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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #editions joelle losfeld

Stéphanie Kalfon - Les parapluies d'Erik Satie

3 Mai 2017, 15:52pm

Publié par zazy

Les parapluies d’Erik Satie

Stéphanie Kalfon

Editions Joëlle Losfeld

Février 2017

216 pages

ISBN : 9782072706349

 

4ème de couverture :

En 1901, Erik Satie a trente-quatre ans. Sans ressources et sans avenir professionnel, il délaisse Montmartre et l'auberge du Chat Noir pour une chambre de banlieue sordide où, coincé entre deux pianos désaccordés et quatorze parapluies identiques, il boit autant, ou plus, qu'il compose. Observateur critique de ses contemporains, l'homme dépeint par Stéphanie Kalfon est aussi un créateur brillant et fantaisiste : il condamne l'absence d'originalité de la société musicale de l'époque, et son refus des règles lui vaut l'incompréhension et le rejet de ses professeurs au Conservatoire.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Lauréate en 2007 de la bourse « Scénariste TV » décernée par la Fondation Lagardère, Stéphanie Kalfon a notamment travaillé pour la série Vénus et Apollon diffusée sur Arte. Elle est également la réalisatrice du film Super triste avec Emma de Caunes, et travaille actuellement sur un long métrage avec Jean-Pierre Darroussin. Les parapluies d'Erik Satie est son premier roman.

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Ce n’est pas une biographie mais une interprétation, une recomposition de la vie d’Erik Satie, sa longue descente dans les enfers de la solitude, de la folie, de la création.

Avec Erik Satie, homme très entier

 

« On ne partage rien pour de faux. On ne partage rien pour passer le temps, faire quelque chose, rester à ensemble sans importance. »

Depuis sa plus tendre enfance, le compositeur est hors temps, hors jeu, "un égaré dans ce siècle" Il se cherche dans un monde qui se modernise mais dont les parangons refusent toute innovation comme ses professeurs du Conservatoire. Il entre en lui-même, écorché vif. Sa chambre à Arcueil, est son cercueil, son refuge ultime, il y crève de solitude. Pourquoi partir si loin de Paris, de ses amis ?

« Il veut être à la périphérie car il se sent périphérique. Et Satie est avant tout un être cohérent. Voilà ce que les autres n’ont pas compris, ceux qui le croient fou, excentrique. Ceux qui ne voient en lui qu’une dérisoire dérision ».

L’amitié est importante pour lui et n’en veut même pas à son ami Debussy qui lui vole ses idées et créera  Pelléas et Mélisande.

« Il s’était senti compris, et aussitôt dépossédé, mais trop tard mon bon vieux, il ne fallait pas en dire autant, tout donner pourquoi ? Est-ce qu’un peu d’admiration vaut assez pour tout donner ? Juste pour le plaisir d’être le centre éphémère du monde ? »

Man Ray, quant à lui estimait que

« Erik était le seul musicien à avoir des yeux.. Le photographe avait repéré qu'Erik n'écoutait pas la musique, il la peignait, il la photographiait, il l'observait."

Un écorché vif qui se protège, mais de quoi ? Avec ses quatorze parapluies noirs.

Quelques petits entractes lorsque Stéphanie Kalfon met en scène les actualités de l’époque, naissance du cinéma, la construction de la Tour Eiffel, même la naissance du Coca Cola ! Heudebert et la création de la biscotte…  « Mais ceci est une autre histoire. »

L’écriture vive, alerte, de Stéphanie Kalfon est à l’opposé de ce qu’elle raconte de la vie misérable, décalée d’Erik Satie. Pourtant, elle épouse le rythme du compositeur, scande la musique de ses mots au rythme des divagations de Satie, le suit dans ses désespérances, sa fuite en avant. Elle le suit en Absurdie, dans sa déchéance, son enfermement. Pour moi, cette apparente dichotomie est la force de ce livre.

Un très bon premier livre qui m’a permis de découvrir une autre vue de la musique de Satie

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois.

 

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Chantal Pelletier - Cinq femmes chinoises

28 Juillet 2015, 21:47pm

Publié par zazy

ëlle Losfeld

Cinq femmes chinoises

Chantal Pelletier

Editions Joëlle Losfeld

Février 2013

136 pages

ISBN : 9782072483424

 

 

4ème de couverture :

Cinq vies de l'enfance à la maturité, cinq portraits de Chinoises d'aujourd'hui, qui s'extirpent des noirceurs d'une Chine secouée par les guerres, les famines, les atrocités pour accéder à une modernité clinquante et contemporaine. Suivant les destins croisés de ses héroïnes, Chantal Pelletier donne un aperçu de l'élan et du dynamisme qui sont en train de transformer la Chine en pays le plus riche du monde, et du prix fort que les individus ont à payer dans ce combat sans pitié.
Sont évoqués avec réalisme des sujets rarement abordés à propos de la Chine contemporaine : l'accession des femmes à des postes à responsabilités, la sexualité et l'homosexualité, la dureté des rapports familiaux...

L’auteur (site de l’éditeur) :

Voyageuse en écriture comme dans la vie, Chantal Pelletier navigue avec bonheur des nouvelles aux polars, du théâtre (elle a été une des Trois Jeanne) aux romans, dont trois ont été publiés aux Éditions Joëlle Losfeld (Paradis andalous, 2007, De bouche à bouches, 2011, Cinq femmes chinoises, 2013). Ce dernier (prix Printemps du roman 2013) a reçu un très chaleureux accueil de la part des lecteurs et de la presse.

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Cinq vies, cinq parcours de vie.

Xiu est chassée de son école de gymnastique bien que la meilleure de sa classe car On a décrété son père traite au Parti. Elle veut sa revanche et l’aura. Elle deviendra une femme d’affaire très riche. Daxia, sa fille en fera tout autant, comme les 3 autres. Que dire de ces femmes qui ont eu une vie hors toute sentimentalité. Tiziano Terzani l’écrivait dans son excellent livre «Un devin m’a dit »: les chinois sont pragmatiques. Ces cinq vies en sont la preuve parfaite. Foin de tout sentimentalisme, il faut arriver, se sortir de la fange, de la misère, survivre avant de vivre. Mais je ne puis pas dire que ces femmes soient heureuses. Elles marchent en regardant devant, loin devant, jamais en arrière ou simplement pour voir le chemin parcouru et aller encore plus loin. Elles ont fait fortune. Elles ont sacrifié à leur nouveau Dieu : le Dollar. Elles sont homosexuelles dans un pays où cela est très mal vu et punissable, mais, les autorités « tiédissent » (bien sûr, c’est de l’humour) et la chose est tolérée. Le thème le plus fort de ce livre est leur incapacité à montrer leurs sentiments, aveu de faiblesse. Faibles avec leurs enfants mâles, elles sont sans pitié avec leurs filles. Est-ce pour démontrer cela que ce ne sont que des portraits de femmes réussissant leurs vies professionnelles ? Oui la Chine est malade de son pragmatisme, de sa folie de la réussite en laissant derrière elle, l’humanité.

Chantal Pelletier ne s’embarrasse pas de sentiments pour décrire ces vies. C’est âpre, rude, dur. Les phrases sont sèches, pas de romantisme du tout dans ce livre. La Chine s’est éveillée au communisme, elle s’éveille maintenant au consumérisme, mais toujours point de romantisme ! Ce livre est, je pense, une très bonne approche de la Chine moderne, sur l’émancipation féminine et leur arrivée à des postes de décision.

 

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