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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #polar

M.C. Beaton - Pour le meilleur et pour le pire

25 Juin 2017, 15:58pm

Publié par zazy

Pour le meilleur et pour le pire

M.C. Beaton

Editions Albin Michel

Juin 2017

288 pages

ISBN : 9782226329967

 

4ème de couverture

Incroyable mais vrai : James Lacey, le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin ! 

Hélas, le conte de fées est de courte durée : au moment où les tourtereaux s’apprêtent à dire «  oui  », Jimmy, l’ex-mari d’Agatha, surgit en pleine cérémonie… Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha, désespérée, au pied de l’autel.

Le lendemain, Jimmy est retrouvé mort au fond d’un fossé. Suspect n°1, le couple Agatha-James se reforme le temps d’une enquête pour laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire

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Agatha Raison, pour une troisième fois est de retour entre mes mains.

Agatha Raisin va se marier avec le beau James Lacey ! Et elle a la peur au ventre car, mais oui, chers lecteurs, Agatha est TOUJOURS mariée à Jimmy Raisin. Quoi, notre anglaise va être bigame ? Ce n’est pas possible, elle est inconsciente ! Oui, elle l’est, surtout lorsqu’il s’agit du futur marié et qu’elle voulait penser fermement, qu’il était mort.

Heureusement, elle a Roy, un « bon ami » qui enquête sur Jimmy et qui le retrouve clochard sous un pont à Londres où il lui annonce le futur mariage d’Aggie. Pensez donc, le premier débarque justement le jour de la noce et

« Votre mari est ici, Agatha. Jimmy Raisin est présent. »
Agatha promena autour d’elle un regard hébété. « Il est mort, Jimmy est mort. De quoi parle Fred ?
- C’est moi, Aggie, ton mari », dit Jimmy en lui brandissant son extrait d’acte de mariage sous le nez. »

devant toute l’assistance « Espèce de salaud, je vais te tuer. » Phrase on ne peut plus normale et malheureuse devant l’assistance  et de l’intrus.

Le problème, c’est que le lendemain, Jimmy est retrouvé mort, refroidi, dans un fossé où Agatha était venue se promener quelques heures auparavant et qu’elle l’a giflé et entaillé la lèvre en présence d’un agriculteur qui montait la côte sur son tracteur.

Hou la la ! ça va mal pour notre héroïne, elle est dans de sales draps car inculpée pour le meurtre de son mari. Oh pas longtemps car

« Je retire l’inculpation contre vous, Mrs Raisin, faute de preuves suffisantes, mais je dois vous demander de ne pas quitter le territoire national. »

Pour le reste, comme je ne veux pas divulgâcher (j’adore ce terme) vous n’en saurez pas plus venant de moi. Car oui, Agatha Raisin va enquêter

Ce n’est pas le suspens du siècle car je connais la trame des histoires de notre pétulante enquêtrice. Je sais qu’elle trouvera la clé. Ce que j’apprécie c’est cet humour so british, l’écriture pétillante, qui en font une lecture très plaisante. Alors, je ne boude pas mon plaisir et j’en redemande.

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Ramon Diaz - Negra Soledad

24 Juin 2017, 14:56pm

Publié par zazy

Negra soledad

Ramón Díaz

Traduction de l’espagnol (Chili)  Bertille Hausberg

Editions Métailié

Mai 2017

352pages

ISBN : 979-10-226-0648-6

 

 4ème de couverture :

Heredia, le détective privé des quartiers populaires de Santiago, vient de se décider à mettre fin à sa solitude de célibataire : il va enfin se marier – à reculons. C’est alors qu’Alfredo, son ami avocat, est retrouvé mort. Depuis peu, il avait été engagé par les habitants d’un village du nord du Chili, aux prises avec une exploitation minière polluante bien décidée à exproprier tout le monde.

Entouré de ses complices de toujours, Simenon, son chat et confident, Anselmo, le kiosquier turfiste, et la commissaire Doris qui aimerait tant trouver une place auprès de lui, Heredia découvre l’ampleur des problèmes environnementaux au Chili, et leurs dénouements souvent tragiques : soif de lucre des entreprises, contamination des sols, indulgence coupable des autorités, spoliation des paysans.

Heredia, c’est l’âme nostalgique d’un Santiago qui n’existe plus, les rêves brisés d’une génération sacrifiée, mais c’est aussi l’histoire chilienne revue et corrigée par un justicier mélancolique et intègre. Et toujours aussi allergique aux ordinateurs…

L’auteur :

Né à Punta Arenas en 1956, Ramon Díaz-Eterovic est l’un des leaders incontestés de la nouvelle génération d’écrivains -nés depuis 1948- qui symbolisent le mouvement artistique le plus attrayant de la scène culturelle du Chili des années 90. Parallèlement à son travail d’écriture, Díaz-Eterovic participe activement à la Société des Ecrivains du Chili, qu’il a présidé de 1991 à 1993.

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Heredia, pour moi, c’est le poète José-Maria de Heredia dont j’apprenais les poésies (récitations à mon époque) à l’école.

Celui-ci est un privé qui vit dans le Santiago populaire. Particularité de ce détective, il écoute du jazz, Mahler, lit, n’a pas de portable, converse avec son chat Simenon qui, bien sûr, lui répond. Comme beaucoup de privés, il aime taquiner la dive bouteille.

Un jour, la femme de son ami avocat lui demande d’enquêter sur la mort de son mari Alfredo Razetti.

Opportunément, le second de l’avocat vient proposer son aide, un peu trop zélé pour moi ce jeune homme !! Mais bon, il peut être une aide pour résoudre l’énigme de la mort d’Alfredo.

Heredia n’oublie de contacter son ami et policier Ruperto Chacón dont la chef est Doris.

Doris, le rayon de soleil dans la grisaille du livre et de la vie d’Heredia. Le projet d’une vie commune se concrétise petit-à-petit.

Mais, retour à l’enquête. Heredia se rend  à Cuenca où une exploitation manière de cuivre pollue le village. C’est sur cela qu’était l’avocat. Arrivée dans un village propret, bien bitumé mais silencieux. Et apeuré. Le consortium a le bras long et arrose bien les plantes de ce village (maire, curé…). Les draps sales de cette affaire ne flottent pas au vent de Cuenca et l’atmosphère est un brin spéciale.

