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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #litterature suedoise

Viveca Sten - Au coeur de l'été

27 Avril 2017, 13:20pm

Publié par zazy

Au cœur de l’été

Viveca Sten

Traduction Rémi Cassaigne

Editions Albin Michel

Mars 2017

416 pages

ISBN : 9782226318220

 

4ème de couverture :

Week-end de la Saint-Jean sur l’île de Sandhamn. Les jeunes fêtards ont envahi les pontons, le port grouille de bateaux blancs. Musique à fond et alcool à flots. Dans la foule, une jeune fille avance en titubant avant de s’effondrer sous les yeux de la police.
Pendant ce temps, Nora Linde s’apprête à célébrer la Saint-Jean avec son nouveau compagnon Jonas et sa fille Wilma. Mais la fête tourne au cauchemar lorsque, dans la nuit, Wilma disparaît. Le lendemain matin, le cadavre d’un garçon de seize ans est retrouvé sur la plage.
L’inspecteur Thomas Andreasson, l’ami d’enfance de Nora, est dépêché sur les lieux. Les premiers éléments de l’enquête lui en révèlent toute la difficulté, chacun ayant sa propre version des faits. Qui est la victime et qui le meurtrier de cette nuit d’été ?
Viveca Sten est désormais une figure incontournable dans le paysage du polar suédois : après Les Secrets de l’île, la nouvelle enquête de l’inspecteur Thomas Andreasson et de Nora Linde, le couple qui a inspiré la célèbre série télévisée Meurtres à Sandhamn diffusée sur Arte.

« Viveca Sten fait partie de l’élite des auteurs suédois. Si elle continue ainsi, elle sera bientôt à sa tête. » DAST Magazine

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La Saint Jean sur l’île de Sandhamn est un jour de fête, joie, plaisir, bonheur. Les choses peuvent déraper et beaucoup de policiers patrouillent pour essayer d’éviter tout débordement.

Victor, est l’adolescent d’une famille dont le père est toujours au boulot, ou ailleurs, la mère abonnée aux tranquillisants et au botox. A seize ans, il il ne veut pas aller avec ses parents chez des amis, d’ailleurs, il a prévu autre chose

« J’ai prévu de me barrer à Sandhamn avec Tobbe et des potes. Christoffer peut emprunter le bateau de leur vieux, ça déchire »

Oui, c’est ainsi qu’il parle à sa mère.

Wilma Sköld a quatorze ans et veut aller, elle aussi à la fête avec sa copine retrouver d’autres potes. Le père, divorcé, finit par accepter.

« Ça ira, si je rentre à deux heures du matin ? »

Le père cède encore mais la transaction donne une heure du matin.

Habillée et maquillée comme une poupée Barbie, elle file retrouver sa copine, après avoir piqué quelques bouteilles de vin à son père… Et la fête alors !!

Pourtant, au petit matin, un homme et son chien découvrent un jeune garçon mort, à moitié caché sous des branches et des passants ont trouvé Wilma totalement choquée. Que s’est-il passé ?

Ce qui devait être une fête, nature comme mon idéal suédois me poussait à le penser, est une beuverie monstre, une séance de shoot généralisée en plein air… Les clichés partent en mille morceaux et la jeunesse dorée s’envolent dans les paradis artificiels et dangereux.

Andreasson et Linde enquêtent, fouillent plus profond malgré une évidence qui s’impose rapidement. D’indices en fausses pistes, de témoignages en  auditions, de grains de sable en nuits blanches, le dénouement, inattendu pour ma part, arrive.

Viveca Sten plante le décor dès le début, la fête, les familles éclatées, les parents qui s’occupent plus de leurs personnes que de leurs enfants,  « pauvre petite fille riche » pour parodier un chanteur. Un gamin qui reçoit du pognon en guise de bises parentales, la permissivité, bref une jeunesse dorée lors de la nuit de la Saint Jean. Les lendemains sont beaucoup moins dorés et ont une mauvaise haleine.

J’ai lu ce livre d’une seule traite car l’écriture de Viveca Sten m’a rendue dépendante. Il fallait absolument que je sache. L’écriture, donc la traduction, est vive, alerte. Les chapitres courts donnent beaucoup de rythme. Le ton est juste. J’ai visualisé l’enquête comme j’aurais pu la regarder à la téloche.

Attention, maintenant, je vais enfoncer une porte ouverte… Merci à toi ami lecteur qui prendrait de mes nouvelles de mon exploit. Pourquoi chers auteurs, vous en prendre ainsi aux estomacs de vos enquêteurs en leur faisant ingurgiter de la bouffe infâme ?

