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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #68 premieres fois

Jacky Durand - Marguerite

6 Juin 2017, 15:39pm

Publié par zazy

Marguerite

Jacky Durand

Editions Carnets nord

janvier 2017

240 pages

ISBN : 9782355362330

 

4ème de couverture :

Août 1939. Qui peut se douter de ce qui va se déchaîner, dévaster tant de vies? Marguerite est à son bonheur, son mariage avec Pierre, son amour de jeunesse. Un mois de lune de miel dans leur petite maison de l’est de la France. Puis Pierre est mobilisé. La France est occupée. Marguerite va devoir affronter la solitude, la dureté d’un monde de plus en plus hostile, mais aussi découvrir sa propre force, l’amitié, les émotions qui l’agitent. Au contact de Raymonde, la postière libérée des contraintes sociales, d’André, le jeune Gitan qu’elle protège, ou encore de Franz, un soldat allemand plein d’humanité, elle devient peu à peu maîtresse de sa vie, de son corps et de ses sentiments.

Un roman d’une grande sensibilité sur la révélation à soi d’une femme seule pendant la guerre, sur l’affirmation de sa liberté aux heures les plus sombres de son siècle.

Le premier roman de Jacky Durand.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Jacky Durand est journaliste et chroniqueur gourmand à Libération. Il aime le bleu de Gex, la marche en ville et en forêt, Simenon et Maxime Gorki. Quand il ne travaille pas, il écoute les conversations de bistrot. Il est l’auteur de Cuisiner, un sentiment (2010).

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« Pensez donc, elle a couché avec les Allemands, Marguerite. C’est écrit en gros sur son front et ses joues : trois croix gammées peintes avec le trait épais et gras du goudron encore tout frais».

mâles ont chopé deux femmes, dont Marguerite, accusées d’avoir couché avec l’occupant. Ces hommes qui la tondent se prétendent de la résistance, mais certainement juste après le départ des allemands ! Mais là n’est pas l’argumentaire du livre de Jacky Durand.

Après cet épisode, nous remontons le temps. Août 1939, Marguerite est heureuse, elle vient de se marier avec son homme, Pierre. Un bonheur qui ne durera qu’un mois.

« La guerre va frapper à leur porte, Marguerite le sait, Pierre sait qu'elle sait mais ils n'en parlent pas. Le silence est la plus supportable des complicités. »

Pierre part au front, enfin là où on l’envoie dans cette drôle de guerre. Commence le mal de l’absence du corps de Pierre, l’ennui, la lente descente dans la solitude.

« C’est le vide et le silence qui se sont engouffrés entre les murs. Tout est devenu froid, inanimé. »

Une petite éclaircie avec une permission volée et des retrouvailles teintées de gris un soir de Noël, puis plus rien, il est prisonnier quelque part.

Heureusement quelques figures bienveillantes mettent un peu de bleu dans son ciel gris. Raymonde la receveuse des Postes, entrée en résistance, lui propose des heures de ménage. Ce sera sa première décision prise sans en référé à son homme. Germaine sa vieille voisine, tant détestée aux heures heureuses, la soutient.

André, un jeune gitan va lui permettre de redonner un peu de sens à la grisaille de sa vie.  Juste avant Noël,

« Un gamin rougeaud apparaît, il a les bras chargés de paniers en osier de toutes les ailles dont les anses strient sa pauvre veste rapiécée ». Après l’avoir refoulé, elle remarque que le gamin à la place de godasses « a les pieds enroulés de lambeaux de tissus crasseux maintenus par de la ficelle ».

Prise de pitié, elle lui achète un panier, lui offre un bon café chaud et une tartine beurrée, quelques provision et… la peau du lapin qu’elle vient d’écorcher. C’est leur première rencontre, mais pas la dernière. Un rituel se met en place ; chaque dimanche, il vient manger avec elle et repart avec nourriture et vêtements pour lui et sa famille qui vit dans une roulotte délabrée.

Un jour, elle découvre André chantant la Marseillaise à un soldat allemand ! Imaginez la scène ! C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Franz officier allemand, occupant...  Les clichés sur le boche en prennent un coup avec cet allemand qui prend André, un gitan, sous son aile, prenant le risque de se faire fusiller

«Plus courageux que la plupart de ses voisins. Elle veut savoir pourquoi il agit ainsi, à prendre des risques qui pourraient le mener au peloton d’exécution. ».

Petit à petit Marguerite découvre la liberté, s’enhardit, est capable de tenir tête au contremaître de l’usine où elle travaille comme un homme, accepte de déplaire aux autres, à ne pas être un mouton. Je la vois prendre de l’assurance au fil des pages. Le manque de Pierre se dissipe pour laisser place à un espace de liberté et une crainte du retour, quelque chose d’indéfinissable, même si elle pense que son Pierre n’est pas comme les autres 

« Mais Marguerite, elle, redoute qu’avec les hommes revienne la soumission »,

.Marguerite découvre la liberté de soi. Forte tête, elle a trouvé un certain équilibre dans la solitude, s’abrutissant des besognes autrefois accomplies par Pierre, elle y trouve beaucoup de fierté.