Ne voulant pas divulgâcher la trame je n’en dirai pas plus, si ce n’est que Heredia va payer cher, très cher.

Sachez qu’il y a de l’écologie dans l’air, une exploitation minière, de gros intérêts financiers contrariés et les businessmen  n’aiment pas être contrariés

Ce que j’ai aimé dans ce polar ? Sa nonchalance apparente, l'atmosphère qui se dégage. J’ai aimé suivre Heredia dans les rues de Santiago, dans les coins reculés aussi bien du pays que de son âme.

Bien sûr, vous allez me rétorquer, alors, si c’est lent… Oui, mais, vous aimerez mettre vos pas dans ceux de Heredia.

Je suis conquise par la nonchalance apparente de l'enquêteur, son ironie, sa tristesse désabusée

 

 

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Anne-Laure Béatrix, François-Xavier Dillard - Austerlitz 10.5

27 Mai 2017, 21:40pm

Publié par zazy

Austerlitz 10.5

Anne-Laure Béatrix

François-Xavier Dillard

Editions Belfond

Mars 2016
272 pages

ISBN : 9782714473356

 

4ème de couverture :

Imaginez un monde où la Joconde a disparu...

En 1910 la Seine avait atteint lors de la grande crue de Paris son niveau maximal : 8.62 mètres sur l'échelle hydrométrique du pont d'Austerlitz.
Aujourd'hui, la pluie tombe depuis trois jours dans la capitale. Les trois premiers jours les habitants de la grande ville ont râlé. Et puis, le soir du quatrième jour, l'alimentation électrique a été coupée. La plupart des arrondissements ont alors connu un black-out total faisant souffler un vent de panique sans précédent dans la population. Le métro a été fermé. L'ensemble du vaste réseau sous-terrain des transports publics s'étant retrouvé noyé par des hectolitres d'eau sombre et glacée. Lorsque les premiers immeubles se sont effondrés et que la grande vague de boue a déferlé sur la ville, une véritable hystérie collective s'est emparée des parisiens et les pires exactions ont été commises. Au nom de la survie... La peur, puis la violence ont déferlé sur la ville.
Paris est dévastée et la plupart des habitants, du moins ceux qui ont la chance d'avoir encore un toit, se terrent chez eux en attendant que cette pluie démentielle cesse enfin...
Sous le pont d'Austerlitz l'eau a atteint son record : 10.5.

Un an plus tard, on sait que Paris ne sera plus jamais la même. Pour François Mallarmé qui a tout perdu dans cette catastrophe, sa femme et son enfant, la vie n'est qu'un long cauchemar. Il continue tant bien que mal à faire son boulot de flic dans une ville où plus rien n'a de sens. Jusqu'au jour où une affaire de meurtres sordides le ramène à son cauchemar, au cœur même du Louvre, dans ce musée qui pour le monde entier était le symbole de ce qui fut la plus belle ville du monde, et où même la Joconde a disparu....

Les auteurs (site de l’éditeur) :

Anne-Laure Béatrix est directrice de la communication du Louvre. Austerlitz 10.5 est son premier roman.

Né à Paris en 1971, François-Xavier Dillard a fait des études de droit et de gestion avant d'intégrer un grand groupe énergétique français au service des ressources humaines puis à la communication. Il est l'auteur de Un vrai jeu d'enfant et Fais-le pour maman, parus chez Fleuve noir. Après Austerlitz 10.5, co-écrit avec Anne-Laure Beatrix, Ne dis rien à papa est son deuxième roman à paraître chez Belfond.

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Le déluge s’est abattu sur Paris. L’eau monte, s’engouffre dans le métro, s’infiltre dans les tunnels, sape les immeubles  qui s’effondrent comme des châteaux de sable. La catastrophe a fait beaucoup de morts, causé d’énormes dégâts dont la ville n’arrive pas à se relever.

Paris est  dévasté et la province ne veut plus payer pour réparer. Le gouvernement s’est replié à Vincennes, laissant la place à la maire de Paris. Les politiques étant ce qu’ils sont, les luttes intestines, larvées, ou au grand jour éclatent qui facilitent les trafics en tout genre. Une faune composée de gangs, de trafiquants, meurtriers… règne dans les sous-sols de la capitale.

« Car après le chagrin et la peine, après la sueur et les larmes, viendrait le temps du chaos et des troubles. »

Des personnalités, des peoples comme l’on dit, sont tuées. François Mallarmé (mal armé pour survivre à la mort de sa femme et de son fils) reprend son métier de flic et conduit cette enquête qui le mènera au Louvre, dévasté après l’explosion, par la force de l’eau, de la pyramide. En effet, le seul point commun que Mallarmé trouve entre toutes ces personnalités est un rendez-vous au Louvre.

Le fils d’une des victimes était avec son père et a sûrement été kidnappé par le meurtrier. Une bande comme il y en a tant dans les boyaux du métro ? Une demande de rançon ?

KKK le rédacteur en chef  du Nouveau Parisien, colle l’affaire entre les mains de  Chloé, jeune journaliste,

« L’affaire prend une tournure éminemment politique, Chloé. Notre ministre de l’Intérieur ne manquera pas de saurer sur l’occasion de ce nouveau meurtre, de cette disparition, pour appeler à un retour immédiat du gouvernement à Paris. Et pour flinguer au passage les projets d’autonomie de notre maire chérie, l’inénarrable Marianne Figari… Tu ne vas quand même pas laisser ça à ce pauvre Fignol et à ses chiens écrasés »

On dit que les parallèles ne rejoignent jamais. Pourtant Mallarmé et Chloé vont finir par se rencontrer et travailler ensemble soulevant les trafics d’œuvres d’art, les soirées privées spéciales

Comment parler de ce bouquin qui m’a tenu en haleine jusqu’à la fin ?

De fausses pistes en rencontre, de meurtres en soirées licencieuses… chapitre par chapitre, de page en page, les deux auteurs ont écrit un suspens avec de nombreuses pistes, habilement tressées avec une fin….

Anne-Laure Béatrix connait le Louvre sur le bout de ses pieds, donnant, ainsi beaucoup de véracité aux lieux. Chaque titre de chapitre porte le nom d’une œuvre où le crime lié est mis en scène. Pourquoi le meurtrier  a-t-il agi ainsi ?