Enquêtrices, enquêteurs de tous les pays, unissez-vous pour exiger de vos auteurs, la fin des sandwichs de mauvaise qualité, la bière tiédasse, les cafés qui sentent le carton !

Un très bon moment de lecture et une nuit blanche des plus agréables. Vive le polar suédois ! Je vais essayer de dénicher les précédents tomes.

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Anders Fager - La reine en jaune

19 Février 2017, 22:35pm

Publié par zazy

La reine en jaune

Anders Fager

Traduit du suédois par Carine Bruy

Editions Mirobole

janvier 2017

352 pages

ISBN 978-2-37561-052-7

 

4ème de couverture :

La beauté du diable pour l’écriture, le génie du mal pour la construction… Anders Fager revisite les grands thèmes du fantastique pour créer sa propre mythologie contemporaine à travers des histoires qui font surgir un univers fiévreux peuplé de forces maléfiques, ou le monstre n’est jamais celui qu’on croit.

À Trossen, les résidents de la maison de retraite se regroupent au troisième étage pour des rites venus d’un autre âge ; Les deux frères Zami et Janoch escortent Grand-Mère pour un long voyage – Grand-Mère qui gronde parfois, ou montre les crocs ; pour My l’artiste, la femme bafouée, le chef-d’œuvre ultime ne peut se concevoir sans sacrifices ; à Bodskär, dans la baie plongée dans les ténèbres, quelque chose émerge des flots…

Découvrez un Lovecraft version trash et rock ‘n’ roll pour une véritable et très angoissée chronique sociale.

L’auteur (site de l’éditeur)

Auteur culte, comparé à Stephen King dans ses œuvres les plus sombres, à un John Ajvide Lindqvist sous stéroïdes ou au maître de l’horreur H.P. Lovecraft, Anders Fager, né en 1964, vit à Stockholm. Ex-dyslexique, ex-punk, ex-geek, il a fait paraître entre 2009 et 2011 trois recueils de contes d’horreur, dont Mirobole publie en janvier 2014 une sélection en un seul volume Les Furies de Borås.

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J’ai découvert un auteur qui m’a bousculé comme la balle d’un flipper.

Ce recueil de nouvelles est déjanté, barré, presque trash,

Le cher d’œuvre de Mademoiselle Witt, où l’art poussé à son extrême pour certains, l’art dévoyé pour d’autres, du porno trash, dégradation féminine pour les féministes. My Witt, porno star qui utilise son corps sexuellement pour faire des photos pornos trash jusqu’à la folie.

Cérémonies où les rites païens sont remis en scène par le personnel du 4ème étage d’une maison de retraite. C’est du râpeux, du flippant !

Quand la mort vient à Bodskär où l’armée se trouve aux prises avec des phénomènes très étranges et mortels, où la frontière entre le bien et le mal connait quelques distorsions.

La reine en jaune voit le retour de My Witt internée dans un asile psychiatrique.aux prises à la violence du personnel médical qui n’hésite pas à la frapper, la violer, l’abrutir de médicaments, l’attacher. A trop côtoyer la folie pour aller au bout de ses œuvres, elle semble passée de l’autre côté du monde

Le voyage de grand-mère où deux garçons étranges, analphabètes traversent l’Europe dans une camionnette blanche pour récupérer leur grand-mère ; une grand-mère qui a les crocs.

Des « Fragments »  relient ces nouvelles comme un pont pour aller sur les îles. Mais qui sont ces vieux manipulateurs qui semblent connaître beaucoup, beaucoup de choses sur tout le monde et que le trash, le porno ne dérangent pas ?

Oui, c’est déjanté et tout le tintouin. Cela parle aussi de l’art, de sa finalité. Jusqu’où l’art peut aller, le hardcore peut-il être de l’art, tout est-il art ; Question présente également dans F d’Antonio Xerxenesky.

La limite entre le bien et le mal, le vrai et le faux, le réel et le fantastique sont très élastiques. L’avidité, la rapacité, la luxure, la domination y sont dépeints avec minutie, réalisme. L’écriture d’Anders Fager est limpide dans un monde noir, glauque où nul espoir n’est permis. Les fins ne sont pas celles des contes de fées. Le rythme, l’incongruité donnent beaucoup de peps et d’allant à ce bouquin.

Une lecture qui n'est pas de tout repos. La découverte de l’écriture d’André Fager fut un réel plaisir, quel voyage !

Une nouvelle fois, Mirobole a fait mouche

Yv en parle

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