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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #prix lecteurs l'express bfmtv 2016

Simon Beckett - Les témoins de pierre

2 Avril 2017, 21:15pm

Publié par zazy

Les témoins de pierre

Simon Beckett

Traduction Isabelle Maillet

Editions Piranha

Traduit de par Isabelle Maillet

octobre 2016

ISBN : 2371190519

4ème de couverture :

Un homme blessé et en fuite est recueilli dans une ferme. Il croit être enfin à l'abri mais ses habitants semblent cacher bien des secrets...

Sean est en fuite. Malgré la chaleur qui écrase la campagne française, il préfère abandonner sa voiture accidentée et couper à travers champs pour éviter la police. Mais sa cavale se termine brutalement lorsque les mâchoires implacables d’un piège se referment sur sa jambe. Retrouvé quasiment inconscient par les deux filles du propriétaire d’une ferme voisine, il est recueilli et soigné. À peine capable de tenir debout, Sean se croit enfin à l’abri et est loin de se douter des dangers qui le menacent.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Né en 1960, Simon Beckett a longtemps été journaliste pour de grands quotidiens anglais. Il est l’auteur d’une série de quatre best-sellers internationaux ayant pour héros l’anthropologue judiciaire David Hunter. Les Témoins de pierre est son dernier roman, indépendant de la série qui a rendu son auteur célèbre. Il vit à Sheffield.

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Sean a fui l’Angleterre pour des raisons peut-être très graves que je ne connaîtrai qu’à la fin du livre. Faisant du stop en France, il saute dans un bosquet car il a aperçu un gyrophare de police. Que n’a-t-il fait là !!

« Je sais que je réagis de manière excessive : la police française ne s‘intéresse certainement pas à moi. Je suis néanmoins trop à cran pour couvrir le moindre risque. Et surtout pas celui que les flics fouillent mon sac. »

Peut-être aurait-il mieux valu !!  En repartant, il a mis le pied dans un piège à mâchoires. Imaginez les dégâts. Pour son bonheur ( ??) il sera secouru par deux femmes qui le cachent dans le fenil de leur ferme.

Le voici embringué dans une histoire familiale bizarre. Outre Mathilde et Gretchen qui l’ont sauvé et le soigne, il y a le père, Arnaud, toujours armé, peut-être dangereux, hargneux et Michel un très jeune enfant dont, on le saura rapidement par les déductions de Sean, Mathilde est la mère, mais on ne connait pas le père.

Sean, peu désireux d’errer sur les routes par peur de la maréchaussée, accepte la proposition de la famille, faire le maçon, bien sûr, pas payé, mais nourri et logé (dans le fenil)

La vie familiale à la ferme est étrange, lourde de secrets. Même si les femmes lui ont sauvé la vie, il ne saurait préjuger de leurs actes. Tout est louche. Pourquoi personne ne vient jamais à la ferme, pourquoi tout est bouclé, pourquoi ce fusil, pourquoi les pièges, pourquoi les statues ? Pourquoi,  même si on sent la haine entre eux, la famille fait front ensemble, un bloc soudé par la haine, la peur ?

Beaucoup de violence avouée et cachée dans cette famille. L’atmosphère pèse des tonnes, même la chaleur de plomb elle aussi en rajoute. Le désir, l’angoisse, la peur sont palpables.

Le roman, à ce moment, s’enlise dans la chaleur torride de l’été, ralentit sa marche. Et toujours Gretchen tourne autour de Sean,  dans sa danse du désir, épie chacun de ses gestes, attitudes, lorsqu’il est avec Mathilde.

Le temps semble suspendu, lourd, comme avant que l’orage ne s’abatte. L’impression que chacun se jauge, tourne autour de l’autre, se mesure, se défie, se rencontre, comme dans un cirque romain.

Heureusement, la pluie arrive, les feuilles jaunissent et, tout s’active. Mais, quelle suite ? Que va-t-il arriver à Sean pris en étau entre les deux sœurs, le père, l’extérieur… ?

Ami lecteur, amie lectrice, tu le sauras en lisant ce livre qui m’a passionné, intrigué jusqu’au bout. Tu seras comme chauffé à blanc sous le soleil de plomb,

Simon Beckett fait alterner le présent et le passé, ce qui s’est passé en Angleterre et ce qui se passe en France. Pourquoi Sean s’est enfui et pourquoi il reste. La progression de deux situations est parallèle, jusqu’à l’acmé.

Un polar, sans flaque de sang, sans mort, enfin presque. Simon Beckett nous enserre dans une atmosphère à couper au couteau. Les personnages sont tous des énigmes. Résultat : une nuit blanche.

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Chahdortt Djavann - Les putes voilées n'iront jamais au Paradis !