 

Ce roman apocalyptique à quatre mains est stupéfiant de réalisme. Les eaux troubles de la Seine ne sont rien à côté du marigot souterrain et politique. Les premiers chapitres parlant de l’inondation sont  apocalyptiques et vraisemblables. L’écriture est nerveuse sans être sèche, le scénario construit aux petits oignons ; de la belle ouvrage.

 

Je suis conquise

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Viveca Sten - Au coeur de l'été

27 Avril 2017, 13:20pm

Publié par zazy

Au cœur de l’été

Viveca Sten

Traduction Rémi Cassaigne

Editions Albin Michel

Mars 2017

416 pages

ISBN : 9782226318220

 

4ème de couverture :

Week-end de la Saint-Jean sur l’île de Sandhamn. Les jeunes fêtards ont envahi les pontons, le port grouille de bateaux blancs. Musique à fond et alcool à flots. Dans la foule, une jeune fille avance en titubant avant de s’effondrer sous les yeux de la police.
Pendant ce temps, Nora Linde s’apprête à célébrer la Saint-Jean avec son nouveau compagnon Jonas et sa fille Wilma. Mais la fête tourne au cauchemar lorsque, dans la nuit, Wilma disparaît. Le lendemain matin, le cadavre d’un garçon de seize ans est retrouvé sur la plage.
L’inspecteur Thomas Andreasson, l’ami d’enfance de Nora, est dépêché sur les lieux. Les premiers éléments de l’enquête lui en révèlent toute la difficulté, chacun ayant sa propre version des faits. Qui est la victime et qui le meurtrier de cette nuit d’été ?
Viveca Sten est désormais une figure incontournable dans le paysage du polar suédois : après Les Secrets de l’île, la nouvelle enquête de l’inspecteur Thomas Andreasson et de Nora Linde, le couple qui a inspiré la célèbre série télévisée Meurtres à Sandhamn diffusée sur Arte.

« Viveca Sten fait partie de l’élite des auteurs suédois. Si elle continue ainsi, elle sera bientôt à sa tête. » DAST Magazine

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La Saint Jean sur l’île de Sandhamn est un jour de fête, joie, plaisir, bonheur. Les choses peuvent déraper et beaucoup de policiers patrouillent pour essayer d’éviter tout débordement.

Victor, est l’adolescent d’une famille dont le père est toujours au boulot, ou ailleurs, la mère abonnée aux tranquillisants et au botox. A seize ans, il il ne veut pas aller avec ses parents chez des amis, d’ailleurs, il a prévu autre chose

« J’ai prévu de me barrer à Sandhamn avec Tobbe et des potes. Christoffer peut emprunter le bateau de leur vieux, ça déchire »

Oui, c’est ainsi qu’il parle à sa mère.

Wilma Sköld a quatorze ans et veut aller, elle aussi à la fête avec sa copine retrouver d’autres potes. Le père, divorcé, finit par accepter.

« Ça ira, si je rentre à deux heures du matin ? »

Le père cède encore mais la transaction donne une heure du matin.

Habillée et maquillée comme une poupée Barbie, elle file retrouver sa copine, après avoir piqué quelques bouteilles de vin à son père… Et la fête alors !!

Pourtant, au petit matin, un homme et son chien découvrent un jeune garçon mort, à moitié caché sous des branches et des passants ont trouvé Wilma totalement choquée. Que s’est-il passé ?

Ce qui devait être une fête, nature comme mon idéal suédois me poussait à le penser, est une beuverie monstre, une séance de shoot généralisée en plein air… Les clichés partent en mille morceaux et la jeunesse dorée s’envolent dans les paradis artificiels et dangereux.

Andreasson et Linde enquêtent, fouillent plus profond malgré une évidence qui s’impose rapidement. D’indices en fausses pistes, de témoignages en  auditions, de grains de sable en nuits blanches, le dénouement, inattendu pour ma part, arrive.

Viveca Sten plante le décor dès le début, la fête, les familles éclatées, les parents qui s’occupent plus de leurs personnes que de leurs enfants,  « pauvre petite fille riche » pour parodier un chanteur. Un gamin qui reçoit du pognon en guise de bises parentales, la permissivité, bref une jeunesse dorée lors de la nuit de la Saint Jean. Les lendemains sont beaucoup moins dorés et ont une mauvaise haleine.

J’ai lu ce livre d’une seule traite car l’écriture de Viveca Sten m’a rendue dépendante. Il fallait absolument que je sache. L’écriture, donc la traduction, est vive, alerte. Les chapitres courts donnent beaucoup de rythme. Le ton est juste. J’ai visualisé l’enquête comme j’aurais pu la regarder à la téloche.

Attention, maintenant, je vais enfoncer une porte ouverte… Merci à toi ami lecteur qui prendrait de mes nouvelles de mon exploit. Pourquoi chers auteurs, vous en prendre ainsi aux estomacs de vos enquêteurs en leur faisant ingurgiter de la bouffe infâme ?

Enquêtrices, enquêteurs de tous les pays, unissez-vous pour exiger de vos auteurs, la fin des sandwichs de mauvaise qualité, la bière tiédasse, les cafés qui sentent le carton !

Un très bon moment de lecture et une nuit blanche des plus agréables. Vive le polar suédois ! Je vais essayer de dénicher les précédents tomes.

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Simon Beckett - Les témoins de pierre

2 Avril 2017, 21:15pm

Publié par zazy

Les témoins de pierre

Simon Beckett

Traduction Isabelle Maillet

Editions Piranha

Traduit de par Isabelle Maillet

octobre 2016

ISBN : 2371190519

4ème de couverture :

Un homme blessé et en fuite est recueilli dans une ferme. Il croit être enfin à l'abri mais ses habitants semblent cacher bien des secrets...

Sean est en fuite. Malgré la chaleur qui écrase la campagne française, il préfère abandonner sa voiture accidentée et couper à travers champs pour éviter la police. Mais sa cavale se termine brutalement lorsque les mâchoires implacables d’un piège se referment sur sa jambe. Retrouvé quasiment inconscient par les deux filles du propriétaire d’une ferme voisine, il est recueilli et soigné. À peine capable de tenir debout, Sean se croit enfin à l’abri et est loin de se douter des dangers qui le menacent.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Né en 1960, Simon Beckett a longtemps été journaliste pour de grands quotidiens anglais. Il est l’auteur d’une série de quatre best-sellers internationaux ayant pour héros l’anthropologue judiciaire David Hunter. Les Témoins de pierre est son dernier roman, indépendant de la série qui a rendu son auteur célèbre. Il vit à Sheffield.

