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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #editions belfond

Anne-Laure Béatrix, François-Xavier Dillard - Austerlitz 10.5

27 Mai 2017, 21:40pm

Publié par zazy

Austerlitz 10.5

Anne-Laure Béatrix

François-Xavier Dillard

Editions Belfond

Mars 2016
272 pages

ISBN : 9782714473356

 

4ème de couverture :

Imaginez un monde où la Joconde a disparu...

En 1910 la Seine avait atteint lors de la grande crue de Paris son niveau maximal : 8.62 mètres sur l'échelle hydrométrique du pont d'Austerlitz.
Aujourd'hui, la pluie tombe depuis trois jours dans la capitale. Les trois premiers jours les habitants de la grande ville ont râlé. Et puis, le soir du quatrième jour, l'alimentation électrique a été coupée. La plupart des arrondissements ont alors connu un black-out total faisant souffler un vent de panique sans précédent dans la population. Le métro a été fermé. L'ensemble du vaste réseau sous-terrain des transports publics s'étant retrouvé noyé par des hectolitres d'eau sombre et glacée. Lorsque les premiers immeubles se sont effondrés et que la grande vague de boue a déferlé sur la ville, une véritable hystérie collective s'est emparée des parisiens et les pires exactions ont été commises. Au nom de la survie... La peur, puis la violence ont déferlé sur la ville.
Paris est dévastée et la plupart des habitants, du moins ceux qui ont la chance d'avoir encore un toit, se terrent chez eux en attendant que cette pluie démentielle cesse enfin...
Sous le pont d'Austerlitz l'eau a atteint son record : 10.5.

Un an plus tard, on sait que Paris ne sera plus jamais la même. Pour François Mallarmé qui a tout perdu dans cette catastrophe, sa femme et son enfant, la vie n'est qu'un long cauchemar. Il continue tant bien que mal à faire son boulot de flic dans une ville où plus rien n'a de sens. Jusqu'au jour où une affaire de meurtres sordides le ramène à son cauchemar, au cœur même du Louvre, dans ce musée qui pour le monde entier était le symbole de ce qui fut la plus belle ville du monde, et où même la Joconde a disparu....

Les auteurs (site de l’éditeur) :

Anne-Laure Béatrix est directrice de la communication du Louvre. Austerlitz 10.5 est son premier roman.

Né à Paris en 1971, François-Xavier Dillard a fait des études de droit et de gestion avant d'intégrer un grand groupe énergétique français au service des ressources humaines puis à la communication. Il est l'auteur de Un vrai jeu d'enfant et Fais-le pour maman, parus chez Fleuve noir. Après Austerlitz 10.5, co-écrit avec Anne-Laure Beatrix, Ne dis rien à papa est son deuxième roman à paraître chez Belfond.

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Le déluge s’est abattu sur Paris. L’eau monte, s’engouffre dans le métro, s’infiltre dans les tunnels, sape les immeubles  qui s’effondrent comme des châteaux de sable. La catastrophe a fait beaucoup de morts, causé d’énormes dégâts dont la ville n’arrive pas à se relever.

Paris est  dévasté et la province ne veut plus payer pour réparer. Le gouvernement s’est replié à Vincennes, laissant la place à la maire de Paris. Les politiques étant ce qu’ils sont, les luttes intestines, larvées, ou au grand jour éclatent qui facilitent les trafics en tout genre. Une faune composée de gangs, de trafiquants, meurtriers… règne dans les sous-sols de la capitale.

« Car après le chagrin et la peine, après la sueur et les larmes, viendrait le temps du chaos et des troubles. »

Des personnalités, des peoples comme l’on dit, sont tuées. François Mallarmé (mal armé pour survivre à la mort de sa femme et de son fils) reprend son métier de flic et conduit cette enquête qui le mènera au Louvre, dévasté après l’explosion, par la force de l’eau, de la pyramide. En effet, le seul point commun que Mallarmé trouve entre toutes ces personnalités est un rendez-vous au Louvre.

Le fils d’une des victimes était avec son père et a sûrement été kidnappé par le meurtrier. Une bande comme il y en a tant dans les boyaux du métro ? Une demande de rançon ?

KKK le rédacteur en chef  du Nouveau Parisien, colle l’affaire entre les mains de  Chloé, jeune journaliste,

« L’affaire prend une tournure éminemment politique, Chloé. Notre ministre de l’Intérieur ne manquera pas de saurer sur l’occasion de ce nouveau meurtre, de cette disparition, pour appeler à un retour immédiat du gouvernement à Paris. Et pour flinguer au passage les projets d’autonomie de notre maire chérie, l’inénarrable Marianne Figari… Tu ne vas quand même pas laisser ça à ce pauvre Fignol et à ses chiens écrasés »

On dit que les parallèles ne rejoignent jamais. Pourtant Mallarmé et Chloé vont finir par se rencontrer et travailler ensemble soulevant les trafics d’œuvres d’art, les soirées privées spéciales

Comment parler de ce bouquin qui m’a tenu en haleine jusqu’à la fin ?

