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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #buchet-chastel

Marie-Aimé Lebreton - Cent sept ans

9 Octobre 2014, 22:02pm

Publié par zazy

Cent sept ans

Marie-Aimée Lebreton

Editions Buchet Chastel

Collection Qui Vive

128 pages

Août 2014

ISBN 978-2-283-02818-6

 

4ème de couverture :

De son enfance, Nine ne sait rien d’autre : rien que la rencontre de ses parents en Algérie, leur amour trop bref, et son père fauché par la guerre dont on a déposé le cœur « dans une cabane en bois ». Madame Plume, sa mère, ne parle pas de ce passé, de son pays, de ses souvenirs. Un jour, elle s’est arrachée à la sollicitude de Fatma la douce, elle a fui son village de Kabylie pour emmener sa petite dans une ville du nord de la France, où elles ont vécu toutes les deux en étroit duo. Alors « une autre errance commence, célébrant le désert sous un ciel trop bas ». Nine grandit tout contre sa mère, avec une soif de savoir, de comprendre et de se libérer qui passera par l’apprentissage du piano, du langage, et aussi par un retour en Kabylie, sur la terre des origines.

Ce court récit de l’exil épouse le rythme et la poésie du conte pour nous évoquer la quête identitaire d’une enfant éblouie par son histoire silencieuse.

L'auteur :

Marie-Aimée Lebreton est née en 1962 à Bouïra, en Kabylie. Docteur en philosophie de l’art et diplômée du conservatoire national supérieur de musique de Paris, elle est maître de conférences à l’université de Lorraine et vit à Paris. Elle a publié un premier ouvrage en 2005 aux éditions Pleins Feux : Comment Clémentine, sourde, devint musicienne, préfacé par Sylviane Agacinski.

Cent sept ans est son premier roman.

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Ainsi commence le livre :

« Je suis née au creux des montagnes, là où le ciel change de couleur dans la courbure du vent. Derrière le vent, en contrebas de la colline, se dressait le minaret du village. A heures régulières, la voix du muezzin annonçait le nom des dernières victimes tombées sous les bombes.

Ce petit extrait donne le ton. Poésie, beauté, noirceur et douleur. On sait.

« C’était le début de l’été. Le père avait vingt ans, il riait parce qu’il était vivant… Il était algérien, Madame Plume était française, de cela ils ne parlaient pas. » L’amour et la guerre, pardon, « les évènements » ne font pas bon ménage. Le père sera exécuté et laissé mort sur le bord d’une route. Madame Plume donnera naissance à Nine qui ne connaîtra jamais son père. Vint le temps de l’exil vers cette France, territoire inconnu, vers le nord froid et noir. Commence le temps des manques. Celui du père, celui du soleil, celui de Fatma, indissociable de la Kabylie, celui de l’isolement pour cette petite mauricaude (à l’époque on ne disait pas beur), celui de l’obéissance à la mère pour ne pas aggraver son chagrin. Les mots ne peuvent sortir pour expliquer la disparition, le corps dans la cabane en bois là-bas à Bouïra.

Puis, après la mort de la mère des suites d’un cancer, Nine repart en Kabylie pour renouer le fil de sa vie, pour repartir sur des bases plus solides.

Il y a opposition entre l’univers masculin de la guerre, de la violence et celui de ces deux femmes qui ont l’air de marcher sur la pointe des pieds pour ne pas déranger le père.

Nul besoin de grandes phrases, de pages noircies pour nous faire ressentir le mal être de Madame Plume : «elle percevait l’assurance des autres mères comme un lieu dans lequel elle n’avait pas sa place»,

Un livre que m’a posée sur un nuage. Les phrases ciselées comme un bijou kabyle sont emplies de poésie et de beauté. Tout est dit en peu de mots et si bien dit. Un enchantement, un coup de cœur pour moi.

Marie-Aimée Lebreton, n’attendez pas cent sept ans et encore moins les calendes grecques pour nous ravir avec un autre ouvrage. Je vous remercie pour cette belle lecture.

