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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #litterature francaise

Michaël Uras - Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse

2 Février 2016, 22:06pm

Publié par zazy

Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse

Michaël Uras

Editions Christophe Lucquin

Mai 2014

224 pages

ISBN : 9782366260144

 

4ème de couverture :

Chroniques d'une enfance rythmée entre la Sardaigne, lumineuse, et le quotidien gris du nord de la France. On suit l'enfant qui découvre le monde, puis l'enfant dans son enveloppe d'homme qui tente d'y trouver une place. C'est un roman sur le souvenir, un roman de la nostalgie. A la question posée à la fin du livre, "La possibilité de n'être pas son père existe-t-elle vraiment pour un fils?", peut-être est-il sage de répondre par cette supposition : l'accès au bonheur ne serait-il pas favorisé par l'effacement des repères inculqués tout au long de l'enfance, et par la valorisation plus importante de nos rêves d'enfant?

L’auteur (site de l’éditeur) :

Michaël Uras est né en 1977. Son père a fui la Sardaigne et sa misère pour s’installer en France. Il est très influencé par ses origines méditerranéennes. Il a grandi en Saône-et-Loire avant de suivre ses parents en Franche-Comté. Il a débuté des études de Lettres modernes à Besançon, et les a terminées à la Sorbonne…

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Le livre débute et finit par un chapitre portant le même nom : « Chronique ».

« Chronique, comme ces instants dérobés à l’oubli. Un fait, un geste, un mot entendu, prononcé, déformé en somme, pêché dans la tourbe de l’existence. », Jacques, (le même que dans « Chercher Proust ») vous vous êtes donc « collé à tout ça ». Le résultat, ce sont des souvenirs cahotant autour d’un calendrier très désordonné où, bien que nous ne soyons pas de la même génération, vous avez l’âge de mon fils, j’y ai trouvé quelques sensations, souvenirs de ma propre enfance ou adolescence. Ce qui montre l’universalité de ces états qui nous amènent de l’enfant à l’adulte. J’ai souri à vos petites couardises, j’ai eu une folle envie de gifler la voisine insultant le pane de la grand-mère ramené des vacances en Sardaigne chez vos grands-parents.

Jacques n’est ni gros ni petit, binoclard, ce qui est totalement rédhibitoire auprès des filles à séduire. Surtout, il aime lire. Il pousse le vice jusqu’à faire sonner son réveil une demi-heure plus tôt pour avoir le plaisir de lire. Il vit cahin-caha sa vie d’écolier puis de collégien. Ah, la journée découverte au côté de Volcan !

Le voici en train de passer l’ultime étape, enfin plutôt sa femme, qui fera de lui un père.

Chaque souvenir est une petite histoire qui peut être émouvante, rigolote, cocasse, tendre, nostalgique, beaucoup d’amour … Je suis passée par tous ces sentiments au fil des pages.

Cocasse ? La rencontre de ses parents… devant (si l’on peut dire) la vitrine du pâtissier.

Emouvante ? La dernière promenade en voiture de sa tante

Tendre ? Lorsqu’il compose un poème à la Eluard pour Mélanie.

Gaie ? L’histoire du berceau de son père, alors que le sujet n’a rien de drôle pour l’époque

J’ai aimé « Chercher Proust ». Je retrouve, dans ce nouveau livre, l’écriture simple, agréable, travaillée, alerte de l’auteur. Beaucoup de sourire, alors que la nostalgie est très présente (normal pour un livre de souvenirs).

« La possibilité de n’être pas son père existe-t-elle vraiment pour un fils ? » Prenez vos copies, vous avez deux heures pour développer !

Merci Michaël Uras pour cette belle lecture.

