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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #editions le tripode

Pierre Cendors - Minuit en mon silence

19 Juillet 2017, 13:31pm

Publié par zazy

Minuit en mon silence

Pierre Cendors

Editions Le Tripode

120 pages

mai 2017

ISBN : 9782370551252

 

 

4ème de couverture :

« J’aimais la pluie, tous les visages de la pluie, avec une sorte d’adoration primitive. La pluie lourde des orages d’étés, gouttes de terre enciellées qui délivrent des senteurs torréfiées ; la pluie nocturne et lente des soirées d’automne, celle de janvier, éteinte et engourdie, qu’un vent mauvais houspille, et ma préférée, celle que l’on hume, la nuit, la fenêtre grande ouverte : la pluie, dense et serrée comme la chaume, la pluie invisible des grands espaces et qui est la voix recluse de notre silence. »

Lundi 28 septembre 1914: un lieutenant allemand, peintre dans la vie civile, est renvoyé au front. C’est en pressentant sa mort imminente qu’il écrit au cours d'une nuit une longue lettre d'amour. Il s'adresse à une femme française dont il préparait un portrait avant le début de la guerre et qu'il est persuadé de ne plus jamais revoir.
 
Dans un texte qui relève autant du roman, de la poésie et du manifeste, Pierre Cendors présente l’expérience amoureuse comme une aventure fondamentale qui habite notre silence le plus intime. Il y a dans Minuit en mon silence une quête qui fait songer aux Lettres à un jeune poète de Rilke ou aux Disciples à Saïs de Novalis. Après Archives du vent, il s’agit de la deuxième œuvre de Pierre Cendors publiée par Le Tripode.

 

« Chère Else,
Je dois bientôt m’en aller, partir. Vous quitter. C’est la dernière nuit que je passe en tête à tête avec votre absence. C’est là, je le sais, toute la compagnie que je recevrai jamais de vous. Demain, je serai de retour au front. Je n’ai jamais pu mentir devant vous. Je m’avance sur un chemin où, dans quelques heures, à l’instant peut-être où vous lirez ces mots, je me serai déjà franchi. »

Ce premier paragraphe à peine terminé, je suis conquise.

Un lieutenant allemand, peintre, ayant vécu à Paris jusqu’à la mobilisation écrit une lettre à Else, une femme plus fantasmée que réelle rencontrée une seule fois.

« Vos pensées comme vos nuits me sont inconnues. Je ne vous connais que de loi et, pourtant, depuis notre rencontre à Paris, vous m’êtes devenues plus intiment liée que mon propre souffle. Vous êtes apparue sur mon chemin en l’ouvrant à sa plus secrète sente. »

Cette lettre, la recevra t'elle, la lira t'elle alors que le lieutenant Heller se prépare à partir à l’assaut au lever du jour. Il sait qu’il n’en sortira pas vivant. Cette assurance le pousse à parler d’amour d’intériorité, de dévoiler ses pensées à Else qu’il sublime en Orphia.

En chaque homme, madame, est une intensité errante qui recompose, femme après femme, le visage d’une seule. Inaccessible. Cruellement proche. Chacune d’entre elle la lui rappelle. Toute lui sont un exil.

Ce livre écrit « A la mémoire d’Alain-Fournier » qui fut l’idole de mon adolescence, est poésie et beauté.  Tout comme l’auteur du Grand Meaulnes, il sublime une femme juste rencontrée et en fait LA femme, L’AMOUR. Lorsqu’il parle d’Orphée, l’ordonnance  du lieutenant, qu’il prénomme Orphée, Pierre Cendors rend hommage à tous les poètes et artistes morts aux combats, qui ont donné des textes magnifiques.

Si les mots savent habiller nos sentiments et nos pensées, ils échouent à nous mettre à nu. La nudité de l’être use leur étoffe jusqu’à atteindre une transparence peu dicible.
La poésie, madame, c’est désimaginer le monde tel qu’on nous le vend. C’est découvrir qu’il n’est rien et que s’en éveiller est tout.

Un livre que j’ai pris plaisir à déguster, émerveillée par la richesse, la poésie du texte, retournant en arrière, juste pour le plaisir d’une phrase. Pierre Cendors, à travers le narrateur, interpelle sur la liberté, l’absurdité de la guerre.

Je n’avais pu entrer dans son précédent livre, « Archives du vent », le cinéma n’est pas mon domaine de prédilection, mais l’écriture de Pierre Cendors m’avait interpellée. Ravie d’avoir réitéré avec « Minuit en mon silence »

Le Tripode a encore fait mouche Je suis en manque de mots pour en parler et ne saurais dire que cela : c’est tragiquement beau, lisez-le, c’est un gros coup de cœur pour moi.

Petit plus, le soin apporté au livre ; la très belle couverture, porte d’entrée du livre, est une création de l’auteur

 

La poésie fait un poème de tout, madame, de la vie, du hasard, même de la mort d’un soldat. Un poème écrit avec son sang. Je ne souhaite à personne d’être poète. Votre vie ne vous appartient pas plus que votre mort. On vous croit le plus libre des hommes, mais c’est une liberté dont on ne s’évade pas.