30 Mars 2017, 19:55pm

Publié par zazy

Les putes voilées n’iront jamais au paradis !

Chahdortt Djavann

Editions Grasset

Avril 2016

208 pages :

ISBN : 9782246856979

 

4ème de couverture :

Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran.
Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d’humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu’elles resteront à jamais dans notre mémoire.
À travers ce voyage au bout de l’enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L’obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant « Allah Akbar ! » pour mieux lui imputer leurs crimes.
Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme.

L’auteur (site de l’éditeur)

Chahdortt Djavann, romancière et essayiste, est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, notamment Bas les voiles ! (Gallimard, 2003), La muette (Flammarion, 2008), Je ne suis pas celle que je suis (Flammarion, 2011), La dernière séance (Fayard, 2013), Big Daddy (Grasset, 2015), et Les putes voilées n'iront pas jamais au paradis! (Grasset, 2016).

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Une grosse colère  m’est venue à la lecture de ce livre et n’a cessée depuis.

Une femme est retrouvée morte dans son tchador, c’est automatiquement une pute. Sauf l’ouvrier qui l’a trouvée et se demande s’il doit avertir la police, personne, ni femme, ni homme pour avoir une once d’humanité devant le cadavre de cette femme.

« Moi, j’ai entendu une fois un gardien dire qu’il faudrait exterminer toutes ces femmes qui répandent le mal et pervertissent les croyants
Moi, je dis qu’elle méritait ce qui lui est arrivé
Moi, je dis pas
Et tu dis quoi ? Il faut les laisser faire, ces putes ?
Non, il faut les sanctionner fermement
Rien n’arrête une pute. C’est vrai, on n’en peut plus de ces traînées
Nos fils sont pervertis
Et nos maris alors ?
Une femme qui va avec des hommes inconnus ne mérite pas mieux que ça.
J’espère que ça va servir de leçon aux autres
Il faut laisser son corps, comme un chien, pour que les autres traînées la voient.
C’est vrai quoi ! On n’ose pus marcher Danby la vie à cause de ces traînées…
Vous dites n’importe quoi. Il ne manquait plus que des assassins dans ce quartier !
Ce n’est pas un assassinat, c’est du nettoyage.
Enfin un homme qui a eu le courage de nous débarrasser d’une souillure !
En tout cas, c’est un croyant courageux. »

En tout cas, c’est un croyant courageux. »

Que voici une bonne mise en appétit !

Oui, il y a un homme courageux, un bon croyant qui prend la peine de débarrasser l’Iran de ce fléau que sont les putes. Les a t-il exterminées avant ou après usage ?? J’opterais pour le numéro deux. De toute façon, ce n’est pas grave, le sang de ces femmes était sans valeur, des chiennes.

Zahra et Soudabeh deux amies d’enfance, belles comme le jour, ont, au départ des envies, des espoirs. Las ! Zahra est mariée à douze ans, impubère, à un homme peut-être plus âgé que son propre père, ce qui signifie plus d’école et plus d avenir.

« Une fille si belle est un danger permanent, une tentation diabolique même pour ses propres frères ».

« Son époux avait dépucelé la gamine sans égard ni tendresse. Brutalement. Ce qui l’avait fait jouir puissamment. Préparer sa très jeune épouse avec des caresses et des baiser, l’exciter de sorte que son vagin fût humide et prêt à être pénétré était une vision avilissante et dégradante pour la sexualité virile des hommes de son milieu. On pénètre sa femme avec force, d’un coup, comme on enfonce une porte. Comme on viole. On pénètre sa femme vagin sec et fermé avant qu’elle n’écarte les cuisses comme une pute. »

Veuve à dix-sept ans, avec deux jeunes enfants, sans avoir connu l’insouciance de l’adolescence, et très naïve, elle sera mise sur le trottoir par un très bon ami de feu son mari. Elle n’est pas belle la vie !!!

Soudabeh, quant à elle, pour ne pas se trouver mariée à l’adolescence, et tout aussi naïve,  à treize ans, fait une figue qui se termine… au bordel

« En tant que novice, c’est avec talent et obéissance que Soudabeh se soumit à la volonté de Dieu et débuta sa carrière de prostituée. Puisque Dieu en avait décidé ainsi, elle accomplirait de son mieux sa destinée. ».

Soudabeh devient pute de luxe. Ces macs ne cessent de lui rappeler d’où elle vient.

« N’oublie jamais dans quel taudis on t’a ramassée, ta chance est inespérée. »

N’est-il pas !