« Nos souvenirs flottent dans une pare poisseuse. A trop vouloir se pencher pour les appréhender, nous finissons par y tomber. Péché d’orgueil fatal. Désir d’embrasser le temps, désir d’omniscience, désir de puissance. »

« La possibilité de n’être pas son père existe-t-elle vraiment pour un fils ? »

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Sébastien Fritsch - Le sixième crime

30 Janvier 2016, 15:53pm

Publié par zazy

 

Le sixième crime

Sébastien Fritsch

Editions fin mars début avril

2012

94pages

ISBN 9782953767728

 

4ème de couverture :

Lex, le plus talentueux des écrivains francophones contemporains, vit depuis plus de quarante ans dans un hameau isolé de la Drôme provençale. Coupé du monde, sans autre compagnie que celle d'un piano de concert, il reçoit journalistes et curieux avec cette même phrase : «Quand je souhaite m'exprimer, j'écris.»

Mais le Maître restera-t-il aussi impénétrable face à un commandant de la police judiciaire ? Car il n'est plus question de littérature à présent : il est question de meurtres. Des meurtres inspirés par une série de polars aussi sinistres que mal écrits. Leur auteur est tout l'opposé du grand écrivain. Pourtant, le commandant Jérôme Babalnic, piétinant depuis des mois dans son enquête, ne voit plus d'autre solution que de solliciter l'expertise de Lex pour résoudre cette "énigme littéraire". Car cinq romans noirs ont déjà été mis en scène par l'assassin.

Qui sera la victime du sixième crime ?

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Suite à un concours, heureusement gagné, j’ai reçu les 5 livres de Sébastien Fristch. Le challenge est d’en lire dans le mois suivant la réception de cet agréable cadeau.

Mon choix est tombé sur celivre dont j’ai aimé la couverture.

Un roman noir, un polar puisqu’il y a un inspecteur prénommé Jérôme Babalnic. Une enquête sur fond de polars trash, sur 5 meurtres commis et mis en scène selon les 5 livres de Jacob Lieberman, obscur écrivain que personne ne connait. Jérôme a besoin des lumières de Lex (voir la 4ème de couverture). Pourquoi Jérôme Babalnic accepte t-il l’hospitalité de Lex ? Pourquoi peut-il s’absenter si longtemps de son lieu de travail ? Pourquoi est-il seul ? Normalement, dans les polars, ça ne se fait pas.

S’ensuit une bataille de mots pour ce roman noir à tiroirs, à jeux de mots, à énigmes. Pour éclairer le drame sous-jacent, la Drôme provençale, soleil, chaleur, mauresques, autant de trouées de lumières qui, peut-être, ont pour but de nous égarer.

Un seul mot d’ordre, méfiez-vous des apparences. Roman psychologique plus que polar. Ce huis-clos est menée de main de maître, mais outre l’auteur qui nous manipule, qui mène le bal au son d’un piano jouant Debussy ?

J’ai apprécié ce livre où le suspens n’est pas tant dans le fait de trouver l’auteur des 5 crimes que de suivre les méandres des réflexions de Lex sur l’écriture. Aucune animosité entre les deux hommes,  une atmosphère pesante, angoissante, pourtant très polie, très civilisée. Le dénouement m’est apparu presque en fin de livre lorsque Lex annonce sa découverte aux jeux des lettres.

Bref, un roman à l’écriture ciselée, travaillée mais qui parait spontannée, où Sébastien Fritsch joue avec et sur les mots.

Sébastien Fritsch signe là un roman qui n’a rien à voir avec « Se retenir aux brindilles » que j’avais beaucoup apprécié également.

Il me reste à découvrir les autres livres, mais je ferai cela à petite dose pour ne pas rompre le plaisir de la découverte.

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Mathias Malzieu - Métamorphose en bord de ciel

30 Janvier 2016, 15:43pm

Publié par zazy

Métamorphose en bord de ciel

Mathias Malzieu

Editions Flammarion

Mars 2011

160 pages

ISBN 9782081264649

 

4ème de couverture :

