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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #2016

Andreï Makine - L'archipel d'une autre vie

18 Mars 2017, 18:30pm

Publié par zazy

L’archipel d’une autre vie

Andreï Makine

Editions du Seuil

Août 2016

ISBN 9782021329179

 

4ème de couverture :

Aux confins de l’Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s’étendent des terres qui paraissent échapper à l’Histoire…

Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartsev et ses compagnons doivent capturer à travers l’immensité de la taïga ?

C’est l’aventure de cette longue chasse à l’homme qui nous est contée dans ce puissant roman d’exploration. C’est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu’il poursuit. Lorsque Pavel connaîtra la véritable identité du fugitif, sa vie en sera bouleversée.

La chasse prend une dimension exaltante, tandis qu’à l’horizon émerge l’archipel des Chantars : là où une « autre vie » devient possible, dans la fragile éternité de l’amour.

Andreï Makine, né en Sibérie, a publié une douzaine de romans traduits en plus de quarante langues, parmi lesquels Le Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1995), La Musique d’une vie (prix RTL-Lire 2001), et plus récemment Une femme aimée. Il a été élu à l’Académie française en 2016.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Andreï Makine est né en Sibérie en 1957. Il obtient l’asile politique en France en 1987, et se consacre à l’écriture tout en donnant des cours de littérature russe à l’Ecole Normale et à Science Po.
Avec Le Testament français, en 1995, Andreï Makine obtient le Prix Goncourt et le prix Médicis 1995.

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La nuit est tombée depuis longtemps, sous la couette, avec une bonne tisane chaude, bien confortablement installée, je suis prêt à passer la nuit à affronter le froid sibérien.

Tougour (Extrême-Orient russe), un jeune est attiré par un homme et se décidé à le suivre

« Il se leva, se chargea de son barda, se mit en marche. Et moi sur ses traces, je sentais qu’il ne m’était plus tout à fait inconnu. »

Les voici dans la taïga et, ce qui devait arriver, arriva. L’inconnu tend au piège et le suiveur tombe dedans. Cela pourrait être le début d’un polar, mais il n’en est rien. L’homme lance

« Assieds-toi et raconte ». Au bout de cinq minutes, je crus avoir tout dit : notre départ de l’orphelinat, le stage, la bagarre des géodésistes, Tougour… »

l’orphelinat, le stage, la bagarre des géodésistes, Tougour… »

A son tour, l’homme raconte.

Automne 1952, Pavel Gartsev, militaire réserviste se retrouve en Sibérie Orientale pour participer à des manœuvres expérimentales dans le cadre d’une possible guerre nucléaire.  Avec quatre autres militaires, Louskass, commissaire de la république quelque peu sadique, représentant du contre-espionnage militaire, Boutov, Général, très enrobé et un peu porté sur la bouteille, Ratinsky, sous-lieutenant opportuniste, Vassive, maître-chien ; ils ont pour mission de rechercher un prisonnier dangereux et armé qui vient de s’enfuir d’une prison-bagne.

Les voici à la poursuite de ce zek dans la taïga. La chasse à l’homme n’est pas aussi aisée que l’on pourrait le penser.

Cette traque a quelque chose de bizarre, c’est que le poursuivi ne donne pas l’impression de fausser compagnie à ses poursuivants. Chaque nuit, il allume trois feux, deux pour sa sécurité et le troisième à côté duquel il dort. Simple question de précaution

« Il avait compris qu’il nous fallait le prendre vivant et que le chien ne serait pas lâché à ses trousses, mais surtout que personne parmi nous n’avait hâte de s’exposer à ses balles. Il ne donnait pas l’impression de vouloir nous distancer ni de se réfugier dans une cache… et, pour la nuit, choisissait (un lieu assez exposé où nous ne pouvions pas l’aborder sans être vus. »

Les sentiments de Pavel à l’égard du fugitif se modifient

« Je ressentis pour lui non pas de la sympathie mais cet attrait qui devait unir, dans les temps immémoriaux, deux solitaires se croisant dans une forêt sauvage. »

Tout change lorsqu’il découvre qui est réellement le fugitif.