 

Chahdortt Djavann, entre fiction et réalité, vous donnez la parole à ces femmes qui se sont prostituées et qui, toutes, sont mortes parce qu’elles étaient putes. Elles sont cueillies par la misère, pour avoir fait confiance à la mauvaise personne, payer les drogues parentales et ou maritales, vendues, bonnes à tout faire, dans le plein sens de l’expression. Ces fillettes n’ont aucune éducation et lorsqu’à 17 ou 20 ans, elles sont veuves, répudiées, divorcées quel autre destin peuvent-elles avoir. De toute façon, la mort est au bout de leur chemin d’épines. Mouche sur le tas de fumier qui leur sert de vie, la mère, à sa naissance ne la déclare pas et se sert du certificat de naissance de l’aînée morte à quelques trois mois. Dès le début les dés sont pipés, une fille cela ne cause que des ennuis, alors, le plut tôt elle sera mariée, le mieux ce sera.

Les termes sont crus, durs. Elles parlent de cul, de bite, de branlette, de violence, de sueur, de saleté, de viol, jamais de l’amour, elle ne l’on jamais connu. Ces termes n’évoquent que la violence

« Une femme de ce pays, même une pute, se déplace sans faire de bruit. A travers le tchador noir, les clients ne voient ni jambes, ni seins, ni peau, ni boucles de cheveux, ni chute de reins… Les hommes visent directement le trou où tremper leur bite, c’est tout. »

Shahnaz assume son métier, elle aime le sexe, c’est presque l’exception qui confirme la règle, mais sa fin fut commune aux autres femmes.

« Je préfère la bite et le sperme à l’urine et les excréments, et même parfois, outre le pognon, je prends mon pied avec vos pères, vos frères et vos maris ».

« Ce n’est pas pour rien que, dès que les extrémistes islamistes s’emparent du pouvoir, ils s’en prennent tout de suite au plaisir en général et au plaisir sexuel en particulier… Pour eux, la sexualité des femmes est diabolique. Ils ne supportent pas l’idée que leur mère ait écartée les jambes pour les fabriquer. »

Ces mollahs, ces hommes vertueux, religieux, obéissants…. Sont issus du ventre de leur mère. Est-ce pour cela qu’ils ne veulent pas écouter ni voir le plaisir d’une femme ?  parce que la jouissance, possible, de leur génitrice la rabaisserait ? Touche pas à ma mère, mais je viole ta sœur qui est seule dans la rue ou je l’épouse pas encore nubile.

Epouser une gamine de huit, dix ans, pour moi, c’est de la pédophilie. Tout comme ces contrats de mariage temporaire s’apparentent à du proxénétisme. Une fois le contrat terminé, la jeune femme ne sera plus vierge et, finira au bordel ou dans la rue. Quelle belle morale vous nous donnez-là, messieurs les mollahs !

Malheureusement, cela ne se passe pas qu’en Iran. La pauvreté engendre cette vie sans espoir, J’ai l’impression d’enfoncer des portes ouvertes. En France, je ne crois pas que les femmes venues chercher une vie un peu meilleure et qui se retrouvent sur le trottoir sans papiers, sous les ordres  d’un mac, d’une mafia, soient plus heureuses. Laissons venir à la tête du pays, des ultras et….

Que de conneries sont faites et dites au nom de la religion… Toujours au détriment de la femme. C’est à elle de se cacher, de s’enfouir sous un tchador, pas à l’homme de se maîtriser. Je me demande si la religion qui interdit tout n’est pas la raison de cela, le serpent se mord la queue (pardon pour l’image).

Pour ceux que la longueur de ma chronique  rebute, sachez que c’est un livre-document à lire absolument

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Isabel Alba - Baby spot

5 Janvier 2017, 22:43pm

Publié par zazy

Baby spot

Isabel Alba

Traduction de l’espagnol par Michelle Ortuno

Editions de la Contre-allée

96 pages

Août 2016

ISBN : 9782917817520

 

4ème de couverture :

« Avec les films c’ est plus facile, parce que quand les images t’ envahissent et que t’ arrives pas à les effacer, tu peux te consoler en te disant que, comme dans les cauchemars, tout est faux, que rien de ce que tu vois dans ta tête n’ est vrai et que bientôt tout va disparaître pour toujours. Mais ce qui est arrivé au Zurdo, et aussi à Lucas, je sais que c’ est arrivé pour de vrai, voilà pourquoi ça ne sort jamais complètement de ma tête. C’est pour ça que je veux écrire, pour voir si j’arrive à faire sortir toute cette histoire et à la laisser pour toujours sur le papier. »

Tomás, un garçon de douze ans, vit dans une banlieue de Madrid. Un soir d’août, son ami Lucas est retrouvé pendu à une poutre, sur un chantier abandonné.
Tomás se met alors à écrire. Son récit prend l’apparence d’un roman noir.