Métamorphose en bord de Ciel Tom Cloudman est sans conteste le plus mauvais cascadeur du monde. Ses performances de voltige involontairement comiques le propulsent au sommet de la gloire. Jusqu'à ce qu'un médecin qui le soigne pour une énième fracture décèle chez lui une maladie incurable. Commence alors pour Tom un long séjour hospitalier pour tenter de venir à bout de ce qu'il appelle « la Betterave ». Lors d'une de ses déambulations nocturnes dans les couloirs de l'hôpital, cet homme qui a toujours rêvé de voler rencontre une étrange créature, mi-femme mi-oiseau, qui lui propose le pacte suivant : « Je peux vous transformer en oiseau, ce qui vous sauverait, mais cela ne sera pas sans conséquences. Pour déclencher votre métamorphose vous devrez faire l'amour avec moi. De cette union naîtra peut-être un enfant. Un risque à accepter. » Dans la tradition de ses contes pour grands enfants, Mathias Malzieu nous raconte l'histoire merveilleuse d'un homme qui veut tuer la mort et tutoyer les cieux. Ce faisant il nous livre une réflexion rare sur le pouvoir de la vie, et de l'amour. Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi « Mathias Malzieu a le don pour les images littéraires inattendues et fortes. » Elle « Une puissance évocatrice à la Lewis Carroll. » Métro La Mécanique du cœur « Le merveilleux et le blues débraillé caressent pareillement ces pages enneigées aussi intrigantes qu'un cabinet de curiosités. » L'Express « Un second roman qui se dévore comme un conte de Noël, et ce serait Noël tous les jours. » Les Inrockuptibles « D'une écriture imagée, tendre et poétique, Malzieu signe un conte fantastique. Onirique, sombre et envoûtant. » Le Figaro littéraire

L’auteur  (site de l’éditeur) :

Mathias Malzieu est le chanteur survolté du meilleur groupe de scène du rock français : Dionysos. Un disque d'or, des prestations scéniques inoubliables aux côtés des plus grands, Dionysos est l'idole des 15-35 ans, qui reprennent en cœur leurs hymnes, Song for a Jedi, John McEnroe ou Miss Acacia. Après un recueil de nouvelles très remarqué, 38 mini western (Pimientos, 2002), il a conquis la presse et le public avec ses deux romans Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi (Flammarion, 2005), et La Mécanique du cœur (Flammarion, 2007).

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Il m’attendait sur une étagère depuis longtemps. Je craignais, qu’après avoir lu et aimé, voire plus, « La mécanique du cœur » être déçue. Le voyage en train de 6 heures m’a permis de surpasser la crainte.

Oui, j’avais peur d’être déçue, mais c’était ne pas faire confiance à la plume de Mathias Malzieu et, ici, des plumes, il y en a des tas, de gros tas.

Oui, ce livre, bien que traitant d’un sujet lourd, est léger comme la plume.

Thomas Cloudman, un nom qui va comme un gant une aile à un monsieur qui, après s’être cassé la figure un nombre incalculable de fois en essayant de voler s’envolera définitivement.

Quel livre magnifique qui, par métaphore parle du cancer, pardon de la betterave, de Thomas, de mort mais aussi d’amour, de rêve, d’onirisme. La femmoiselle, médecin le jour, oiseau la nuit, est la personne qui lui permet d’accepter les métamorphoses de la chimiothérapie, de passer de quitter le bord du ciel. Thomas Cloudman est allé voir de l’autre côté des nuages.

Mathias Malzieu vous m’avez enchanté. J’aime votre écriture. J’aime votre univers onirique et poétique. J’aime les aspects de votre personnalité que vous nous donnez à voir, surtout après vous avoir écouté sur France Inter.

 

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Pauline Desnuelles - Au-delà de 125 palmiers

30 Janvier 2016, 15:31pm

Publié par zazy

 

Au-delà de 125 palmiers

Pauline Desnuelles

Editions Remanence

Mai 2015

112 pages

ISBN 9791093552194

 

4ème de couverture :