Je remercie vivement Babelio qui par son opération , m’a permis cette très belle découverte. Je n’aurais garde d’oublier . La qualité des livres qu'ils proposent m’a permis de passer de très bons moments en compagnie de leurs auteurs.

Mimi a beaucoup aimé également

Avant d’aller poser son âme sur la branche d’une étoile, il prit sa langue entre ses mains pour chasser l’odeur visqueuse de la mort

Oh ! Ma fille, tu es née à présent et je t’aime. Je dis que mon ventre est triste mais tu es là et je te regarde. Mes yeux sont noirs mais tendre à l’intérieur. Tu es née aux premiers chants de l’aube et je t’appellerai toujours l’enfant de l’aube. Je sais que tu as déjà tes souffrances. Mon enfant, mon amour ! Mais c’est comme ça ! Une vieille loi du monde ! Mes seins tout gorgés d’amour cherchent ta bouche pour téter eux aussi. Mais de lait, je n’ai pas assez. Mon enfant, mon amour. La faim muette laisse des marques tout autour de ma bouche. Les chagrins attroupés dans l’assiette ne suffisent pas à me nourrir.

Le vent du désert accompagnait leurs figures ensablées de sang et de larmes. Leurs yeux vides portaient la marque d’un destin aussi lourd que les cadavres empilés au fond des charniers.

C’était une fin d’après-midi ordinaire. La lumière se diffusait comme du lait. Pourrait-on faire passer toute la beauté du monde dans la simplicité des jours sans histoire ? A quel mystère se raccrocher lorsque les élans du cœur sont ralentis par les mots qui ne veulent pas venir ?

Tu m’uses disait la mère, tu me fatigues. Je ne sais pas comment te donner ce que tu me prends déjà !

Ce que ses larmes voulaient retrouver, c’était le chemin qui mène à ‘enfance. Ramener de l’oubli les lieux qu’elles avaient habités.

Au village, on a dit qu’ils t’avaient jeté sur le bord de la route, comme un chien. Tu es mort trop tôt et de toi je n’ai rien, pas même les mots de la mère.

Nine savait qu’elle n’avait jamais oublié la terre qui l’avait enfantée. Nous sommes ainsi faits, nous cherchons toute notre vie à nous glisser dans le lit du temps pour retrouver le pays natal, fascinés que nous sommes par les femmes qui, au premier matin du monde, nous ont donné la vie

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Alan Bennet - La dame à la camionnette

4 Avril 2014, 18:51pm

Publié par zazy

 

La dame à la camionnette

Alan Bennett

Traduction : Pierre Ménard

Editions Buchet Chastel

06/02/2014

ISBN : 9782283027332

 

4ème de couverture :

Miss Shepherd, vieille dame excentrique, vit dans une camionnette aux abords de la résidence londonienne d’Alan Bennett. Victime de l’embourgeoisement du quartier et de quelques vauriens, elle finit par installer son véhicule dans la propriété de l’auteur.
Commence alors une incroyable cohabitation entre la marginale et la célébrité, qui durera près de vingt ans.
Entre disputes, extravagances et situations drolatiques, la dame à la camionnette n’épargne rien à son hôte ni au lecteur. Bennett, en excellent conteur, saisit leur duo et livre, au-delà des anecdotes, un tableau très juste du Londres des années 1970 et 1980, de sa bourgeoisie progressiste et de ses exclus.
Un récit d’une grande humanité qui croque avec humour les travers de la société britannique contemporaine.

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Ce matin, un livre mystère est arrivé chez moi. Je me suis conformée en tout point aux « directives » de Jérôme. J’ai décidé de satisfaire ma curiosité et la véranda ensoleillée nous a accueillis, le livre, un transat et moi.

