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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #litterature francaise

François Morel -Martin Jarrie - La vie des gens

18 Avril 2016, 17:13pm

Publié par zazy

 

 

La vie des gens

François Morel – Martin Jarrie

Editions les Fourmis rouges

72 pages

Avril 2013

ISBN : 9782369020042

 

4ème de couverture :

En 2012, Martin Jarrie fut accueilli en banlieue parisienne pour faire un travail sur une ville et ses habitants. L’idée des portraits s’imposa. Il rencontra quinze personnes et demanda à chacune de choisir un objet qui lui était cher. Puis il envoya ces portraits, visages et objets, à François Morel. Les règles du jeu avaient été fixées : chacun savait qu’auteur et peintre auraient la liberté de tout réinventer.

Décider de donner la même importance à ces objets banals qu’aux visages de leur propriétaire, c’était déjà une manière de raconter une vie. Une manière qui est aussi celle de François Morel, dont on connaît le talent pour dire la beauté du quotidien et la grandeur de nos « vies minuscules ».

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François Morel, je vous aime. Je le dis sans ambages, n’en soyez pas offusqué.

Vous m’avez donné, avec votre ami Martin Jarre un vrai instant de bonheur. Je n’ai pas lu ce livre, vous me l’avez susurré à l’oreille, pendant que j’admirais les visages de Martin Jarrie. Oh, que vous les aimez tous les deux ces illustres inconnus, Assia, Maria, Bernard, Marie-Claire… Ils sont comme vous et moi et vous les magnifiez d’une très belle façon. Ce livre entre en écho avec Yacinthe et Rose. Ces portraits sonnent tellement justes que je crois en leur réalité. Superbe livre que je me surprends à feuilleter très souvent, histoire de dire bonjour à Michel, Christine, Maurice, Violaine…

Un coup de cœur que je dois à la voie des indés et aux éditions « les fourmis rouges ». Un très grand merci à eux.

François Morel, souvenez-vous que nous avons rendez-vous vendredi juste avant neuf heures. Je serai là.

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Anna Dubosc - Koumiko

7 Avril 2016, 16:19pm

Publié par zazy

 

Koumiko

Anna Dubosc

Editions Rue des promenades

Avril 2016

204 pages

ISBN : 9782918804505

 

4ème de couverture :

A la fin d’une phrase, elle a déjà oublié le début, elle ne sait plus ce qu’elle raconte : « Oh zut, tout ce que je veux parler a disparu. C’est terrible, tu sais, je ne peux plus compter sur moi. Je ne me rappelle plus ce que c’est ma vie. C’est début terrible époque ».

Parfois, au contraire, elle rit d’oublier, de se perdre. « Tu sais, c’est formidable, tout est nouveau ! »

Au jour le jour, d’une écriture simple et directe, Anna Dubosc sauve la mémoire de sa mère, la poétesse Koumiko Muraoka, qui avait inspiré au cinéaste Chris Marker Le Mystère Koumiko.

 

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« J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien… » Anna Dubosc ne nous rejoue la chanson chantée par Jeanne Moreau, mais raconte la lente décrépitude de sa mère, Koumiko Muraoka, poétesse. Elle note tout sur un carnet, histoire de ne pas oublier puis le retranscrit dans son livre. Est-ce pour mettre un « paravent » entre leurs deux désarrois qu’Anna note tout ce que sa mère dit et ou pour sauver la mémoire de sa mère ?