André satisfait son besoin de tendresse, de prendre soin de quelqu’un d’autre.  C’est osé, à cette époque, d’aider des gitans, alors voués aux camps d’internement.

Marguerite ne veut pas que je m’apitoie sur son sort et l’écriture de Jacky Durand par une certaine distanciation permet cela. Pourtant, à certains moments,  le voile se déchire et l’émotion arrive.

Une femme digne.

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois

 

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Virginie Roels - La plume

28 Mai 2017, 22:19pm

Publié par zazy

La plume

Virginie Roels

Editions Stock

Collection : La Bleue

Mars 2017

320 pages

ISBN : 9782234082618

 

4ème de couverture :

« Le président était à moins d’un mètre quand il se mit à dévisager le public. Il s’arrêta net sur un jeune homme assis au deuxième rang. Ce dernier le fixa d’un sourire de Joconde. Le président baissa les yeux, puis se tourna vers son ministre de l’Intérieur. La suite, nous la connaissons tous, les images ont fait le tour du monde : à vingt-deux heures trente, devant cinquante millions de téléspectateurs, le président de la République française a littéralement perdu les pédales.
Quelques secondes qui brisèrent sa carrière ; jamais humiliation ne fut si foudroyante. Dès cet instant, nous fûmes des centaines de journalistes cherchant à savoir ce qui s’était passé. La chance voulut que je sois la seule à avoir identifié l’objet de son effroi : le jeune au sourire de Joconde. »
Une fable contemporaine sur la classe politique, où tout est fiction, mais presque tout est vrai… Un roman inventif, brillant et audacieux.

L’auteur (site de l’éditeur)

Longtemps journaliste d’investigation pour la télévision et la presse écrite, Virginie Roels est directrice de la publication du magazine Causette. La Plume est son premier roman.

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Lors du débat télévisé avant le second tour de l’élction présidentielle, le président Debanel, donné gagnant, dérape, panique et perd ses moyens. Pourquoi, simplement à la vue d’un nom, a-t-il blêmi, paniqué ? C’est ce que va chercher à trouver une jeune journaliste qui travaille pour un obscur hebdomadaire télévision  qui a été témoin de la scène.

« La chance voulut que je sois la seule à avoir identifié l’objet de son effroi : le jeune au sourire de Joconde. »

« Pour la première fois de ma médiocre carrière, j'avais une intuition, un indice, et la conviction d'en avoir été l'unique témoin. J'ai tiré les fils, patiemment, jusqu'à reconstituer le puzzle. Après des mois passés à écouter tous les acteurs de cet affreux quoique jouissif naufrage, celui d'un président, en voici le récit. »
Entre ceux qui sont au pouvoir, ceux qui sont dans l’anticambre et ceux qui voudraient bien… la lutte est dure. Seul le résultat compte. Ainsi, le ministre de l’éducation nationale doit écrire un discours pour le président. Bien sûr, il « sous-traite » l’affaire à un subalterne qui fera de même pour arriver à David Joli qui est en plus, prof. La source étant tarie, il a la brillante idée de faire plancher ses élèves sur le thème demandé. Le devoir de Le Dantec sort du lot. Pris par le temps, Joli le recopie in extenso. A partir de là, la chaîne déraille, le pédalier est en roue libre.

Ce que je regrette un peu dans ce roman, ce n’est pas la servilité des subalternes ni la veulerie, l’égocentrisme, la courte-vue des politiques, ça je sais. Non, ce qui m’a gêné, c’est la radicalisation express de Le Dantec et le fait que je n’ai pas cru aux personnages . Je n’ai jamais pu trouver la clé pour ouvrir la porte de ce livre.

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois

 

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Sandra Reinflet - Ne parle pas aux inconnus

20 Mai 2017, 22:25pm

Publié par zazy

Ne parle pas aux inconnus

Sandra Reinflet

Editions JC Lattès

Janvier 2017

380 pages

ISBN : 9782709659376

 

4ème de couverture :

Ce devait être une fête, une libération, la fin du lycée et des « ne pas ». Mais Eva ne répond plus et Camille ne répond plus de rien. Depuis que sa Polonaise a disparu, la jeune femme se cogne au silence comme un papillon à une ampoule. Elle décide de prendre la route pour la chercher. Un voyage au cours duquel elle croisera ces étrangers dont ses parents lui disaient de se méfier et qui tous, à leur manière, l’aideront à trouver ce qu’elle ne cherchait pas : elle-même.
Les secrets les mieux gardés ne sont-ils pas les plus en vue ? Les inconnus, parfois, sont ceux dont on croit tout connaître.