Alma mène une existence routinière avec son jeune fils Léopold et son mari. Lorsque ce dernier part pour de longs mois en Antarctique à l’occasion d’une mission scientifique, l'univers de la jeune femme vacille. Accompagnée de Léopold, auquel la lie un amour fusionnel, elle fuit la ville et roule sans se retourner. Ils s’installent dans une vieille villa au bord de la Méditerranée. Elle y fait la connaissance d’un vieillard mythomane, écrivain esseulé, puis de son fils Gaspard.
Sous le charme des Pyrénées-Orientales, Alma se laisse aller à goûter cette douce échappée. Peu à peu, elle se libère de sa fragilité, de sa retenue, et se réconcilie avec une sensualité longtemps enfouie au plus profond d'elle-même. Elle sent alors renaître en elle des forces intérieures, comme resurgissent à l’esprit les paysages oubliés.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Pauline Desnuelles a étudié la littérature entre Lille, Paris et Berlin avant de s’établir en Suisse, il y a dix ans. Parallèlement à son travail de traductrice, elle participe à des projets littéraires et écrit des récits pour enfants. Au-delà de 125 palmiers est son premier roman.

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Paul part pour une expédition scientifique au Pôle Sud. Alma, son épouse, se réfugie, avec son fils, dans la maison de vacances au bord de la mer. La césure de sa vie maritale lui permet de redécouvrir son corps, de se retrouver elle-même.

Elle va retrouver son souffle, une nouvelle vigueur, son pouvoir de décision, se sentir libérée du poids de Paul. Cette vacuité amène une histoire d’amour, de chairs, avec Gaspard le fils du voisin d’en face. Juste histoire de se prouver qu’elle peut plaire, qu’elle peut encore connaître l’amour, se rassurer en quelque sorte ? Ou l’histoire ira-t-elle plus loin ? Au-delà de 125 palmiers, la vie peut prendre un nouveau tournant.

Vous voyez, rien de neuf sous le soleil. Pourtant, ce fut une lecture enchantée grâce à la plume de Pauline Desnuelles. Chaque personnage est important. Elle ne juge pas. Son écriture est légère, bien que directe, pas d’envolées lyriques et beaucoup de sensibilité. Un livre lumineux (qui aurait pu n’être qu’une bluette) que je place dans le sillon de Claudie Gallay ou Claudie Pernush (tiens, deux Claudie !).

Merci Yv pour ce moment de lecture ensoleillé.

 

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Charlotte Bayart-Noé - Noémie Barsolle - Litanies du lait

28 Janvier 2016, 22:04pm

Publié par zazy

 

Litanies du lait

Charlotte Bayart-Noé

Dessins Noémie Barsolle

Editions Rue des Promenades

120 pages

ISBN : 9782918804499260

 

4ème de couverture :

Elle dispose ses deux doigts (l’index et le majeur) de part et d’autre de l’aréole et semble sur le point de presser doucement en un geste, non d’amante mais de mère. Un geste ancien, qui me revient, que je sans dans mon épaule, mon coude, ma paume, mon torse, une image qui déclenche un flux, la mémoire d’un écoulement, d’un contact, d’un amour.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Elle voulait faire les Beaux-Arts, et puis elle est devenue ingénieur.

Nègre des lettres de motivation, des lettres de contentieux, des lettres d’amour du quartier, émerveillée par la poésie, fascinée par le paradoxe, gestionnaire et pilier de la fondation des éditions Attila puis éditrice et fondatrice de Rue des Promenades, elle aime les gens, les arbres, la dentelle et le lait. Elle parle d’elle-même à la troisième personne et ça la fait marrer.

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Grâce à la Voie des Indés, je marche et lis dans la Voie lactée de Charlotte-Bayart. Cet hymne au lait nourricier sorti du sein maternel ou du pis de la vache a l’odeur des petits déjeuners, des desserts, des rots du bébé, de la purée…

Le mot litanies est à prendre dans son sens premier à savoir prière ; il ne s’agit pas du tout d’une énumération ennuyeuse. Je réponds même à ses prières par mes propres souvenirs jaillissant du sein de ma mémoire.

De cette boisson universelle, Charlotte Bayart-Noé en fait la rivière de ses souvenirs. De l’allaitement de ses propres enfants jusqu’à leur départ, jusqu’au lait noir. S’y glissent, au détour des pages quelques recettes au goût d’enfance ou d’ailleurs.

Un petit livre pour une boisson qui a bercé notre enfance. Un liquide nourricier qui a abreuvé l’écriture tour à tour poétique, râleuse (un peu), fluide de Charlotte Bayart-Noé.