Ses yeux parlaient le langage de mon silence. Ils m’aidaient à voir en moi-même. Peut-être notre vérité nous éclaire-t-elle toujours ainsi par le regard des autres.

Pourquoi est-il si difficile d’entrer en soi si c’est là, paraît-il que nous sommes ?

Existe-t-il ici-bas une liberté qui rend libre ?

Un jour, lieutenant, vous m’avez demandé pourquoi je m’étais engagé et ce que j’étais venu chercher dans cet enfer. La dévastation m’a conduit à cette guerre. Je n’ai pas besoin de vous dire que peu en reviendront. Et ceux qui en réchapperont seront tombés d’une autre manière. Moi, je suis tombé bien avant. Au moment de mon arrivée, je portais le deuil de mon enfance. J’avais vingt ans. Il était minuit en mon silence.

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François Szabowski - L'amour est une maladie ordinaire

26 Juin 2017, 20:04pm

Publié par zazy

L’amour est une maladie ordinaire

François Szabowski

Editions le Tripode

août 2017

280 pages

ISBN : 9782370551238

 

4ème de couverture :

Qui, dans sa vie, n’a pas rêvé de disparaître subitement pour laisser un souvenir impérissable ? Dans L’Amour est une maladie ordinaire, un homme succombe à ce dangereux fantasme. Parce qu’il refuse que l’amour ne soit pas éternel, parce qu’il ne supporte plus les ruptures et les histoires qui partent en déroute, il se voit régulièrement obligé, la mort dans l’âme, d’organiser son décès auprès des femmes qu’il aime. Pour le meilleur et pour le pire…

 

 

Les Editions du Tripode me permettent de faire un nouvel essai avec François Szabowski. Je n’avais jamais pu entrer dans Il n’y a pas de sparadraps pour les blessures du cœur.

Ici, également, un mec trentenaire ( ?) se regarde le nombril et ne veut pas affronter la vie et surtout, l’amour.

François et marie forment un couple heureux et amoureux.

« Nous étions l’un des couples le plus extraordinaires du monde. Notre entente était parfaite. »

Pour ne pas que ce bonheur partagé, sans tâche, sans faille ne flétrisse et reste à son acmé, il voudrait disparaître, mourir.

Ce con va mettre son plan à exécution. Oui, mais voilà, la mort n’a pas voulu de lui et il se retrouve à l’hôpital où son « demi-frère » (lisez et vous saurez le pourquoi des guillemets, c’est croquignolet), Didier, veille sur lui. Explications, délires, catastrophes

« Si je mourrais maintenant, au plus fort de notre relation, notre amour avec Marie n’aurait pas à subir les épreuves du couple, et ne pourrait donc pas décroître. Qu’elle m’aimerait à jamais. Et que c’est pour ça que j’avais préféré mourir plutôt que de prendre le risque de perdre son amour. »

C’est vraiment un raisonnement vaseux de mec qui ne s’assume pas, qui n’assume pas son, leur, avenir. Peur de perdre, de ne pas être le plus beau, le plus fort, le plus aimant, le plus aimé….

Il monte un plan abracadabrantesque au lieu de disparaître tout bonnement. Il demande à Didier d’annoncer la triste nouvelle à Marie qui, bien sûr, ne verra jamais le corps, ni n’assistera à l’enterrement. Et oui, en plus, cet homme est lâche.

« Comment j’avais dérapé sur une flaque de vomi au bord du quai de la station Place des fêtes, et comment j’étais tombé sur les voies au moment du passage de la rame. Celle-ci m’avait totalement broyé. Mon corps était en morceaux. Il manquait même des bouts. Seule la tête, miraculeusement, avait été épargnée, et j’avais pu être identifié grâce à une ordonnance pour des anxiolytiques qu’on avait retrouvée au milieu de mes viscères, imbibe de bile. ».

pour des anxiolytiques qu’on avait retrouvée au milieu de mes viscères, imbibe de bile. ».

On dirait un miracle ! Saint François du Métro himself ! Bien sûr, Marie recevra l’urne funéraire, faut pas déconner, être crédible !!

Quant à François, il s’en va avec une nouvelle identité, un nouveau logement, une nouvelle vie… pleine d’espoir.

Bien sûr, ce qui devait arriver, arriva, il retombe amoureux et….Oui, vous avez compris, il recommence. Didier est encore chargé de la délicate mission, cette fois, elle s’appelle Roxane, puis ce fut le tour d’Anna. Tranquillisez-vous, les scénarios catastrophes de la mort de François n’étaient jamais les mêmes… Il a de la ressource et de l’imagination, le bougre.

Didier, le pauvre se fait avoir, pourtant il le sait

« Il n’y a rien de plus lâche, de plus misérable, de plus bas que de disparaître comme ça, du jour au lendemain. Que de faire sentir à l’autre qu’on n’existe plus. »

Il arrive que le serpent se morde la queue, que les montagnes se rencontrent, que tel est pris qui croyait prendre…

La suite, la chute ? A vous de les découvrir.