Chacun leur tour, les poursuivants sont victimes d’accidents de parcours et abandonnent la traque.  Le voici seul à poursuivre le cheminement à deux, car Pavel sait qu’il ne veut pas l’attraper. Il va comprendre qu’il n’est pas du bon côté de la vie, que le prisonnier lui donne une belle leçon de vie.

Ce qui, au début n’est qu’une chasse à l’homme, devient une quête quasi métaphysique. Pavel se débarrasse de ses oripeaux de troufion, de guerrier, pour endosser ceux de chasseur-cueilleur, apprend la nature au contact du Zek. Connaître l’identité de ce fugitif va changer sa vie de fond en comble.

Cette chasse à l’homme e transforme en voyage initiatique. L’archipel des Chantars est bien l’archipel d’une nouvelle vie.

Je fus, une nouvelle fois, subjuguée par l’écriture d’Andréï Makine. Superbe coup de cœur.

 

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Atlas Obscura

11 Mars 2017, 15:46pm

Publié par zazy

Atlas Obscura

Joshua Foer

Dylan Thuyas

Ella Morton

Editions Marabout

Novembre 2016

496 pages

ISBN : 9782501117340

Le mot de l’éditeur :

Soyez prudent, la lecture d’Atlas Obscura peut devenir addictive !

Installez vous confortablement dans votre fauteuil préféré avec Atlas Obscura entre les mains, vous venez d’embarquer pour un voyage extraordinaire grâce à ce guide unique de l'étrange, des mystères et des merveilles : celles qui sont juste à côté de chez vous, celles qui sont à l’autre bout du monde.

Au fil des continents, vous découvrirez : la porte de l'enfer du Turkménistan, les secrets des catacombes de Paris, les écorchés de Fragonard, les tunnels abandonnés de la petite ceinture de Paris, les cercueils suspendus sur une falaise aux Philippines, un hôtel monumental et défiant le ciel en Corée du Nord, la crypte des capucins de Rome décorée d’ossements humains, le premier télégraphe optique à Saverne, le pont suspendu le plus vertigineux du monde, l’île des chats au Japon, la ville fantôme de Tchernobyl…
Atlas Obscura révèle plus de 600 lieux les plus étranges et curieux du monde.

Laissez votre curiosité devenir votre boussole. Soyez curieux sans modération, tournez les pages, découvrez, relisez, re-découvrez. La vie est courte. Notre planète est remplie de merveilles et curiosités… Ce livre sera votre guide !

C’est un livre de « culture internet » à dévorer. Il est presque impossible de ne pas tourner la page suivante, et la suivante, et la suivante…

600 photographies et illustrations complètent l’ouvrage, des cartes pour toutes les régions du monde.

Atlas Obscura est une nouvelle façon de voyager, de chez soi.

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Assise à mon bureau, l’objet est trop lourd pour être tenu des deux mains, j’ouvre ce gros bouquin et là, je découvre, je fais des wouah, j’émets des borborygmes. Je ne peux m’empêcher de tourner une page, puis une autre, encore et encore.  Ouvrir le livre au hasard, découvrir, s’émerveiller  ou avoir  la moue de dégoût selon l’attraction proposée.

Vous comprendrez bien que, très française, je ne peux qu’avoir la lippe dégoûtée  page 164 en découvrant « Bozhou : le marché des plantes aux mille vertus »… Il s’agit plus du marché aux insectes (cafards, mille-pattes grands comme des crayons…) et autres barriques de placentas humains séchés, ou en lisant la fabrication des œufs de garçon

Heureusement, j’y trouve aussi El Ateneo Grand Spendid à Buenos Aires. Un ancien théâtre reconverti en librairie.

 

 

Vous pensiez que le saut à l'élastique était une invention de doux dingues modernes ? Que nenni. Pratiqué depuis des siècles sur l'île de Pentecôte pour garantir une bonne récolte.

 

Passer sous Le tunnel des glycines au Japon lorsqu’elles sont en fleurs, doit être un plaisir des sens.

