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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #editions alma

Arnaud Dudek - Les vérités provisoires

26 Mars 2017, 11:09am

Publié par zazy

Les vérités provisoires

Arnaud Dudek

Alam Editeur

184 pages

février 2017

ISBN : 978-2-36279-207-6

4ème de couverture :

Céline Carenti a disparu. Un dimanche matin, elle s’est tout simplement volatilisée. On la cherche, puis on la cherche un peu moins. Deux ans après la disparition, Jules Carenti, le frère, s’installe dans l’appartement de Céline. Ce drôle d’adolescent, menteur chronique aussi attachant qu’agaçant, se met en tête de la retrouver. Au cours de son enquête, il rencontrera une jeune amatrice de tisanes, puis un intrigant industriel. Il se réconciliera aussi avec lui-même. Mais quel genre de vérité émergera de ses recherches ? Car si, pour Jules, les vérités sont provisoires, c’est qu’il ne se résigne pas à ce que règne l’ordre des choses.

Famille, absence, Arnaud Dudek creuse le sillon de ses thèmes de prédilection. Un roman vif et tendre, habillé en intrigue policière.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Arnaud Dudek déménage souvent (en ce moment, il vit et travaille à Paris). Selon des sources concordantes, ce garçon discret serait né à Nancy, en 1979. Dans ses nouvelles (pour la revue littéraire Les Refusés ou pour Décapage) et dans ses romans (tous publiés chez Alma), il raconte les gens ordinaires avec humour et tendresse. Son premier roman, Rester sage (2012) a fait partie de la sélection finale du Goncourt du premier roman et a été adapté au théâtre par la Compagnie Oculus. Le second, Les fuyants (2013), a été sélectionné pour le prix des lycéens et apprentis de Bourgogne. Le troisième, Une plage au pôle Nord (2015) est traduit en allemand.

Il est par ailleurs co-organisateur des rencontres littéraires AlternaLivres, dont la dernière édition s’est tenue en octobre 2015 à Messey-sur- Grosne en Saône-et- Loire.

Les vérités provisoires est son quatrième roman.

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« On est sans nouvelles de Céline Carenti, une étudiante âgée de vingt-deux ans. »

Céline a disparu depuis deux ans, faute de nouvelles pistes, les dossiers s’entassant, les recherches ont été abandonnées. Jules, son frère s’installe dans l’appartement, s’y enferme comme dans une coquille, pour chercher, essayer de savoir.

Jules ? Un être inadapté, perpétuel étudiant, menteur patenté, mais pas pour faire le bravache, non, par faiblesse, par gentillesse, pour mieux vivre ou rêver sa vie. Sa vie est une esquive perpétuelle.

« Le garçon a longtemps posé problème. Son comportement, sa timidité, ses mensonges, ça ne faisait pas rire. On a frôlé le psychothérapeute. Mais on a fini par se convaincre que mieux valait ce genre de crise d’adolescence que pas d’adolescence du tout. »

valait ce genre de crise d’adolescence que pas d’adolescence du tout. »

Jules semble être un ventre mou et l’appartement devient sa carapace. Il se cache tellement que c’est le narrateur, donc l’auteur, qui décrit les scènes.

Qui sait si, à force de fouiller dans les affaires de sa sœur, d’enquêter sur sa vie avant la disparition, il ne se trouvera pas lui-même, d’autant qu’une jeune et jolie voisine répondant au doux nom de Bérénice, entre dans sa vie et qu’un industriel allemand, amant de sa sœur, lui offre une béquille.

Le regard tendrement ironique qu’Arnaud Dudek pose sur Jules me le rend sympathique, malgré des défauts rédhibitoires pour moi.

Bien calée sur mes oreillers, je regarde avec le narrateur évoluer Jules, je l’admire de ne pas s’empêtrer dans ses mensonges grâce à une mémoire prodigieuse, je le suis dans les méandres de son aventure avec Bérénice. Je le vois évoluer doucement vers un retour à la « vraie vie » avec beaucoup moins de mensonges, vivre avec ses souvenirs et, enfin, regarder plus loin.