L’auteur (site de l’éditeur)

Née en 1981, Sandra Reinflet est inventeuse d’histoires vraies. Après trois ouvrages photos-texte, Ne parle pas aux inconnus est son premier roman.

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Camille fête son bac mention bien avec les autres lycéens et Eva. Eva, celle qui lui a fait connaître le bonheur, l’amour, la transgression, celle dont les parents sont si gentils toujours à l’écoute, alors que les siens… Eva qui ne répond plus à ses mails, ses appels, ses cris, depuis cette soirée. Pourquoi ?

Chez elle, elle étouffe entre ses parents et sa jeune sœur. Depuis toute petite, interdiction de sortir, de parler aux inconnus, rester dans la cour, dans le jardin et le mur du silence… Elle se rêve dessinatrice de BD,  ses parents brident ses rêves et la veulent dans des bureaux à faire des études sérieuses, à vivre une petite vie étriquée, sans surprise (apparemment) comme la leur.

Pourquoi Eva est-elle partie du jour au lendemain avec ses parents sans la prévenir ? Elle en hurle de désespoir. Un beau jour, Camille décide de partir pour la Pologne retrouver son amoureuse mystérieusement disparue, puisque c’est de là qu’elle vient et qu’elle y retourne pour les vacances. Elle prévient quand même ses parents par sms.

"Il faut que je parte, c'est une urgence. Je ne peux pas vous en dire plus pour l'instant, mais faites moi confiance".

Partir, fuguer à l’étranger, facile à dire, mais plus difficile à faire. La peur est présente, surtout avec la litanie « Ne parle par aux inconnus » qui résonne dans sa tête, la peur du viol….

Camille roule d’Allemagne en Pologne via la Serbie, la Roumanie, la Hongrie. Elle fait d’heureuses rencontres qui la forment. Enfermée en elle-même, elle s’ouvre, parle, raconte. Elle a osé faire ce que ses parents lui interdisaient : parler aux étrangers. Elle s’est ouverte aux autres et en cherchant Eva, s’est trouvée elle-même.

Le retour à la maison, le drame. Elle remonte, grâce à des carnets le fil de l’histoire maternelle,  comprend et peut dépasser son enfance, retrouver sa mère « Et il a fallu aller loin pour qu’on se rencontre enfin. »

Comme souvent, la famille est un lieu où les secrets sont cachés, les silences envahissent et pourrissent la vie familiale, dont il faut s’extraire pour grandir et progresser.

NPAI, son tatouage pour Eva  N’habite pas à l’adresse indiquée ou Ne parle pas aux inconnus, les deux axes de ce livre.

Le rythme des  phrases de Sandra Reinflet fait ressortir l’urgence de Camille, son besoin de foutre le camp, sa colère. Ce voyage est comme un rite de passage de l’enfance vers l’adulte. Un très bon premier livre que je n’ai pu lâcher avant le dernier mot écrit par une fameuse "inventeuse d'histoires vraies".

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois

 

 

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Vanessa Bamberger - Principe de suspension

13 Mai 2017, 21:19pm

Publié par zazy

Principe de suspension

Vanessa Bamberger

Editions Liana Levy

Janvier 2017

208 pages

ISBN : 9782867468759

 

4ème de couverture :

«10% de talent, 90 % d’efforts.» C’est la devise de Thomas pour défendre son usine et ses salariés. Depuis qu’il a racheté Packinter, une PME de la filière plastique, il lutte pour conjurer le déclin de l’industrie dans sa région du Grand Ouest. Un hiver pourtant tout bascule, et il se retrouve dans la chambre blanche d’un service de réanimation, relié à un respirateur. À ses côtés, Olivia, sa femme, attend son réveil. Calme, raisonnable, discrète. Comme toujours. Dans ce temps suspendu, elle revit les craintes des ouvriers, les doutes de Thomas, les trahisons intimes ou professionnelles qui les ont conduits jusqu’à ce grand silence, ce moment où se sont grippés le mécanisme des machines et la mécanique des sentiments. Parce que la vie s’accommode mal de l’immobilisme, il faut parfois la secouer un peu, selon le «principe de suspension».
Un premier roman juste et subtil sur le blues du petit patron et le fragile équilibre du couple.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Vanessa Bamberger est née en 1972. Journaliste, elle vit à Paris. Principe de suspension est son premier roman.

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« Dans la chambre de réanimation du Centre hospitalier de Cambregy, l’air est rare et poisseux… Thomas est étendu sur le lit médicalisé, son long corps est recouvert d’un drap jusqu’aux aisselles. »

Cet homme couché, est dans le coma, relié à un respirateur. Sa vie est suspendue à ce tube. Olivia, sa femme, le veille, elle dont la vie est suspendue à celle de son mari.

