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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #litterature britanique

Simon Beckett - Les témoins de pierre

2 Avril 2017, 21:15pm

Publié par zazy

Les témoins de pierre

Simon Beckett

Traduction Isabelle Maillet

Editions Piranha

Traduit de par Isabelle Maillet

octobre 2016

ISBN : 2371190519

4ème de couverture :

Un homme blessé et en fuite est recueilli dans une ferme. Il croit être enfin à l'abri mais ses habitants semblent cacher bien des secrets...

Sean est en fuite. Malgré la chaleur qui écrase la campagne française, il préfère abandonner sa voiture accidentée et couper à travers champs pour éviter la police. Mais sa cavale se termine brutalement lorsque les mâchoires implacables d’un piège se referment sur sa jambe. Retrouvé quasiment inconscient par les deux filles du propriétaire d’une ferme voisine, il est recueilli et soigné. À peine capable de tenir debout, Sean se croit enfin à l’abri et est loin de se douter des dangers qui le menacent.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Né en 1960, Simon Beckett a longtemps été journaliste pour de grands quotidiens anglais. Il est l’auteur d’une série de quatre best-sellers internationaux ayant pour héros l’anthropologue judiciaire David Hunter. Les Témoins de pierre est son dernier roman, indépendant de la série qui a rendu son auteur célèbre. Il vit à Sheffield.

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Sean a fui l’Angleterre pour des raisons peut-être très graves que je ne connaîtrai qu’à la fin du livre. Faisant du stop en France, il saute dans un bosquet car il a aperçu un gyrophare de police. Que n’a-t-il fait là !!

« Je sais que je réagis de manière excessive : la police française ne s‘intéresse certainement pas à moi. Je suis néanmoins trop à cran pour couvrir le moindre risque. Et surtout pas celui que les flics fouillent mon sac. »

Peut-être aurait-il mieux valu !!  En repartant, il a mis le pied dans un piège à mâchoires. Imaginez les dégâts. Pour son bonheur ( ??) il sera secouru par deux femmes qui le cachent dans le fenil de leur ferme.

Le voici embringué dans une histoire familiale bizarre. Outre Mathilde et Gretchen qui l’ont sauvé et le soigne, il y a le père, Arnaud, toujours armé, peut-être dangereux, hargneux et Michel un très jeune enfant dont, on le saura rapidement par les déductions de Sean, Mathilde est la mère, mais on ne connait pas le père.

Sean, peu désireux d’errer sur les routes par peur de la maréchaussée, accepte la proposition de la famille, faire le maçon, bien sûr, pas payé, mais nourri et logé (dans le fenil)

La vie familiale à la ferme est étrange, lourde de secrets. Même si les femmes lui ont sauvé la vie, il ne saurait préjuger de leurs actes. Tout est louche. Pourquoi personne ne vient jamais à la ferme, pourquoi tout est bouclé, pourquoi ce fusil, pourquoi les pièges, pourquoi les statues ? Pourquoi,  même si on sent la haine entre eux, la famille fait front ensemble, un bloc soudé par la haine, la peur ?

Beaucoup de violence avouée et cachée dans cette famille. L’atmosphère pèse des tonnes, même la chaleur de plomb elle aussi en rajoute. Le désir, l’angoisse, la peur sont palpables.

Le roman, à ce moment, s’enlise dans la chaleur torride de l’été, ralentit sa marche. Et toujours Gretchen tourne autour de Sean,  dans sa danse du désir, épie chacun de ses gestes, attitudes, lorsqu’il est avec Mathilde.

Le temps semble suspendu, lourd, comme avant que l’orage ne s’abatte. L’impression que chacun se jauge, tourne autour de l’autre, se mesure, se défie, se rencontre, comme dans un cirque romain.

Heureusement, la pluie arrive, les feuilles jaunissent et, tout s’active. Mais, quelle suite ? Que va-t-il arriver à Sean pris en étau entre les deux sœurs, le père, l’extérieur… ?

Ami lecteur, amie lectrice, tu le sauras en lisant ce livre qui m’a passionné, intrigué jusqu’au bout. Tu seras comme chauffé à blanc sous le soleil de plomb,

Simon Beckett fait alterner le présent et le passé, ce qui s’est passé en Angleterre et ce qui se passe en France. Pourquoi Sean s’est enfui et pourquoi il reste. La progression de deux situations est parallèle, jusqu’à l’acmé.