Les vérités sont provisoires, mais la vie est une permanence.

Alma offre un catalogue d’auteurs qui, sans faire trop de bruits, tracent une belle route, preuve de leurs talents d'écrivains.

Arnaud Dubek, je fus séduite par Rester sage et là, je confirme, votre univers me plait.

 je vous remercie de m’avoir proposé votre livre. J’ai souri en lisant votre dédicace. Je ne l’avais pas vu en recevant le livre car je savais que, si je l’ouvrais, je ne pourrais le refermer avant d’en avoir terminé la lecture. Voyez que de temps à autre, je puis être sage !

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Arnaud Dudek - Rester sage

29 Août 2016, 22:30pm

Publié par zazy

 

Rester sage

Arnaud Dudek

Alma Editeur

Janvier 2012

120 pages

ISBN : 9782362790096

 

4ème de couverture :

Enfant, il imaginait que, s’il restait sage, il réussirait sa vie. Grossière erreur.

À 32 ans, Martin Leroy perd tout du jour au lendemain, sa petite amie et son emploi.

Mais il décide de se battre, prêt à tout pour remettre sa vie dans le bon sens. Il glisse un marteau dans son sac et se rend chez son ancien patron, une idée derrière la tête. Heureusement, celui-ci est absent et Martin s’installe dans un bar, attend.

Il croise par hasard un ami d’enfance perdu de vue depuis des années, son antithèse a priori, nanti d’un travail, d’une fiancée ; lui sait comment occuper ses journées.

Leur rencontre nous donne l’occasion d’en apprendre un peu plus sur l’enfance rocambolesque de Martin auprès de sa mère-enfant vendeuse de chaussures que ses délires finiront par mener à l’hôpital psychiatrique. L’occasion aussi d’éviter le pire : les deux amis finiront la journée comme ils l’ont commencée, sagement, mélancoliquement, cruellement conscients que leur vie n’est pas vraiment fabuleuse et qu’il faudrait faire quelque chose… Mais quoi ?

L’auteur (site de l’éditeur)

Arnaud Dudek est né en 1979 à Nancy et vit à Besançon. Après Rester sage (Alma, 2012) sélectionné pour le Prix Goncourt du premier roman, Les fuyants est son second roman.

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Un livre qui n’a rien de palpitant. Il y est question d’un trentenaire (encore un) qui a perdu son boulot, sa fiancée. « Martin a tout perdu en quelques semaines. » Encore une histoire de nombril ?

Si on veut, mais, le style d’Arnaud Dudek a un petit quelque chose en plus : l’ironie, la dent dure, la dérision. J’ai aimé ses digressions comme lorsqu’il parle de l’escalator « On le sait, l’Escalator souffre d’un déficit d’image dans le cinéma comme en littérature. » ou sur un braquage foireux, ou le nom de la psy. Et puis un personnage principal qui a "des amis assortis au tapis du salon" ne peut qu’être attachant.

Un premier roman dont l’écriture travaillée, le style très personnel m’ont ravie. A bientôt de vous retrouver Arnaud Dudek. Promis, en attendant, je resterai sage.

Merci Philisine de me l'avoir recommandé

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Guillaume Siaudeau - La dictature des ronces

6 Avril 2015, 20:03pm

Publié par zazy

La dictature des ronces

Guillaume Siaudeau

Alma Editions

Mars 2015

184 pages

ISBN : 9782362791475

 

4ème de couverture :