« Je m’appelle Tomás, j’ai douze ans et je ne sais pas qui est mon père. Mais après tout, c’est banal dans la vie d’un gamin, et d’ailleurs je crois que ça n’intéresse personne, même pas moi, et puis j’en ai vraiment marre de toujours entendre la même histoire. »

L’auteur (site de l’éditeur) :

Isabel Alba est une écrivaine, scénariste, photographe. Ces quinze dernières années, elle a allié son activité littéraire et artistique avec l’enseignement dans le domaine de l’audiovisuel. La véritable histoire de Matías Bran est son deuxième roman. Ont été publiés aux éditions Montesinos Baby Spot (2003) et un livre sur la narration au cinéma, Derrière la caméra : le script pour le film (2011) qui a reçu le prix « María de Maeztu ».

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Tomás, vit dans une banlieue pourrie de Madrid, zone avec  ses potes dans un immeuble en construction, abandonné suite à la faillite ou les malversations des promoteurs. Les familles sont disloquées, les femmes souvent battues, les hommes ivres, au chômage, les plus grands trafiquent avec le flic qui habite le quartier. Tout est pourri de ce côté-ci du périph.

Personne pour leur indiquer la route,  les aider à discerner le bien du mal, à grandir du bon côté de la corde raide sur laquelle ils marchent. Seul Lucas a la chance d’avoir une mère qui l’élève, suit son travail scolaire, l’aime, bref une mère normale.

L’été, lorsque les autres vont au bord de la mer, les gamins restent là à s’ennuyer, à s’inventer des jeux. Tomás, Martin et, surtout le Zurdo que le gosse admire «Ce que je voulais, moi, c’était ressembler au Zurdo, un mec dur ». Oui, mais c’était avant,  « avant qu'il se fasse embarquer… à cause de la nuit où il s’est fait coffrer et de ce qui est arrivé à Lucas ».

Lucas est leur souffre-douleur, pourtant, il les suit partout, en mal de copains, de leur « normalité ». C’est peut-être cela la cause de sa mort.

Tomás  n’a plus les idées claires depuis que Lucas a été retrouvé pendu dans l’immeuble en construction. « J’ai pas les idées claires et c’est pour ça que maintenant j’ai vraiment envie de me mettre à écrire ; même si c’est ridicule et que ça sert peut-être à rien, mais autrement e ne vois pas comment je vais arriver à faire sortir tout ce que j’ai dans le crâne. Moi, je pense que sur le papier, si j’arrive à tout écrire sur des lignes bien droites, une chose après l’autre et sans faire de ratures, j’y verrai plus clair. »

Un jour, leur quotidien bascule. Lucas est retrouvé pendu. Le Zurdo, frère de Martin, est arrêté par le flic pourri, accusé d’avoir tué Lucas et de l’avoir pendu pour faire croire à un suicide. C’est pour cela que Tomas veut, doit parler, raconter ce qu’il a vu, ce qu’il vit, ce avec quoi il devra vivre. J’ai suivi, mot après mot, page après page, sa prise de conscience.

Il raconte, un long monologue, une logorrhée sans trop de style. Tout sort, sa vie d’avant avec sa petite sœur Diana (en hommage à la princesse tuée sous le pont de l’Alma) qu’il aime tant, sa mère, caissière dans un bureau de tabacs, dépressive, battue. Les filles, qui comme dit Germān « ce sont toutes des salopes et elles aiment ça autant que nous », la promiscuité. Il y a ce jeu débile où, sur le pont enjambant l’autoroute, ils visent les voitures comme au flipper, ou dans un jeu vidéo. A réalité « vraie » n’est plus la leur, les bzrrières de a civilité, de la civilisation basculent, l’esprit de gang prend le dessus.

Ce livre, Baby spot, une fois ouvert, je n’ai pu le lâcher, même après le point final. J’étais la, dans le noir, les yeux grands ouverts, choquée, KO debout. Les phrases chocs s’entrechoquent en moi. « Tout a commencé à être beaucoup plus fascinant que de provoquer des accidents sur le périph. » La cruauté et l’innocence jouent au ping-pong.

Superbe

J’ai eu le plaisir de lire ce livre dans le cadre su club des Explorateurs initié par Lecteurs.com. Je les remercie pour cette lecture coup de poing

 

 

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Zazy membre du jury l'Express BFMTV

5 Juin 2016, 22:12pm

Publié par zazy

Ma belle aventure en tant que membre du jury du prix Express BFMTV version 2016 est bientôt terminée.

J'ai reçu 3 livres par mois pendant quatre mois, soit... 12 livres. C'est bien, vous suivez !