De fausses pistes en rencontre, de meurtres en soirées licencieuses… chapitre par chapitre, de page en page, les deux auteurs ont écrit un suspens avec de nombreuses pistes, habilement tressées avec une fin….

Anne-Laure Béatrix connait le Louvre sur le bout de ses pieds, donnant, ainsi beaucoup de véracité aux lieux. Chaque titre de chapitre porte le nom d’une œuvre où le crime lié est mis en scène. Pourquoi le meurtrier  a-t-il agi ainsi ?

 

Ce roman apocalyptique à quatre mains est stupéfiant de réalisme. Les eaux troubles de la Seine ne sont rien à côté du marigot souterrain et politique. Les premiers chapitres parlant de l’inondation sont  apocalyptiques et vraisemblables. L’écriture est nerveuse sans être sèche, le scénario construit aux petits oignons ; de la belle ouvrage.

 

Je suis conquise

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Je n'aurais pas dû - 3

30 Mars 2017, 20:10pm

Publié par zazy

Le principe du désir

Saïdeh Pakravan

Editions Belfond

mars 2017

432 pages

ISBN : 9782714470942

 

4ème de couverture :

Sarah Bly, artiste new-yorkaise en pleine ascension dans le marché de l'art contemporain, rencontre un homme exceptionnel et immensément charismatique, Thaddeus Clark. Non seulement est-il un collectionneur de renommée internationale, un mécène et un géant des marchés financiers mais c'est aussi un être profondément équilibré et adorant la vie. Un homme heureux dont Sarah s'éprend de toute son âme mais avec qui elle ne veut pas vivre une banale histoire d'amour. Pour parer à ce risque, elle fait sien le Principe du désir : puisque nous voulons tous ce que nous n'avons pas, jamais Clark ne verra d'elle autre chose qu'une tiédeur amicale et plutôt indifférente, sauf dans leur vie sexuelle, d'une rare intensité. Devant la poursuivre sans cesse, il continuera à l'aimer.

Dans l'état second qui devient le sien, saura-t-elle dépasser sa folie passagère pour arriver à vivre avec Thaddeus?

L’auteur (site de l’éditeur)

Saïdeh Pakravan, écrivaine franco-américaine de fiction et poète, est née en Iran. Ayant grandi dans un milieu francophone, elle s'installe à Paris, participant, après la révolution iranienne de 1979, à un mouvement de libération de l'Iran.
Publiée dans de nombreuses revues littéraires et anthologies, lauréate de prix littéraires dont le prix Fitzgerald, Saïdeh Pakravan est également essayiste et critique de film.

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Du début, ce livre avait un gros handicap ; je l’ai lu juste après « Les putes voilées n’iront pas au Paradis ! ». Un challenge qui n’a pas été relevé.

Cela m’a paru trop superficiel, trop convenu, trop roman à la BC. Je n’ai pas tenu plus de cent pages, je l’ai refermé définitivement. Je sais qu’il conviendra parfaitement à une personne : ma mère.

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Xavier Hanotte - Du vent

29 Novembre 2016, 21:46pm

Publié par zazy

Du vent

Xavier Hanotte

Editions Belfond

Octobre 2016
432 pages

ISBN : 9782714458261

 

4ème de couverture :

Dans une ville portuaire, le lieutenant Bénédicte Gardier vient prendre ses nouvelles fonctions au sein d'un important dépôt stratégique. Tandis qu'elle gagne son hôtel, comment se douterait-elle des ennuis qui l'attendent ?
Dans le port sicilien de Lilybée, le triumvir Lépide débarque avec ses légions. Il vient prêter main forte à son collègue Octave, dont l'ambition démesurée commence à l'inquiéter. Pourquoi ne prendrait-il pas enfin la part de pouvoir qui lui revient ? Entre ces deux débuts d'histoires, quel lien ?
Leur auteur ! Le romancier Jérôme Walque s'est lancé dans une double entreprise de narration.
Seulement voilà... La littérature serait-elle davantage que du vent ? Quand les récits se mettent à déborder sur la réalité et que de mystérieux personnages, éditeurs ou policiers, s'en mêlent, Jérôme commence à douter.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Né en 1960 en Belgique, Xavier Hanotte vit près de Bruxelles. Philologue et germaniste, il a traduit quelques-uns des plus grands romanciers flamands et néerlandais contemporains parmi lesquels, aux éditions Belfond, Hubert Lampo et Marten't Hart, ainsi que le poète anglais Wilfried Owen (Le Castor Astral). Ses romans, Manière noire (1995), De secrètes injustices (1998), Derrière la colline (2000), Les Lieux communs (2002), Ours toujours (2005), Le Couteau de Jenufa (2008), ainsi que son recueil de nouvelles L'Architecte du désastre (2005), tous publiés chez Belfond, ont été unanimement salués par une critique élogieuse.