Non ? Monsieur Bennett, vous l’avez vraiment fait ? Vous avez vraiment installé la Bergère chez vous ? OK, la morale est sauve, précisons, vous avez installé le camion de Miss Shepherd dans votre jardin… Début d’une odorante cohabitation d’une dizaine d’années. Je pensais que le sentiment de culpabilité était l’essence même d’une éducation judéo-chrétienne alors que, vous le dites vous-même "Je n'aurais jamais pu être catholique, je suis bien trop snob pour ça.". Or, vous n’avez pas été snob du tout pour accomplir cet acte héroïque vu l’état de la dame et de sa camionnette.

Il faut dire que ce véhicule, délabré, repeint en jaune fait tâche dans ce quartier en pleine mutation. Comprenez en plein embourgeoisement. Je ne vous parle même pas de sa propriétaire d’une saleté repoussante.

 

S’en découlent des situations ubuesques, difficiles à comprendre pour les autres, si bien qu’à la fin, vous n’expliquez plus rien du tout. La fée du logis l’a oubliée dans sa distribution, elle ne fleure pas le parfum suave du 5 de Chanel, c’est le bordel dans son sweet home. La cohabitation n’a rien de glamour, mais, cahin-caha…

Vous nous racontez les épisodes marquants de cette cohabitation avec une Miss Shepherd de plus en plus crasseuse, mais toujours aussi vindicative. C’est qu’elle a du caractère la Bergère ! « Il était rare qu’on lui rende le moindre service sans avoir en même temps envie de l’étrangler »

Ces rendez-vous avec votre carnet sont drôles, très pince-sans-rire, foldingues, mais emprunts d’amour, même si vous vous en défendez. Le remords vous tenaille lorsque vous voyez ces personnes du service social entrer dans la camionnette de Miss S. sans problème, alors que vous ne pouvez le faire.

Après sa mort, vous vous êtes décidé à entreprendre les travaux d’archéologie à l’intérieur du sweet home. J’ai aimé que vous ayez nettoyé la camionnette avant que le récupérateur ne vienne l’enlever. Une sorte de toilette mortuaire, un adieu définitif. Fidèle à elle-même, la Bergère vous a légué un bel héritage… des mites. Allez, j’y vais de mon mauvais jeu de mots : des mites laissées par un mythe.

Merci Monsieur Bennett pour ce délicieux moment de lecture. Vous n’avez pas la pareille pour vous moquer gentiment de vos concitoyens. Pourtant votre Bergère ressemble comme deux gouttes d’eau, la camionnette en moins à une voisine décédée il y a une dizaine d’années.

J’ai rapidement su de quel livre il s’agissait pour en avoir lu une chronique tentante de Clara. Merci Alex pour ce délicieux livre mystère. J’ai aimé cette couverture jaune, comme LA camionnette. L’illustration de la couverture est en accord avec le livre.

Vous êtes tentés par l’expérience, alors cliquez ici et inscrivez-vous.

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Jean-Philippe Blondel - 06 H 41

31 Octobre 2013, 21:42pm

Publié par zazy

06H41

Jean-Philippe Blondel

Editions Buchet Chastel

03/01/2013

240 pages

ISBN : 9782283026052

 

4ème de couverture :

Le train de 06h41, départ Troyes, arrivée Paris. Bondé, comme tous les lundis matins. Cécile Duffaut, 47 ans, revient d’un week-end épuisant chez ses parents. Elle a hâte de retrouver son mari, sa fille et sa situation de chef d’entreprise. La place à côté d’elle est libre. S’y installe, après une légère hésitation, Philippe Leduc. Cécile et lui ont été amants vingt-sept ans auparavant, pendant quelques mois. Cela s’est très mal passé. A leur insu, cette histoire avortée et désagréable a profondément modifié leurs chemins respectifs. Tandis que le train roule vers Paris et que le silence s’installe, les images remontent. Ils ont une heure et demie pour décider de ce qui les attend.

 

==========

06 H 41, attention au départ, le train pour Paris va partir dans quelques secondes…. C’est ce train que Cécile Duffaut prend après avoir passé un week-end ennuyeux chez ses parents vieillissants. Mais pourquoi n’a t'elle pas pris le train du dimanche soir comme les autres fois. Pourquoi a-t-elle proposé à ses parents de rester, vu l’accueil plus que tiède de sa proposition ? Enfin, c’est fait et la voici sur le quai de la gare de Troyes à attendre ce fameux train.