Thomas, marié, père de famille, lâche un bon boulot pour racheter une petite  entreprise. Le voici sous-traitant unique d’une entreprise de respirateurs artificiels  française (l’ironie du sort) qui choisit de délocaliser en Europe de l’Est. Sa PME se trouve acculée à la fermeture. Thomas, victime d’un malaise,  est entre la vie et la mort, physiquement et socialement.

Thomas, en rachetant cette entreprise avait un idéal

« Thomas était persuadé que son optimiste pouvait se communiquer, il voulait changer les mentalités, redonner aux opérateurs leur fierté, il suffisait d’avoir de bonnes machines, croyait-il, les plus performantes, les plus innovantes. ».

Il a mis sa confiance, s’est presque rendu pieds et poings liés à  Loïc Rodier, beau parleur qui lui a vendu de l’espoir, du mirifique, du vent. César Gomez, le contremaître, « organisé, précis, posé, peu impressionnable » en conçoit quelque jalousie, mais l’amour de la boîte est le plus fort. Il reste, solide, aux côtés du patron.

Il a fait le mauvais choix en engageant Rodier et en ne diversifiant pas ses activités, ses clients

« Thomas n’avait pas cherché d’autres clients : il n’en avait pas eu besoin, puisque l’aérosol du laboratoire français se vendait si bien. »

HFL, son client licenciant ses propres employés, il va devoir faire de même et se sent un mauvais patron, se sent fautif.

«Dans ce pays, tous les patrons étaient des coupables potentiels. A force d'être pointé du doigt, on finissait par se sentir fautif.»

Thomas aime l’industrie, les machines.

« Thomas croyait à la performance de la machine créée par l’homme, à l’homme couplé à sa machine. On les détestait, on les méprisait de nos ours, les machines industrielles et leurs vieux opérateurs. C’est ce qui rendait vraiment malheureux les ouvriers de l’Ouest, encore plus que leur mauvaise paye et la menaces du chômage. Les nouveaux arrivants, plus jeunes, les contemplaient avec mépris. Comment acceptaient-ils ces conditions de travail, pour ce salaire de misère ? Oui, le métier était épuisant, le travail en équipe, les trois-huit, tous les quatre jours il fallait changer de cycle, deux nuits deux matins deux après-midi –les patrons étaient intransigeants sur la ponctualité comme à l’armée-, au bout de vingt ans les types étaient cramés, la machine les avait fait vieillir à grande vitesse quant elle ne leur avait pas cassé le dos, les mains. »

Un patron, maintenant, ne peut plus être paternaliste. César le confirme

« Tu veux sauver des gens, des emplois ? Tu veux être un bon patron ? T’es pas dabs l’humanitaire, t’es pas assistante sociale ! Qu’est-ce que ça peut faire que tu sois un chc type si tu plantes ta boîte ? De toute façon, il n’y en a pas un seul ici qui est reconnaissant des efforts que tu fais. »

Toutes ces petites PME, sous-traitantes uniques de grands groupes se font sucer, laminer. Toujours moins chers, plus vite, en flux tendu, à payer sous quatre-vingt-dix jours au lieu des soixante … Jusqu’au jour où ils s’enfuient vers l’Eldorado de l’Est ou d’ailleurs. C’est la vie quotidienne de Thomas. En tant que patron, il travaille beaucoup et plus il travaille, plus il est seul, La fuite dans le travail.

Olivia, sa femme, le veille, elle dont la vie est suspendue à celle de son mari, en suspension de sa propre vie, peintre sans exposition, même pas dilettante.

« A son avis, elle ne travaillait pas assez. La réussite, c’était dix pour cent de talent et quatre vingt dix pour cent d’effort ».

Petit à petit, elle fait le bilan de sa propre vie. Le coma de Thomas lui a permis de faire un travail sur elle-même

« Thomas ne parle jamais de son travail non plus, il a besoin de se changer les idées. Olivia respecte cette décision même si elle aimerait en savoir davantage. Parce que cela l’intéresse. Parce que cela leur ferait un sujet de conversation, à table.

Un roman très bien construit où l’alternance entre l’hôpital,  la vie privée, la vie de  et dans l’entreprise donne du corps à la trame psychologique. Thomas et Olivia, comme tout un chacun sont faits de glaise, structures non linéaires que l’épreuve changera, mais je vous laisse le plaisir de la découverte.

Un très bon premier roman sur un patron de PME. C’est un milieu que je connais un peu ; la solitude du patron, les difficultés des ouvriers, la dureté du travail, la saleté, le bruit, la petite paye …

«Chaque mois, Thomas signait les nombreuses demandes d'acompte sursalaire de ses employés.»