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Une couverture mystérieuse, voire suggestive, parlante (après coup) comme souvent les couvertures de la collection pointillé des éditions Belfond et ma curiosité est titillée.

Comment résumer un tel livre ? Là est la question !

Tout commence, je dirais, normalement.  Une histoire d’espionnage lambda. Bénédicte Gardier se trouve ficelée comme un rôti dans sa chambre d’hôtel par une jeune femme qui va prendre sa place. J’ai omis de préciser que ladite Bénédicte est gradée dans l’armée (cf 4ème de couverture). L’échange verbal entre les deux femmes est drôle enlevé, enfin surtout pour la seconde, la première, bâillonnée, a un discours beaucoup plus monosyllabique.

Ensuite, toujours dans la continuité, je fais connaissance avec l’auteur Jérémie Straube dans le bureau de son éditeur. Jérémie est un auteur dilettante, qui aime tout écrire à condition que cela lui rapporte de l’argent. Il saute d’un projet à l’autre. Dans le cas de Bénédicte, il passe le bébé à Jérôme Walque, son ami d’enfance, écrivain « sérieux » qui planche sur la vie de Lépide, Marcus Aemilius Lepidius, le troisième du triumvirat avec Antoine et Octave.

Ici aussi, c’est un triumvirat. Trois auteurs, trois livres. Pourtant, tout n’est pas aussi simple, surtout lorsque Jérôme Walque passe de l’autre côté du miroir pour y sauver son Alice, pardon Bénédicte. Les éditeurs, les fameux B&B sont-ils ce qu’ils disent ?

Heureusement l’auteur a pris soin de  mettre un avertissement « les amateurs d’Histoire romaine férus de cartésianisme peuvent fort bien se porter immédiatement aux chapitres 6, 10,13 et 18 de cet ouvrage qui en contient plusieurs. »

Avec humour (le fameux humour belge ?) Xavier Hanotte parle du métier d’écrivain dans ce qu’il peut avoir de vain et surfait comme Jérémie Straube ou bûcheur, sérieux, cherchant l’angle réaliste, exact ou poétique comme Jérôme Walque. Le succès  et l’argent sont inversement proportionnels au talent des auteurs. Selon Jérémie « tout écrivain digne de ce nom devait suivre sa pente naturelle et sacrifier la sécurité au profit de l’audace créatrice. Au lieu de peaufiner en amateur, avec une maniaquerie de miniaturiste, ses gros romans tellement étrangers à l’esprit du temps, pourquoi Jérôme ne se lançait-il pas  dans la grande foire d’empoigne du monde littéraire, où vie quotidienne et écriture se mêlaient dans une exaltante étreinte ? » Cela me rappelle certains pisse-copie ((Argot) Écrivain très fécond qui fait passer la quantité devant la qualité. Selon Wiktionnaire) que nous retrouvons à chaque rentrée littéraire. Ecrire un roman, est-ce jouer avec le vent ?

Au début du livre, j’ai pensé que Jérémie et Jérôme étaient les deux faces d’un même personnage ; l’auteur écrit page 79 « il goûta la joie tranquille de redevenir, enfin, Jérôme Walque ». L’explication vient ensuite.

Xavier Hanotte, que je découvre, réussit la performance d’écrire trois romans aux styles très différents avec la même qualité d’écriture. Les romans, les auteurs s’emboîtent, se télescopent, divaguent, philosophent (de comptoir), le tout avec humour.

Du vent , un roman échevelé (il fallait bien que je la fasse !) où je sens le plaisir qu’a pris Xavier Hanotte à l’écrire. Il y a des rires, des sourires entre les mots  avec, quelques pointes caustiques qui pimentent le livre.

Une heureuse découverte que je dois aux Editions Belfond

 

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Oscar Lalo - Les contes défaits

23 Octobre 2016, 20:36pm

Publié par zazy

Les contes défaits

Oscar Lalo

Editions Belfond

224 pages

Août 2016

ISBN : 9782714473868

 

4ème de couverture :

Peau d'âme, noire neige, le petit poussé... Il était zéro fois... c'est ainsi que commencent Les contes défaits.

Peau d'âme, noire neige, le petit poussé... Il était zéro fois... c'est ainsi que commencent Les contes défaits.
L'histoire est celle d'un enfant et de l'adulte qu'il ne pourra pas devenir.
Je suis sans fondations. Ils m'ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m'empêche de mettre le mien. La page reste blanche car tout ce qui s'y inscrit s'évapore.
Sans rien dire jamais de ce qui ne se montre pas, loin de la honte et de la négation, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence...
Et c'est en écrivant l'indicible avec ce premier roman qu'il est entré de façon magistrale en littérature.

 L’auteur (site de l’éditeur) :

Oscar Lalo a passé sa vie à écrire : des plaidoiries, des cours de droit, des chansons, des scenarii. Quand est venu le moment d'écrire Les Contes défaits, il n'y avait plus de mots disponibles. Alors il les a inventés, et il est devenu écrivain.