Un autre passager, parmi tous les travailleurs, attend qui n’est autre que Philippe Leduc un ex de Cécile qui, par un de ces pieds-de-nez du hasard s’installe à côté d’elle pour le trajet.

 

Jean-Philippe Blondel alterne les chapitres où Cécile et Philippe racontent, chacun à sa façon, leur aventure qui s’est terminée en eau de boudin. Côté présent, c’est une non-retrouvaille, un refus de se parler, refus de parler du passé, mais….

 

Que faire avec une histoire d’amour qui s’est terminée de façon désastreuse ? Que faire quand l’autre a radicalement changé ? Faut-il renouer, faire comme si on ne se connaissait pas, fuir, se réconcilier… ils ont jusqu’à 8H15, heure d’arrivée en gare de l’Est pour agir…. ou pas.

 

Les destinées ne sont pas celles que l’on envisageait. Parabole de la phrase « les premiers seront les derniers » ? Le destin est ce que l’on en fait, Cécile Duffaut en est la preuve.

 

Un livre agréable qui se lit très vite, avec des retours sur soi car, qui n’a pas connu ces ruptures épouvantables qui laissent un goût amer ou d’inachevé. Un livre à lire dans le train, sans que ce soit, pour autant, un roman de gare.

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Pascal Mercier - Le silence de Perlmann

20 Août 2013, 11:03am

Publié par zazy

Le silence de Perlmann

Pascal Mercier

Traduit de l’allemand par Nicole Bary et Gaëlle Guicheney

Editeur  Buchet Chastel

5 septembre 2013

770 pages

ISBN : 9782355800269

 

 

4ème de couverture :

Philipp Perlmann, éminent linguiste allemand, réunit, à l’invitation d’un sponsor, quelques spécialistes internationaux des sciences du langage pour réfléchir aux articulations du récit et de la mémoire : La mémoire existe-t-elle indépendamment du récit que nous nous en faisons ? 

Cette réunion est, pour Perlmann, un calvaire. En pleine crise psychologique et existentielle après la mort accidentelle de sa femme, il doute de ses capacités intellectuelles, de ses compétences, de son aptitude à vivre. En un mot, il n’a rien à dire à ses collègues dont la seule présence l’angoisse. Son unique refuge est le silence.

Pour faire face à la situation, il ne reculera ni devant le plagiat ni devant le mensonge, envisagera même le meurtre ou – pourquoi pas – le suicide.

Entre thriller et monologue intérieur, Le Silence de Perlmann, paru en 1997 en Allemagne, est le premier roman de Pascal Mercier, l’auteur du célèbre Train de nuit pour Lisbonne.

 

 

Quelques mots sur Pascal Mercier :

De son vrai nom Peter Bieri, il est né à Berne (Suisse) le 23 juin 1944.  Il enseigna à Berkeley et Harvard. Titulaire de 1993 à 2007 de la chaire de philosophie des langues de l’Université libre de Berlin et publie plusieurs publications philosophiques. Ses romans publiés sous le pseudo de Pascal Mercier sont traduits en français : L'Accordeur de pianos, Train de nuit pour Lisbonne, Léa. Le silence de Perlmann (Perlmannns Schweigen) est sorti en version originale en 1995.

 

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J'ai eu le plaisir de lire ce livre en avant-première grâce à l'opération organisée par et la librairie Furet du Nord .Je les remercie pour ce moment de plaisir que je vous convie à partager. Si vous voulez nous rejoindre, cliquez sur les icônes.

 

A réception de ce livre, j’ai eu un léger recul à la vue de l’épaisseur du livre, 770 pages, mazette, j’espère que j’y arriverai et qu’il y aura de l’action ! La couverture, anodine, presque légère me fait penser à un polar.  Avec ce nom à résonnance très française, pourquoi une traduction ? Une petite visite sur le net me renseigna, lire la petite bio ci-dessus.