Les dessins de Noémie Barsolle, dans leur opulence, leur exubérance, collent parfaitement aux textes. Surtout, ne sautez pas la préface.

Encore une bonne rasade de plaisir grâce aux Editions et .

Allez, une dernière giclée pour la route : j’ai bu du petit lait avec ce livre.

 

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Joy Sorman - La peau de l'ours

25 Janvier 2016, 15:06pm

Publié par zazy

La peau de l’ours

Joy Sorman

Editions Gallimard

Août 2014

160 pages

ISBN : 9782070146437

4ème de couverture :

Le narrateur, hybride monstrueux né de l'accouplement d'une femme avec un ours, raconte sa vie malheureuse. Ayant progressivement abandonné tout trait humain pour prendre l'apparence d'une bête, il est vendu à un montreur d'ours puis à un organisateur de combats d'animaux, traverse l'océan pour intégrer la ménagerie d'un cirque où il se lie avec d'autres créatures extraordinaires, avant de faire une rencontre décisive dans la fosse d'un zoo.
Ce roman en forme de conte, qui explore l'inquiétante frontière entre humanité et bestialité, nous convie à un singulier voyage dans la peau d'un ours. Une manière de dérégler nos sens et de porter un regard neuf et troublant sur le monde des hommes.

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J’ai découvert Joy Sorman avec « Comme une bête » où elle fouillait l’animalité de l’homme, son rapport à l’animal par le biais du conte. Avec La peau de l’ours, je retrouve la plume puissante et évocatrice de l’auteur

J’ai eu une pensée pour « L’homme qui savait la langue des serpents » où les femmes de la forêt tombent sous le charme des ours. Là, un ours a rompu le pacte en enlevant et en retenant prisonnière Suzanne la plus belle jeune fille du village. Lorsqu’elle est retrouvée, 3 ans plus tard, crottée avec un marmot mi-ours, mi-homme accroché à ses jambes, Suzanne n’a aucun amour à attendre des villageois et, surtout de sa famille. Elle est expédiée, pire que pécheresse « Une folle doublée d’une sorcière qui a couché avec un ours, une créature du diable enchaînée à ses instincts les plus vils, une déréglée sexuelle qui copule avec les bêtes et pervertit la marche du monde » dans un couvent et son rejeton « De moi on ne sait que faire, on n’a pas le cœur de me tuer » vendu à un montreur d’ours.

Odyssée ponctuée de plusieurs propriétaires, de lumières et de spectacles… pour finir dans un zoo.

Avec La peau de l’ours, nous sommes dans le corps et le cerveau de ce mi-homme mi-ours. Il est vu comme un ours, intelligent certes, mais un animal alors que lui se sent, par ses propres réflexions, ses actes réfléchis plus humain. De plus, il marche principalement sur ses pattes arrières.

Joy Sorman questionne l’humain qui est dans l’animal et la bête qui est en nous. Issus du même règne, nous sommes si éloignés que toute réconciliation est vouée à l’échec. Cet ours en est l’illustration puisque monstre et classé dans les animaux.

"La peau de l'ours" questionne sur la condition de l'homme, en même temps que sur celle de l'animal. D'un côté les hommes, comme ces visiteurs du zoo, "qui se demandent en observant l'ours ce qu'ils ont gagné en s'éloignant de l'ours, ou du singe, ou au contraire ce qu'ils ont perdu". De l'autre l'animal, puissant mais toujours condamné à lui être soumis. Qu'est-ce qui fait de nous des hommes ? Que reste-t-il en nous de l'animal ? Qu'est ce qu'un "monstre" ?

J’ai aimé l’écriture nerveuse, imagée, charnelle, charpentée que j’avais découverte dans « Comme une bête ».

J’ai lu ce livre-conte philosophique avec un très grand plaisir. Joy Sorman, je vous donne rendez-vous au prochain livre.

