu de pages, Miguel Bonnefoy ait pu écrire un conte, un récit si dense. Mettre mes pas dans les pas de Don Octavio pour une grande balade dans l’imaginaire, le fantasmagorique fut pour moi un très grand plaisir. J’ai plusieurs fois pensé à Luis Sepulveda.
La littérature sud-américaine est chaude, vivante, allégorique, comme j’aime.
Miguel Bonnefoy a fait le choix de l’écriture directe en français. Même s’il a fait des études poussées à la Sorbonne (deux masters sur Louis Aragon et Romain Gary), j’aimerais beaucoup que certains écrivains français aient une aussi belle écriture que lui.
Cette fable poétique, initiatique, picaresque, « don quichotesque » m’a séduite. Lorsque j’ai fermé le livre après le point final, je fus étonnée de voir que le livre ait si peu de pages. Oui, vraiment, un livre dense ou chaque mot a son importance. Nul bavardage inutile mais des phrases riches de poésie, de chaleur, d’humanité. Bref un coup de cœur.
J’attends avec impatience le second livre. Oui, cher ami, cette perle est un premier roman.