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Sean a fui l’Angleterre pour des raisons peut-être très graves que je ne connaîtrai qu’à la fin du livre. Faisant du stop en France, il saute dans un bosquet car il a aperçu un gyrophare de police. Que n’a-t-il fait là !!

« Je sais que je réagis de manière excessive : la police française ne s‘intéresse certainement pas à moi. Je suis néanmoins trop à cran pour couvrir le moindre risque. Et surtout pas celui que les flics fouillent mon sac. »

Peut-être aurait-il mieux valu !!  En repartant, il a mis le pied dans un piège à mâchoires. Imaginez les dégâts. Pour son bonheur ( ??) il sera secouru par deux femmes qui le cachent dans le fenil de leur ferme.

Le voici embringué dans une histoire familiale bizarre. Outre Mathilde et Gretchen qui l’ont sauvé et le soigne, il y a le père, Arnaud, toujours armé, peut-être dangereux, hargneux et Michel un très jeune enfant dont, on le saura rapidement par les déductions de Sean, Mathilde est la mère, mais on ne connait pas le père.

Sean, peu désireux d’errer sur les routes par peur de la maréchaussée, accepte la proposition de la famille, faire le maçon, bien sûr, pas payé, mais nourri et logé (dans le fenil)

La vie familiale à la ferme est étrange, lourde de secrets. Même si les femmes lui ont sauvé la vie, il ne saurait préjuger de leurs actes. Tout est louche. Pourquoi personne ne vient jamais à la ferme, pourquoi tout est bouclé, pourquoi ce fusil, pourquoi les pièges, pourquoi les statues ? Pourquoi,  même si on sent la haine entre eux, la famille fait front ensemble, un bloc soudé par la haine, la peur ?

Beaucoup de violence avouée et cachée dans cette famille. L’atmosphère pèse des tonnes, même la chaleur de plomb elle aussi en rajoute. Le désir, l’angoisse, la peur sont palpables.

Le roman, à ce moment, s’enlise dans la chaleur torride de l’été, ralentit sa marche. Et toujours Gretchen tourne autour de Sean,  dans sa danse du désir, épie chacun de ses gestes, attitudes, lorsqu’il est avec Mathilde.

Le temps semble suspendu, lourd, comme avant que l’orage ne s’abatte. L’impression que chacun se jauge, tourne autour de l’autre, se mesure, se défie, se rencontre, comme dans un cirque romain.

Heureusement, la pluie arrive, les feuilles jaunissent et, tout s’active. Mais, quelle suite ? Que va-t-il arriver à Sean pris en étau entre les deux sœurs, le père, l’extérieur… ?

Ami lecteur, amie lectrice, tu le sauras en lisant ce livre qui m’a passionné, intrigué jusqu’au bout. Tu seras comme chauffé à blanc sous le soleil de plomb,

Simon Beckett fait alterner le présent et le passé, ce qui s’est passé en Angleterre et ce qui se passe en France. Pourquoi Sean s’est enfui et pourquoi il reste. La progression de deux situations est parallèle, jusqu’à l’acmé.

Un polar, sans flaque de sang, sans mort, enfin presque. Simon Beckett nous enserre dans une atmosphère à couper au couteau. Les personnages sont tous des énigmes. Résultat : une nuit blanche.

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Arnaldur Indridason - Dans l'ombre

23 Février 2017, 15:23pm

Publié par zazy

Dans l’ombre

Arnaldur Indridason

Traduction Eric Boury

Editions Métailié

Février 2017

Nombre de pages : 352

ISBN : 979-10-226-0541-0

4ème de couverture :

Un représentant de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d’une balle de Colt et le front marqué d’un “SS” en lettres de sang. Rapidement les soupçons portent sur les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941.
Deux jeunes gens sont chargés des investigations : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l’Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu’il est bilingue.
L’afflux des soldats britanniques et américains bouleverse cette île de pêcheurs et d’agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité. Les femmes s’émancipent. Les nazis, malgré la dissolution de leur parti, n’ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l’île. Par ailleurs on attend en secret la visite d’un grand homme.
Les multiples rebondissements de l’enquête dressent un tableau passionnant de l’Islande de la “Situation”, cette occupation de jeunes soldats qui sèment le trouble parmi la population féminine. Ils révèlent aussi des enquêteurs tenaces, méprisés par les autorités militaires mais déterminés à ne pas se laisser imposer des coupables attendus.
Dans ce roman prenant et addictif, le lecteur est aussi fasciné par le monde qu’incarnent les personnages que par l’intrigue, imprévisible.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Arnaldur Indridason est né à Reykjavík le 28 janvier 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de films pour le Morgunbladid, puis il se consacre à l’écriture. Il vit avec sa femme et ses trois enfants à Reykjavík.

Il a publié de nombreux romans à partir de 1997. Il est l’un des écrivains de romans noirs les plus connus en Islande et dans les 37 pays où ses livres sont traduits. Il a reçu le prix Clef de verre du Skandinavia Kriminalselskapet à deux reprises : en 2002, pour La Cité des jarres, et en 2003, pour La Femme en vert, le Prix du Polar Européen Le Point en 2008 pour La Voix, le Prix d’honneur du festival les Boréales en 2011 et le prix espagnol RBA du roman noir en 2013.

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Pas d’Erlendur dans ce roman d’Arnaldur Indridason. Les faits se déroulent pendant la seconde guerre mondiale. Les anglais, puis les américains font de cette île une  base arrière. Jeunes filles et jeunes femmes se retrouvent avec insouciance, calcul, amour, dans « la situation » (joli mot pour parler des relations amoureuses avec les occupants).