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Eric Faye - Nagasaki

20 Janvier 2016, 11:21am

Publié par zazy

Nagasaki

Eric Faye

Août 2010

112 pages

ISBN : 9782234061668

 

4ème de couverture :

Tout commence par des disparitions, des déplacements d'objets. Shimura-san vit seul dans une maison silencieuse qui fait face aux chantiers navals de Nagasaki. Cet homme ordinaire rejoint chaque matin la station météorologique de la ville en maudissant le chant des cigales, déjeune seul et rentre tôt dans une retraite qui n'a pas d'odeur, sauf celle de l'ordre et de la mesure. Depuis quelque temps déjà, il répertorie scrupuleusement les niveaux et les quantités de nourriture stockée dans chaque placard de sa cuisine. Car dans ce monde contre lequel l'imprévu ne pouvait rien, un bouleversement s'est produit. "Comme je l'apprendrais plus tard lorsqu'un inspecteur me rappellerait, les agents avaient trouvé porte close chez moi. Aucune fenêtre ouverte, ce qui les avait étonnés. Après avoir forcé la serrure, ils avaient été plus intrigués encore de ne mettre la main sur personne à l'intérieur. Or tout était bien fermé. Croyant à une farce, ils avaient failli repartir tout de suite. L'auteur de cette plaisanterie l'aurait payé cher, monsieur Shimura, me ferait-il remarquer. Par acquit de conscience, toutefois, ils avaient fouillé chaque pièce. C'est dans la dernière, la chambre aux tatamis".

L’auteur (site de l’éditeur)

Éric Faye est l’auteur, chez Stock, de romans et de récits de voyage, dont Mes trains de nuit (2005), L’homme sans empreintes (2008), Nous aurons toujours Paris (2009) et Somnambule dans Istanbul (2013). Son dernier roman, Nagasaki, a obtenu en 2010 le Grand Prix du roman de l’Académie française.

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Passer 6 heures dans un train, est un espace vide d’attente que j’ai empli avec mes chers bouquins, dont celui-ci.

Une drôle d’histoire que cette invasion pacifique. C’est l’expérience que vit le narrateur. De retour chez lui, après une morne journée de travail, il a l’impression que des choses disparaissent dans le frigo, puis en est certain. Pour en avoir le cœur net, Shimura Kobo, propriétaire de la maison, installe une caméra reliée à son ordinateur. De son bureau, il surveille sa cuisine, jusqu’au moment où il LA voit se préparer un thé ! Intervention de la police qui, fouillant méticuleusement la maison, trouve l’intruse.

Elle, chômeuse, devenue sans logis, a élu domicile chez cet homme qu’elle savait solitaire à horaires fixes.

Pourquoi justement chez lui ? Est-ce le hasard ? Par un courrier elle explique les raisons de son choix.

Ce qui m’a surpris dans ce livre, outre le fait de l’intrusion, c’est la vie presque similaire des deux protagonistes. Leur solitude, leur vie étroite, le silence qui les entoure et qu’ils cultivent.

Un livre court, une écriture agréable ; tous les ingrédients pour passer un très bon moment de lecture.

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Marie Surgers - C'est le chemin qui compte

11 Janvier 2016, 18:27pm

Publié par zazy

C’est le chemin qui compte

Marie Surgers

Dessins de Sophie Gaucher

Editions Rue des promenades

ISBN : 9782918804338

 

4ème de couverture :

*Quand j’atteins l’avenue circulaire, 180 degrés de ciel me saurent dessus. Bleu-gris très pâle, pommelé d’immenses nuages rouge sang. Suffocant ? Je m’arrête pile –oh pardon, iraniennes aux voiles battants qui me marchez sur les talons. Et dans le même instant, une pagaille de tourterelles prend son envol au loin : un bête de vol de pigeons mais éclairé au stroboscope. Sans me laisser le temps de recouvrer mon souffle, l’appel à la prière explose, et c’est la mosquée du jardin botanique : l’une des plus belles voix de Damas. Je n’ose pas sourire, je n’ose pas bouger.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Marie Surgers est née en 1978. Elle a été maîtresse d’école pour enfants sourds. Elle traduit des livres, notamment ceux d’Ursula Le Guin. Elle s’y connait en moissonneuses-batteuses et en machines à vendanger automotrices, dont elle peut parler avantageusement en huit langues. Elle mange des cigarettes et des séries télés ; elle boit du café, du lait UHT demi-écrémé (surtout pas mélangés !) et du Jack Daniel’s. Elle aurait voulu être astrophysicienne. Si elle avait droit à un seul aller-retour dans une machine temporelle, elle irait voir Jacques Brel en concert.