Encore un livre sur le rapport mère-fille-maladie. Oui mais avec la plume d’Anna Dubosc, son écriture nerveuse, directe qui ne fait pas de ronds de jambe. Et puis, c’est sans compter Koumiko et son sacré caractère, son appartement musée-capharnaüm-poubelle, ses apartés. Pas facile de devenir la gardienne, la mère de sa propre mère. Les rapports se trouvent inversés, Anna doit surveiller Koumiko tout en lui laissant la liberté qui est source de sa vie. Koumiko devient la petite fille qui ne supporte pas la solitude. « Elle qui était tellement autarcique, elle ne supporte plus d’être seule ». Anna note tous les petits bonheurs de sa mère, comme les querelles « -Mais qu’est-ce que tu racontes ? Je prends pas médicaments, idiote ! –Ben t’étonne pas de crever alors ! »

Koumiko a du caractère, beaucoup de caractère et le sas de la civilité est parti en même temps que sa mémoire. « Je peux quasiment tout supporter, sa connerie, sa méchanceté. Son désespoir, non, ça me terrasse. Je préfère quand elle m’emmerde. Au moins ça fait diversion, ça brouille mon amour ». S’ensuit des dialogues picaresques.

Malgré leurs querelles incessantes, je sens l’amour d’Anna pour sa mère. « Puis j’imagine le monde soudain vide d’elle. Non, impossible. Il faudrait qu’elle meure pour de faux, pas pour toujours »

J’aime l’écriture simple et directe d’Anna Dubosc. J’aime sa façon de traiter son rapport mère-fille sans mièvrerie, sans cacher les aspérités, avec les petites joies, les grosses peines, la lourdeur des situations, bref de nous décrire la relation exacerbée avec sa mère « Mois je me farcis ma mère comme d’habitude »

Un livre simple, vivant, gouailleur, humain. Une lecture tonique qui remet les pendules à l’heure où, quelque fois, je me suis reconnue dans mes relations avec ma mère de 94 ans, avec un peu beaucoup moins d’amour.

 

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Thierry Marignac - Cargo sobre

1 Avril 2016, 13:18pm

Publié par zazy

 

Cargo sobre

Thierry Marignac

Editions Vagabonde

février 2016

ISBN : 9782919067176

 

4ème de couverture :

Partir… Et échapper, « le temps d’une rêverie atlantique, à mon sort de civilisé ». Tel est l’un des enjeux de ce journal de voyage rédigé au cours d’une traversée sur un porte-conteneurs d’une compagnie maritime de fret entre Fos-sur-Mer et Port Elizabeth. Une retraite intime émaillée des souvenirs de rencontres et éclaboussée par les chocs visuels provoqués par les éléments naturels… Mais aussi un moment privilégié dont le luxe fut avant tout pour l’auteur de « perdre volontairement du temps, de perdre le temps ».

L’auteur

Grand voyageur, esprit cosmopolite, traducteur de l’anglais et du russe, Thierry Marignac est né en 1956. Il a publié une quinzaines de livres, dont les romans Fuyards, A quai, Renegade Boxing Club et Morphine Monojet

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Ce titre, pour moi, est un oxymore. Souvent les histoires qui se passent sur un cargo sont émaillées d’ivresses, pas seulement celle du large.

Après des années d’errance et de destruction, Thierry Marignac entreprend la traversée de l’Atlantique sur un cargo « fer à repasser industriel aux dimensions d’immeuble de quatre étages » et relate ce voyage. Un cargo où, pour des raisons évidentes de sécurité, tout alcool est interdit. Un défi pour lui qui ne cache pas son attirance pour l’alcool « Il y avait plusieurs années que je n’avais pas passé une seule soirée sans boire, et trop, du reste, la plupart du temps. »

Thierry Marignac intellectualise beaucoup le voyage, pourtant il y a comme de la rage, derrière ses mots. Chaque moment, chaque paysage, l’état de la mer sont autant de moyens de se remémorer des auteurs lus, traduits, des films, ses propres écrits. Il s’égare dans ses souvenirs personnels et de lecture. Cela ne l’empêche pas, au détour d’une page, de brocarder le capitalisme à travers les marins philippins et les ingénieurs roumains, de parler de Notre Dame des Landes. Son bateau, il ne l’appelle plus que « cargo sobre » ; La terre, donc, la griserie, lui manque, le thème revient en boucle. Oui, il a le temps du voyage pour penser, il prend le temps de se souvenir, faire le point. « Je concevais donc ce voyage comme une étape utile vers un apaisement salutaire »

« Il se peut que je m’aveugle et que je vogue vers l’échec, à bord du cargo sobre. Mais j’aurais tenté quelque chose d’autre que la traduction au kilomètre pour payer mes factures. J’aurais échappé, bercé le temps d’une rêverie atlantique, à mon sort civilisé. » J’espère que vous avez trouvé cet apaisement.