C’est d’ailleurs ce qui arrive à Véra, l’amie d’Eyvindur, représentant de commerce, qui a déserté le domicile pour un soldat anglais. Ce même Eyvindur est retrouvé mort, tué d’une balle dans la tête, dans l’appartement d’un certain Félix Lunder. Pourquoi cet homme, piètre représentant, fade, effacé, sans consistance a-t-il été tué ? Crime de la jalousie ? Rien n’a été volé. Pourquoi le signe « SS » sur le front ? Fait-il partie des sympathisants du régime nazi ? Erreur sur la personne ?

Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle s’Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l’Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu’il est bilingue

Les deux hommes sont chargés de l’enquête. Quasi sans expériences ils vont devoir louvoyer entre militaires, civils, américains, anglais, islandais. Heureusement, l’entente entre eux est très bonne, pas de coups bas. Leur méconnaissance du métier leur donne la liberté de fouiner sans arrière-pensées, chercher dans les expériences du docteur Rudolf Lunder, sympathisant nazi, remettre l’ouvrage sur le métier autant de fois qu’il le faut.

Avec son art consommé de l’intrigue, Arnaldur Indridason nous conduit, de fausse piste en  suspects-non-suspects, vers la preuve, le suspect, le mort manqué. Une enquête policière lente, méticuleuse, sans téléphone portable ni courrier électronique (ça fait du bien !).

Ce que j’ai aimé, en plus de l’intrigue policière, c’est la description de l’Islande pauvre, rurale occupée par des soldats fier-à-bras, en pays conquis qui n’ont que mépris pour les islandais, sauf pour leurs femmes et leurs filles, même mineures. Les islandaises rêvent de se faire épouser par ces soldats, quitter leur île et aller vivre en Angleterre ou aux USA.

« Elle a dit que c’est nettement mieux d’en dégoter un comme ça plutôt qu’un Islandais. Elle était sacrément contente quand elle les a vus arriver… je veux sire, les soldats… et elle passait son temps à sortir avec ses copines. Elles s’amusaient tout le temps »

« Des bouteilles d’alcool et des cigarettes encombraient les tables. L’une des gamines (quinze ans environ), toute débraillée, était assise sur les genoux d’un matelot. L’autre était allongée sur une couchette, les jambes nues sous sa robe légère, et fumaient une cigarette. Deux des hommes étaient torse nu, le troisième portait un maillot de corps. Le plus âgé devait avoir environ cinquante ans. »

En lisant ce polar, j’ai repensé au livre de Svava Jakobsdottir « un locataire » qui se situe juste après la guerre, l’Islande est encore occupée par les américains.

J’attends avec impatience la parution, en octobre prochain, du second tome de cette trilogie et ainsi, passer une nouvelle nuit blanche. Pour patienter,  je pense que j’irai retrouver ce cher Erlendur, histoire de respirer l’air frais d’Islande.

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Sébastien Gendron - Révolution

28 Janvier 2017, 23:06pm

Publié par zazy

Révolution

Sébastien Gendron

Editions Albin Michel

Janvier 2017

400 pages

ISBN : 9782226393258

 

4ème de couverture :

Debout au milieu d’un pont autoroutier, jambes légèrement écartées, corps dressé, bras droit le long de la hanche, bras gauche replié soutenu par une orthèse, Pandora Guaperal a un Glock 23 posé sur la tempe, chien relevé, balle wadcutter dans la chambre, index sur la queue de détente réglée à un kilo de pression, cran de sûreté en position on.
Face à elle, à la sortie du tunnel, un véhicule approche. Derrière lui, des milliers d’autres dont le seul horizon est la route des vacances.
Pandora est prête : la révolution n’attend pas. Et elle vaut bien une balle dans la tête.

Pour résister à l’absurdité du monde, Sébastien Gendron, l’auteur de Road Tripes et de La Revalorisation des déchets, a lui aussi une arme : nonsense et subversion dans une comédie noire, entre Frédéric Dard et les Monty Python.

L’auteur (site de l’éditeur)

Sébastien Gendron est l'auteur d'une dizaine de romans noirs. Il est aussi réalisateur, scénaristes et chroniqueur. Il puise tour à tour son inspiration chez les Monty Python, le cinéma américain des années 1970, les livres de Jean Echenoz, Jean-Patrick Manchette, Jean-Bernard Pouy, Tim Dorsey, Jim Thompson et Philippe Djian. Soit un univers unique aux accents volontiers loufoques.

Il a publié Road Tripes (2013) puis La revalorisation des déchets (2015) aux éditions Albin Michel. Il écrit également pour la jeunesse.

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Nous ne sommes pas en mai, mais je me suis fait une petite révolution avec Sébastien Gendron pas piquée des vers ni des hannetons !

Pandora Guaperal et Georges Berchanko ont un cursus non négligeable, pourtant, ils n’ont pas trouvé de boulot à leur hauteur et se retrouvent à faire de minables mission chez Vadim Interim. Ils ont une bonne instruction, un bon niveau, mais, ils se sont trouvés parmi les laissés pour compte parce que trop ou pas assez.

« Parce qu’à l’origine Georges n’est pas manœuvre, c’est même tout le contraire. Il est ingénieur informaticien. ».

Gorges se retrouve, malgré lui, embarqué dans une histoire qui l’a totalement dépassé, mais je crois qu’il est souvent dépassé,  Résultat final deux morts et un copain, voyelle. Non, ce n’est pas un chien, mais un colosse attardé mental qui ne peut aligner deux mots.

Quant à Pénélope, joli prénom n’est-il pas, elle a pour mission d’abattre le calvaire de Marjovent pour y construire le minaret de la nouvelle mosquée. Pandora a failli se faire lyncher à la fin, on ne s’attaque pas à un emblème catholique. Plus qu’énervée, elle  défonce à la pelleteuse, qu’elle conduit de main de maître, la maison de son exploiteur, le sieur Vadim qui a pris la tangente. J’ai oublié, elle est également championne de tir, cela a son importance dans l’histoire

« J’attends que les gens fassent la révolution. Et je ne bougerai pas d’ici tant qu’ils auront pas commencé. »

Ah ces jeunes et leur révolution !! Mais vous n’y êtes pas du tout chers amis ! Pandora et Georges sont quadras, ce ne sont plus des perdreaux de l’année. Cela n’empêche pas que de boulot de merde en boulot de forçat…