 

Au début du livre, je me suis dit, mince, encore un nombriliste… Y en a marre et puis, cette fois, la magie a opéré. Je me suis laissé prendre au jeu de l’écriture de François Szabowski, son humour grinçant, son ironie, sa tendresse pour son homonyme. J’ai beaucoup aimé la parabole de l’invisibilité. A tout refuser, on devient transparent. La scène du café, chapitre 13 est fort drôle.

Dans ce livre l’auteur a mis en scène le désir, le rêve, le fantasme de certains. Oui, dans un amour naissant il y a toujours la peur du désamour. Pourtant, il y a beaucoup de bonheur, de joie, à faire vivre une union. La folie du début disparait, mais il faut  avoir le courage de construire le nid, savoir accepter que l’autre n’est pas l’Icône que l’on voyait au début, accepter de se monter bêtement humain.

« On ne choisit pas de qui on tombe amoureux. Aussi horrible et toxique que puisse être l a personne, il y a au fond de nous ce cancer qui nous fait penser qu’on peut la changer. Qui nous donne envie de la soigner, d’essayer de la rendre heureuse. Même si on sait qu’elle pourra nous faire souffrir à tout moment. Parce qu’au fond, l’amour, c’est ça, malheureusement… »

Oh, François, as-tu compris la leçon ? Pas certaine… « Fuir le bonheur avant qu’il ne se sauve » telle pourrait être ta devise. Il faudrait comprendre que personne n’est parfait, une certaine comtesse ou duchesse l’a écrit avant moi, et, surtout prendre confiance en toi, t’accepter et ne pas fuir.

 

Ce titre du Grand trip fut un beau voyage en Absurdie et vous savez que j’adore.

 

 

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Cécile Gambini - Au secours mémé

16 Janvier 2017, 16:20pm

Publié par zazy

Au secours mémé

Cécile Gambini

Editions Le Tripode

32 pages

Octobre 2016
ISBN : 9782370551030

 

4ème de couverture :

Cécile Gambini a une vie fantastique. Elle connaît le quotidien d’une femme vraiment moderne, et accumule les déboires avec autant d’aisance que d’autres les séries télé. Ses histoires d’amour relèvent de la science-fiction. Sa tribu ridiculise la famille Adams. Sa spiritualité est une synthèse inespérée entre Sophie Calle et les Shadocks. Quant à son art du bricolage et de la cuisine, il dépasse tout ce que pourront jamais vous révéler Elle, Marie-Claire et Le Chasseur français.

Nous savons tout cela car cette femme de notre temps a aussi une drôle de manie. À chaque catastrophe qui lui tombe dessus, elle fait un petit livre à la main. Un mélange de textes et d’images qui font le point sur les péripéties de sa vie, histoire d’en rire un peu. Depuis presque 30 ans, elle a ainsi manufacturé plus de 250 ouvrages qu’elle a rassemblés sous le nom générique de Pavupapri.

Voici, pour la première fois, l’un de ces recueils mis à la disposition du grand public. Au Secours mémé, ou le récit d’un été 2015 qui dégénère en beauté.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Cécile Gambini est une artiste diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg. Depuis le milieu des années 1990, elle mène une vie officielle dédiée à la création de livres pour la jeunesse chez différents éditeurs (Albin Michel, Le Seuil, Rue du Monde, Gallimard, Thierry Magnier, etc.) et une vie plus secrète dédiée à la conception de livres-objets en exemplaire unique (250 opus regroupés sous le nom Pavupapri).

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L’héroïne (l’auteur ?) a vraiment une vie de merde, surtout cet été, qu’elle nous raconte en quatre nouvelles.

La poire :

On retrouve sa mère, grabataire et fort mal en point, dans la buanderie de l’hôpital, en train de manger une poire, le rose aux joues après une évasion rocambolesque par la fenêtre.

L’anniversaire :

Depuis six moi elle a un petit ami, mais bon, il n’est pas top et castagneur, avec lui, c’est un festival ! « T’es avec un gars depuis si mois que te fait rêver un jour sur vingt-six, il t’en a fait voir de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel (c’est-à-dire du violet foncé au marron clair), t’as malheureusement dû tomber un peu trop dans ses yeux bleus et ce soit c’est ton anniversaire. », Après une chute, il se retrouve au  CHU de Clermont-Ferrand et elle découvre un chapelet de petites amies qui l’appellent sur le portable.

Mémé-vaudou :

« A midi il y a E. qui doit venir manger. Comprenez l’amour de sa vie passe et ce serait bien que vous, la remplaçante de fortune intérimaire, disparaissiez momentanément pour laisser s’épanouir ce moment privilégie de complicité tant attendu ». Bien sûr, elle obtempère, que faire d’autre lorsque l’on est comme elle. Attention là, elle fait intervenir mémé vaudou… A savoir une bague en or des fiançailles de sa grand-mère et lui lancer un « au secours mémé » et… ça marche. E. a eu un accident et a terminé au CHU de Cl… non de Bordeaux !