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« Ce qui m’est arrivé ne m’est pas arrivé. Ce que je sais, c’est que c’est arrivé à d’autres, et qu’eux non plus ne le savent pas. Ma vie est un conte qui n’existe pas. Un conte inventé qui, depuis, me hante. Un conte impossible : ni fée, ni citrouille, ni carrosse. Un conte vide. »

D’une écriture pudique, presque distanciée et avec beaucoup de délicatesse, le narrateur raconte l’indicible, dont il ne s’est jamais remis.

« On croyait que notre mère savait tout et ne tarderait pas à apparaître, elle qui nous disait si souvent : "Une maman ça voit tout." Non. Et l'homme le savait. Il lui suffisait de faire bonne figure à la gare. Son innocence naturelle séduisait. Les Thénardiers ne ressemblent jamais aux Thénardiers. « L’araignée commence par tisser sa toile. » Ces vacances qui auraient dû être une fabrique à beaux souvenirs ont détruit le narrateur et beaucoup d’autres petits garçons, presque tous en fait. Oui l’araignée tissait bien sa toile et la mère laisse partir ses enfants avec plaisir. « Ce sont nos parents qui nous conduisaient au train. A qui se plaindre quand c’est la police qui vous livre ? »

Le pire c’est que cela se reproduisait à chaque séjour et que les « anciens » devenaient des « dominés-dominants ». « Dans un monde réel, mon silence  me condamnait à une peine théoriquement égale à celle des autres participants. Mais nous savions tous que le monde du home s’appuyait sur la non-assistance à enfants en danger. »

Le narrateur est détruit. « Je suis sans fondation. Ils m’ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m’empêche de mettre le mien. Raison pour laquelle j’endosse à l’envie n’importe quelle identité. La mienne, je l’ignore. Dans les deux sens : je ne la sais ni ne la veux. Je joue mieux la vie des autres. »

La construction du livre, chapitres courts, phrases courtes, pas de pathos, juste des mots, des ellipses qui parlent de l’indicible sans jamais le montrer, sans jamais le décrire. Pas de voyeurisme dans ce livre, tout est suggéré et ce n’en est que plus fort.

Dans le livre, la colonie de vacances s’appelle home d’enfants jeu de mots terrible avec l’homme d’enfants. « On m’a privé d’enfance comme d’autres de dessert. Sauf que l’enfance c’est l’entrée et le plat principal. A cause de l’homme d’enfants, je suis un homme enfant. Un enfant trop grand et un homme trop petit. ». Les petits garçons n'avaient pas de fées à leurs côtés dans ces contes défaits

Un superbe premier roman qui prend aux tripes, qui fend le cœur, mais qui est d’une dignité exemplaire. Un coup de cœur, plutôt un coup de poing en pleine figure.

La couverture de ce livre est très parlante ; Le gamin se « défait » de la tête

 

 

En groupe, on se partageait la solitude. Quand un enfant avait les yeux dans le vide, c’est que l’homme était passé par lui.

La directrice nous frappait, l’homme nous caressait… Pour une claque ou une caresse. La seconde laissait plus de traces.

Nous n’en parlions jamais. Un regard échangé signalait que l’un d’entre nous était tombé.

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Julie Gouazé - Les corps de Lola

24 Septembre 2016, 13:43pm

Publié par zazy

 

Les corps de Lola Julie Gouazé

Editions Belfond

Septembre 2016

128 pages

ISBN : 9782714474117

 

4ème de couverture :

Lola est une femme comme les autres. Que veut dire être une femme comme une autre ?
Qui pourrait se douter en regardant Lola qu'un feu violent couve au fond de ses tripes ?
Lola si douce, si compréhensive... C'est pourtant une rage ancestrale qui sort de Lola.
Elle est une. Elle est deux. Rouge et Bleue.
Les deux Lola enfermées dans un même corps.
Qui est-elle ? Celle qui se laisse bander les yeux, ou celle qui aime dormir dans des draps
en coton ? Où est celle qui réunissait les deux ?

Ce que la tête de Lola interdit par morale, son corps l'exige par bravoure.

À travers la vie de Lola, la fille coupée en deux, l'héroïne partagée, tiraillée, Julie Gouazé nous
offre un long chant du désir et du corps et, à l'image de sa belle Lola, transforme le glauque
en poésie.

L’auteur (site de l’éditeur)

Julie Gouazé est née en 1977 à Lyon. Elle vit aujourd'hui à Paris. Après Louise (Léo Scheer, 2014), Les Corps de Lola est son deuxième roman.

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« Elle est une. Elle est deux. Elle est trois. Les deux Lola enfermées dans un même corps. Se disputant la place. Chacune tentant d’étouffer l’autre, avec Lola pour seul arbitre.