Mon bilan ? D'heureuses découvertes, des confirmations, un livre que ne n'ai pas apprécié du tout, un autre où je n'ai pas accroché, c'est peu. Il y avait de la qualité au rendez-vous Ici

Nous nous sommes réunis le 12 mai dernier, au siège du journal l'Express, pour débattre des livres sélectionnés avec Laurent Binet dans le rôle du président.

Nous avons été reçus par Christophe Barbier, himself. A ses côtés, cheveux longs, la jeune journaliste de BFM qui  a interviewé quelques membres du jury. Un résumé devrait passer sur cette chaîne avant le 8 juin, date de remise du prix.

 

 

Zazy membre du jury l'Express BFMTV

j'ai pu mettre de la vie sur les photos des membres du jury, tout comme celui d'Alix, notre correspondante attentive. Marianne Payot, journaliste, verve, sourire et cigarette a su nous mettre à l'aise tout comme Baptiste Liger, un pays, attentif, discret, mais très présent, Patricia de la Fage, qui dirige la publicité littéraire pour l'express. sans oublier BFM, journaliste et camerawoman en action.

Champagne sur la terrasse du journal, dommage que le soleil ne se soit pas montr, mais il n'a pas plu... Même pas pensé à faire une photo du ânorama sur Paris.

 

Zazy membre du jury l'Express BFMTV
Zazy membre du jury l'Express BFMTV
Zazy membre du jury l'Express BFMTV

Ensuite, nous avons délibéré devant un buffet froid. Chacun à son tour, a explicité ses trois premiers choix. J'ai défendu "mon" auteur avec ardeur, beaucoup d'ardeur, n'est-ce pas Laurent Binet !

Le résultat final ? Vous le saurez en suivant le prochain épisode de "Zazy membre du jury "!

Expérience passionante. Oui, je sais, j'utilise souvent ce mot, mais bon, la vie sans passion ne vaut pas la peine ! Je ne cache pas le plaisir que j'ai pris à cette première expérience. Je suis prête à retenter l'aventure.

Merci de m'avoir choisie parmi des milliers de candidature.

Mon regret ? n'avoir pu visiter le journal car j'aime bien savoir comme ça marche !

Le groupe

Le groupe

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Marc Victor - Le bout du monde

22 Mai 2016, 20:14pm

Publié par zazy

 

Le bout du monde

Marc Victor

Editions JC Lattès

400 pages

Janvier 2016

ISBN : 9782709647489

 

4ème de couverture :

Étais-je encore en Afghanistan parce que je n’avais pas la moindre idée de ce que j’allais devenir ? Comment mettre de la distance entre moi et moi-même, alors que je vivais déjà aux confins du monde.
Pascal a ouvert un restaurant, Le Bout du Monde, à Kaboul. Hommes, femmes, voyageurs aux grandes causes et aux bagages trop lourds s’y retrouvent pour comploter, rire, boire, aimer, oublier… Mais après l’excitation des premières années, ne faut-il pas s’en aller encore ? Pascal passe de plus en plus de temps dans son minuscule bureau, à écouter les rumeurs du monde et à se souvenir de ses vies passées.
La disparition de son ami d’enfance, Corto, compagnon de toutes ses aventures, pourrait l’obliger à sortir de sa léthargie pour tenter de le retrouver.
Un roman empreint d’un mélange unique d’humour et de mélancolie, du souffle des grands voyages et des rêveries immobiles.

 

L’auteur (site de l’éditeur) :

Marc Victor est le co-créateur de la série Kaboul Kitchen inspirée par sa vie en Afghanistan dans les années 2000. Il a été le premier lauréat comme jeune journaliste de la bourse Lagardère en 1990 pour une enquête sur les traces de Pol Pot en Thaïlande et au Cambodge.

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Parti en Afghanistan pour faire de l’humanitaire, Pascal, ex journaliste-baroudeur, ouvre un restaurant à Kaboul, « Le bout du monde » où viennent s’échouer les expats, en manque d’alcool, de baignade -il a creusé une espèce de piscine- avec des fêtes inoubliables. Pascal est avant tout, un paumé, doux rêveur, usé par des années d’excès, d’ennui. Il passe la plupart de son temps sur un canapé à soi-disant réfléchir, plutôt, dormir, rêver, retrouver ses souvenirs, Cambodge, Vietnam... C’est là que son second, Enayat, vient le « récupérer » lorsque Pia, une intime, vient lui annoncer la disparition de Corto, son ami d’enfance et compagne de Pia. Partir à la recherche de Corto ? S’enfoncer encore un peu plus dans le canapé avec sa boulette d’opium ? Partir ? Rester ?