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Lire ce petit livre au moment où la Syrie est mise à feu et à sang a été une oasis.

Nous sommes en 2010, Marie Surgers part un semestre en fac à Damas. Elle écrit ses impressions sur un blogue et c’est la transcription de ce blogue que j’ai en mains.

Une écriture honnête, gaie, heureuse, vivante. Beaucoup, il me semble, d’honnêteté, d’amour pour ce pays qui n’était pas libre, mais était vivant.

Marie Surgers décrit avec humour, amour, sa vie à Damas. Le code de la route m’a fait sourire, tout comme l’art de traverser les routes à pieds. Beaucoup d’amour pour les syriens qui ont été si avenants avec l’étrangère qu’elle était.

C’est le chemin qui compte fait beaucoup de bien. Un livre enluminé par les dessins de Sophie Gaucher. Il se lit très vite, avec plaisir. L’écriture vivante, pétillante, drôle, tendre font que je vous le recommande.

Heureuse de cette découverte que je dois à et son opération La voie des indés. Déjà lu, et aimé, Le dessin des routes et La fille derrière le comptoir publiés aux éditions de La Rue des Promenades

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Déclaration universelle des droits de l'homme illustrée

10 Janvier 2016, 15:55pm

Publié par zazy

 

Déclaration universelle des droits de l’homme illustrée

Editions du Chêne

Décembre 2015

96 pages

ISBN : 9782812314759

 

4ème de couverture :

La Déclaration des droits de l’homme… Un texte fondateur dont tout le monde connaît le nom, mais qui l’a véritablement déjà lu, et surtout, saisi en profondeur ?

Liberté, égalité, éducation, vie privée… Autant de thèmes essentiels autour desquels susciter la réflexion et ainsi perpétuer la lutte contre les obscurantismes.

Les 30 articles illustrés par :

Rébecca Dautremer, Christophe Lautrette, Carlos Felipe León, Camille André, Gérald Guerlais, Maël Gourmelen, Lulu d’Ardis, Alexandre Puvilland, Caroline Piochon, Cyrille Bertin, Louis Thomas, Reuno, Sylvain Frécon, Sébastien Mourrain, Marc Boutavant, Kness, Lionel Richerand, Maumont, Luc Desmarchelier, Aline Bureau, Marc Lizano et Carole Trébor, Grégory Blot, Julien Rossire, Yasmine Gateau, Nicolas Bannister, Pascal Valdés, Sébastien Pelon, Nicolas Duffaut, Béatrice Bourloton, Jazzi, Pierre Alary.

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J’ai acheté 2 exemplaires de ce petit livret pour chacun de mes  enfants afin qu’ils le lisent ou fassent lire à leurs propres enfants, mais je l’ai lu avant.

La déclaration universelle des droits de l’homme, je n’en connaissais que des bribes, comme beaucoup. J’ai fait une découverte et, j’ai apprécié les dessins très explicites qui accompagnent les articles.

En fin de livre, des extraits de textes d’écrivains, politiques, philosophes tels Hugo, Stendhal, Euripide, Simone Weil, Elisabeth Badinter… soulignent la déclaration des droits de l’homme

Un livre à lire et à faire lire de toute urgence en ces temps barbares.

Je ne me suis pas ruinée : 2,50 € !! Alors achetez-le et surtout, lisez-le.

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Metin Arditi - Le Turquetto

5 Janvier 2016, 23:15pm

Publié par zazy

Le Turquetto

Metin Arditi

Editions Actes Sud

Août 2011

288 pages

ISBN 9782742799190

 

4ème de couverture :

Se pourrait-il qu’un tableau célèbre – dont la signature présente une anomalie chromatique – soit l’unique œuvre qui nous reste d’un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne : un élève prodige de Titien, que lui-même appelait “le Turquetto” (le petit Turc) ?