Un livre à l’écriture exigeante, saccadée, comme l’état de la mer, avec de belles envolées poétiques (très belle description de la toundra russe). Un livre que je n’ai pu lire qu’au calme pour bien m’imprégner des mots de Thierry Marignac. Il y a l’ivresse des mots dans ce cargo sobre.

Une découverte très intéressante dans le cadre de la Voie des Indés orchestrée par Libfly et la participation des Editions Vagabondes dont j’aime la couverture et la pagination de ce livre, sobres comme le cargo.

 

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Je n'aurais pas dû - 1

28 Mars 2016, 17:37pm

Publié par zazy

Je n'aurais pas dû. C'est sous ce titre générique que, à l'instar d'Yves, je chroniquerai les livres qui ne m'ont pas plu, que je n'ai pu terminer, qui ne sont pas pour moi.

Il en va ainsi de :

Le piano dans l’éducation des jeunes filles

Stéphane Barsacq

Editions Albin Michel

janvier 2016

352 pages

ISBN : 9782226322746

 

4ème de couverture :

Peut-on trouver le grand amour dans une société vouée à la jouissance et à l'individualisme ?

Volodia, jeune professeur d'Histoire épris de littérature, de musique et d'absolu en a la certitude. Mais qui fera son éducation sentimentale ? Sonia, jeune pianiste ambitieuse et maîtresse insatiable ? Asma, férue de mystique et d'érotisme oriental ? Ou Sophie, artiste adulée à la troublante beauté ?

Pour nous entraîner dans ce voyage initiatique, Stéphane Barsacq trempe son encre d'humour, d'esprit et de verve. On rit et on pleure du tragi-comique des situations, et de ce que révèle son regard sur notre monde singulièrement déjanté.

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Volodia, jeune prof, écrit, sous la houlette d’Anténor, sont directeur de thèse, un ouvrage sur l’éducation des jeunes filles.

Pourquoi le piano ? Parce que ses deux premiers amours sont pianistes.

Volodia semble en proie au doute, à la lassitude, plus amoureux de l’amour qu’amoureux des femmes. Il intellectualise ses relations dans des conversations longues, trop longues avec sobn ami Julien et d’autres personnages intellos branchés

Oui, je me suis ennuyée à la lecture de ce livre. Je n’ai rien trouvé à quoi me raccrocher. La même impression de nombrilisme élitiste parisien que dans « la jouissance » de Florian Zeller. Je me suis arrêtée en cours de lecture.

Un premier roman qui ne m’a pas emballé du tout. Je pense que ce livre trouvera ses lecteurs.

 

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Olivier Bourdeaut - En attendant Bojangles

27 Mars 2016, 14:03pm

Publié par zazy

 

En attendant Bojangles

Olivier Bourdeaut

Editions Finitude

2016

160 pages

ISBN : 9782363390639

 

4ème de couverture :

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.

Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

L’auteur (site de l'éditeur) :

Olivier Bourdeaut est né au bord de l’Océan Atlantique en 1980. Il a toujours voulu écrire, En attendant Bojangles en est la première preuve disponible.

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Un fils raconte l’amour fou de ses parents l’un pour l’autre. Depuis le début, Georges joue le jeu et c’est la fête à la maison autour de l’extravagante et imprévisible Louise. Même si le livre est rythmé par le slow de Nina Simone « Mr Bojangles », leur vie ressemble à un tourbillon, une valse éperdue, sensuelle. Tous les trois se vouent une admiration sans borne sous les yeux de Melle Superfétatoire et l’Ordure, sénateur grand ami de la famille.