Un livre fort bien écrit, réaliste, avec de très belles tournures de phrases. Un très bon premier roman au ton juste lu dans le cadre des 68 premières fois

 

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Stéphanie Kalfon - Les parapluies d'Erik Satie

3 Mai 2017, 15:52pm

Publié par zazy

Les parapluies d’Erik Satie

Stéphanie Kalfon

Editions Joëlle Losfeld

Février 2017

216 pages

ISBN : 9782072706349

 

4ème de couverture :

En 1901, Erik Satie a trente-quatre ans. Sans ressources et sans avenir professionnel, il délaisse Montmartre et l'auberge du Chat Noir pour une chambre de banlieue sordide où, coincé entre deux pianos désaccordés et quatorze parapluies identiques, il boit autant, ou plus, qu'il compose. Observateur critique de ses contemporains, l'homme dépeint par Stéphanie Kalfon est aussi un créateur brillant et fantaisiste : il condamne l'absence d'originalité de la société musicale de l'époque, et son refus des règles lui vaut l'incompréhension et le rejet de ses professeurs au Conservatoire.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Lauréate en 2007 de la bourse « Scénariste TV » décernée par la Fondation Lagardère, Stéphanie Kalfon a notamment travaillé pour la série Vénus et Apollon diffusée sur Arte. Elle est également la réalisatrice du film Super triste avec Emma de Caunes, et travaille actuellement sur un long métrage avec Jean-Pierre Darroussin. Les parapluies d'Erik Satie est son premier roman.

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Ce n’est pas une biographie mais une interprétation, une recomposition de la vie d’Erik Satie, sa longue descente dans les enfers de la solitude, de la folie, de la création.

Avec Erik Satie, homme très entier

 

« On ne partage rien pour de faux. On ne partage rien pour passer le temps, faire quelque chose, rester à ensemble sans importance. »

Depuis sa plus tendre enfance, le compositeur est hors temps, hors jeu, "un égaré dans ce siècle" Il se cherche dans un monde qui se modernise mais dont les parangons refusent toute innovation comme ses professeurs du Conservatoire. Il entre en lui-même, écorché vif. Sa chambre à Arcueil, est son cercueil, son refuge ultime, il y crève de solitude. Pourquoi partir si loin de Paris, de ses amis ?

« Il veut être à la périphérie car il se sent périphérique. Et Satie est avant tout un être cohérent. Voilà ce que les autres n’ont pas compris, ceux qui le croient fou, excentrique. Ceux qui ne voient en lui qu’une dérisoire dérision ».

L’amitié est importante pour lui et n’en veut même pas à son ami Debussy qui lui vole ses idées et créera  Pelléas et Mélisande.

« Il s’était senti compris, et aussitôt dépossédé, mais trop tard mon bon vieux, il ne fallait pas en dire autant, tout donner pourquoi ? Est-ce qu’un peu d’admiration vaut assez pour tout donner ? Juste pour le plaisir d’être le centre éphémère du monde ? »

Man Ray, quant à lui estimait que

« Erik était le seul musicien à avoir des yeux.. Le photographe avait repéré qu'Erik n'écoutait pas la musique, il la peignait, il la photographiait, il l'observait."

Un écorché vif qui se protège, mais de quoi ? Avec ses quatorze parapluies noirs.

Quelques petits entractes lorsque Stéphanie Kalfon met en scène les actualités de l’époque, naissance du cinéma, la construction de la Tour Eiffel, même la naissance du Coca Cola ! Heudebert et la création de la biscotte…  « Mais ceci est une autre histoire. »

L’écriture vive, alerte, de Stéphanie Kalfon est à l’opposé de ce qu’elle raconte de la vie misérable, décalée d’Erik Satie. Pourtant, elle épouse le rythme du compositeur, scande la musique de ses mots au rythme des divagations de Satie, le suit dans ses désespérances, sa fuite en avant. Elle le suit en Absurdie, dans sa déchéance, son enfermement. Pour moi, cette apparente dichotomie est la force de ce livre.

Un très bon premier livre qui m’a permis de découvrir une autre vue de la musique de Satie

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois.

 

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Maryam Madjidi - Marx et la poupée

5 Avril 2017, 19:52pm

Publié par zazy

Marx et la poupée Maryam Madjidi

Le Nouvel Attila

208 pages

Janvier 2017

ISBN : 9782371000438

 

Résumé de l’éditeur :

Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris.
À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets – donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes -, l’effacement progressif du persan au profit du français qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.

Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.