Lola Rouge aime la dentelle immaculée et le noir profond, dépasser les limites « Ce qui fait triper Lola Rouge, c’est le franchissement de la ligne. C’est toucher d doigt l’interdit »

Lola Bleue est réservée, veut rester en arrière, inconnue parmi les inconnus, prend une douche et sort « cette infâme culotte en coton grossier qu’elle met les jours où elle n’ose pas dire qu’elle n’a pas envie de faire l’amour ».

« Lola rouge transforme le glauque en poésie. Elle évolue, légère, sur le fil. »

Lola doit se débrouiller toute seule avec la Rouge et la Bleue. Mais qui est Lola ? Une femme tiraillée entre la pudeur et l’impudeur, entre le sexy et le sage, entre le glauque et le franc, le chaud et le frais. Sans mauvais jeu de mots, elle fait le grand écart entre la Rouge et la Bleue, sa tête et son sexe.

La soumise n’est peut-être pas celle que l’on croit. Lola rouge qui se veut libre, ouvrant les cuisses, recueillant le sperme des hommes est soumise à un homme, son homme, celui avec qui elle vit, celui qui l’emmène dans des parties fines. L’homme lui propose de faire l’amour avec une femme et… elle accepte. Ce petit côté femelle obéissante et soumise me gêne quelque peu.

Lola connait la diminution du désir, de la passion avec désarroi. Pourtant, elle aimerait tant que la passion se termine pour laisser éclore l’amour « L’amour, c’est quand enfin on se donne le droit d’être soi… »

En lisant ce livre je me suis posée une question. Lola Rouge est-elle le fantasme de Lola Bleue ou, simplement de Lola ? « Lola bleue rêve de corps aimants, en sueur, affamée. Elle mange, elle boit, elle baise. Elle aime. Elle coule. Elle lèche et suce…. Lola bleue se réveille, le poing crispé sous l’oreiller, l’autre main immobile entre ses cuisses, les genoux serrés.» La frontière est ténue.

Lola est enceinte et « Elle aime cette sollicitude dénuée d’arrière-pensée. Enfin, enfin, Lola est autre chose que son cul. Elle porte la vie. Et elle emmerde le monde. Elle est la plus forte. Elle a vaincu tous les machos et tous les obsédés. »

Lola Mauve pointe le bout de son nez. Réconciliation du corps et de l’esprit, mélange des couleurs avec peut-être à la clé le bonheur et la sérénité.

Un livre cru de temps à autre, mais bon, il y a pire, ne soyons pas bégueule, savourons le style nerveux, incisif, pas vulgaire pour un sou, les phrases rythmées de Julie Gouazé que j’avais aimées dans « Louise » !

Réflexion sur la sexualité, le désir féminin conditionné par le regard du mâle, sur ce qu’une femme doit, avant tout, paraître alors qu’il suffit à l’homme d’être.

Une lecture sans faux-semblant que j’ai beaucoup appréciée. Un livre sur le désir et les pulsions féminines qui est à rapprocher de celui de Leïla Slimani « Dans le jardin de l’ogre »

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Colum McCann - Treize façons de voir

22 Juin 2016, 06:56am

Publié par zazy

 

Treize façons de voir

Colum Mc Cann

Editions Belfond

Traduction de Jean-Luc Piningre

mai 2016

210 pages

ISBN : 9782714470768

 

4ème de couverture :

out le talent, la poésie, l'émotion de Colum McCann déployés dans un court roman et quatre nouvelles reliés par la violence – quotidienne, guerrière, psychologique, politique ou sociale –, mais surtout par ces moments de grâce qui font qu'au bout du compte l'espoir reste.

Ces nouvelles étaient presque achevées à l'été 2014, quand j'ai été victime, le 27 juin, d'une agression à New Haven, dans le Connecticut. Certains de ces récits ont été composés avant cette mésaventure, et d'autres après.
Il me semble parfois que nous écrivons notre vie à l'avance et que, d'autres fois, nous sommes seulement capables de regarder derrière nous. Mais en fin de compte, chaque mot que nous écrivons est autobiographique, peut-être plus encore quand nous essayons d'éviter toute autobiographie.
Malgré tout ce qu'elle doit à l'imagination, la littérature prend des chemins inimaginables.

L’auteur (site de l’éditeur):

Colum McCann est né en 1965 à Dublin et vit aujourd'hui à New York.
Lauréat des prestigieux prix de littérature irlandaise Hennessy (1992) et Rooney (1994) pour ses nouvelles, il est l'auteur de deux recueils, La Rivière de l'exil et Ailleurs, en ce pays, et de six romans, Le Chant du coyote, Les Saisons de la nuit, Danseur, Zoli, Et que le vaste monde poursuive sa course folle – prix littéraire du Festival de cinéma américain de Deauville, élu Meilleur Livre de l'année par le magazine Lire et lauréat du prestigieux National Book Award – et Transatlantic, tous parus chez Belfond et repris chez 10/18.
Il est aussi le maître d'œuvre d'Être un homme (Belfond, 2014), qui rassemble soixante-quinze textes d'auteurs majeurs de la scène internationale pour son association, Narrative 4.