Une histoire d’amour fou. Un jeu de rôles où personne n’est dupe, sans l’avouer. Tous jouent le jeu de la fête éternelle. Le fils a très vite compris que leur vie n’étaient pas la vraie vie et qu’il doit mentir, ne pas mélanger les deux mondes. Derrière les feux de la rampe, il y a le désespoir de la folie. Vouloir arrêter le temps, ne pas ouvrir le courrier, boire des cocktails avec les amis, fuir la réalité, avoir un château en Espagne… Entre les pages du fils, il y a le journal du père. Si le petit garçon vit cette illusion au premier degré, Georges sait, dès le début, que les dés sont pipés. Il vit en connaissance de folie, jusqu’à ce que la folie gagne. Alors, le rideau tombe sur la vraie vie qui les rattrape. L’écriture du fils est enjouée, rapide, celle du père, plus inquiète, nostalgique.

Un premier livre pétillant, comme le champagne avec un arrière-goût de fin de fête qui se lit d’une traite. Juste la bonne longueur pour apprécier. Bien sûr, j’écris cette chronique en compagnie de Nina Simone (qui a rythmé une partie de ma vie) et de Mr Bojangles.

Lu lu en qualité de jury du prix des lecteurs 2016 de l'Express BFMTV

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Sylvie Yvert - Mousseline la Sérieuse

25 Mars 2016, 14:46pm

Publié par zazy

 

Mousseline la Sérieuse

Sylvie Yvert

Editions Héloïse d’Ormesson

336 pages

janvier 2016

ISBN : 9782350873466

 

4ème de couverture :

Venise, 1850. La duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, entreprend, au couchant de sa vie, de raconter la singulière histoire qui est la sienne.

Née en 1778, la jeune princesse mène une enfance heureuse au château de Versailles. Mais le 14 juillet 1789, son univers bascule dans les ténèbres de la nuit révolutionnaire. Commence alors pour Marie-Thérèse Charlotte de France un parcours tragique. Son père, sa mère, sa tante sont décapités ; son dernier frère, Louis XVII, meurt peu après. Unique survivante du Temple, son avenir sera ponctué de deuils, d’exils et de trop éphémères bonheurs.

D’une plume délicate et poignante, Sylvie Yvert se glisse dans les pas de Madame Royale et donne voix à cette femme au destin hors du commun qui traversa les événements avec fierté et détermination. Une plongée dans cette histoire de France que nous croyons connaître.

L'auteur (site de l'éditeur) :

Née à Paris, Sylvie Yvert a été chargée de mission au Quai d’Orsay puis au ministère de l’Intérieur avant de se consacrer à la photographie. En 2008, elle publie Ceci n’est pas de la littérature, recueil de critiques littéraires, aux éditions du Rocher.

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Ce récit imaginaire, écrit à la première personne raconte l’histoire de celle que sa mère appelait Mousseline la sérieuse et de la famille Royale dès les débuts de la révolution. Une vie hors du commun, chaotique, douloureux, un destin d’exception.

Trois ans, quatre mois et cinq jours dans la prison du Temple, dont une année seule et isolée ; c’est le temps que Marie-Thérèse, fille de Louis XVI et Marie-Antoinette est restée enfermée dans la prison du Temple. Elle verra partir à la guillotine ses parents, mourir son petit frère. Libérée, exilée en Autriche, puis en Russie, en Angleterre, elle épouse le Duc d’Angoulême, sera même reine de France l’espace de quelques instants. Une fresque historique subtilement écrite.