« J’en ai rien à foutre d’être traitée d’extrémistes par des gens qui manipulent l’information pour effrayer tout le monde. Moi, ce que je veux, c’est que les gens se révoltent. Dans ce pays, c’est tout à fait légitime. Des révolutions ici, il y en a eu et elles ont changé le monde. Regardez ce que la France est devenue depuis. Vous vous souvenez de cette ministre de l’Intérieur qui proposait au Parlement d’envoyer nos experts de la police nationale pour aider Ben Ali à mater la révolution tunisienne ? Une ministre de la V° République, héritière directe d’une démocratie qui s’est construite grâce à un soulèvement populaire plus de deux cent ans auparavant ! Notre classe dirigeante ressemble de plus en plus à celle qu’on a envoyée à la guillotine en 1789. Des gens qui n’ont plus aucun rapport avec le peuple et un peuple qui les traite de pourris et s’éloigne de plus en plus des urnes. Vous trouvez ça normal ? Pas moi. Je trouve ça à vomir. »

Donc, Pandora se trouve au beau milieu de la chaussée sur l’autoroute A53, viaduc de Saint-Maxence avec un pistolet sur la tempe. Vous imaginez l’embouteillage que cela peut créer des deux côtés car, il faut compter avec les curieux circulant en sens inverse. Tout cela baigné par la musique protestataire lancée par l’animateur d’une radio locale qui a baptisé Pandora « Lady Gun ».

Ces ingrédients auraient pu faire un livre marrant, avec suspens et cela aurait été simplement burlesque rien qu’en imaginant une quadra avec un pistolet à la tempe causant un embouteillage monstre avec tout ce qui cela peut sous-entendre. Oui, mais voilà, Sébastien Gendron laisse percer certaines vérités. Personne ne bouge, tout le monde râle, se dispute entre voisins de queue, mais sans plus de panache, chacun pour soi et Dieu pour eux. Certains iront même jusqu’à extraire violemment de leurs voitures des mecs en costume trois pièces avec grosse voiture, des décideurs pour eux. Une autre forme d’action qui rappelle certaines périodes peu glorieuses. Tout autour de Pandora et Georges il y a une galerie de personnages  dont la journaliste opportuniste, Voyelle, un médecin urgentiste, un mercenaire étranger à la solde du patronat….

Un livre lucide, loufoque, un brin acide à l’humour noir décapant lu d’une seule traite qui ne se laisse pas oublier facilement.

 Sébastien Gendron et les éditions Albin Michel m’ont offert une belle nuit blanche (beaucoup en ce moment). Un livre qui a du corps, de la tripe.

Le troisième quart, il finira dans mes impôts. C’est normal sauf que ces impôts, l’Etat en refile une partie aux banques pour les sauver, ces mêmes banques qui refusent de prêter de l’argent. L’Etat en refile une partie entre autre à l’industrie automobile qui licencie à tour de bras. L’Etat en refile une partie à des entreprises qui sont en train de se barrer de l’autre côté de la Méditerranée parce que les ouvrier français ne sont pas compétitifs. Et ces ouvriers français, qui voient leurs entreprises délocalisées, parce que c’est la crise, ils ont pourtant accepté de bosser plus sans être payés davantage. Même les syndicats leur ont dit que c’était la seule chose à faire. On les fout à la porte ou on leur propose d’aller bosser ailleurs, à des centaines de kilomètres de chez, à l’autre bout de la France, voire à l’étranger. S’ils refusent tant psi pour leur gueule.

Tout le monde cède, parce que tout le monde a peur. Voilà ce qui se passe. Tout le monde vit courbé en deux.

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Zygmunt Miloszewski - Les impliqués

24 Janvier 2017, 17:00pm

Publié par zazy

 

Les impliqués

Zygmunt Miloszewski

Editions Mirobole

Traduit du polonais par Kamil Barbarski

octobre 2013

448 pages

ISBN : 979-10-92145-09-0

 

4ème de couverture :

« Il touchait une paie de fonctionnaire. C’était la même pour un procureur de la capitale et pour celui d’un trou paumé à la frontière biélorusse. »

Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l’un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’œil. L’affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Szacki ne sait même plus si son quotidien l’épuise ou l’ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances.

Cette méthode de la constellation familiale, par exemple, une psychothérapie peu conventionnelle basée sur les mises en scène… Son pouvoir semble effrayant. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de commettre un meurtre ? Ou faut-il chercher plus loin, avant même la chute du communisme ?

L’auteur (site de l’éditeur) :

Zygmunt Miłoszewski, né à Varsovie le 8 mai 1976, est un auteur phare de la jeune génération polonaise. Ecrivain, journaliste et scénariste, il fait ses débuts en 2005 avec un roman d’horreur remarqué, Interphone. Aujourd’hui, ses romans sont traduits dans 9 pays.
Les Impliqués (Mirobole, 2013) s’est vu sélectionné pour de nombreux prix, tel le Prix du polar européen, le Prix SNCF du polar et le Prix des lectrices de Elle. Mirobole a publié en janvier 2015 le deuxième volet des enquêtes de Teodore Szacki, Un fond de vérité.

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Après avoir lu Un fond de vérité, je remonte le cours de la bibliographie de Zygmunt Miłoszewski pour mon plus grand plaisir.

Varsovie, juin 2005. Le juge Teodore Szacki est appelé suite à un crime commis lors d’un stage de thérapie de groupe organisé, dans un ancien monastère, par Cezary Rudzki, psy de son état. La victime a une broche à rôtir dans l’œil, avouez que ce n’est pas banal.  L’affaire commence tranquillement et parait même à Tedore, quelque peu ennuyeuse, tout comme le début de l’histoire.  La suite me donnera tort, l’enquête  n’est pas des plus classiques, que nenni, n’oubliez pas qu’il y a du psy sous jacent et les vieux démons remontent à la surface

La Pologne a quitté le giron russe, mais les habitudes ont la vie dure ainsi que les renseignements, généraux ou pas. Tout ceci a des relents fétides et glauques ce que vérifie une fois de plus notre juge. L’histoire mouvementée de ce pays est partie prenante de la vie polonaise et, donc, du meurtre, tout comme Varsovie, personnage à part entière de ce polar.

Théodore Szacki, toujours aussi complexe,  humain, rigide du col mais capable de grand écart. Je trouve la même construction, à chaque début de paragraphe : le petit journal des nouvelles du jour, sans oublier la sacro sainte météo, on n’est jamais assez bien informé !

