Michela Marzano - Tout ce que je sais de l'amour
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Tout ce que je sais de l’amour
Michela Marzano
Editions Stock
Août 2014
210 pages
ISBN : 9782234077232
4ème de couverture :
Le titre de ce récit qui mêle autobiographie et réflexions philosophiques, dans la lignée du précédent et magnifique livre de Michela, Légère comme un papillon, vient d’un vers d’Emily Dickinson : « That love is all there is, is all we know of love ». C’ »est dire la simplicité et la complexité de toute tentative de définir l’amour, à travers sa présente et son absence.
De la recherche du prince charmant à l’acceptation des limites humaines de l’amour, du désir d’enfant à l’analyse sans cesse recommencée de l’absence d’amour qui fonde parfois nos bancales existences, de la maternité au narcissisme, Michela Marzano aboutit à un constat personnel, où se reflète notre propre expérience universelle : « On reste seule avec ses peurs. Seule avec une autre liste, elle aussi sans fin, pleine de questions sans réponses. Cette fois, c’est différent. Car même si perds tout, je ne me perdrai pas moi-même. Ni cette envie de recommencer. Ni la certitude que personne ne peut plus me voler qui je suis, même si, ensuite, la nuit m’anéantit. »
Un livre transgenre d’une lumineuse évidence, émouvant et féminin.
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Michela Marzano s’était déjà penchée sur son mal-être dans un précédent ouvrage où elle parlait de son anorexie. Ici, il est question d’amour, vase sujet pas si léger que cela.
Chaque intermède débute par la citation d’un auteur qui lui permet de dérouler son texte, de débattre, puis d’aller voir du côté de son nombril et de son cœur. Pourtant, cela n’a jamais été ennuyeux. Quelque fois, j’ai dû relire plusieurs fois les paragraphes pour essayer de comprendre (après une journée de chicoufs et des yeux qui se ferment, c’est autorisé par l’article 10 de mon code personnel). Elle convoque tour à tour Stendhal, Fromm, Lacan, Baumann, Pascal….
Michel Marzano dissèque, disserte, énonce, dénonce, pour en revenir au père, encore et toujours à son père. Cet homme trop autoritaire dont elle attend une reconnaissance qui ne viendra jamais. De vouloir répondre, vainement, à ses attentes, il y a de quoi vous démonter. « Ce que nous avons vécu nous accompagne tout au long de notre vie et souvent –trop souvent, toujours trop souvent malgré les efforts déployés pour briser le cercle vicieux de la répétition– nous détermine. » Nous vivons tous avec ce passé qui nous a formés, bon ou mauvais il faut essayer de l’accepter, gros travail.
En amour, il faut lâcher prise, accepter que l’autre ne soit pas le reflet exact de l’image idéale. C’est ce chemin qu’a parcouru Michela Marzano. Accepter de faire confiance « Mais comment cesser de vouloir tout contrôler ? Comment attendre que quelque chose se passe ? », accepter l’Autre. « L’amour commence toujours après. Quand l’affection succède à la passion. Et que l’on commence à faire confiance. Et que l’on peur « aimer avec l’autre ». Faire confiance, le grand problème de Michela Marzano« On fait confiance, et on court le risque d’être trahi.» Cette peur qu’on la laisse tomber, qu’elle ne soit plus intéressante, aimable. « Mais s’il n’a ôté son masque que pour quelques instants seulement ? Si lui aussi me trompe, m’abandonne, me bannit de sa vie ? »
Et que dire de ce désir d’enfant avec cette phrase souvent répétée : « Si j’avais un enfant, je devrais me lever tôt le matin pour l’emmener à l’école, pas vrai ? ». De temps à autre, on a envie de lui dire, arrêtez de gratter les croûtes ! VIVEZ… et elle nous répond honnêtement «Que se passerait-il si je devais me lever à l’aube tous les jours pour aller à l’usine ou au bureau, avec un directeur des ressources humaines qi ne me lâcherait pas ? Que se passerait-i si je n’avais pas de travail, si je vivais dans la précarité depuis des années… » Oui, vous n’auriez plus le temps de gémir sur vos amours, sur vous, vous seriez obligatoirement dans le présent et dans le concret.
« Cette fois j’ai appris que je ne dois pas demander ce qu’il ne peut pas m’offrir, que je ne peux pas lui donner ce qu’il me demande.. » Est-ce le commencement de l’acceptation de soi et de l’autre ? Je suppose, comme pour nous tous, qu’il y aura des chutes et des rechutes, mais Michela Marzano commence à construire sur du roc et non sur le sable.
Ce livre-thérapie est fait de pensées, de discussions à partir d’une citation, de confessions. Les paragraphes courts fluidifient une lecture quelques fois ardue mais très cohérente et jamais ennuyeuse. J’ai pris plaisir à le lire car très bien écrit. De temps à autre, j’y trouvais mes propres casseroles.
Je remercie
, en partenariat avec
et les Editions Stock qui, grâce à l’opération " On vous lit tout" m’ont permis de découvrir un auteur très intéressant.
Aujourd’hui, je sais que la vie n’a rien à voir avec les contes de fées. Que la personne aimée ne peut pas nous apporter tout ce que nous n’avons pas eu. Qu’il ne suffit pas de se donner du mal et de faire son devoir.
On reste seule avec ses peurs. Seule avec une autre liste, elle aussi sans fin, pleine de questions sans réponses.
En amour, on ne choisit jamais l’autre sans raison. Il correspond toujours à ce que l’on cherche depuis l’enfance
L’autre n’est jamais exactement comme nous voudrions qu’il soit. Il est toujours différent des rêves que nous portons en nous. Des belles histoires qui nous plaisaient tant, enfant, et qui devaient nous consoler de tous ce que nous n’avions pas et dont nous continuons à déplorer le manque.
La vie se joue presque toujours pendant nos premières années. Lorsque nous ne savons encore rien du monde et de nous-mêmes et que nous nous en remettons aveuglément aux autres. Nous dépendons entièrement d’eaux. Notre confiance est totale.
Pourquoi lui ?
Parce qu’il m’écoute. Parce que avec lui je me sens importante. Parce qu’il me prend au sérieux. Et qu’il me regarde avec les yeux de quelqu’un qui découvre un monde inconnu quand je lui raconte quelque chose. Parce qu’il me dit que j’ai raison quand mes raisons ne servent pas à grand-chose.
L’amour commence toujours après. Quand l’affection succède à la passion. Et que l’on commence à faire confiance. Et que l’on peur « aimer avec l’autre ».
La confiance est toujours un pari. On fait confiance quand on croit en une personne, même s’il n’existe aucune preuve tangible qu’elle soit digne de confiance.
On fait confiance, et on s’abandonne. On fait confiance, et on espère. On fait confiance, et on court le risque d’être trahi.
On fait confiance et c’est tout.
L’homme que j’aime m’apporte mon café chaque matin et chasse les cauchemars de la nuit en passant sa main sur mon visage.
L’homme que j’aime est toujours présent, même quand il est loin. L’amour n’est pas seulement fait de petits gestes, mais aussi du partage de se secret que l’on garde en soi.
L’homme que j’aime est la parole qui berce ma plainte, même quand il me demande de me taire. Car c’est parfois le silence qui nous aide à supporter.
Avec le temps, on finit par apprendre : la joie commence quand on accepte le fait que le passé ne passe jamais ; quand on commence à savoir vivre avec le désordre.