 

La pasteurellose d’été :

Elle sauve un chaton, un sacré de Birmanie qui, pour la remercier il lui chope le doigt et…. direction le toubib. Le vétérinaire de la fourrière l’informe que ce fameux chat est mort de la rage ou du typhus. Donc, direction CHU de Clermont-Ferrand. Non c’était la pasteurellose, mais bon….

Ce qu’elle raconte devrait être triste ou, pour le moins gris. Mais non, ses dessins très doux contrastent avec une écriture ironique, insolente, gaie, poétique. Cette fille a un grain mais alors, comme j’aime son petit grain de sel, de poivre, de miel.

J’adore la fin : « L’été, il y a ceux qui partent en vacances et ceux qui préfèrent aller au CHU, les gentils. »

A la fin du livre, il y a un résumé aux petits oignons :

« Quand ta mère vole des poires à la buanderie tu crois aux miracles, t’offres tes os contre un chaton, t’apprivoises les cafards et t’invoques mémé-vaudou pour exorciser le tout. Voilà le programme court, en quatre actes chirurgicaux, pour votre plaisir… »

Une petite perle de mots et de dessins. Cécile Gambini, j’aime votre univers

 

 

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Hadrien Kent - La grande panne

16 Janvier 2017, 16:00pm

Publié par zazy

La grande panne

Hadrien Kent

Editions le Tripode

280 pages

Avril 2016

ISBN : 9782370550903

4ème de couverture :

Accident ou attentat ? Une explosion dans une mine de graphite italienne provoque l’apparition d’un immense nuage qui menace de s’enflammer au contact des lignes à haute tension. Pour éviter la catastrophe, une coupure électrique générale est décidée dans toute l’Italie, plongeant le pays dans le chaos. Le nuage se déplace vers le nord, et la France décide à son tour de procéder à un black-out sur son propre réseau. Le gouvernement part s’installer sur l’île de Sein, en Bretagne, pour superviser la panne qui s’annonce. Commençant comme une série catastrophe, déroulant l’agenda d’une cellule de crise, La Grande Panne se transforme peu à peu en un roman inattendu mêlant les histoires d’amour aux arcanes du pouvoir, les trahisons amicales aux menaces d’attentat, la surveillance policière aux banalités d’une vie suspendue à l’attente du retour à la normale. On y croise un révolutionnaire qui rêve de mettre en place une insurrection civile, des conseillers qui tentent de contenir les humeurs d’un président de la République désabusé, un écrivain improductif qui observe son île devenue le centre hystérique d’un pays en état de choc, un brocanteur qui se trouve embrigadé malgré lui par un service secret étranger, un journaliste revanchard qui fait le portrait d’une France en apesanteur... La Grande Panne, ou le portrait d’une humanité un peu paumée, qui l’emporte sur la violence officielle du monde.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Hadrien Klent est un pseudonyme. Autre livre de cet auteur : Et qu'advienne le chaos

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Imaginez la France privée, sur toute l’immensité de son territoire, d’électricité pendant une longue fin de semaine !! Scénario catastrophe que décrypte, jour après jour, Hadrien Kent.

En Italie, un incendie criminel dans une mine de graphite met le feu aux poudres et, petit à petit, avec le vent, le nuage de graphite détruit toutes les lignes électriques italiennes. Pour une fois, le nuage ne s’arrête pas à la frontière française, ce qui pousse le gouvernement a agir de façon drastique et couper le courant pour laisser passer le nuage dévastateur.

Facile d’appuyer sur un bouton pour tout couper, mais les conséquences… « Nous sommes à la fois maîtres de la décision, je veux dire du moment où l’on va appuyer sur le bouton, et incapables de prévoir les conséquences de cette décision. En l’occurrence, nous ne pouvons nous appuyer sur aucun plan préétabli. Nous sommes au croisement d’Orsec, de Biotox, de Piratox et Piratom ».

Le gouvernement doit s’exiler ou rester à l’Elysée. C’est la première option qui est choisie et l’île de Sein parait être le meilleur repli. Ce qui est dit est fait.

La grand panne fait un heureux, Jean-René Hunebelle journaliste de son état qui va offrir à sa ronéo une nouvelle naissance avec la publication de son journal, diffusé à l’ancienne..

Un roman polyphonique avec beaucoup d’intervenants ce qui rend nécessaire et pratique la datation et la localisation en début de chapitre.

Quel foisonnement, un peu trop parfois. Petit à petit les pièces du puzzle  s’imbriquent.

L’île de Sein devient le lieu du gouvernement et tant de monde sur peu d’espace donne un aspect décalé qui m’a plu, avec un président cyclothymique. Nous sommes en direct du lieu de pouvoir, de décision. Je les regarde s’activer comme je regarde une fourmilière, avec curiosité, comme un pastiche du gouvernement de Vichy en 1940

Je suis heure par heure, ce challenge, ce défi. Au milieu de tout ça, il y a les anciens étudiants d’une même promo genre Voltaire qui entourent le président. Leurs petites histoires d’amitié, d’amour, de jalousie émaillent le livre. Il n’y a qu’à la toute fin que je comprends leurs relations, pour certains des idéaux bafoués.