Un polar, sans flaque de sang, sans mort, enfin presque. Simon Beckett nous enserre dans une atmosphère à couper au couteau. Les personnages sont tous des énigmes. Résultat : une nuit blanche.

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Edward Gorey - L'invité douteux

25 Mai 2016, 14:04pm

Publié par zazy

L’invité douteux

Edward Gorey

Traduction libre d’Oscar

Editions Le Tripode

48 pages

 23 octobre 2014

ISBN : 9782370550330

 

Quelle est cette étrange créature portant des baskets blanches et une écharpe qui fait irruption dans le manoir de ces aristocrates britanniques et rend leur vie impossible ? Dix-sept ans plus tard, elle est encore et toujours là ! Que représente-t-elle ? D’abord représente-t-elle quelque chose ?

Un album sur l’absurde où les textes résument les dessins. J’ai aimé le décalage entre la situation de cette espèce de pingouin en baskets et la douceur qui émanent des dessins, malgré la noirceur des traits de ces dessins à l’encre si précis qu’ils tirent vers l'eau-forte.

La couverture, elle, est très gaie

Livre lu dans le cadre de la voie des indés organisée par Libfly et les éditeurs indépendants. Merci à toi Lucie pour cette extravagante découverte.

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Nell Leyshon - La couleur du lait

21 Janvier 2016, 10:57am

Publié par zazy

La couleur du lait

Nell Leyshon

Traduction de l’anglais de Karin Lalechère

Editions Phébus

Août 2014

176 pages

ISBN : 9782752909824

 

4ème de couverture :

En cette année 1831, Mary, une jeune fille de 15 ans entame le tragique récit de sa courte existence : un père brutal, une mère insensible, en bref, une banale vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset.
Simple et franche, mais lucide et entêtée, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu’on l’a envoyée chez le pasteur Graham, pour servir et tenir compagnie à son épouse, une femme fragile et pleine de douceur. Avec elle, elle apprend la bienveillance. Avec lui, elle découvre les richesses de la lecture et de l’écriture… mais aussi obéissance, avilissement et humiliation. Finalement l’apprentissage prodigué ne lui servira qu’à écrire noir sur blanc sa fatale destinée. Et son implacable confession.

L’auteur (site de l’éditeur):

Nell Leyshon est née à Glastonbury, dans le comté du Dorset au Royaume-Uni. Après des études de littérature anglaise à l’université de Southampton, elle s’est fait connaître par ses pièces de théâtre enregistrées pour la BBC. Son premier roman, paru en 2004, Black Dirt figurait sur la liste de l’Orange Prize. Devotion et The Voice ont remporté un franc succès. Publié en 2012, La Couleur du lait est la première œuvre de Nell Leyshon à être traduite en français.

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XIXème siècle, campagne anglaise. Une famille de paysans, un père brutal avec ses filles, il n’a pas de garçon, une mère abrutie par le boulot, la misère, le mari. Trimer du matin au soir pour si peu, telle est la vie quotidienne de cette famille. Mary, qui a une « patte folle » sera placée chez le pasteur Graham pour s’occuper de l’épouse très malade. Elle n’y va pas de bon cœur, alors que ses sœurs aimeraient être à sa place. Non, elle voudrait rester avec son grand-père, sa vache préférée. Par chance, son franc parler plaira à ses maîtres (quel mot !). Ce n’est pas de l’esclavage, mais ça y ressemble beaucoup, elle ne peut pas partir. Mary ne touchera aucun émolument pour son dur labeur ; son père perçoit la somme, ils se sont arrangés entre hommes. Au début, tout va bien, puis à la mort de l’épouse, son sort va basculer. Non, elle ne sera pas renvoyée, il aurait peut-être mieux valu.

Son rêve secret ? savoir lire et écrire et cela lui coûtera très, très cher. Le pasteur, dans sa "grande mansuétude" s'attèle à cette tâche. Petit à petit, il se permet quelques libertés avec Mary jusqu’à la retrouver dans sa mansarde gelée et la déflorer. Et oui, même le pasteur qui, bien sûr, fait son mea culpa avant de forniquer, use de son droit de cuissage. Un soir, Mary ne veut plus subir, alors elle essaie de se dérober et, là, le pasteur la viole brutalement. Bien entendu, c’est la faute de la servante qui, on ne sait pourquoi, ne veut plus !

Là tout bascule et Mary se retrouve en prison. Sa seule exigence, de quoi écrire.