Un petit bout de terre perdu au milieu de la mer, un bouchon dans l’eau qui attend que ça morde. C’est là, sur l’île de Sainte-Pélagie, que s’installe un été le narrateur. Son ami Henri parti en voyage lui a confié la garde de la maison, du chien et du jardin. Une aubaine pour le narrateur qui s’ennuyait ferme. Bien décidé à sauver le potager des ronces et sa vie de l’atonie douce, il prend ses marques, observe le paysage, arpente ce nouveau territoire. Et fait d’étranges rencontres : un enfant inconsolable, un maire iconoclaste, un voisin au lourd secret, deux chasseurs d’étoiles… Petit à petit il prend d’affection pour cet endroit unique et surprenant. L’île pourrait tout aussi bien être un bouchon dans l’eau qui attend que ça morde qu’une planète perdue dans l’espace…

L’auteur (site de l’éditeur) :

Guillaume Siaudeau est né le 16 décembre 1980. Il vit à Clermont-Ferrand. Son premier roman, Tartes aux pommes et fin du monde, est paru en 2013.Né le 16 décembre 1980, Guillaume Siaudeau vit à Clermont-Ferrand. Après Tartes aux pommes et fin du monde (Alma, 2013), son premier roman La dictature des ronces (rajouter le lien) est son deuxième roman.

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La dictature des ronces, je connais, je la subis dans mon jardin, alors ce livre avait de quoi me plaire. Une grosse envie de savoir comment le narrateur allait s’en sortir.

C’est qu’il en est plein de ronces notre narrateur ! Les ronces du désespoir, les ronces du désarroi, les ronces du renoncement, les ronces de l’ennui. Oui, tout allait mal chez lui. Son meilleur ami du moment, enfin, plutôt celui de ses fesses : un canapé. Il s’y enfonce au propre et au figuré. Heureusement, Harry, en lui proposant de garder sa maison et son chien, sur l’île de Sainte Pélagie, va lui permettre de rompre la relation très étroite qu’il a avec ce meuble. Sainte Pélagie, dans les temps anciens, était une prison. Quitter la prison de son canapé pour la prison d’une île, est-ce bien raisonnable ?

Cette île a une réputation bizarre, même le maire, rencontré à l’embarcadère, n’y recommande pas les séjours, c’est dire.

Outre Snoopy, capitaine du navire faisant la navette avec le continent toujours plus que moins ivre, il fait de très curieuses rencontres. Un petit garçon aveugle qui, assis sur la jetée, appelle son père dès qu’il entend un bruit. Il se soule avec Snoopy et ses copains qui l’emmènent sur une île mystérieuse pêcher des étoiles. Il fait la connaissance d’une bibliothécaire qui ne prête que des livres tristes et joint au prêt un mouchoir en papier, d’un lanceur de couteaux en mousse… Il se promène avec le chien à trois pattes d’Harry et découvre l’île qui, petit à petit, le prend dans ses bras. Il désherbe le jardin d’Harry, ôte les fameuses ronces, subit une grosse tempête, fait connaissance avec son curieux voisin… Tant et si bien que le mois passe à une vitesse folle et qu’arrive le retour de son ami. Il a débarrassé le jardin d’Harry de ses ronces et son esprit se libère, après en avoir récolté les mûres qui ont la saveur d’un bon livre, de ses propres ronces.

« Bonjour Monsieur, vous avez pensé à mettre du sable dans vos chaussures ? » le gamin qui lui pose cette question au début de son séjour peut paraître farfelu, mais…

Une lecture qui m’a enchantée. Une jolie façon d’évoquer le spleen du trentenaire ne quittant pas son nombril des yeux. L’écriture de Guillaume Siaudeau est charmante, délicate, teintée d’humour, d’ironie. Une jolie découverte lue en une soirée.

Il ne me reste qu’à m’attaquer aux ronces qui commencent à emprisonner le sapin. J’avais apprécié, toujours du même éditeur « La fractale des raviolis » de Pierre Raufast.

Merci Aifelle pour cette très agréable lecture.

 

"Bonjour Monsieur, vous avez pensé à mettre du sable dans vos chaussures.
J’ai hésité à m’enfuir.
- Du sable dans mes chaussures ?
- Oui, du sable dans vos chaussures.
Il a enlevé une de ses chaussures dont le fond était tapissé d’une couche de sable de quelques centimètres.
Vous voyez, monsieur, comme ça on ne va plus nulle part à reculons. Maintenant quand je vais à l’école, j’ai l’impression d’aller à la plage. Vous deviez essayer, monsieur."