L’auteur (site de l’éditeur)

Maryam Madjidi est née en 1980 à Téhéran, et quitte l’Iran à l’âge de 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Aujourd’hui, elle enseigne le français à des mineurs étrangers isolés, après l’avoir enseigné à des collégiens et lycéens de banlieue puis des beaux quartiers, des handicapés moteur et psychiques, des étudiants chinois et turcs, et des détenus. Elle a vécu quatre ans à Pékin et deux ans à Istanbul.

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Comment devenir française et comment rester iranienne. Un dilemme qui court tout au long de la vie de Maryam Madjidi. Avant que de naître, elle a failli périr. Sa mère, enceinte, pour ne pas tomber dans les griffes de gardiens de la révolution, saute par une fenêtre du second étage. Les deux seront sauves.

« Ma mère porte ma vie mais la Mort danse autour d’elle en ricanant ».

Cela n’arrête pas le couple versé côté communisme, de continuer à publier et distribuer des tracts, jusqu’à les cacher dans les couches-culottes de Maryam. Elle servait de boîte à lettres.

Un jour, pourtant, il a bien fallu partir, s’exiler. Avant, ses parents enjoignent Maryam à donner ses jouets, dont une fameuse poupée, à ses voisins, d’où le titre Marx et  la poupée.

- Pourquoi je dois donner mes jouets ?
- Parce qu’on ne peut pas les emporter avec nous là-bas.
- Mais je veux pas.
- Ecoute, c’est beau de donner, tu comprends ?
- Non, je suis obligée de donner, c’est pas la même chose. Je veux pas !

Pas facile d’expliquer le communisme, le partage à une fillette qui ne veut pas se séparer de son petit monde. Elle les enterre comme ses parents enterrent les livres interdits (Marx, Makarebki, Che Guevara)

L’exil l’amène en France retrouver son père. La séance à l’aéroport est  aux petits oignons.

La chute dans ce pays inconnu est rude, les croissants n’ont pas le goût du lavâsh, le camembert sent les chaussettes. La petite fille est complètement perdue lors de sa première journée de classe. Personne ne lui explique. L’angoisse la pousse à se sauver, sortir de l’école. Elle ne parle toujours pas, s’abreuve de français, écoute, digère… ne dit rien jusqu’au jour où elle accouche de la langue française et déserte le farsi.

Soudain c’est sorti : j’ai enfanté mon français. Je me suis mise à parler en français sans m’arrêter avec un enthousiasme et une vitesse fulgurants.

Adulte, elle séduira les hommes en jouant l’orientale, leur récitant des poèmes persans. Ils tomberont dans ses bras.

« Je module ma voix, je mets mon costume de femme persane, je secoue mes voiles et, sous les feux de ses yeux déjà conquis : je lui récite Omar Khayyâm. Je commence toujours en persan et je donne ensuite la traduction française. »

A la faveur de sa thèse, elle réapprend le persan, se réapproprie  la langue qui l’a vue naître. Ce sera sa troisième naissance et son premier retour en Iran.

« C’était le premier voyage, le premier retour à la terre-mère, la première descente vers l’origine. Une descente ou une chute, je ne sais pas. J’ai failli perdre la tête, j’ai glissé sur mon identité et je suis tombée. »

Sa vie sera faite de ces allers-retours avec son passeport français.

« Il y eu aussi le soulagement d’un autre retour : le retour en France et le sentiment de m’y sentir un peu chez moi malgré tout. L’Iran, dépouillé de mes fantasmes et de mes idéalisations, était de plus en plus difficile à supporter. Je n’ai jamais idéalisé la France. »

"Mais toujours l’Iran m’appelle, voix en sourdine, présence derrière mon dos, il me tapote l’épaule pour me rappeler à lui. Par devoir, par culpabilité, par peur de ne plus revoir les vieux, par rituel, par amour peut-être aussi, je me sens poussée à y retourner régulièrement."

Souvenirs éparpillés restitués dans cette autofiction éclatée, où elle raconte une vie, une famille dispersée par l’exil, mais toujours avec deux soutiens, le persan et sa grand-mère.

Un très bon premier livre à la fois tendre, triste, drôle, original d’une très belle plume, qui se lit d’une seule traite : un petit bonheur de lecture.

 Livre lu dans le cadre des 68 Premières fois

 

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Marine Westphal - La téméraire

24 Mars 2017, 23:26pm

Publié par zazy

La téméraire

Marine Westphal

Editions Stock

Collection : La Bleue

Janvier 2017

144 pages

ISBN : 9782234081901

 

4ème de couverture :

Pour le rendez-vous elle avait colorié sa bouche de coquelicot en tube, poudré ses pommettes, la totale. Elle apprendra que son rouge avait bavé sur ses incisives, ravageant son sourire un brin carnassier. Bartolomeo avait trouvé Sali jolie quoiqu’un peu ridicule, elle avait quelque chose d’une tasse de porcelaine mal rangée, au bord de la chute, en détresse. »

Sali, Bartolomeo. Un amour qui dure depuis trente ans. Mais un grain de sable enraye tout : sur les sentiers des Pyrénées, Bartolomeo est victime d’un AVC. Comment l’accompagner ? Comment croire à l’avenir ? Contre l’accident fatal, il reste un seul ressort : la volonté d’une femme, qui décide de réenchanter les derniers instants de son mari.

