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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #litterature espagnole

Alejandro Palomas - Une mère

14 Avril 2017, 17:41pm

Publié par zazy

Une mère

Alejandro Palomas
Traduit de l’espagnol par Vanessa Capieu

Editions du Cherche Midi

Mars 2017

310 pages

ISBN : 9782749153018

 

4ème de couverture :
Barcelone, 31 décembre. Amalia et son fils Fernando s’affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu’elle aime. Ses deux filles, Silvia et Emma ; Olga, la compagne d’Emma, et l’oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.

Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans remous ?
Entre excitation, tendresse et frictions, rien ne se passera comme prévu.

Alejandro Palomas brosse avec humour le portrait d’une famille dont les travers font inévitablement écho à nos propres expériences, et celui d’une mère loufoque, optimiste, et infiniment attachante. Une mère profondément humaine, à qui il reste encore quelques leçons à transmettre à ses grands enfants : au cours de cette longue nuit, secrets, mensonges, non-dits et autres révélations familiales vont éclater.

Prenez place à table. Vous allez être servi !

L’auteur (site de l’éditeur) :

D’abord traducteur des ouvrages de Gertrude Stein, Katherine Mansfield, Willa Cather ou encore Jack London, Alejandro Palomas devient ensuite journaliste et scénariste ‒ il a été finaliste de nombreux prix littéraires en Espagne. Énorme succès dans ce pays, traduit dans une dizaine de langues, Une mère est son premier roman publié en France.

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Les repas de famille sont souvent le prétexte à des joutes oratoires ou pas entre les membres de la famille présents autour de la table.

Cette année et, depuis très longtemps, depuis son divorce, Amalia reçoit tous ses enfants et son frère Eduardo, "l’embobelineur". Fernando, le fidèle, Sylvia, célibataire et bosseuse ainsi que Emma qui vient avec sa compagne Olga.

Une belle tablée qui met Amalia en joie, la rend fébrile et inquiète.

« Maman est sur les charbons ardents. Elle est dans cet état depuis quelques semaines, depuis qu’elle sait avec certitude que nous serons tous là ce soir. »

Amalia, du fait de son handicap visuel, de sa nervosité casse beaucoup, ce qui a le don d’énerver Sylvia. D’ailleurs beaucoup de choses la font réagir. La nervosité gagne Fernando, dit Fer.

« Sur l’écran de mon radar personnel, une nouvelle lumière rouge se met à clignoter en plus de celle qui tremblote depuis quelques jours déjà. Danger. Danger en vue. »

Le couvert est mis, avec une chaise supplémentaire, pour l’absent. J’apprendrai au cours de ma lecture qui est l’absent.

 Les invités arrivent, les sous-entendus aussi. La mère est merveilleuse dans son innocence feinte, sa maladresse, ses bévues, dans son désir que ce réveillon ne soit pas un ratage.

Chacun va s’exprimer, des aveux seront faits, des vérités dites. Certains masques vont tomber.

La mère, si infantile que Silvia se doit d’être la mère de sa mère, avec son handicap, ses bévues, cette mère « pleine de faiblesses » se révèle être la colonne vertébrale de la famille. Elle a été et est capable de sauver la vie de ses  enfants partis à la dérive par sa ténacité.

S’esquisse une famille touchante dans ses fêlures, ses secrets, ses espérances, ses naufrages… Bref, une famille « normale »

Alejandro Palomas est, entre autre, scénariste et cela se sent dans l’écriture très visuelle de ce roman qui m’a fait passer des rires aux larmes. Les personnages sont finement travaillés et pas aussi caricaturaux que je l’ai craint au début.

Un bon  moment de lecture.

De belles phrases d’amour maternel :

« Et si je dois t’arracher des eaux pur que tu vives, je le ferai, quoi qu’il en coûte. Parce que je n’ai rien de mieux à faire dans la vie, ma fille chérie…Non il n’y a rien de mieux à faire dans la vie. Pas pour une mère. »

« Quand je ne serai plus là, tu auras cette couverture. Tu pourras te couvrir avec en hiver pendant ta sieste et moi, je serai heureuse parce que ce sera comme si je te faisais tous ces câlins dont tu as besoin et que tu ne me laisses jamais te faire. »

Livre lu dans le cadre d’une opération Masse Critique concoctée par Babelio.