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Treize, c’est le nombre de chapitres de la première nouvelle, plutôt du court roman qui débute et donne son titre au livre.

Monsieur Mendelssohn vit sous le regard de sa gouvernante Sally, plonge dans ses souvenirs, sa femme tant aimée, jamais oubliée, son travail, sa position sociale… pour regarder le vieillard qu’il est devenu. Monsieur Mendelssohn est assassiné au sortir d’un restaurant où il a déjeuné avait déjeuner avec son fils. La police regarde les vidéos des caméras de surveillance aux alentours du meurtre, scrute chaque détail, questionne, cherche. Les caméras regardent et enregistrent la vie. « Les caméras sont plus nombreuses en ville que les oiseaux dans le ciel ». En très exactement 175 pages, Colum Mc Cann campe des personnages denses, Ici, il condense, écrit le mot exact sans plus de fioriture, une précision d’orfèvre qui donne beaucoup de densité aux personnages, surtout celui du vieillard et de sa gouvernante. La description de son fils, très courte est bluffante.

Je me pose une question : Pourquoi à chaque début de chapitre, il y a-t-il des vers où apparait, à chaque fois, un merle noir : «Je connais de nobles accents, Et des rythmes clairs, inévitables ; Je sais aussi, cependant, Que le merle noir a sa part Dans ce que je connais » ? Est-ce le regard extérieur, le lecteur qui regarde l’action se dérouler, L'oeil  ?

Avec les autres nouvelles, l’auteur offrent d’autres regards sur la violence, le rapport parent-enfant.

Sh’khol décrit une relation mère-fils, le regard de Rebecca sur son fils adoptif handicapé. Tomas, un matin de Noël disparait après avoir reçu son cadeau, une tenue de plongée. Cette disparition pourrait être une métaphore sur le passage de l’enfance à l’adolescence, ce qui expliquerait la fin.

Dans une autre nouvelle, l’auteur met en scène son métier d’écrivain avec cette jeune femme dans son poste de garde en Afghanistan un soir de Noël.

Traité autre nouvelle très forte. Beverly nonne se trouve dans sa congrégation en Irlande lorsqu’elle voit et reconnait à la télévision, son violeur. Tout pourrait basculer. Beverly décide de partir à la rencontre de cet homme et la fin est superbe. C‘est pour moi, la meilleure des nouvelles.

L’auteur décrit la violence sociale ou autre à travers différents prismes, regards, façons de voir. Le regard est le pivot du livre. Les personnages sont bien campés, construits. Comme dans le texte éponyme, tout est dit en peu de mots, mais des mots choisis, ciselés, forts en émotion. .Ce n’est pas qu’un livre où l’on côtoie la tragédie, il y a autre chose de plus fort. Est-ce la vie ?

Merci Brigitte Semler de m’avoir permis cette très bonne lecture.

 

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Elise Tielrooy - La simplicité du coup de massue

13 Juin 2015, 13:53pm

Publié par zazy

La simplicité du coup de massue

Elise Tielrooy

Editions Belfond

Mai 2015
448 pages

ISBN : 9782714460462

 

 

4ème de couverture :

Mais qu'est-ce qui a bien pu passer par la tête de Marion D., mère de famille exemplaire, épouse aimante et dévouée du 5e arrondissement de Paris, ce sombre jour de septembre où elle est devenue cette militante altermondialiste dangereuse et recherchée par toutes les polices de France ?
Est-ce un effet de la rentrée des classes ? La réforme du rythme scolaire ? Sa vie qui l'ennuie ? La mort de sa soeur ? Toujours est-il que cette société dans laquelle elle est si bien intégrée avec son mari si idéal et sa famille si éduquée, Marion ne peut plus la voir en peinture. Et Marion dérape. Jusqu'à agresser une employée de la RATP et finir en une d'un des plus gros hebdos français.
Croyait-elle en réchapper, Marion, derrière ses lunettes noires ? C'était compter sans Claudine. Caissière à l'hyper de Saint-Quentin-en-Yvelines, rencontrée cinq ans plus tôt dans une thalasso en Bretagne...

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Je remercie les Editions Belfond pour l’envoi de ce livre que j’ai lu…. Sans passion.

Marion D. vit dans le 5ème entre mari et enfants. La mort de sa sœur jumelle va servir de catalyseur et déboucher sur une double vie. De Marion, chicissime, elle passe à Barbatruc une espèce de bobo écolo-trucmuche. Oh, pas trop quand même, ce n’est pas une schizophrène ! cela reste dans le genre de la comédie.

Ce n’est pas le registre que je déplore, mais jamais au grand jamais je n’ai pu entrer en communication avec Marion. Entre Huguette, la très bonne voisine, Claudine, caissière de supermarché, Ludo activiste par qui tout arrive…, je n’ai jamais pu trouver ma place. Je ne suis pas faite pour ce genre de lecture. Au fait est-ce cela que d’aucun qualifie de « chick lit » ? Je n’ai rien contre, mais n’y trouve pas mon plaisir et j’ai arrêté ma lecture en cours de route.