Pour faire des photos, il faut se mettre à hauteur du sujet ; C’est le parti pris de Sylvie Yvert. J’ai lu ce livre à hauteur des yeux de Marie-Thérèse. Plongée dans les ténèbres et l’horreur de la révolution, la famille royale vivra un atroce calvaire. Autant de cruauté parait inimaginable, bien que rien n’ait changé de par le monde actuel. J’ai aimé la dignité de Marie-Thérèse qui pardonne à la France, comme son père lui en a fait la prière.

Quelques longueurs et, surtout, une première partie très importante, l’émotion y est très présente, trop ? J’aurais aimé qu’après son départ du temple, le récit soit plus développé.

D’une écriture fine, délicate en adéquation avec le style de l’époque, sans que ce soit ampoulé, Sylvie Yvert nous offre une leçon de courage et d’histoire.

Livre lu en qualité de membre du jury prix des lecteurs 2016 l'Express BFMTV

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Bernal, dessins Olivier Texier - 99 limetricks

25 Mars 2016, 14:36pm

Publié par zazy

 

 

 

99 limetricks

Petits poèmes cocasses

Bernal

Dessins Olivier Texier

Editions Rue des promenades

ISBN : 9782918804116

 

 

4ème de couverture :

Bernal nous propose un joyeux tour du monde du sexe en 99 limetricks dont Olivier Texier signe l’illustration. Avec vigueur, ces quintils scabreux célèbrent le désordre des sens.

Avec toute la rigueur requise, ils mettent en ordre la géographie. A lire tout à la fois de gauche à droite et d’est en ouest.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Yann Bernal n’est pas un poète, n’est pas un pohéteu, n’est pas un poët.

Membre d’une fratrie légendaire, né non loin du terre-plein où Jarry conquit la maîtrise du vélocipède, il est un facteur de trouble. On ne caresse pas les mots sans casser des formes.

Ainsi il invente des poèmes à contraintes footballistiques ; ainsi il rédige des cocktails à dominante urbanistique ; ainsi il fomente des dérives à détours agonistiques. Honnissant la chlorophylle (et ses dérivés), il n’a pas peur de faire des trous dans les couches de zone... Il opère, la plupart du temps, dans la ville, pourfendant d’un cimeterre aussi aiguisé persiennes et Parisiennes.

Benoît Virot

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Lisez la préface de Cécilia Colombo et esclaffez-vous en regardant les dessins d’Olivier Texier. La première donne dans le double sens, le second dans le direct

C’est un festival des mots, des sens, un festival texsuel, drôle, comique, parfaitement ciselé.

Le limerick, au début, est une comptine pour enfants, mais comme tout se modifie, il est devenu grivois, osé, cru. Je vous déconseille vivement de le laisser à porter de vos chères têtes blondes, brunes, rousses….

Chaque limetrick (notez l’ajout du t) se déroule dans un lieu spécifique dont la longitude est notée (3,36 W). Ainsi vous pouvez le lire, vous en délecter, comme moi d’est en ouest, une façon d’apprendre la géographie, toutes les géographies où chaque ville visitée a sa spécialité.

Laissez vous prendre, oui j’ose ce terme à plusieurs lectures, par ce petit livre à feuilleter au gré de vos envies.

Anna, merci pour ce cadeau irrévérencieux comme j’aime.

Je ne résiste pas : quelques extraits

 

 

Lesbos

Vers Troie (sud-ouest des Dardanelles)

La lady aime les quenelles

Mais de façon très subjective

Car entre ses jambes s’active

Languide un goûteur personnel

 

Artisanerie (3,36 W)

La retoucheuse de Grenade

Retouche tant qu’aux amis donne

La tétine à la canonnade,

Huit vits tâtés qu’elle amidonne

Avant de téter les gonades

 

Politique

La Premièr’ Dame de France à Tulle

Croisant un gueux lui tend un tract.

« Dans la pièc’ jaun’, sur les rotules »

Croit-il lire et donc sans scrupule

La coince aux chiottes, l’y détraque.