La téméraire est un texte bouleversant qui embrasse la maladie dans une danse grave et généreuse.

Quelle découverte ! Quelle plume ! Quel talent ! "

L’auteur (site de l’éditeur) :

Marine Westphal a vingt-sept ans, elle est infirmière. La téméraire est son premier roman.

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J’ai reçu une claque avec ce livre.

Sali et Bartoloméo dit Lo Meo, un couple qui a su garder et faire grandir leur amour. Ils se tiennent par la main depuis trente années. Pourtant l’irréparable arrive par le biais d’un AVC  de Lo Mehttps://68premieresfois.wordpress.com/o lors d’une randonnée dans les Pyrénées avec son ami, son poto.

Bien sûr, comme disent les médecins, il est vivant, mais le verdict tombe, dommages irréversibles, débrouillez-vous avec cela. On le ramène chez lui,  se retrouve dans un lit médicalisé qui encombre le salon. LUI, le vivant, le roc, le socle, le chêne, le voici devenu légume, poireau flétri par le gel.

« Un lit au centre du salon, un matelas aux bourrelets tendus d’air, un homme en pyjama au mois d’août, allongé. Est-ce qu’il dort, je l’ignore. Sali veille. »

Sali est là, passe ses journées à ses côtés, assise dans le fauteuil, témoin de tant de bonheur, se refusant toute autre activité, même se laver les cheveux. Elle y vit, y campe.

« Le corps d’une femme disparait dans un volumineux fauteuil aux gros boudins de bras, baptisé Goliath. Le genre confortable et crevé d’avoir trop servi. »

Suite à une phrase d’Olga, l’infirmière à domicile, un jour l’idée germe dans l’esprit de Sali, d’emmener une dernière fois Lo Meo à son « jardin », qu’il s’éteigne sur son tapis de mousse la face vers le paysage qu’il admire tant et où ils aimaient aller.

« Car elle avait un but, un incroyable objectif qui mobilisait toutes ses pensées et des forces : ne pas le laisser crever là, lui qui aimait tant l'impolitesse du vent et les grands espaces »

« L’endroit était si pur que les astres semblaient se pencher sur la Terre et sur ses colonisateurs bornés, l’altitude rendais les étoiles grosses comme des galets, presque palpables. Allongés sur la mousse, une nuit d’été, Sali et Lo Meo s’étaient amusés à les collectionner entre le pouce et l’index réunis en pincette, bras tendus, bouches béantes, émerveillés devant l’espace infini. Puis ils avaient entrelacé leurs dix doigts ».

« Sali voulait juste le porter là-bas, lui offrir ce voyage ».

Ainsi, elle est devenue la Téméraire, celle qui se cachant de tout le monde a porté, au sens littéral du mot, Lo Meo vers leur jardin, son jardin. C’était leur moment, le dernier, l’ultime, à tous les deux. Une fois les yeux de son mari fermés définitivement, elle prévient ses enfants.

Maïa, habite loin de chez ses parents, depuis l’annonce de l’AVC, elle se soûle la nuit et emmène des mecs chez elle, juste pour se sentir vivante et retarder l’apparition de la bête, de la mort. Quant à Gabin, resté proche, il est là, se tient pas trop loin de sa mère, passe tous les jours.

Marie Westphal a mis des mots, des phrases sur mes peurs, sur MA peur, sur mon cauchemar ; voir mon mari partir avant moi, victime légumière d’un AVC.  Avec ses mots, ses phrases, son écriture lumineuse, précise, ses descriptions poétiques sur la nature, elle a trouvé les mots justes, les phrases intenses pour parler de la fin de vie. Nonobstant l’émotion qui m’a submergée, j’ai aimé la façon dont l’auteure s’est emparée du sujet. C’est un premier roman maîtrisé et abouti.

Merci Marie Westphal.

Ce livre fait partie de la sélection des 68 Premières fois et c’est un coup de cœur, même un coup dans l’estomac.