J’ai passé une très agréable nuit blanche en compagnie de Monsieur le Juge par la grace de de l’écriture de Zygmunt Miłoszewski  vive, descriptive, qui sait maintenir le suspens, jusqu’à un final inattendu et un peu amer.

J’attends avec impatience de retrouver Teodore Szacki dans de nouvelles aventures.

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Olivier Truc - Le dernier lapon

19 Janvier 2017, 14:41pm

Publié par zazy

Le dernier lapon

Olivier Truc

Editions Métailié

Septembre 2012

456 pages

ISBN : 978-2-86424-883-5

 

4ème de couverture :

Kautokeino, Laponie centrale, 10 janvier. Nuit polaire, froid glacial. Demain le soleil, disparu depuis 40 jours, va renaître. Demain entre 11h14 et 11h41, Klemet va redevenir un homme, avec une ombre. Demain le centre culturel va exposer un tambour de chaman légué par un compagnon de Paul-Émile Victor.
Mais dans la nuit, le tambour est volé. Les soupçons iront des fondamentalistes protestants aux indépendantistes sami. La mort d'un éleveur de rennes n'arrange rien à l'affaire. La Laponie, si tranquille en apparence, va se révéler terre de conflits, de colères et de mystères. Klemet, le Lapon, et sa jeune coéquipière Nina, enquêteurs de la police des rennes, se lancent dans une enquête déroutante. Mais à Kautokeino, on n'aime guère les vagues. Ils sont renvoyés à leurs patrouilles en motoneige à travers la toundra, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes.
Les mystères du 72e tambour vont les rattraper. Pourquoi en
1939 l'un des guides sami a-t-il confié à l'expédition française ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks traditionnels que chante le vieil oncle de Klemet ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et qui a l'air de si bien connaître la géologie de la région ? À qui s'adressent les prières de la pieuse Berit ? Que cache la beauté sauvage d'AsIak, qui vit en marge du monde moderne avec sa femme à moitié folle ?
Dans un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l'hypermodernité et de la tradition d'un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Olivier TRUC est né à Dax. Journaliste, il vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde. Spécialiste des pays nordiques et baltes, il est aussi documentariste. Il est l’auteur de L’Imposteur, du Dernier Lapon, pour lequel il a reçu entre autres le prix des lecteurs Quais du Polar et le prix Mystère de la critique, et du Détroit du Loup.

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Le livre commence par une poursuite mortelle. Nous sommes en 1693, en Laponie centrale. AsIak a juste le temps de cacher quelque chose de très précieux avant d’être rattrapé par les hommes du pasteur luthérien. Condamné à périr sur le bûcher -il ne veut pas abjurer sa croyance ancestrale- il aperçut la silhouette du jeune lapon qui paraissait tétanisée. Les flammes commençaient à le lécher. AsIak a le courage d’entonner un chant de gorge lapon que le jeune lapon comprit. « Il savait ce qu’il devait faire. Et ce que, après lui, son fils devrait faire. Et le fils de son fils. »

De nos jours, le 10 janvier. Les habitants de Kautokeino attendent, pour le lendemain, le retour du soleil « Demain, entre 11h14 et 11h41, Klemet allait redevenir un homme, avec une ombre. » Oui, la nuit polaire allait s’effacer à grand pas.

Pour Nina, la jeune collègue de Klemet, ce serait sa première fois. Ces deux-là font partie de la brigade des rennes. Ils patrouillent dans l’immensité blanche pour régler les conflits entre éleveurs, les vols de bétail… et sont la risée de la police locale, surtout Brattsen plutôt à l’extrême de la droite, ne supportant pas Klemet, le seul lapon d’origine de la brigade.

Un tambour de chaman ancestral est volé pendant la nuit, suivi par le meurtre d’un lapon solitaire et ivrogne. Les deux affaires sont-elles liées ? cCest ce que pensent Nina et Klemet qui enquêtent malgré les entraves.

Olivier Truc profite de cette recherche du criminel pour parler de la Laponie, convoitée pour la richesse de son sous-sol. L’affrontement entre les Samis qui voudraient une reconnaissance, voire une autonomie de la Laponie hors les territoires et l’extrême droite qui les considèrent comme une sous race est quelque chose que je découvre, comme Nina, originaire du sud, du pays des fjords.

L’âpreté du prête fondamentaliste qui a peur que la religion originelle des lapons ne vienne saper son œuvre, le jusqu’auboutisme de certains samis qui craignent de voir leur civilisation disparaître, la survie des éleveurs de rennes dans un milieu hostile, la montée de l’extrême droite raciste, la beauté pure et dure des paysages recouverts de neige, la nuit polaire… Olivier Truc mène si bien sa barque, pardon son motoneige que je n’ai pas lâché le livre avant que la dernière page ne soit tournée.  Ce fut une nuit blanche pour un livre parlant d’aurores boréales, du jour qui augmente jusqu’à la nuit blanche. La boucle blanche est bouclée et Aslak, le dernier lapon  « traditionel » disparait dans la tempête blanche.

Dire que ce livre dormait sur une étagère depuis sa sortie. La lecture commune avec les blogueurs de Babelio a été l’occasion de réveiller Klemet et Nina.

 

 

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Antonio Xerxenesky - F

19 Décembre 2016, 14:39pm

Publié par zazy

F

Antonio Xerxenesky

Editions Asphalte

Traduit par Mélanie Fusaro

222 pages

Septembre 2016

ISBN : 978-2-918767-63-3

4ème de couverture :

À vingt-cinq ans, avec un passé de guérillera et une carrière de tueuse à gages, Ana a tout vu : décapitations, chutes mortelles, exécutions par balle... Mais elle n’a jamais vu Citizen Kane, considéré comme le plus grand film de tous les temps.

Quand son commanditaire habituel lui désigne Orson Welles comme cible, Ana  prend conscience de ses lacunes cinématographiques et entreprend, pour préparer cet assassinat, de découvrir la filmographie de sa prochaine victime. De Paris à Los Angeles en passant par Rio, Ana développe une obsession pour le réalisateur, jusqu’à le rencontrer et travailler pour lui. Mais autour d’Orson Welles, fiction et réalité, vérités et mensonges finissent toujours par s’entremêler...