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Sylvie Germain - A la table des hommes

25 Mars 2016, 09:46am

Publié par zazy

A la table des hommes

Sylvie Germain

Editions Albin Michel

janvier 2016

272 pages

ISBN : 9782226322739

 

 

4ème de couverture :

Son obscure naissance au cœur d'une forêt en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne connaît rien des conduites humaines. S'il découvre peu à peu leur complexité, à commencer par celle du langage, il garde toujours en lui un lien intime et pénétrant avec la nature et l'espèce animale, dont une corneille qui l'accompagne depuis l'origine.

À la table des hommes tient autant du fabuleux que du réalisme le plus contemporain. Comme Magnus, c'est un roman hanté par la violence prédatrice des hommes, et illuminé par la présence bienveillante d'un être qui échappe à toute assignation, et de ce fait à toute soumission.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Depuis presque trente ans, Sylvie Germain construit une œuvre singulière, imposante et cohérente. Couronnée de nombreux prix littéraires : Prix Femina en 1989 pour Jours de colère, Grand Prix Jean Giono en 1998 pour Tobie des Marais, Prix Goncourt des lycéens en 2005 pour Magnus, Prix Jean Monnet de littérature européenne en 2012 et Grand Prix SGDL de littérature 2012 pour l'ensemble de son œuvre, elle a publié aux éditions Albin Michel quatre romans : Magnus (2005), L'inaperçu (2008), Hors champ (2009), Petites scènes capitales (2013), un hommage à ses parents, Le monde sans vous (2011) et un retour sur son parcours d'écriture : Rendez-vous nomades (2012). Elle vit et travaille à Angoulême.

En 2013, elle a été élue à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique au fauteuil de Dominique Rolin.

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Ce conte philosophique explore le Mythe de l’enfant sauvage, du passage du savoir, du rapport de l’homme à l’animalité et l’inverse. Qui est Babel, cet enfant nu sortant de la forêt toujours suivi d’une corneille, celui à qui la forme humaine fut transmise ? Un ennemi, un de l’autre camp ? Car le pays est en guerre, une guerre sale, fratricide, sans limite. Une femme, Ghirzal, l’accepte, l’apprivoise. Passé cette première étape, Yelmat, Rufus, Octave, Lucius, Zelda... lui transmettent le, leur, savoir. A la mort de Didou, sa corneille, sa mémoire, son alter ego, il tombe en syncope. Des sensations, des images, des bribes de son passé lui reviennent qui l’emplissent, le nourrissent pour vivre et manger à la table des hommes.

Afin de devenir complètement humain, Babel sait qu’il doit dépasser le stade flair-sensation pour le langage parlé, l’écriture. Ses mentors lui ouvrent les portes, sans pour autant sacrifier son besoin de nature, ni sa communication avec les animaux.

Beaucoup de références bibliques dans ce conte philosophique qui devient pamphlet lorsque Sylvie Germain parle des dignitaires religieux, de la vache folle ou de la liberté. Babel se fout de connaître ses origines, n’a pas besoin du soutien d’une quelconque religion. A l’instar des héros de Jean-Jacques Rousseau, la nature, les animaux comblent sa spiritualité.

Babel l’enfant sauvage apprendra la vie, saura rester pur, grâce à ses passeurs de savoir, malgré les horreurs dont il est témoin ou victime pour devenir Abel. Une histoire à la limite du fantastique, fantastiquement ciselée, précise.

Livre lu en qualité de membre du jury du prix des lecteurs 2016 l'Express BFMTV

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Emmanue Prelle, Emmanuel Vincenot - L'élevage des enfants

24 Mars 2016, 14:25pm

Publié par zazy

L’élevage des enfants

Emmanuel Prelle

Emmanuel Vincenot

Illustrations Florence Cestac

Editions J’ai Lu

Janvier 2016

125 pages

ISBN : 9782290123102

 

4ème de couverture :

Être père ou mère est une joie de chaque instant. C’est aussi une responsabilité écrasante. Il est encore temps d’y renoncer.