Metin Arditi s’est intéressé à ce personnage. Né de parents juifs en terre musulmane (à Constantinople, aux environs de 1519), ce fils d’un employé du marché aux esclaves s’exile très jeune à Venise pour y parfaire et pratiquer son art. Sous une identité d’emprunt, il fréquente les ateliers de Titien avant de faire carrière et de donner aux congrégations de Venise une œuvre admirable nourrie de tradition biblique, de calligraphie ottomane et d’art sacré byzantin. Il est au sommet de sa gloire lorsqu’une liaison le dévoile et l’amène à comparaître devant les tribunaux de Venise…

Metin Arditi dépeint à plaisir le foisonnement du Grand Bazar de Constantinople, les révoltes du jeune garçon avide de dessin et d’images, son soudain départ... Puis le lecteur retrouve le Turquetto à l’âge mûr, marié et reconnu, artiste pris dans les subtilités des rivalités vénitiennes, en cette faste période de la Renaissance où s’accomplissent son ascension puis sa chute.

Rythmé, coloré, tout en tableaux miniature, le livre de Metin Arditi convoque les thèmes de la filiation, des rapports de l’art avec le pouvoir, et de la synthèse des influences religieuses qui est la marque particulière du Turquetto.

Né en Turquie, familier de l’Italie comme de la Grèce, Metin Arditi est à la confluence de plusieurs langues, traditions et sources d’inspiration. Sa rencontre avec le Turquetto ne doit rien au hasard, ni à l’histoire de l’art. Car pour incarner ce peintre d’exception, il fallait d’abord toute l’empathie – et le regard – d’un romancier à sa mesure.

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Sans que je ne lui demande rien, Metin Arditi me tend la main, une main gantée. Celle d’une peinture à la signature énigmatique. Parti de cette anomalie chromatique révélée dans la « note au lecteur », il me lance dans un voyage à travers le 16ème siècle de Constantinople à Venise via la Grèce.

J’ai suivi le trajet d’Elie Soriano né à Constantinople, juif en terre musulmane. Il s’expatrie à la mort de son père à Venise pour pouvoir dessiner (ce que sa religion lui interdit) et suivre l’enseignement du Titien. Devenu Le Turquetto, juif, prétendument converti au christianisme, (cela lui coûtera la vie) je suis son évolution, sa gloire et sa chute.

La peinture tient une grande place dans ce livre. Outre le Titien ou le Turquetto, Metin Arditi dépeint Venise en son XVIème siècle empli de remugles, de toilettes, de magnificence, de misère. Le Turquetto regarde, emmagasine, dessine sans papier. Je suis ses mains dans les méandres de sa mémoire et de ses dessins imaginaires. J’ai vraiment eu l’impression de le suivre partout, d’être à ses côtés lorsqu’il peignait, c’est magique.

J’ai aimé les descriptions. J’ai parcouru les ruelles de la Sérénissime, humé les odeurs pestilentielles ou délicates. J’ai apprécié la réflexion sur la religion et sa représentation picturale ou réelle avec plus particulièrement Scanziani si préoccupé par son avancement et ses toilette, contrebalancé par l’humanité de Gandolfi. J’ai souri jaune au procès en hérésie perdu d’avance et, surtout, lorsque les tableaux de l’hérétique furent tous brûlés et qu’il en émanait une odeur d’encens qui a fait se prosterner les femmes venues assister à l’autodafé.

Enfin, tous, non puisqu’il envoie son dernier tableau à son maître, le Titien, avec ce simple T en signature.

A la fin du livre, la boucle est bouclée, mais je n’en dirai pas plus.

Une vie riche en péripéties, riche en rencontre, riche tout court qui donne un livre érudit, dense, beau que j’ai vraiment aimé lire.

Un coup de cœur pour un livre et un auteur qui m’a déjà enchantée avec « Prince d’orchestre » et « La confrérie des moines volants ».

 

 

 

 

 

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