 

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Rosa Montero - La chair

31 Janvier 2017, 23:02pm

Publié par zazy

La chair

Rosa Montero

Editions Métailié

Traduction Myriam Chirousse

Janvier 2017

196 pages

ISBN : 979-10-226-0540-3

 

4ème de couverture :

Pas facile d’accepter son âge quand on a soixante ans, qu’on vit seule et que votre amant vous quitte pour faire un enfant avec sa jeune épouse. Soledad engage donc un gigolo de trente ans pour l’accompagner à l’opéra et rendre jaloux le futur père. Mais à la sortie, un événement inattendu et violent bouleverse la situation et marque le début d’une relation trouble, volcanique et peut-être dangereuse.
Soledad se rebelle contre le destin avec rage et désespoir, avec humour aussi, et le récit de son aventure se mêle aux histoires des écrivains maudits de l’exposition qu’elle prépare pour la Bibliothèque nationale.

La Chair est un roman audacieux et plein de surprises, l’un des plus subtils et personnels de l’auteur. Son intrigue touchante nous parle du passage du temps, de la peur de la mort, de l’échec et de l’espoir, du besoin d’aimer et de l’heureuse tyrannie du sexe, de la vie comme un épisode fugace au cours duquel il faut dévorer ou être dévoré. Le tout dans un style allègrement lucide, cruel et d’une ironie vivifiante.

Une grande romancière décortique avec acuité et humour les sentiments d’une séductrice impénitente aux prises avec les ravages du temps.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Rosa Montero est née à Madrid où elle vit. Après des études de journalisme et de psychologie, elle entre au journal El País où elle est aujourd’hui chroniqueuse. Best-seller dans le monde hispanique, elle est l’auteur de nombreux romans, essais et biographies traduits dans de nombreuses langues, parmi lesquels La Fille du cannibale (prix Primavera), Le Roi transparent et L’Idée ridicule de ne plus jamais te revoir.

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Soledad atteint les rives de la soixantaine, chose difficile à accepter pour elle qui est une femme active aimant et ne vivant que pour son travail.

Côté vie professionnelle, elle met en place une exposition sur les écrivains maudits. Les fils de ces auteurs s’entrelacent avec la vie de Soledad.

Côté vie privée, elle avait un amant, plus jeune qu’elle, qui l’a larguée parce que sa femme attend un heureux évènement, ce à quoi Soledad s’est toujours refusé. Elle achète les services d’un escort pour aller à l’opéra et rendre son ancien amant jaloux.

Soledad aime l’amour charnel pour la jouissance que cela lui procure et, surtout, la jouissance de se sentir vivante dans le désir de l’autre. Elle aime les hommes jeunes ne pouvant voir dans le partenaire, la flétrissure de l’âge qu’elle se refuse tout en les scrutant sur elle dans son miroir

La chair est un roman sur l’amour charnel, la peur du vieillissement, de ne plus être au cœur de la vie, de la solitude, du travail, de la mort -Soledad est hypocondriaque- et, surtout, la peur du vide, du néant qui ramènent au passé. Mais Soledad, sera toujours Soledad, paradoxale à la fois mûre, égocentrique, passionnée, triste, incontrôlable. C’est là son plus grand charme.

Je n’en dirai pas plus à la demande express de l’auteur.  J’ai moins apprécié le côté mystère qui ne m’a pas convaincue.

L’écriture de Rosa Montero , traduit par Myriam Chirousse, est tour-à-tour ensorceleuse, espiègle, tragique, lorsqu’elle parle de Soledad.

Je viens de redécouvrir un auteur qui ne m’avait pas emballée avec « Le roi transparent ». Je pense que je remonterai avec plaisir le cours de son œuvre.