Mary raconte son histoire, avec ses mots, son parler. A chaque début de chapitre, elle martèle : « ceci est mon livre et je l’écris de ma propre main » Un texte sans fioriture, sans compassion, sans majuscule, les faits, rien que les faits. 4 grands chapitres correspondant aux 4 saisons. C’est ainsi que Mary déroule son année. Quand on ne sait ni lire, ni écrire, les points de repères sont différents et liés au cycle de vie, des moissons, des semailles... La campagne du Dorset fait partie intégrante de ce livre.

Une peinture de l’Angleterre du XIXème siècle où la gente ancillaire ne doit avoir ni orgueil ni espoir d’une vie meilleure et paie très cher cette obstination. Beaucoup de noirceur dans ce livre. Pourtant, il en émane une certaine poésie.

Lire l'avis de Lydia - Alex - Mimipinson

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Jo Baker - Une saison à Longbourn

25 Mai 2014, 21:09pm

Publié par zazy

 

Une saison à Longbourn

Jo Baker

Traduction : Sophie Hanna

Editions Stock

Collection : La Cosmopolite

396 pages

ISBN : 9782234075597

 

 

4ème de couverture :

Sur le domaine de Longbourn, vivent Mr et Mrs Bennet et leurs vénérables filles, en âge de se marier.
À l’étage inférieur veillent les domestiques. Personnages fantomatiques dans le célèbre roman de Jane Austen, Orgueil et préjugés, ils deviennent ici des êtres de chair et de sang qui, du matin au soir, astiquent, frottent, pétrissent et vivent au rythme des exigences et des aventures de leurs bien-aimés patrons. Mais ce que les domestiques font dans la cuisine, sans être observés, pendant qu’Elizabeth et Darcy tombent amoureux à l’étage, relève d’eux seuls… Une histoire d’amour peut en cacher une autre, et qui sait quel secret enfoui risque de ressurgir.

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Longbourn, cela ne vous rappelle pas quelque chose ?? Le beau Darcy ??? La famille Bennett et ses filles ?? Ça y est : Orgueil et préjugés de Jane Austen. Que vous l’ayez lu ou vu au cinéma, les souvenirs sont là.

Jo Baker nous emmène dans les coulisses de cette maison bruyante. Là où vivent les domestiques, dans la cuisine, les soupentes, l’étable, la porcherie… afin, là où tout se passe pour que ces Messieurs et Dames vivent sans se soucier de rien d‘autre que de leurs tenues de bal,  arranger des mariages,  s’amuser… bref, de vivre comme des gens de la bonne société anglaise fin XVIIIe, début XIXe.

N’ayez crainte, ce n’est pas du sous-Zola. Jo Baker ne donne pas dans le misérabilisme. La dureté du travail y est romancée !! Je suis un peu dure en écrivant cela, mais…. On découvre, si on ne le savait déjà, qu’il y a un fossé entre maîtres et servants, que même si il y a quelques familiarités, ce ne sont que des ombres dont ils attendent un dévouement sans faille et dont ils ne savent rien et ne veulent rien savoir, l’adage « on ne mélange pas les torchons et les serviettes » se vérifie encore.

Mrs et Mr Hill, Sarah, Polly, puis James, dont l’arrivée boulverse tout, mènent une vie de dur labeur de l’aube à la nuit. L’amour que porte le couple à ses deux « filles » ressemble à s’y méprendre à un amour maternel qui ne dit pas son nom. C’est une cellule familiale dans la grande ruche.

Je me pose quelques questions lorsqu’USA Today écrit : « C’est un roman audacieux, subversif là où l’on ne s’y attend pas, et brillant à chaque ligne. Un détournement magistral d’un classique. » Rien que ça !! Je n’ai pas trouvé le subversif ni l’audace, si ce n’est que d’avoir pris la trame d’Orgueil et préjugés pour écrire son livre. D’ailleurs, j’ai nettement préféré la partie où elle se détache de cette trame pour nous parler du passé de Mrs Hill, de la guerre en Espagne où a combattu James.

Un livre que j’ouvrais avec plaisir, une lecture agréable qui a certainement pâtie de 2 précédentes lectures : Chems Palace et des mille et une façons de quitter la Moldavie. L’écriture de Jo Baker est charmante et légère, peut-être trop légère. J’aurais aimé beaucoup plus de profondeurs, plus de corps. Vous me direz que le livre de Jane Austen est, lui aussi, léger.