Plusieurs histoires dans ce livre peut-être trop fourmillant, quand je vous parlais de fourmilière, nous y revoilà !!

Une fiction politique maîtrisée qui pourrait avoir des prolongements réalistes à travers les craintes actuelles d’attentats ou de catastrophe naturelle.

Merci Catherine pour le prêt. Ce livre a fait partie de la Voie des Indés de  Libfly  en mai 2016.

L'avis d'Yves,  Nicole

Petit sourire un brin ironique. Les media nous tannent avec la vague de froid et.... si elle engendrait une grande panne ! Sus aux bougies !

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Patrick Da Silva - Au cirque

12 Janvier 2017, 18:32pm

Publié par zazy

Au cirque

Patrick Da Silva

Editions Le Tripode

128 pages
avril 2017

ISBN :9782370551221
 

4ème de couverture :

Écrit comme une enquête policière, Au Cirque met en scène six personnages pris dans le tourbillon d’une tragédie familiale. Une langue crue, tout à la fois burlesque et terrifiante, nous plonge dans un monde où pèsent le passé et les secrets. En quatorze chapitres, quatorze stations, le roman s’achemine vers l’élucidation du drame, et son effroyable banalité.

Présentation atypique pour ce livre. Une couverture pailleuse et des pages intérieures qui dépassent et non coupées comme les livres pour adultes de mon enfance. Vous savez, il fallait prendre le coupe-papier. C’était déjà un plaisir.

L’auteur :

Né à Clermont-Ferrand en 1956, Patrick Da Silva a exercé divers métiers : assistant social, éducateur, boulanger, enseignant. Il est actuellement documentaliste. Patrick Da Silva a publié plusieurs ouvrages dont Jeanne

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Une banale affaire criminelle, un double meurtre dans un manoir délabré du Forez.  Ils sont quatre enfants, deux garçons et deux filles dont la dernière, le bredine. Ah que ce mot résonne à mes oreilles bourbonnaises ! Dans le langage courant, on dit berdine. René Fallet,  originaire du Bourbonnais l’employait.

Revenons à notre livre.

C’est la petite dernière qui découvre les deux corps nus dans la grange,  le père émasculé, yeux arrachés, langue coupée... Elle est restée avec eux à la ferme, même après le retour du père (supposé ?). Les quatre enfants, deux garçons et deux filles, sont présents dans la maison, enquête et funérailles obligent.

Patrick Da Silva utilise l’intermédiaire d’un « bonimenteur » pour narrer l’histoire, somme toute banale, d’un parricide. Il met en scène les quatre enfants avec un jeu de rôle efficace.

J’imagine le décor, la réunion dans la bibliothèque. Je suis assise devant l’arène, je lis, j’écoute le maître de cérémonie mettre en scène l’intervention des descendants. Tout est joué dans ce drame, cette tragédie. Le fils joue la mère, la fille le premier fils… tout est faux ou alors, ils racontent leurs ressentis, les silences de la mère ou ses réponses évasives, la peur, l’absence, la jalousie, l’isolement… De tous ces mensonges, il ressort la vérité brutale et un peu de celle des personnages,

Chaque chapitre, comme dans les séries, a un récapitulatif, comme un résumé des épisodes précédents ou histoire de canaliser pour mieux  exploser plus loin.

« Allons !

Ce que nous savons.

Ils étaient nus –le père, la mère- quand elle les a trouvés. Trop peu de sang sur les vêtements du père : il ne les portait pas au moment duc carnage.

Le sang du père sur les vêtements de la mère ! Mais juste des traces, sur le haut et le bas de la robe, la culotte, les manches du chemisier, les bordures, là où l’on tire pour enfiler. Et partout sur les deux, entre le linge et la peau, des brindilles de fois.

Ils étaient nus. C’est elle qui les a habillés. ».

Lu sur la quatrième de couverture : « En quatorze chapitres, quatorze stations ». Cela amène automatiquement une relation avec le chemin de croix que l’on trouve dans toutes nos églises et cathédrales. Pourtant, s’il y a des mises au tombeau, il n’y aura aucune résurrection ou pas celle à laquelle l’on pourrait penser. Je relie cela au  petit mot de l’auteur « Si je lis c’est d’abord que ‘ai entendu lire ; et ce n’était pas e soir dans mon lit, ni  l’école, des histoires pour enfants… non, c’était le dimanche et c’était à la messe. »

Le livre est, en lui-même, un objet original. Le contenu l’est également. Patrick Da Silva m’avait déjà séduite avec un livre précédent Jeanne. Sa plume poétique, sa verve me plaisent

Un auteur original, poétique comme je les aime.

 

 

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Jean-Pierre Minaudier - La poésie du gérondif

21 Juin 2016, 21:01pm

Publié par zazy

 

Poésie du Gérondif

Jean-Pierre Minaudier

Editions Le Tripode

Avril 2014
160 pages
ISBN : 978-2-37055-016-3

 

4ème de couverture :

Un éloge des grammaires, de la diversité des langues et des cultures du monde.