 

 

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Isabel Alba - Baby spot

5 Janvier 2017, 22:43pm

Publié par zazy

Baby spot

Isabel Alba

Traduction de l’espagnol par Michelle Ortuno

Editions de la Contre-allée

96 pages

Août 2016

ISBN : 9782917817520

 

4ème de couverture :

« Avec les films c’ est plus facile, parce que quand les images t’ envahissent et que t’ arrives pas à les effacer, tu peux te consoler en te disant que, comme dans les cauchemars, tout est faux, que rien de ce que tu vois dans ta tête n’ est vrai et que bientôt tout va disparaître pour toujours. Mais ce qui est arrivé au Zurdo, et aussi à Lucas, je sais que c’ est arrivé pour de vrai, voilà pourquoi ça ne sort jamais complètement de ma tête. C’est pour ça que je veux écrire, pour voir si j’arrive à faire sortir toute cette histoire et à la laisser pour toujours sur le papier. »

Tomás, un garçon de douze ans, vit dans une banlieue de Madrid. Un soir d’août, son ami Lucas est retrouvé pendu à une poutre, sur un chantier abandonné.
Tomás se met alors à écrire. Son récit prend l’apparence d’un roman noir.

« Je m’appelle Tomás, j’ai douze ans et je ne sais pas qui est mon père. Mais après tout, c’est banal dans la vie d’un gamin, et d’ailleurs je crois que ça n’intéresse personne, même pas moi, et puis j’en ai vraiment marre de toujours entendre la même histoire. »

L’auteur (site de l’éditeur) :

Isabel Alba est une écrivaine, scénariste, photographe. Ces quinze dernières années, elle a allié son activité littéraire et artistique avec l’enseignement dans le domaine de l’audiovisuel. La véritable histoire de Matías Bran est son deuxième roman. Ont été publiés aux éditions Montesinos Baby Spot (2003) et un livre sur la narration au cinéma, Derrière la caméra : le script pour le film (2011) qui a reçu le prix « María de Maeztu ».

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Tomás, vit dans une banlieue pourrie de Madrid, zone avec  ses potes dans un immeuble en construction, abandonné suite à la faillite ou les malversations des promoteurs. Les familles sont disloquées, les femmes souvent battues, les hommes ivres, au chômage, les plus grands trafiquent avec le flic qui habite le quartier. Tout est pourri de ce côté-ci du périph.

Personne pour leur indiquer la route,  les aider à discerner le bien du mal, à grandir du bon côté de la corde raide sur laquelle ils marchent. Seul Lucas a la chance d’avoir une mère qui l’élève, suit son travail scolaire, l’aime, bref une mère normale.

L’été, lorsque les autres vont au bord de la mer, les gamins restent là à s’ennuyer, à s’inventer des jeux. Tomás, Martin et, surtout le Zurdo que le gosse admire «Ce que je voulais, moi, c’était ressembler au Zurdo, un mec dur ». Oui, mais c’était avant,  « avant qu'il se fasse embarquer… à cause de la nuit où il s’est fait coffrer et de ce qui est arrivé à Lucas ».

Lucas est leur souffre-douleur, pourtant, il les suit partout, en mal de copains, de leur « normalité ». C’est peut-être cela la cause de sa mort.

Tomás  n’a plus les idées claires depuis que Lucas a été retrouvé pendu dans l’immeuble en construction. « J’ai pas les idées claires et c’est pour ça que maintenant j’ai vraiment envie de me mettre à écrire ; même si c’est ridicule et que ça sert peut-être à rien, mais autrement e ne vois pas comment je vais arriver à faire sortir tout ce que j’ai dans le crâne. Moi, je pense que sur le papier, si j’arrive à tout écrire sur des lignes bien droites, une chose après l’autre et sans faire de ratures, j’y verrai plus clair. »

Un jour, leur quotidien bascule. Lucas est retrouvé pendu. Le Zurdo, frère de Martin, est arrêté par le flic pourri, accusé d’avoir tué Lucas et de l’avoir pendu pour faire croire à un suicide. C’est pour cela que Tomas veut, doit parler, raconter ce qu’il a vu, ce qu’il vit, ce avec quoi il devra vivre. J’ai suivi, mot après mot, page après page, sa prise de conscience.

Il raconte, un long monologue, une logorrhée sans trop de style. Tout sort, sa vie d’avant avec sa petite sœur Diana (en hommage à la princesse tuée sous le pont de l’Alma) qu’il aime tant, sa mère, caissière dans un bureau de tabacs, dépressive, battue. Les filles, qui comme dit Germān « ce sont toutes des salopes et elles aiment ça autant que nous », la promiscuité. Il y a ce jeu débile où, sur le pont enjambant l’autoroute, ils visent les voitures comme au flipper, ou dans un jeu vidéo. A réalité « vraie » n’est plus la leur, les bzrrières de a civilité, de la civilisation basculent, l’esprit de gang prend le dessus.