D'autres ont beaucoup aimé  sur Libfly - Babelio

Canel est de mon avis

 

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Claudie Pernusch - L'inattendu

10 Avril 2015, 14:01pm

Publié par zazy

 

Claudie Pernusch

L’inattendu

Editions Belfond

Avril 2015

181 pages

ISBN : 9782714460349

 

4ème de couverture :

Qui est la jeune fille que Viviane aperçoit dans les collines de Montbury ? Pourquoi n'est-elle pas en classe et que fait-elle, seule, dans la fraîcheur de l'automne ? Lorsque l'étrange adolescente apparaît dans son jardin, l'instinct maternel de Viviane se réveille : des enfants, elle en a rêvé mais n'en n'a jamais eu. Pourquoi n'hébergerait-elle pas celle-ci ? Le chalet de Viviane est un refuge apaisant pour Cosima, qui s'y installe très vite.

En secret, Viviane se délecte de son bonheur et du lien qu'elle s'applique à tisser... Et le ravage maternel peut commencer : les liens du sang ne sont pas indispensables au désir d'être mère. Mais à une parfaite inconnue peut-on vraiment imposer jusqu'à l'étouffement la démesure de son amour ?

 

L’auteur (site de l’éditeur) :

Claudie Pernusch est plus connue sous le nom de Sandrine Pernusch, auteur de livres à succès pour la jeunesse chez Bayard, Hachette, Grasset, Magnard, Casterman, Hatier, comme Mon je me parle (Casterman, 1996), au programme des écoles, et Faustine et le souvenir (Casterman, 1998) ou encore Un Fantôme en Classe Verte (éditions Rageot, 1995). Beaucoup sont traduits en plusieurs langues.

Elle a ensuite décidé d'écrire pour les adultes et publié deux romans chez Albin Michel, Le Destin de madame Picmol (2006) et Le Cartable à musique (2009). Une visite surprise est paru en 2013 aux éditions Belfond. L'Inattendu est son nouveau roman.

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Un chat abandonné se choisit une nouvelle maison plus qu’un nouveau maître. C’est ce que fait Cosima avec la maison de Viviane.

Viviane, alerte retraitée, vivant seule dans son chalet recueille donc Cosima, petit chat écorché un soir d’automne. Viviane, cette femme mûre qui n’a jamais pu fonder une famille et avoir les enfants qu’elle aurait tant voulu avoir. Alors, ce petit bout de femme, à peine sortie de l’adolescence, pourquoi ne pas l’accueillir chez elle, hein, pourquoi ? Elle a de la place, du temps libre, de l’amour à revendre.

Cosima va faire sa petite pelote chez Viviane, mais restera chaton, refusant toute entrave à sa liberté.

Comment faire lorsque l’on a un trop plein d’amour à déverser, un amour maternel tout neuf, pour ne pas étouffer le chaton ? Viviane décide, qu’après tout, on ne meurt pas de trop d’amour et court le risque. Elle vit sur un nuage lorsqu’elle apprend que Cosi est enceinte et que d’un seul coup, elle va devenir mère et grand-mère ! Claudie Pernusch décrit les affres de l’amour, de la jalousie, du besoin de l’autre. Souvent le petit nuage se transforme en gros nuage orageux. On ne met pas un petit chat sous un globe de verre comme le bouquet de mariée de nos grands-mères.

Cosima enceinte, a besoin que quelqu’un s’occupe d’elle et elle a très bien ciblé Viviane. Est-ce une opportuniste ? Peut-être, d’autant que Claudie Pernusch donne l’impression que, de la part de la jeune femme, tout est calculé, pensé dans ses relations avec Viviane, comme son carnet dépassant du matelas.

Cosi avait besoin de se refaire une santé, sans vouloir s’attacher. De toute façon, lorsque l’on n’est pas bien dans sa tête et dans son corps, on ne peut donner de l’amour, on ne peut que recevoir pour rassembler les morceaux du puzzle. C’est ce que fait la jeune femme sans vouloir prêter attentions aux ravages qu’elle fait autour d’elle.

Peut-être la petite graine de l’amour maternel de Viviane poussera-t-elle plus tard.

Comme dans son précédent roman, une visite surprise, Claudie Pernusch s’interroge sur la parentalité. Les descriptions de la nature autour du chalet sont belles, c’est un régal de se promener avec Viviane dans la lande.

Je remercie les Editions Belfond pour ce très agréable moment de lecture.

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Saïdeh Pakravan - Azadi

2 Février 2015, 22:29pm

Publié par zazy

Azadi

Saïdeh Pakravan

Editions Belfond

Janvier 2015

441 pages

ISBN : 978-2-7144-6015-8

 

4ème de couverture :

Azadi signifie « liberté » en persan. Il y a ceux qui la rêvent et ceux qui en paient le prix.