« Historien de formation, gros consommateur de littérature et de bandes dessinées depuis mon adolescence, j’ai, sur la quarantaine, traversé une drôle de crise: durant plus de cinq ans, je ne suis pratiquement arrivé à lire que des livres de linguistique, essentiellement des grammaires de langues rares et lointaines. Aujourd’hui le gros de l’orage est passé, mais je persiste à consommer nettement plus de linguistique que de romans. Je n’apprends pas ces langues: à part l’espagnol, l’anglais et deux mots d’allemand, je ne sais passablement que l’estonien, et je me suis quand même récemment mis au basque car c’est de loin la langue la plus exotique d’Europe. Mais j’en collectionne les grammaires — je possède à ce jour très exactement 1 1163 ouvrages de linguistique concernant 856 langues, dont 620 font l’objet d’une description complète. Je les dévore comme d’autres dévorent des romans policiers, comme le rentier balzacien dévorait les cours de la Bourse, comme les jeunes filles du temps jadis dévoraient Lamartine, frénétiquement, la nuit, le jour, chez moi, dans les diligences (pardon, le métro), en vacances, en rêve. Il y a longtemps en revanche que j’ai appris à m’en tenir à d’autres sujets dans les soirées en ville, car je ne tiens pas spécialement à dîner avec Lucullus. »

L’auteur :

Jean-Pierre Minaudier est né en 1961 à Lyon. Ancien élève de l'École Normale Supérieure, professeur d’histoire en hypokhâgne et khâgne, traducteur, il est également chargé de cours d’histoire estonienne et de traduction littéraire depuis l’estonien à l’INALCO et enseigne le basque à la Maison Basque de Paris. Son temps libre est assez compté.

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Gérondif (définition du petit Larousse) : En français, forme verbale terminée par-ant et précédée de la préposition en, qui sert à décrire certaines circonstances de l'action. (Le gérondif fonctionne comme un complément circonstanciel de cause, de concession, de condition, de manière, de temps ; son sujet sous-jacent est identique au sujet du verbe principal : En sortant, j'ai vu qu'il pleuvait.)

D’office je vais l’utiliser car, en lisant ce livre, il m’est souvent arrivé de sourire, voire rire, oh pas trop fort, j’étais dans un train.

La quatrième de couverture nous en apprend sur l’homme et son amour, que dis-je, sa gourmandise concernant la lecture et la linguistique. Cet amour, il le transmet dans son livre avec une verve, des trémolos dans les mots, un plaisir quasi charnel. Son livre, savant, érudit mais pas redondant, avec quelques piques bien senties « Et les Aztèques : qu’est-ce qui a bien pu pousser cette peuplade californienne à aller faire du tourisme au Mexique (je visualise un camping-car décoré de fleurs jaunes sur fond violet d’où s’échappe un air de Joan Baez, lancé à la poursuite d’un aigle entrevu dans un nuage de marijuana lors d’un trip particulièrement réussi), poussant même une reconnaissance jusqu’au Salvador (le fameux dialecte pipil) .

Vous apprendrez qu’en inuit « Tuktusiuqatiqarumalauqpuq » signifie « Il désira avoir un compagnon de chasse au caribou », que chidinaa'na'ibee'eldṍṍhtsohbikàà'dahnaaznilίgίi, « voiture qui glisse sur le sol avec de gros fusils dessus » parle en fait d’un tank !!

Ce fut un délice de lecture. Pierre Minaudier parle avec facétie de son amour des mots, des langues rares, des grammaires. J’aime son addiction. Ses déclarations d’amours dithyrambiques adressées aux éditions de Gruyter-Mouton trouvent leur acmé page 130. En voici quelques exemples sobres ! « Que tous les sains du paradis intercèdent en leur faveur au jour du jugement », « Elles sont le sel de la terre ! »

Un livre qu’il ne faut pas lire d’une traite, mais où il fait bon vagabonder, s’abandonner.

Jean-Pierre Minaudier a superbement traduit de l’estonien les livres d’Andrus Kivirähk, l’homme qui parlait la langue des serpents et les groseilles de novembre. La couverture est des mêmes auteurs.

Les cartes et les maquettes sont élaborées pour répondre à des besoins qui leur préexistent, tandis qu’une langue naît et se développe toute seule pour l’essentiel : c’est de manière imprévisible, incontrôlée qu’elle oriente notre regard sur les choses

Ainsi « tank » se dit chidinaa'na'ibee'eldṍṍhtsohbikàà'dahnaaznilίgίi, littéralement « voiture qui glisse sur le sol avec de gros fusils dessus ». Il est probable que dans la pratique, les Navajos recourent à l’anglais pour le genre de conversation où l’on a à mentionner un tank – C’est une bête question de sélection naturelle : le temps de s’écrier « Gare, le tank arrive ! », l’obstiné » navajophone est déjà réduit à l’état de crêpe Suzette, dans l’indifférence de ses compagnons d’armes plongés dans leur dictionnaire.