Tous les livres que nous prêtons sont des livres qui se terminent très mal ou qui ont de fortes chances de vous inciter à pleurer. Si bien que nous offrons le mouchoir en papier avec chaque emprunt.

Une journée de petites souffrances et de modiques réparations. A combler la terre et à se remettre les idées en place. A prendre conscience que la fatigue n’était finalement qu’une récompense du courage. La sueur de l’essence de rêve.

J’ai ôté mes chaussures et en ai tapissé le fond de sable. J’en ai mis une bonne couche puis j’ai plongé les pieds dedans et les ai lacées. Je me suis levé et les premiers pas ont dit la vérité. C’était divin, incroyable

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Pierre Raufast - La fractale des raviolis

23 Décembre 2014, 00:40am

Publié par zazy

 

La fractale des raviolis

Pierre RAUFAST

Editions Alma

21 août 2014

268 pages

ISBN : 978-2-36-279121-5

 

4ème de couverture :

Il était une fois une épouse bien décidée à empoisonner son mari volage avec des raviolis. Mais, alors que s’approche l’instant fatal, un souvenir interrompt le cours de l’action. Une nouvelle intrigue commence aussitôt et il en sera ainsi tout au long de ces récits gigognes. Tout ébaubi de voir tant de pays, on découvre les aventures extraordinaires d’un jeune garçon solitaire qui, parce qu’il voyait les infrarouges, fut recruté par le gouvernement ; les inventions stratégiques d’un gardien de moutons capable de gagner la guerre d’Irak ; les canailleries d’un détrousseur pendant l’épidémie de peste à Marseille en 1720 ou encore la méthode mise au point par un adolescent sociopathe pour exterminer le fléau des rats-taupes.

 

Véritable pochette surprise, le premier roman de Pierre Raufast ajoute à la géométrie rigoureusement scientifique, la collision jubilatoire du probable et de l’improbable.

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Fractale : Plus généralement, une fractale désigne des objets dont la structure est invariante par changement d’échelle. Il existe en réalité une théorie mathématique précise derrière ces différents objets et qui permet de parler de structures mathématiques ayant des dimensions non-entières (source internet). Vous avez pigé que couic ? Pas grave, ce livre en est un exemple concret.

 

Bien sûr, vu mon très haut niveau en mathématiques, je ne connaissais pas ce mot. Je pensais qu’il s’agissait d’un mot argot pour désigner la fracture ! quoique à bien y penser…

 

De temps à autre, vous pensez à quelque chose, qui vous emmène à autre chose, tant et si bien qu’à la fin vous être à des lieues du départ de votre rêverie. Autrement dit l’esprit gigogne. Voici donc la structure de ce livre qui va de transition en transition pour se terminer… Non, je ne vous le dirai pas.

 

Sachez que le postulat de départ est une femme trompée qui, un jour décide, avant de faire manger des pissenlits à la racine à son cher mari, de l’empoisonner avec un plat de raviolis assaisonné à sa façon. Ce livre nous offre un voyage spatio-temporaire. Nous passons des raviolis… aux raviolis, via un bar à hôtesse, Marseille pendant la peste (1720), un peintre de « l’école de peinture vivante », des rats-taupes…. Ces petits contes, apparemment indépendants les uns des autres, si ce n’est la fin de l’une et le début de la suivante, sont autant de nouvelles quelque fois amusantes, d’autre fois sanglantes ! C’est abracadabrantesque, bien trouvé, bien tourné. Un très bon moment de lecture.

Alma offre un catalogue sympathiquement solide. Thomas Vinau, entre autres, me tente beaucoup, tout comme la ligne "Pabloïd".

Sympa la banderolle ! 

 

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