Ce livre, Baby spot, une fois ouvert, je n’ai pu le lâcher, même après le point final. J’étais la, dans le noir, les yeux grands ouverts, choquée, KO debout. Les phrases chocs s’entrechoquent en moi. « Tout a commencé à être beaucoup plus fascinant que de provoquer des accidents sur le périph. » La cruauté et l’innocence jouent au ping-pong.

Superbe

J’ai eu le plaisir de lire ce livre dans le cadre su club des Explorateurs initié par Lecteurs.com. Je les remercie pour cette lecture coup de poing

 

 

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Antonio Garrido - Le lecteur de cadavres

26 Juillet 2016, 21:53pm

Publié par zazy

 

Le lecteur de cadavres

Antonio Garrido

Traduction de l'espagnol, Nelly et Alex Lhermillier

Le livre de poche

768 pages

Date de parution:

Juin 2015

ISBN : 9782253184195

 

 

4ème de couverture :

Ci Song est un jeune garçon d’origine modeste qui vit dans la Chine du XIIIe siècle. Après la mort de ses parents, l’incendie de leur maison et l’arrestation de son frère, il quitte son village avec sa petite sœur malade. C’est à Lin’an, capitale de l’empire, qu’il devient fossoyeur des « champs de la mort » avant d’accéder à la prestigieuse Académie Ming. Son talent pour expliquer les causes d’un décès le rend célèbre. Lorsque l'écho de ses exploits parvient aux oreilles de l'empereur, celui-ci le convoque pour enquêter sur une série d'assassinats. S'il réussit, il entrera au sein du Conseil des Châtiments ; s'il échoue, c'est la mort. C'est ainsi que Cí Song, le lecteur de cadavres, devient le premier médecin légiste de tous les temps. Un roman, inspiré par la vie d’un personnage réel, captivant et richement documenté où, dans la Chine exotique de l'époque médiévale, la haine côtoie l'ambition, comme l'amour, la mort.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Antonio Garrido est né en Espagne en 1963. Il enseigne à l’université de Valence. Passionné d’histoire, il a consacré sept ans de sa vie à l’écriture de La Scribe, son premier roman, best-seller en Espagne, pour lequel il a effectué de nombreuses recherches en Allemagne.

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Ce livre est inspiré de la vie de Long Si dans la Chine du XIIIème siècle. Comme l’écrit Antonio Garrido, dans sa postface, « un roman historique est avant tout un roman ». Basé sur des faits historiques avérés, j’ai suivi Ci à travers les méandres de sa vie, de tous les malheurs qu’il a connus et, dieux sait qu’il en a connu. Une vraie poisse à lui seul !! C’est peut-être ce qui m’a gênée. Ce petit bémol posé, j’ai découvert la vie de la Chine, ses traditions.

Ainsi, le père de Ci doit retourner au village et y vivre à la mort de son père. Les voici tous réunis dans la maison du grand frère qui se fait un malin plaisir de les rabaisser. Ci ne le supporte pas, mais son père l’oblige à s’excuser encore et toujours et à honorer ce grand frère tyrannique. Après la mort brutale de sa parentèle, Ci s’enfuit à Lin’an, capitale de l’Empire.

Après bien des péripéties, il devient fossoyeur. Son habileté à lire dans les cadavres, lui permet d’entrer dans la grande académie Ming. Sa grande aptitude à découvrir les causes de la mort, parvient aux oreilles de l’empereur qui le mandate pour découvrir l’auteur de plusieurs assassinats  similaires. Il trouve et c’est la gloire, il ne trouve pas, c’est la mort ! Lisez le livre pour en savoir plus…

Epopée où Antonio Garrido, fort bien documenté, me fait découvrir les mœurs de la Chine moyenâgeuse dans un décor à la fois somptueux, noir, sale, grouillant mais Ô combien vivant. Quelle minutie dans la description des cadavres, dans les explications des découvertes de Long Si et autres.

Un livre qui ne se lâche pas facilement, malgré la dureté de certaines scènes. Une belle découverte.

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