Entre Pascal qui, comme le décrit Corto « a plus le désir de partir… que d’arriver quelque part » et Corto, tête brûlée, l’amitié remonte à leur enfance dans les Pyrénées. Une histoire d’errances, d’amitié profonde jusqu’au moment où… Mais ne perdure t’elle pas encore et toujours ?

A travers les souvenirs de Pascal et Corto, Marc Victor dépeint un monde violent, dur, de guerre, où la faune des expatriés onusiens, humanitaires, journalistes, baroudeurs de tout poil, se conduisent comme des imbéciles, je suis polie, pour des buts quelques fois troubles.

Je suis restée au premier degré de lecture avec un sentiment mitigé, voire de malaise. Les afghans portent sur cette faune un regard non exempt de mépris et les voient comme des émigrés, lors qu’eux se baptisent du nom plus chic d’expatriés. Un monde décadent, en déliquescence.

Livre lu comme membre du jury du prix L'express BFMTV2016

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Catherine Poulain - Le grand marin

14 Mai 2016, 22:26pm

Publié par zazy

Le grand marin

Catherine Poulain

Editions de l’Olivier

février 2016

384 pages

ISBN : 9782823608632

 

4ème de couverture :

Une femme rêvait de partir.
De prendre le large.
Après un long voyage, elle arrive à Kodiak (Alaska). Tout de suite, elle sait :
à bord d’un de ces bateaux qui s’en vont pêcher la morue noire, le crabe et le flétan, il y a une place pour elle.
Dormir à même le pont dans le froid glacial, supporter l’humidité permanente
et le sel qui ronge la peau, la fatigue, la peur, les blessures...
C’est une vie terrible.
Et puis il y a les hommes. À terre, elle partage leur vie, en camarade.
Traîne dans les bars.
En attendant de repartir.
C’est alors qu’elle rencontre le Grand Marin.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Catherine Poulain commence à voyager très jeune. Elle a été, au gré de ses voyages, employée dans une conserverie de poissons en Islande et sur les chantiers navals aux U.S.A., travailleuse agricole au Canada, barmaid à Hong-Kong, et a pêché pendant dix ans en Alaska. Elle vit aujourd’hui entre les Alpes de Haute-Provence et le Médoc, où elle est respectivement bergère et ouvrière viticole. Le Grand Marin est son premier roman.

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Lili part pêcher en Alaska. Arrivée à Kodiak, sans carte verte, elle s’embarque sur le Rebel, un nom qui lui va comme un gant. Elle va connaître l’ivresse des grands larges, le frisson de la peur, de la pêche, bref être un vrai marin. Avant d’en arriver là, il faut qu’elle dépasse le stade de bleu que lui font payer les autres marins. Ils lui enlèvent ses affaires de la couchette, elle dort sur le plancher de la timonerie. L’apprentissage est dur, Lili courageuse, obstinée, bosse, trime et fait la nique à ceux qui pensent qu’elle ne fait pas le poids. La vie n’est pas plus tendre sur terre. Les estaminets regorgent de marins en escale qui repeignent la ville en rouge. L’alcool, la drogue circulent et détruisent ces boules de muscles. Lili préfère être sur le bateau, se mesurer aux flétans de deux mètres, manger leurs cœurs encore tout chaud. Elle se blesse, pleure de rage, souffre à en gueuler, mais comme le roseau, ne rompt jamais. L’amour n’est guère plus aisé, un rêve inaccessible. SON grand marin et elle ne sont pas différents des autres, peur de l’enfermement, de la routine. L’amitié, la fraternité prennent une grande place dans ce livre et j’ai aimé le respect que les marins témoignent au Moineau. Elle fait partie de la famille.

Un livre tripal, coup de poing avec des phrases simples, sobres, rageuses, rythmées par les tâches à accomplir. Les descriptions y sont superbes et très visuelles. Un grand changement de tons entre l’exaltation de la vie sur le bateau et la tristesse de celle sur terre décrit l’état de vacuité, le désarroi du marin à terre. Un très bon premier roman brutal et sensuel.

 Livre lu en qualité de membre du jury du prix des lecteurs 2016 l'Express BFMTV

 

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Olivier Norek - Surtensions

14 Mai 2016, 22:08pm

Publié par zazy

Surtensions

Olivier Norek

Editions Michel Lafond

Mars 2016

510 pages

ISBN : 9782749928166

 

4ème de couverture :

Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu’on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels - un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur - se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ?

Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance…

Pour cette nouvelle enquête du capitaine Coste, Olivier Norek pousse ses personnages jusqu’à leur point de rupture. Et lorsqu’on menace un membre de son équipe, Coste embrasse ses démons.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Oliver Norek, lieutenant de police à la section enquêtes de recherches du SDPJ 93 depuis dix-sept ans, auteur de Code 93, Territoires et Surtensions, trois polars largement salués par la critique et le public. Surtensions a remporté Le Prix Le Point du polar européen en 2016.