Mais si vous avez déjà franchi le pas, ou que vous vous apprêtez à le faire, L’Élevage des enfants offre une mine de conseils éducatifs, d’informations véridiques et de témoignages de première main qui vous accompagneront dans chacune des étapes de cette prodigieuse et épuisante aventure.

Un hilarant voyage dans le monde de l’enfance et de l’adolescence, cet univers coloré où se mêlent innocence et odeurs de pieds, pudeur et toxicomanie, acné et Père Noël.

Les auteurs (site éditions Wombat) :

Emmanuel Prelle et Emmanuel Vincenot ont été enfants de 1969 à 1987. Depuis, ils ont écrit en collaboration plusieurs livres d’humour, parmi lesquels l’Anticyclopédie universelle (Mille et une nuits, 2007) et l’Anticyclopédie du cinéma (Le Cherche-Midi, 2000) Le premier a fait l’objet d’une adaptation théâtrale, intitulée Tout sur tout et son contraire. Le second a été traduit et publié en Roumanie (un pays qui a bien besoin de rire).

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Autant le dire tout de suite : c’est plié pour moi. Je ne peux plus rien faire pour mes enfants, devenus eux-mêmes parents. Je pense très sérieusement- et j’ai beaucoup de mérite après la lecture de cet appendice, de penser sérieusement- leur offrir, même si pour les aînés, nous en sommes la phase préado.

Je l’ai commencé dans la salle d’attente du toubib, justement avec la petite dernière de 4 ans que l’on m’a « donné » malade. Tiens, les deux Emmanuel, vous ne pourriez pas écrire un autre livre sur ces parents qui abandonnent leurs propres (ça dépend quand) enfants aux grands-parents pendant les vacances scolaires ??? Oui, je sais, je m’égare, mais bon, je peux tout de même faire des propositions honnêtes.

De la conception au bac en passant par la puberté, l’enfance… Bref la vie de nos chers marmots. Question existentielle : vaut-il mieux un animal qu’un second enfant ? Voir le tableau explicatif. Le casting et les questions à poser à votre baby-sitter est un morceau de bravoure. « Aimez-vous faire pleurer les bébés ? Avez-vous déjà été condamnée pour kidnapping ? Mangez-vous les bébés ? »

« Quand les dents poussent, elles percent les gencives de votre enfant, qui pousse alors des hurlements qui percent vos tympan. », ça sent le vécu !

Le décryptage du bulletin scolaire : A ne surtout pas louper, ça me rappelle des souvenirs !

… Il y en aurait tant que je pourrais presque retranscrire le livre en son entier. Comme, d’une part, je suis feignante et que, d’autre part, cela s’appellerait du « copié-collé » en langage jeun’s, je vous encourage à découvrir comme élever vos enfants. Si vous ne comprenez pas bien, les auteurs ont eu la superbe idée de nous faire des tableaux comparatifs très utiles. Les dessins très explicites de Florence Cestac accompagnent fort bien les écrits totalement foutraques des deux Emmanuel.

Un guide divisé en 5 parties selon les âges. Cela va de « l’âge adorable (0-3 ans) à l’âge insupportable (16-18 ans) qui parle de tout, l’éducation, la religion, la sexualité, la scolarisation… Un guide à mettre entre toutes les mains, je me suis gondolée. C’est monstrueusement drôle et j’adore ça ! Un opuscule à lire d’une traite ou pas. Personnellement, je préfère déguster.

Je remercie Emmanuel Prelle et Emmanuel Vincenot de m’avoir proposé la lecture de cet opus très utile, qui m’a fait rire ; Chose primordiale en ces temps cruels.

Après cette lecture édifiante, terrifiante, hilarante, vous ne pourrez plus dire que vous n'étiez pas au courant.