Là, j’ai eu carrément peur, un philosophe, vais-je y comprendre quelque chose ?

En épigraphe, cette phrase : « les autres sont vraiment autres. Autres ». A méditer, en cette période de bac philo

 

« Philipp Perlmann ne savait pas comment vivre le présent. Toutefois ce matin, c’était pire qu’à l’ordinaire. » Ainsi débute ce gros pavé.

Le « héros » de ce livre, Philipp Perlmann, linguiste de renommée mondiale est l’organisateur d’une rencontre entre confrères éminents dans un grand hôtel de la baie de Naples.  Veuf depuis peu ; Agnès, sa présence, son regard, ses piques lui manquent cruellement. Il ne se sent bien nulle part et, surtout, il est incapable de s’en ouvrir à quelqu’un, même à sa propre fille.

 

Bien que reconnu mondialement, Perlmann est un homme peu sûr de lui, toujours sur la défense, toujours cette impression de devoir se justifier, toujours à se comparer négativement aux autres « Voilà ce qu’au fond je n’avais jamais eu : la curiosité intellectuelle ».

Il doit présenter son travail, mais…. de travail il n’en a pas. Impossible d’écrire un seul mot : Il avait « le sentiment très précis qu’il n’avait rien à dire » Toute la première partie du livre, tourne autour de ces thèmes et nous suivons la lente, très lente descente en enfer de Perlmann. Son silence ne lui autorise même pas l’écoute de ses confrères, tant il est pris dans ce maelström malsain.  Tout son monde s’écroule lorsqu’il comprend qu’il a commis le délit de plagiat et qu’il ne peut plus revenir en arrière. Sa solitude, la spirale infernale vers le bas deviennent de plus en pus dures et lourdes à porter. C’est son chemin de croix. Quelles descriptions, quelles forces dans le détail. Oui, c’est long, oui, ce fut dur pour moi d’entrer dans la vie et le cerveau de Perlmannn. Une fois cela franchi, quel plaisir de lecture. Quelle écriture, à la fois simple et forte. Les relations entre tous ces universitaires, leurs jalousies, la paranoïa envahissante de Perlmann… Quelle force dans le dessin, dans la description au scalpel et tout ça avec une lenteur digne des pires tortures hitchcockiennes.

Dans la seconde partie, le rythme s’accélère, le cœur s’emballe. Perlmann envisage sérieusement de tuer, sous couvert d’un accident automobile, l’auteur de l’étude qu’il plagie !

Tout est minutieusement étudié, détaillé jusqu’au moindre détail dans sa tête. Une partie époustouflante dans le crescendo de sa paranoïa. Un rythme d’enfer, des trouvailles risibles, bref, du thriller psychologique.

 

Perlmannn ferait-il de la procrastination ? Non, je ne pense pas vraiment, c’est surtout quelqu’un qui est au bout du rouleau, qui tourne en rond dans son domaine, qui n’a plus d’essence plus envie de continuer et qui ne sait comme le dire, comment « l’avouer » aux autres.

 

Mais ce n’est pas que cela.  L’étude de Leskov (donc celle de Perlmannn) porte sur «  l’idée que l’on pouvait s’approprier son passé au moyen des souvenirs que l’on raconte. » ; Une théorie fort intéressante. En pleine lecture de ce bouquin j’ai écouté l’émission de François Busnel, sur France Inter, qui recevait Boris Cyrulnik. Celui-ci parlant de son livre raconta un souvenir qu’il avait en tête et qui s’est avéré erroné (la dame qui l’a sauvé était, pour lui, jolie et blonde. Or elle était jolie mais brune) modifié, pour lui, par les réclames américaines. Bien dans le ton.

 

La grande force de ce livre c’est que l’on ne peut le lâcher, même fermé, il vous hante, vous force à réfléchir. Pourtant nous connûmes un début de liaison chaotique tant je voulais le quitter, mais Perlmann, avec ses réflexions philosophiques m’y autorisât pas. La torture psychologique que s’inflige Perlmann l’amène, petit à petit, à se re-trouver.