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Je découvre le capitaine Victor Coste alors qu’il a déjà sévi dans plusieurs bouquins, mais cela n’a aucune importance pour la compréhension de l’histoire.

Nous voici de suite dans le bain carcéral, la prison de Marveil ; pas moussant le bain, plutôt rugueux, âpre. Le réalisme saute aux yeux. Humiliations, abus sexuels, chantage, pression, drogue, cachetons, poker, sous le regard des matons résignés. Nano s’est fait prendre pour une montre volée, numérotée et répertoriée. Il ne fait pas bon d’être voleur, quand on n’en a pas la carrure et aimer porter une partie du butin. Sa sœur Alex fera tout, vraiment tout pour le sortir de cette prison où il tourne au zombie après être passé entre les mains de la Machine.

Cela semble partir dans tous les sens, mais tout est millimétré, calculé. La toile à cinq fils n’est pas finie de tisser que Coste nous entoure du cocon de son équipe du SDPJ du 93. Plusieurs départs, plusieurs affaires, et, à la fin, un KO debout.

Olivier Norek me met en surtension, impossible de laisser tomber le livre avant la fin. Les dialogues sont nets, réalistes, humains, de l’émotion, juste le nécessaire pas de surenchère stylistique. Norek propose un kaléidoscope de meurtres, braquages, enlèvements…une équipe policière humaine, efficace, soudée, un avocat « honorablement » véreux. Ce livre percutant m’a emballée, le récit est vraisemblable, le capitaine Coste n’est pas loin d’Olivier Norek. Le plus, cette histoire est plausible et, cerise sur le gâteau, fort bien écrite.

Un polar comme je les aime.

Livre lu comme membre du jury du prix L'express BFMTV2016

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Sarah Léon - Wanderer

25 Avril 2016, 09:13am

Publié par zazy

 

Wanderer

Sarah Léon

Editions Eloïse d’Ormesson

176 pages

mars 2016

ISBN : 9782350873572

 

4ème de couverture :

Compositeur et maître de musique, Hermin vit retiré dans les confins du Bourbonnais, absorbé par l’écriture d’un Hommage à Schubert. Mais par une rude soirée de janvier, sa studieuse quiétude est interrompue. Son ancien élève, Lenny, pianiste prodige, vient mystérieusement frapper à sa porte. Les deux hommes se retrouvent alors confrontés aux fantômes de leur passé – entre osmose musicale, aveuglement et attente d’une révélation.

Porté par une mélodie schubertienne, Wanderer est un roman d’une délicatesse rare, un adagio crépusculaire au cœur de l’hiver, une ode subtile au romantisme allemand.

 

L’auteur (site de l’éditeur) :

Née en 1995, Sarah Léon est élève à l’École normale supérieure de Paris où elle étudie les lettres et la musicologie. Elle est lauréate du Prix Clara en 2012 avec sa nouvelle « Mon Alban ».

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Hermin s’est retiré aux confins du Bourbonnais, vers Arfeuilles, pour composer une œuvre musicale hommage à Schubert. Nous sommes un soir de janvier, inhospitalier comme de juste en cette région, lorsque Lenny, pianiste prodige, débarque à l’improviste. Lenny ? oui, son protégé, celui a qui il a appris le piano une dizaine d’années auparavant, celui à qui il a presque tout sacrifié, celui qui a disparu du jour au lendemain. Pourquoi ce retour ?

Dans la petite maison, la cohabitation est difficile, l’atmosphère pesante, lourde, emplie de silences, de non-dits. Les souvenirs surgissent sans pour autant éclairer les raisons du retour de Lenny. La composition en miroir avec les dix années d’écart permet de comprendre petit à petit, pianissimo, l’histoire d’Hermin et Lenny, leur amitié si particulière.

Sarah Léon prend à pleine plume tous les poncifs du romantisme allemand : les éléments, les secrets, l’amour inavoué, les sentiments exacerbés, le lyrisme... pour servir son texte. La musique de Schubert omniprésente, les vers des poèmes lyriques ajoutent à la tragédie. Il a du Werther chez Lenny. L‘hiver, le vent, les tempêtes de neige, font écho aux tourments des deux amis. Un trio amoureux (dont la musique), une tragédie romantique servis par une écriture musicale, fine sensible. Un très bon premier roman qui se déguste et un auteur à suivre qui m’a donné le goût de replonger dans Schubert.

Livre lu comme membre du jury du prix L'express BFMTV2016

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Sandrine Collette - Il reste la poussière

24 Avril 2016, 20:54pm

Publié par zazy

 

Il reste la poussière

Sandrine Collette

Editions Denoël

Collection Sueurs Froides

304 pages

Janvier 2016

ISBN : 9782207132562

 

4ème de couverture :

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.

Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l'a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien.

Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille?

L’auteur :

Née en 1970, Sandrine Collette fut chargée de cours à l'université de Nanterre, restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan (belle région !).

Elle publie chez Denoël « Des nœuds d'acier » qui obtient le grand prix de littérature policière ainsi que le Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne. « Un vent de cendres », son second roman revisite le conte La Belle et la Bête, puis « Six fourmis blanches »

Sandrine Collette est devenue un des grands noms du thriller français.

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Patagonie, les gros fermiers ont poussé les petits vers des lieux arides. C’est là que vit la mère et ses quatre fils dans une ferme en ruine. Le père, selon la rumeur, est parti ailleurs ou il est mort. La mère, avare en tout, passe sa journée à beugler ses ordres. Elle les déteste, si elle avait su, les aurait noyés à la naissance, s’est caparaçonnée pour survivre. Eux, ils sont quatre, les jumeaux, le demeuré, et Rafael. Il a un prénom d’ange, mais les trois autres lui font vivre un enfer sur terre. Ils ne l’ont jamais accepté. La mère se tait, laisse faire et lui sait qu’il ne peut attendre d’affection ailleurs qu’auprès des animaux. Pourtant, ils restent ensemble, soudés par la haine, le travail, la ferme. Pourtant « la mère est la femme sacrée », jusqu’au jour où elle fait sa virée mensuelle, perd au jeu l’un des jumeaux. Il doit partir chez un gros éleveur. Alors, tout se dérègle. L’équilibre est rompu, puis se délite complètement lorsque Rafael, qui espérait tout arranger, revient avec un sac en cuir.

Roman noir, western, ce livre m’a fait penser à « Avaler du sable » d’Antonio Xerxenesky, aridité, sable, vent… et à Faulkner pour la misère, la violence, le désespoir. Aux grands espaces répond le huis clos que l’auteur a installé dans la ferme sans espoir. L’écriture de Sandrine Collette est sèche, nerveuse, précise, sent la rage, la peur, la haine, le désespoir, le suint… puis folâtre, caresse lorsqu’elle raconte le voyage de Rafael (le seul à être humain), les paysages verdoyants, l’onde claire, la liberté, la tranquillité.

Un livre superbe

Livre lu dans le cadre du prix "Lexpress BFMTV 2016"

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Olivier Bourdeaut - En attendant Bojangles

27 Mars 2016, 14:03pm

Publié par zazy

 

En attendant Bojangles

Olivier Bourdeaut

Editions Finitude

2016

160 pages

ISBN : 9782363390639

 

4ème de couverture :

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.

Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

L’auteur (site de l'éditeur) :

Olivier Bourdeaut est né au bord de l’Océan Atlantique en 1980. Il a toujours voulu écrire, En attendant Bojangles en est la première preuve disponible.

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Un fils raconte l’amour fou de ses parents l’un pour l’autre. Depuis le début, Georges joue le jeu et c’est la fête à la maison autour de l’extravagante et imprévisible Louise. Même si le livre est rythmé par le slow de Nina Simone « Mr Bojangles », leur vie ressemble à un tourbillon, une valse éperdue, sensuelle. Tous les trois se vouent une admiration sans borne sous les yeux de Melle Superfétatoire et l’Ordure, sénateur grand ami de la famille.

Une histoire d’amour fou. Un jeu de rôles où personne n’est dupe, sans l’avouer. Tous jouent le jeu de la fête éternelle. Le fils a très vite compris que leur vie n’étaient pas la vraie vie et qu’il doit mentir, ne pas mélanger les deux mondes. Derrière les feux de la rampe, il y a le désespoir de la folie. Vouloir arrêter le temps, ne pas ouvrir le courrier, boire des cocktails avec les amis, fuir la réalité, avoir un château en Espagne… Entre les pages du fils, il y a le journal du père. Si le petit garçon vit cette illusion au premier degré, Georges sait, dès le début, que les dés sont pipés. Il vit en connaissance de folie, jusqu’à ce que la folie gagne. Alors, le rideau tombe sur la vraie vie qui les rattrape. L’écriture du fils est enjouée, rapide, celle du père, plus inquiète, nostalgique.

Un premier livre pétillant, comme le champagne avec un arrière-goût de fin de fête qui se lit d’une traite. Juste la bonne longueur pour apprécier. Bien sûr, j’écris cette chronique en compagnie de Nina Simone (qui a rythmé une partie de ma vie) et de Mr Bojangles.

Lu lu en qualité de jury du prix des lecteurs 2016 de l'Express BFMTV

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