Téhéran, juin 2009. Après des élections truquées, une colère sourde s’empare de la jeunesse instruite de Téhéran. Dans la foule des opposants la jeune Raha, étudiante en architecture, rejoint chaque matin ses amis sur la place Azadi pour exprimer sa révolte, malgré la répression féroce qui sévit. Jusqu’au jour où sa vie bascule. Après on arrestation, et une réclusion d’une violence inouïe, ses yeux perdront à jamais la couleur de l’innocence perdue…

Tout en levant le voile sur une psyché iranienne raffinée et moderne, sans manichéisme et avec un souffle d’une violence beauté, Azadi raconte de façon magistrale le terrible supplice de celle qui cherche, telle une Antigone nouvelle, à obtenir réparation. Et à vivre aussi… là où le sort des femmes n’a aucune importance.

Saïdeh Pakravan (site Belfond) :

Saïdeh Pakravan, écrivaine franco-américaine de fiction et poète, est née en Iran. Ayant grandi dans un milieu francophone, elle s'installe à Paris, participant, après la révolution iranienne de 1979, à un mouvement de libération de l'Iran.
Publiée dans de nombreuses revues littéraires et anthologies, lauréate de prix littéraires dont le prix Fitzgerald, Saïdeh Pakravan est également essayiste et critique de film.

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Nous sommes en juin 2009, les élections ont été truquées pour que Mahmoud Ahmadinejad reste à la tête du pays. La jeunesse aisée s’empare de la rue et manifeste son mécontentement, avec allégresse, sur la place Azadi. Chaque jour, Raha, étudiante en architecture, et ses amis rejoignent les manifestants. Un vent de liberté semble souffler. Oui, mais voilà…

Raha violée, torturée en prison voit son monde s’écrouler et essaie de se reconstruire avec, entre autre, le procès contre ses bourreaux. Mais au fait, porter plainte pour viol en Iran, est-ce possible ? J’ai cherché et trouvé une vidéo où Saïdeh Pakravan répond sûrement impossible, ce dont je me doutais.

La force du livre de Saïdeh Pakravan est de nous montrer, à travers les conversations des protagonistes de ce roman plusieurs faces de l’Iran. J’y ai trouvé de grandes différences entre les ruraux et les citadins, la classe aisée et la classe ouvrière, les religieux et les laïcs (mais emploie-t-on ce mot ?). Le régime iranien est passé maître es-rouerie et les iraniens dans le jeu du chat et de la souris. Gare s’ils se font prendre !!

Quelques bémols dans ce livre trop manichéen. La jeunesse dorée représente la liberté. Hossein, Le gardien de la révolution qui sauvera 2 fois Raha, d’origine paysanne très modeste se situe du côté du pouvoir en place et donc de la répression. Comme l’impression que les dés sont pipés dès le départ. Beaucoup de bavardages, de pages inutiles alourdissent le livre. Je crois que j’aurais aimé un livre plus resserré.

Une lecture mitigée. J’ai versé des larmes (je n’ai pas un cœur de pierre, que diantre) à la lecture du viol et de la destruction de Raha. J’ai goûté ces différents points de vue, mais…

Je remercie Babelio qui, par son opération ainsi que les m'a permis cette incursion en Iran.

 

J’ai prononcé la formule rituelle pour un sugheye aghd –un mariage temporaire-, et moi-même et les autres gardes avons eu des relations intimes avec elle parce que nous savions qu’elle le voulait

Je veux une vie, j'ai des examens qui arrivent, je veux changer mon PC contre un Mac, je veux choisir un film à regarder avec les batchéha - les copains -, aller à la Caspienne sans être arrêté par les Gardiens ou les rondes de morale publique

J’ai souvent entendu dire que ces gosses de riches ne sont pas élevés avec les mêmes principes que nous autres

Je ne vais jamais au cinéma. J’appartiens à une famille traditionnelle, très pratiquante. Depuis que je suis tout enfant, on m’a appris que si j’aimais Dieu je n’irai jamais au cinéma. Mais on m’emmenait toujours voir le ta’zief, les représentations religieuses pendant le mois de deuil de moharram.

Nous essayons de gouverner un pays et nous ne pouvons pas laisser une poignée de batcheh jugoul –d’enfants gâtés pourris- de se répandre dans les rues avec leurs velours ou leurs bouts de tissu vert

Ahmadinejad et le Guide suprême sont surtout en train de jauger l’étendue de la révolte populaire avant de déplacer leurs pions

Comme toujours dans les réceptions de Pari, il y avait tous les alcools… Les invités passaient dans la cuisine pour prendre leur dose et ressortait pour aller au bar des boissons non alcoolisées avec un air de parfaite innocence, alors que tout le monde connaissait le jeu et savait comment le jouer

Mais au moins, à l’époque, nous étions en apparence civilisé et sur la route du progrès. Personne n’embêtait ma famille, personne ne disait aux gens comment s’habiller ou quoi boire.

Le régime du Chah était impardonnable et celui de Khomeiny insupportable.

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