Après Avaler du sable, Antônio Xerxenesky confirme son originalité dans le paysage littéraire brésilien et son goût pour la pop-culture. F est une véritable déclaration d’amour au cinéma – à tous les cinémas.4

L’auteur (site de l’éditeur)

Antônio Xerxenesky  est né à Porto Alegre en 1984. Son premier roman Avaler du sable

 (Asphalte, 2015) lui a valu d’être distingué comme l’un des meilleurs romanciers  brésiliens  contemporains  par  la  revue  Granta.  F a été finaliste du prix Sao Paulo de littérature.

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F for Fake d’Orson Welles,

F comme femme

F comme fatale

F comme fiction

T comme tueuse à gages

A comme Ana qui n’est pas un ange

F, c’est « L’histoire de la femme qui devait tuer Orson Welles », sous-titre du livre. Ana, jeune femme brésilienne tueuse à gage « Combien de filles de mon âge pouvaient en dire autant ? ». se raconte.

Elle rencontre son  oncle, José, opposant à la dictature, lors de l’enterrement du père d’Ana. Elle  va le rejoindre à los Angeles. Devant son aptitude au tir, son sang-froid, elle se trouve embringuer dans  cette faction révolutionnaire et accepte de partir à Cuba s’entraîner Ce même José lui apprendra la vérité sur son père, ingénieur, surnommé « Docteur Electrochoc et qu’il utilisait son talent incroyable pour l'ingénierie à développer des systèmes perfectionnés de torture par chocs électriques». C’est ainsi qu’elle devient tueuse à gages.

La Voix, c’est toujours par téléphone que cela se passe, lui donne la cible à viser, à elle de se débrouiller. Dès son premier contrat, Ana tue sans se délecter, mais avec une réelle efficacité,  un vrai petit artisan. Très professionnelle, elle suit sa proie, la regarde vivre, apprend ses points faibles  et, comme l’araignée, surgit au moment opportun. Elle en fait une œuvre unique (sans jeu de mot), comme un tableau « Je me soucie de la beauté de la mort, de l’art de l’assassinat. ». 

Sa  dernière mission ? La Voix lui demande de tuer Orson Welles himself. Elle va s’immerger, moi aussi, dans le monde du cinéaste. A Paris, elle étudie la filmographie, la bio du réalisateur avec des passionnés.

Départ pour Los Angeles ; elle entre en contact avec Orson Welles, où miracle, il tourne un nouveau film « Quelle était la relation entre le studio et ceux qui m’avaient engagée ? Etait-il possible que la voix désincarnée donne des ordres au studio, que ces figures faites d’ombres commandent à Hollywood ? » lui qui était en délicatesse avec le milieu.

Ce qui cloche pour ce dernier contrat, c’est sa relation avec le cinéaste. Jusqu’à présent, elle se contentait d’observe ses victimes. Là, elle est l’assistante de Welles. Une relation amicale se noue, mais jusqu’où… Comment tuer, pour elle, vu son style, ce serait plutôt, causer une mort qui peut passer pour naturelle, un type qu’elle admire ? Ici se rejoint la théorie du vrai, du faux, du vraisemblable. Le cinéma peut se faire hors champ de la caméra, surtout lorsque l’on côtoie un mythe

Ana raconte sa vie sans affect,  elle est tueuse à gages, c’est tout, circulez il n’y a rien à voir. Je ne saurai rien de ses motivations. Je pense que son passé, voire sa filiation, joue un grand rôle dans sa vie actuelle « Combien y avait-il de mon père en moi ? Si j’étais un homme, notre ressemblance physique serait-elle plus évidente encore ? Qu’est ce qui le séparait de lui ? Les morts qu’il a causées, en quoi diffèrent-elles des miennes ? C’est une question d’esthétique, ai-je pensé ».

« Est-ce de l’art ». Cette question revient comme un leitmotiv tout au long du livre. L’art aurait-il pu modifier la vie de son père ? « Un livre de Tolstoï aurait-il été capable d’empêcher mon père d’entrer dans la chambre de ma sœur pendant la nuit ? » « Une œuvre d’art serait-elle capable de changer ma vie ? Une œuvre d’art est-elle capable de changer une vie ? Les prétendues humanités sont-elle capables d’humaniser quelqu’un ? Pourquoi associons-nous le terme d’humanités à la notion de faire le bien et d’éprouver de la compassion pour autrui ? Pourquoi la mort ne serait-elle pas une sort d’art ?  Ne serait-ce pas la mort, le véritable signe de l’humanité ? Toutes ces questions, sa peut-être ressemblance, son rapport au père sont autant de raisonnements qui pourraient modifier le cours de sa vie.

Antonio Xerxenesky connait, admire Welles et le cinéma. Pas de copié-collé sorti tout droit de wiki… Non, tout est connu, aimé, vécu. La vie, les mœurs des années 80, la musique le cinéma, la situation politique brésilienne, les nuits de Los Angeles avec la fameuse « witching hour » forment un décor bien présent.

L’auteur mêle personnages réels et fictionnels avec talent.  Est-ce vraisemblable ?  Je ne me pose pas la question tant je suis sous le charme de l’écriture vive, rapide, puissante. Une écriture toujours aussi visuelle, quasi cinématographique avec des flashbacks qui mêlent vraisemblance et surréalisme. Comme dans un bon polar, arrive le doute, les notions de vrai-faux. Oui, c’est connu de tous ou presque, Orson Welles est mort, le 10 octobre 1985 (merci la toile)… Et si c‘était l’œuvre ultime d’Ana ?

Je ne saurais faire des liens avec les films d’Orson Welles, dont je ne connais pas l’œuvre. Cela ne m’a pas empêchée de goûter au plaisir de cette lecture. J’apprécie l’univers déjanté, mais pas que… d’Antonio Xerxenesky, déjà hautement apprécié avec « Avaler du sable ».

F, comme Faut le lire !!

J’ai lu ce livre grâce à l’opération « La voie des Indés » initiée par Libfly. Je les remercie, ainsi que les éditions Asphalte pour ce très bon moment de lecture.

Asphalte, maison d’édition indépendante, proposent « des fictions urbaines et cosmopolites. Attachée à la ville et à ses marges, elle défend une littérature à la frontière des genres, nourrie de pop-culture, de voyages et de musique. »

 

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