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Antoine Choplin - Une forêt d'arbres creux

7 Mars 2016, 14:42pm

Publié par zazy

Une forêt d’arbres creux

Antoine Choplin

Editions La fosse aux ours

115 PAGES

Août 2015

ISBN : 9782357070653

 

4ème de couverture :

TEREZIN, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE, décembre 1941.

Bedrich arrive dans la ville-ghetto avec femme et enfant. Il intègre le bureau des dessins. Il faut essayer de trouver chaque matin un peu de satisfaction en attrapant un crayon, jouir de la lumière sur sa table à dessin, pour enfin s'échapper du dortoir étouffant, oublier la faim, la fatigue et l'angoisse. Chaque jour se succèdent commandes obligatoires, plans, aménagements de bâtiments.

Chaque nuit, le groupe se retrouve, crayon en main, mais en cachette cette fois. Il s'agit de représenter la réalité de Terezin sans consigne d'aucune sorte. Et alors surgissent sur les feuilles visages hallucinés, caricatures. Tout est capté et mémorisé la nuit puis dissimulé précieusement derrière cette latte de bois du bureau des dessins.

Antoine Choplin est l'auteur de Radeau, du Héron de Guernica et de La Nuit tombée (prix France Télévisions 2012).

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En lisant les premières pages, j’ai eu la vision d’une ou plutôt deux photos. La première plein cadre sur les deux ormes avec un arrière-plan flou et la seconde l’arrière-plan devient net et l’on ne voit que les barbelés. La vie de Bedrich Fritta et de sa famille se déroulera désormais derrière ces barbelés, dans le ghetto de Terezin alors appelé Therisienstadt. Le dessinateur tchèque se trouvé nommé à la tête du bureau de dessin technique et doit établir les plans d’une future chambre à gaz. La nuit venue, une fois la confiance entre eux établie, les crayons deviennent des armes, leurs armes. Ils dessinent le camp tel qu’il est et non tel que les nazis veulent le montrer à la Croix Rouge. Démasqués, ils seront, avec leurs familles, emmenés en convois dans un camp de concentration dont il ne réchappera pas. Quelques dessins ont pu être sauvés.

Chaque chapitre fait penser à un des dessins. En des termes sobres, il raconte le camp, les visages gris, dénués de vie, les yeux vides « Il apparait pourtant, à l’exception de ces battements esquissés des paupières, dénué de vie. Les lèvres sont serrées, le sourire absent. »

La promiscuité, le froid, la saleté des corps que l’on ne peut entretenir, la peur, la faim, les humiliations, l’emprisonnement. Pourtant, il y a, tout de même ce contentement de tenir un crayon, de tracer des traits « Un contentement, c’est bien cela pour le moins, tenu en joue par une culpabilité impermanente ».

La sobriété, l’intensité de l’écriture d’Antoine Choplin donne encore plus de force au récit.

Les crayons me ramènent à Charlotte Salomon tout comme à tous les dessins créés après le massacre dans les locaux de Charlie.

Un coup de cœur pour ce livre et cet auteur dont j’avais beaucoup apprécié « La nuit tombée ».

On gagnera, en clique soumise, l’enceinte du ghetto. On en repartira au milieu des autres. On s’y nourrira après avoir progressé lentement le long d’interminables files d‘attente, on y travaillera en essaims quelle que soit la besogne, aux même heures de la journée, on y circulera encadrés, par sixaines, douzaines, vingtaines. On souffrira des fièvres dans les salles bondées des infirmeries. Il y aura le spectacle imposé à tous des châtiments collectifs ; sans parler des exécutions et des fosses communes.

Dans le dortoir s’attroupent aux mêmes instants les corps fatigués. Ce que le lieu pourrait autoriser de repliement, d’évasion intérieure, de pensée libre, est ici démenti par l’exiguïté des espaces et l’épuisement des hommes. C’est un amoncellement.

Pour Bedrich, il n’y peut rien, tout commence chaque fois par la satisfaction que lui procurent les outils

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