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Emmanuel Régniez - Notre Château

14 Juin 2016, 09:16am

Publié par zazy

 

Notre château

Emmanuel Régniez

Editions le Tripode

128 pages

janvier 2016

ISBN : 9782370550781

 

4ème de couverture :

Un frère et une sœur vivent reclus depuis des années dans leur maison familiale, qu’ils ont baptisée « Notre château ». Seule la visite hebdomadaire du frère à la librairie du centre ville fait exception à leur isolement volontaire. Et c’est au cours de l’une ces sorties rituelles qu’il aperçoit un jour, stupéfait, sa sœur dans un bus de la ligne 39. C’est inexplicable, il ne peut se l’expliquer. Le cocon protecteur dans lequel ils se sont enfermés depuis vingt ans commence à se fissurer.

On pourrait penser aux films Les Autres de Alejandro Amenábar, Shining de Kubrick, ou à La Maison des feuilles de Danielewski. En reprenant à son compte l’héritage de la littérature gothique et l’épure de certains auteurs du nouveau roman, Emmanuel Régniez réussit un roman ciselé et singulier, qui comblera les amateurs d’étrange.

L'auteur :

Emmanuel Régniez est un écrivain de langue française. Notre Château est son premier roman. Il est aussi l'auteur de l'Abc du gothique aux éditions Le Quartanier.

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Octave et sa sœur Véra vivent dans une grande maison qu’ils appellent « Notre château ». Ils en ont hérité, il y a vingt ans, à la mort de leurs parents et depuis vingt ans y habitent sans jamais en sortir. « Cela fait vingt ans que ma sœur et moi habitons cette grande, si grande, et belle, si belle maison. Si grande et si belle que nous l’appelons Notre Château. » Cette vie de reclus est interrompue par la sortie hebdomadaire du jeudi chez son libraire faire provision de livres. C’est leur seule activité, leur seule passion et la bibliothèque du château, leur maison. Ils vivent une sorte de routine, comme un vieux couple qu’ils sont.

Ce jeudi, Octave aperçoit sa sœur dans un bus à 14h32 exactement, dans le bus n°39. Or, sa sœur ne sort jamais et refuse de prendre le bus. Que se passe t-il, quelle est cette cachotterie ? Cette vision est la première lézarde dans le mur qu’ils se sont construits après la mort de leurs parents dans un accident de voiture.

Ils n’ont pas d’amis, pas de connaissance, personne ne vient sonner à leur porte. Un autre jour, « A 11h03, précisément, on a sonné à la porte de Notre Château. Je suis allé ouvrir. Véra dormait.». Ce coup de sonnette est un pas de plus dans la tragédie.

Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler ce livre palpitant. Emmanuel Régniez joue avec le paranormal, le gothique. Par le martèlement, l’itération, il scande ses phrases, m’enroule dans son histoire, m’envoûte. Ce livre va crescendo. J’y avance en me posant plusieurs questions (qui auront leurs réponses au fil de ma lecture). Véra et Octave semblent être les prisonniers volontaires de cette maison où je me trouve prisonnière à mon tour. Une écriture maîtrisée, jouissive pour un tourbillon ou une descente vertigineuse. Une superbe lecture, un régal. . Les photos en fin de livre ajoute au mystère N’hésitez pas, entrez dans leur Château.

Un bel objet que ce livre. Une nouvelle belle découverte des Editions du Tripode qui chouchoutent leurs lecteurs

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Edward Gorey - L'invité douteux

25 Mai 2016, 14:04pm

Publié par zazy

L’invité douteux

Edward Gorey

Traduction libre d’Oscar

Editions Le Tripode

48 pages

 23 octobre 2014

ISBN : 9782370550330

 

Quelle est cette étrange créature portant des baskets blanches et une écharpe qui fait irruption dans le manoir de ces aristocrates britanniques et rend leur vie impossible ? Dix-sept ans plus tard, elle est encore et toujours là ! Que représente-t-elle ? D’abord représente-t-elle quelque chose ?

Un album sur l’absurde où les textes résument les dessins. J’ai aimé le décalage entre la situation de cette espèce de pingouin en baskets et la douceur qui émanent des dessins, malgré la noirceur des traits de ces dessins à l’encre si précis qu’ils tirent vers l'eau-forte.

La couverture, elle, est très gaie

Livre lu dans le cadre de la voie des indés organisée par Libfly et les éditeurs indépendants. Merci à toi Lucie pour cette extravagante découverte.

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Yak Rivais - Aventures du Général Francoquin au pays des Frères Cyclopus

10 Juillet 2015, 15:30pm

Publié par zazy

 

Aventures du Général Francoquin au pays des Frères Cyclopus

Yak Rivais

Editions Le Tripode

Février 2015

600 pages

ISBN : 9782370550408

 

4ème de couverture :

Après d’âpres combats, les frères Cyclopus ont fait triompher la révolution dans leur pays. Mais ils sont sous la menace de l’État voisin, qui rêve de faire main basse sur les ressources du territoire ravagé. Le général dom Franquin, accompagné de sa femme, de sa fille Chou-Baby, de sa maîtresse Filasse, du colonel Saint-Eustache et d’une bande d’hommes de main aux ordres du tueur N’a-qu’un-OEil, est envoyé sur place afin d’engager l’entourloupe. L’affaire semble réglée, tant l’homme paraît discipliné, imbécile même, peu dangereux pour ses employeurs. Un périple de 7 jours sur les terres des frères Cyclopus bousculera les données, et vaudra au général son nom de gloire : Francoquin.