 

Voilà, j’ai lâché le mot et vous vous dites, ce n’est pas pour moi. Non, il faut être patient et laisser Perlmann entrer en vous.

 

Pascal Mercier connait fort bien le milieu universitaire de haut rang et le décrit méthodiquement avec beaucoup d’ironie. Il demande à ses lecteurs un effort, mais le plaisir naît souvent de la difficulté et ce livre en vaut vraiment la peine. Chaque page, outre la lutte interne de Perlmannn, offre un raisonnement philosophique très facile à appréhender.

 

Un bon livre et j’ai déjà retenu à la bibliothèque d’autres titres de cet auteur.

 

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Mercedes Deambrosis - Un après-midi avec Rock Hudson

13 Mai 2013, 14:38pm

Publié par zazy

 

Un après-midi avec Rock Hudson

Mercedes Deambrosis

Editions Buchet Castel

103 pages

2ème semestre 2001

ISBN : 9782283018644

 

 

4ème de couverture :

 

Dorita a réussi sa vie. Elle a un mari médecin, des bijoux, des fourrures et de grands enfants indépendants. Par une fin d'après-midi à Madrid, elle tombe sur cette vieille, cette bonne... enfin, quel est son nom, déjà ? Oui, Carmen. Mais la pauvre a tellement changé depuis le lycée ! Les deux amies décident d'aller boire un verre. Jusqu'à ce que les apparences s'effondrent, sous la plume toujours aussi corrosive de l'auteur, à qui l'on doit notamment La Promenade des délices et La Plieuse de parachutes. " Arrosé de vodka-orange, de Martini et de délire, l'après-midi finira quelque part en enfer [...]. Ce deuxième roman de Mercedes Deambrosis, d'une absolue et irrésistible cruauté, se lit d'une traite. Entre fou rire et apitoiement. "

 

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Si une « vieille » copine d’école avec laquelle vous ne vous entendiez pas particulièrement, ou plutôt, qui ne vous aimait pas, vous hèle dans la rue : Courage, fuyez à toutes jambes !!!

Cette chère Carmen en a fait les frais au grand bonheur de Mercedes Deambrosi.

« -Comment as-tu fait pour me reconnaître ? Quelle mémoire Dorita, quelle mémoire après tant d’années…

Cette pauvre fille est encore plus laide que lorsqu’elle était u lycée, comment aurais-je pu l’oublier ? » pensa Dorita, et à voix haute : -Mais tu n’as guère changé ma chérie dès que je t’ai aperçue, je me suis dit : mais c’est cette bonne amie Carmen Gonzalo y Gonzalo. Elle pinça ses lèvres étroites en un semblant de sourire où le rouge Revlon débordait généreusement »

Dorita, est-ce parce qu’elle s’ennuie un peu dans sa vie « réussie », embarque cette Chèèère Carmen dans une course échevelée vers…. Elles ne savent pas trop quoi. De cafeteria en bar, Dorita impose son luxe, impose ses vues, rabaisse, sans en avoir l’air tout en sachant ce qu’elle fait, cette Chèèère Carmen. Dorita se vautre dans son luxe, montrant les derniers bijoux offert par son Cheeer Mari. Cette pauvre Carmen n’a que son allure de vieille fille mal fagotée et Dorita s’en paye une bonne tranche sous couvert « d’amitié ».

Un après-midi mémorable fait de méchanceté à sens unique. Plus la soirée avance plus le vernis craque, le fond de teint part en plaques, tout comme la bienséance ! Dorita s’enfile Martini sur Martini. Mercedes Deambrosis s’en donne à cœur joie à dépiauter cette vieille Espagne des carcans, des faux-semblants, des apparences (mais cela vaut aussi dans notre chère France). La scène « d’amour » dans les toilettes d’un night-club est un délice mordant, dévastateur, cruel que je vous laisse découvrir.