Je remercie Libfly, qui, dans le cadre de son « désherbage de printemps » m’a permis cette lecture. J'ai aimé la couverture de ce livre, la tasse et la théière étaient des invites plaisantes

D’autres avis : Clara - Jostein - Carnet de lecture - sur Libfly

 

 

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Alan Bennet - La dame à la camionnette

4 Avril 2014, 18:51pm

Publié par zazy

 

La dame à la camionnette

Alan Bennett

Traduction : Pierre Ménard

Editions Buchet Chastel

06/02/2014

ISBN : 9782283027332

 

4ème de couverture :

Miss Shepherd, vieille dame excentrique, vit dans une camionnette aux abords de la résidence londonienne d’Alan Bennett. Victime de l’embourgeoisement du quartier et de quelques vauriens, elle finit par installer son véhicule dans la propriété de l’auteur.
Commence alors une incroyable cohabitation entre la marginale et la célébrité, qui durera près de vingt ans.
Entre disputes, extravagances et situations drolatiques, la dame à la camionnette n’épargne rien à son hôte ni au lecteur. Bennett, en excellent conteur, saisit leur duo et livre, au-delà des anecdotes, un tableau très juste du Londres des années 1970 et 1980, de sa bourgeoisie progressiste et de ses exclus.
Un récit d’une grande humanité qui croque avec humour les travers de la société britannique contemporaine.

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Ce matin, un livre mystère est arrivé chez moi. Je me suis conformée en tout point aux « directives » de Jérôme. J’ai décidé de satisfaire ma curiosité et la véranda ensoleillée nous a accueillis, le livre, un transat et moi.

Non ? Monsieur Bennett, vous l’avez vraiment fait ? Vous avez vraiment installé la Bergère chez vous ? OK, la morale est sauve, précisons, vous avez installé le camion de Miss Shepherd dans votre jardin… Début d’une odorante cohabitation d’une dizaine d’années. Je pensais que le sentiment de culpabilité était l’essence même d’une éducation judéo-chrétienne alors que, vous le dites vous-même "Je n'aurais jamais pu être catholique, je suis bien trop snob pour ça.". Or, vous n’avez pas été snob du tout pour accomplir cet acte héroïque vu l’état de la dame et de sa camionnette.

Il faut dire que ce véhicule, délabré, repeint en jaune fait tâche dans ce quartier en pleine mutation. Comprenez en plein embourgeoisement. Je ne vous parle même pas de sa propriétaire d’une saleté repoussante.

 

S’en découlent des situations ubuesques, difficiles à comprendre pour les autres, si bien qu’à la fin, vous n’expliquez plus rien du tout. La fée du logis l’a oubliée dans sa distribution, elle ne fleure pas le parfum suave du 5 de Chanel, c’est le bordel dans son sweet home. La cohabitation n’a rien de glamour, mais, cahin-caha…

Vous nous racontez les épisodes marquants de cette cohabitation avec une Miss Shepherd de plus en plus crasseuse, mais toujours aussi vindicative. C’est qu’elle a du caractère la Bergère ! « Il était rare qu’on lui rende le moindre service sans avoir en même temps envie de l’étrangler »

Ces rendez-vous avec votre carnet sont drôles, très pince-sans-rire, foldingues, mais emprunts d’amour, même si vous vous en défendez. Le remords vous tenaille lorsque vous voyez ces personnes du service social entrer dans la camionnette de Miss S. sans problème, alors que vous ne pouvez le faire.

Après sa mort, vous vous êtes décidé à entreprendre les travaux d’archéologie à l’intérieur du sweet home. J’ai aimé que vous ayez nettoyé la camionnette avant que le récupérateur ne vienne l’enlever. Une sorte de toilette mortuaire, un adieu définitif. Fidèle à elle-même, la Bergère vous a légué un bel héritage… des mites. Allez, j’y vais de mon mauvais jeu de mots : des mites laissées par un mythe.

Merci Monsieur Bennett pour ce délicieux moment de lecture. Vous n’avez pas la pareille pour vous moquer gentiment de vos concitoyens. Pourtant votre Bergère ressemble comme deux gouttes d’eau, la camionnette en moins à une voisine décédée il y a une dizaine d’années.

J’ai rapidement su de quel livre il s’agissait pour en avoir lu une chronique tentante de Clara. Merci Alex pour ce délicieux livre mystère. J’ai aimé cette couverture jaune, comme LA camionnette. L’illustration de la couverture est en accord avec le livre.

Vous êtes tentés par l’expérience, alors cliquez ici et inscrivez-vous.

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