J'aime beaucoup le dessin du bandeau

 

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Je n'aurais pas dû

13 Mars 2017, 15:44pm

Publié par zazy

Presque ensemble

Marjorie Philibert

Editions JC Lattès

376 pages

Janvier 2017
ISBN : 9782709658584

 

4ème de couverture :

Tout commence le 12 juillet 1998. En pleine finale France-Brésil, Victoire et Nicolas se rencontrent dans un bar à Paris. Ces deux révoltés placides deviennent inséparables et se lancent dans la vie de couple. Mais loin de la passion rêvée, nos héros se retrouvent embarqués dans une odyssée domestique désespérément tranquille...
L'arrivée de Ptolémée, le chat, leur procure un temps le paradis tant souhaité. Mais rien ne dure !
Drôle et mordant, Presque ensemble explore avec brio le sentiment amoureux à l'épreuve du quotidien, ou simplement peut-être de la vie.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Marjorie Philibert est née en 1981 et est journaliste à Paris. Presque ensemble est son premier roman.

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Victoire et Nicolas se rencontrent dans un bar, en 1998, lors de la fameuse victoire de l’équipe de France en coupe du monde et décident très rapidement de vivre ensemble.

Ce couple lambda de base, sans passion, sans désir autre que le désir charnel du début de leur relation, s’étiole petit à petit. Les relations extraconjugales ne changeront rien. L’impression qu’à part l’appartement et la vie commune, ils ne partagent rien. Leur union est basée, dès le début, sur un malentendu. Ils suivent chacun leur route, avec quelques croisements.

Est-ce cela la génération désenchantée ? Je ne sais pas, mais ils dégagent un tel ennui.

Cette phrase résume mon impression.

"On s’épuisait à se parler sans s'écouter, à s'expliquer sans se comprendre, à souffrir comme si on avait tout le temps devant soi, pour finir par passer sa vie côte à côte comme deux vaches dans un pré."

L’écriture, classique est agréable, mais je n’ai pu résister à l’ennui, au sentiment de vacuité de ce couple de jeunes gens qui ont l’air d’avoir cent ans. Une bonne analyse qui ne m’a pas enthousiasmée du tout. Passer de l’extravagance de  Yasutaka Tsutsui à la tiédeur de Victoire et Nicolas était un challenge quasi insurmontable.

Livre lu dans le cadre de l’opération les 68 premières fois. Ce livre va poursuivre sa route vers d’autres lecteurs.

 

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Marie Barraud -Nous, les passeurs

4 Mars 2017, 17:55pm

Publié par zazy

Nous les passeurs

Marie Barraud

Editions Robert Laffont

Janvier 2017

198 pages

ISBN : 2221197909

 

4ème de couverture :

« J'ai voulu raconter l'histoire de mon grand-père et, par ricochet, celle de ses deux fils. J'ai voulu dire ce qui ne l'avait jamais été, en espérant aider les vivants et libérer les morts. J'ai pensé que je devais le faire pour apaiser mon père. Ces mots, c'est moi qu'ils ont libérée. »

Qui est ce grand-père dont personne ne parle ? Marie, devenue une jeune femme, décide de mener l'enquête, de réconcilier son père avec cet homme disparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Albert Barraud, médecin, fut un résistant, arrêté par les Allemands. Marie découvrira son rôle protecteur auprès des autres prisonniers. Destin héroïque d'un homme qui consacra sa vie aux autres jusqu'à sa disparition en mai 1945, sur le paquebot Cap Arcona bombardé par l'aviation britannique... Au terme d'un voyage vers la mer Baltique avec son frère, Marie va défaire les nœuds qui entravaient les liens familiaux.

L’auteur (site de ‘éditeur)

Marie Barraud est comédienne. Avec Nous, les passeurs, elle livre un premier roman profondément émouvant

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« J'ai voulu raconter l'histoire de mon grand-père et, par ricochet, celle de ses deux fils. J'ai voulu dire ce qui ne l'avait jamais été, en espérant aider les vivants et libérer les morts. J'ai pensé que je devais le faire pour apaiser mon père. Ces mots, c'est moi qu'ils ont libérée. »

Oui, c’est un livre émouvant, très émouvant. Il est impossible de rester de glace devant les écrits de Marie Barraud, devant ses recherches sur son grand-père, sa vie dans le camp de Neuengamme, les dégâts que cela a causé…

Oui, mais voilà, cela ne suffit pas pour faire un livre qui me plaise. Je ne suis pas entrée dans le livre, j’ai cheminé à côté de ses mots. Cheminer est un euphémisme, je devrais dire, couru car j’y ai trouvé de l’urgence, enfin, je l’ai ressenti ainsi, une lecture au pas de charge. J’aurais aimé que le sujet soit plus approfondi car il y a de la matière.

Peut-être cette rapidité, cette urgence a fait que je n’ai pas pu voir autre chose, m’a gênée. Je pense que j’aurais aimé y trouver autre chose que l’émotion.

Ce livre est plus un cri vers  son père pour dire, Papa, je suis là, regarde moi, regarde ce que j’ai fait, je l’ai fait pour TOI, pour que tu me regardes enfin comme je le voudrais.

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois - une association que je rejoins cette année avec grand plaisir.

 

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