En 1967, Yak Rivais faisait irruption dans la littérature française avec ce roman picaresque hors normes. Soutenu par Simone de Beauvoir, publié par Raymond Queneau chez Gallimard, il provoque la stupeur et l’enthousiasme des critiques littéraires de l’époque. Depuis, le livre avait été en partie oublié, quand bien même des auteurs contemporains comme Franz Bartelt avouent « rester sur le cul » à sa lecture.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Né en 1939, Yak Rivais se fait d’abord connaître dans les années 60 par ses romans. Apprécié par la critique, il voit le cycle Francoquin occulté par une diffusion confuse et le succès de ses œuvres pour la jeunesse.

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Comment parler d’un tel livre sans l’amoindrir, sans l’affadir ?

J’ai eu entre mes mains une épopée burlesque, cocasse, ubuesque. Chaque page sa découverte langagière, chaque page son éclat de rire… Ce roman est un roman d’amour-aventures-politique. Oui chers amis, c’est comme à la Samaritaine (Paix à son âme !) on y trouve de tout et du bon, du superbe.

La trame est simple : Le Général Franquin est mandé par son père, sous les ordres de l’empereur d’aller au pays des Cyclopus mettre un peu d’ordre, enfin, leur ordre bien entendu, et faire cesser les petites guéguerres-révolutionnantes et, aussi, faire main-basse sur les ressources. Il part donc avec femme et maîtresse (Filasse de son surnom), accompagné d’hommes de main et, bien sûr, de félons. Tout devrait se dérouler selon les bons plans des « décideurs » ? Oui, mais voilà… les ennemis, les frères Cyclopus Cyclopus Hyn, Catt-bis et Fédor Yahspoutine, Cyclopus Hyn, Catt-bis et Fédor Yahspoutine et l'Armée Populaire de Libération ne sont peut-être pas les ennemis sanguinaires que les autres pensent.

De ce postulat tout simple, Yak Rivais réussit le tour de force d’avoir au minimum une trouvaille, une pépite à chaque page. Tous les personnages, toutes les situations sont prétextes à des réflexions quelques fois philosophiquement sérieuses mais qui ne se prennent, surtout pas, au sérieux.

Ça fornique à tout va, maîtresses, amants, même le jésuite est de la partie (c’est le cas de l’écrire !). Mais non ce n’est pas un livre licencieux. Yak Rivais fait crépiter les mots, les émancipent, joue avec et nous offre un feu d’artifice extraordinaire où les réparties fusent sans parcimonie, mais avec originalité et talent. Vocabulaire revisité, emploi hilarant du subjonctif et du passé simple, jeux de mots, approximation rigolote. Vous savez comme le marde d’Ubu.

Bref, un livre à lire. Satire avant tout, Yak Rivais se moque, avec beaucoup de plaisir, de l’armée, de l’église, des gouvernants et ce, sans aucune vergogne.

Un livre salutaire.

 

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Sigolène Vinson - Le caillou

11 Mai 2015, 08:42am

Publié par zazy

Le Caillou

Sigolène Vinson

Editions le Tripode

4ème de couverture :

C’est l’histoire d’une femme amoureuse qui voulait devenir un caillou

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Et si ce petit caillou s’appelait Paul ? Oui, on va dire qu’il se nomme ainsi. Oui, on peut, car les choses sont à peu près comme ça. Un caillou, surtout dans la chaussure, dérange, ne se laisse pas oublier. Il en va ainsi de Paul, Paul Overey pour être précise.

Remontons à la source. La narratrice, prof en collège a tout plaqué et s’enferme chez elle. Elle se roule en boule comme un hérisson tous piquants en action pour se protéger. Elle noue des relations avec ses vieux voisins, surtout avec Monsieur Bernard qui vient un jour sonner à sa porte. Féru de sculpture, il n’a de cesse que de sculpter dans la glaise le portrait de la narratrice. Il part très souvent en Corse, mais chut ! Leur amitié ira jusqu’à la mort du vieil homme et même au-delà puisque la narratrice se rendra sur l’île rousse pour retrouver trace de ses passages et y vivre.

Et… Si ce n’était pas tout à fait la vérité. Et si elle avait rêvé sa propre vieillesse. Et si la vérité était beaucoup moins belle. Et si c’était elle qui n’avait pas le beau rôle. Et si….

Sigolène Vinson, d’une écriture alerte, vivante, inventive propose 4 moments de vie : lequel est vrai ? Lequel est fantasmé ?

Et si c’était la narratrice, le petit caillou qui empêche de marcher.

J’ai aimé l’image de la narratrice se fondant dans la roche pour devenir statue.

Merci aux éditions le Tripode et à Julie pour cet excellent voyage au pays des cailloux. Avec la narratrice, j’ai sauté de caillou en caillou, d’une vie à l’autre avec grand plaisir.

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