Un livre que j’ai adoré ; un livre ponctué de rires, de ricanements, de oh scandalisé ou désolé. Une soirée que ni l’une ni l’autre n’oublieront facilement. De retour à leurs domiciles respectifs, elles y trouveront ce qu’elles n’auraient voulu y trouver : le vide. Cette journée fut une véritable descente en enfer !!

Au fait pourquoi ce titre ? La réponse est dans ce livre. Une réponse cruellement jubilatoire mais pathétique.

Ce petit roman est cruellement jubilatoire avec une pointe pathétique pimentée. Mercedes Deambrosis appuie là où ça fait mal à la bourgeoisie !!!!

Je l’ai rencontrée au « Salon des Dames » à Nevers début avril dernier où elle présentait son livre « Juste pour le plaisir ».

Mercedes Deambrosis en compagnie de Michèle Gazier lors du dernier Salon des Dames de Nevers

Mercedes Deambrosis en compagnie de Michèle Gazier lors du dernier Salon des Dames de Nevers

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Joël EGLOFF - Libellules

27 Août 2012, 20:14pm

Publié par zazy

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Libellules

Joël EGLOFF

Editions Buchet Chastel

187 pages

ISBN : 9782283023334

 

 

 Livre lu dans le cadre de l'opération logo on vous it tout créée par logo-libflybis et logo furet. Merci à Catherine d'avoir fait voyager ce livre jusque dans mes mains.

 

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Joël EGLOFF nous offre de petits instantanés glanés autour de lui ainsi que des souvenirs d’enfance comme de petites bulles. Chaque chapitre est un de ces instantanés de vie, pour certains, attendrissants, d’autres tristes, nostalgiques ou humoristiques qui, partant d’un petit fait, s’épanouissent sous la plume de l’auteur. En fait, comme si vous regardiez des photos qui déclencheraient une histoire, des souvenirs.

Sans sortir de sa rue, de son immeuble, il se promène dans les vies et se remémore la sienne, comme les libellules voletant pour venir se reposer sur le même bout de roseau,  (je le sais pour les avoir épiées afin de les photographier).

C’est un livre qui se lit facilement et rapidement, pas d’aspérité et de la tendresse en prime. J’ai lu cet ouvrage dans des conditions difficiles, en plein festival nature, avec indiens, motos, chiens, beaucoup de monde, bref, du bruit et du passage… et bien, je l’ai accompagné dans sa bulle et j’y étais bien.

 

Merci Catherine de m’avoir prêté ce délicieux petit ouvrage

 

Quelques extraits :

 

4ème de couverture :

On a beau avoir deux yeux, ils regardent souvent dans la même direction, si bien qu’au lieu de se compléter, ils travaillent en doublon, ce qui est regrettable. Toute considération esthétique mise à part, s’ils pouvaient, chacun d’eux, faire preuve d’un peu plus d’autonomie, si l’un s’occupait de regarder à droite pendant que l’autre regarde à gauche, on aurait sûrement une vision du monde moins parcellaire. On toucherait d’un peu plus près à la vérité des choses.
Il y a, dans Libellules, un enfant qui grandit et sans cesse s’interroge, un père qui aimerait pouvoir lui répondre, il y a cette femme qui, du matin au soir, secoue son linge à sa fenêtre, il y a Kate, là-bas, en Antarctique, et la tragique histoire d’un chapeau à la mer… Avec tendresse et bienveillance, un homme, écrivain, porte un regard sensible et drôle sur le monde qui l’entoure.
Par l’auteur de L’Étourdissement, prix du Livre Inter 2005.

 

Biographie de Joël EGLOFF :


Mosellan né en 1970, Joël Egloff,  est un scénariste et écrivain français qui vit à Paris.

Il suit des études à l'ESEC (École supérieure libre d'études cinématographiques) à Paris. Il est l'auteur de cinq romans, dont L'Étourdissement qui a obtenu le Prix du Livre Inter 2005, L'Homme que l'on prenait pour un autre (Buchet-Chastel, 2008) .

 

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