 

Le village de Kijong-Dong en Corée du nord. Juste dessous il est question des ceintures vertes que furent les zones démilitarisées entre les deux Corée, entre les deux Allemagne… où prospèrent des animaux et plantes qui peuvent être en voie de disparition ailleurs.

Me voici en Bulgarie devant la photo du monument de Buzludzha, érigé en hommage au communisme bulgare sous Tito. D’autres monuments  dans le style brutaliste (je n’invente rien) sont visibles  sur la page suivante.

La Croatie nous offre son musée des relations rompues, relations amoureuses bien entendu.

Un livre surprenant, hétéroclite, où 650 lieux étranges et merveilleux sont à explorer, avec longitude et latitude pour s’y retrouver. J’imagine les photos que j’y ferais

Je pourrais continuer ainsi sur plusieurs pages, mais je préfère vous laisser le plaisir de découvrir ce livre très documenté, agréable à lire avec de belles photos étonnantes, diverses et variées. Ils parlent même de Sainte Bernadette à Nevers !

L’Atlas est sur la table du salon à portée de toutes les mains. Un ouvrage à consulter avant de partir en voyage, pour repérer les lieux, les œuvres d’art peu ordinaires.

Un superbe cadeau à faire ou a se faire pour un prix très raisonnable.

 

 

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Eric Vuillard - 14 juillet

8 Mars 2017, 18:59pm

Publié par zazy

14 juillet

Eric Vuillard

Editions Acte Sud

Août, 2016

208 pages

ISBN 978-2-330-06651-2

 

4ème de couverture :

La prise de la Bastille est l'un des évènements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu'elle fut écrite par les notables, depuis l'Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n'y étaient pas. 14 Juillet raconte l'histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse.

L’auteur (site de l’éditeur)

Éric Vuillard, né en 1968 à Lyon, est écrivain et cinéaste. Il a réalisé deux films, L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il est l’auteur de Conquistadors (Léo Scheer, 2009, Babel n°1330), récompensé par le Grand prix littéraire du Web - mention spéciale du jury 2009 et le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d'Occident et Congo ainsi que le prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre (paru en 2014 dans la collection 'un endroit où aller').

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Nous sommes  en avril 1789, Jean-Baptiste Réveillon, roi du papier peint, a une idée lumineuse :

« Il emploie plus de trois cents personnes dans sa fabrique, rue de Montreuil. Dans un moment de décontraction et de franc-parler stupéfiant, il affirme que les ouvriers peuvent bien vivre avec quinze sol par jour au lieu de vingt, que certains ont déjà la montre dans le gousset et seront bientôt pus riches que lui Réveillon est le roi du papier peint, il en exporte dans le monde entier, mais la concurrence est vive ; il voudrait que sa main-d’œuvre lui coûte moins cher. »

Ce fut le début. La petite folie du sieur Réveillon sera  détruite

« Le soir, on parvient à forcer l’entrée de la folie Titon. C’est la revanche de la sueur sur la treille, la revanche du tringlot sur les anges joufflus. La voilà la folie, la folie Titon, là où le travail se change en or, là où la vie rincée mute en sucrerie, là où tout le turbin des hommes, quotidien, pénible, là où toute la saleté, les maladies, l’aboi, les enfants morts, les dents pourries, les cheveux filasses, les durillons, les inquiétudes de toute l’âme, le mutisme effrayant de l’humanité, tous les monotonies, les routines mortifiantes, les puces, les gales, les mains rôties sur les chaudières, les yeux qui suivent dans l’ombre, les peines, les écorchures, le nique de l’insomnie, le niaque de la crevure , se changent en miel, en chants, en tableautins. »

Tout au long du livre  Eric Vuillard prend fait et cause pour les insoumis, les pauvres, les travailleurs, les petites gens, ceux qui sont juste un cran au-dessus, mais si peu. Il prend soin de les nommer, de nous parler de leurs vies. Ces petites gens qui croulent sous le travail, les dettes, se soûlent de mauvais vin, il les magnifie, il leur enlève leur anonymat, à l’inverse d’un Michelet qui ne parle que des grands hommes.

« Michelet sépare le peuple, l’immense masse noire qui avance depuis le faubourg Saint-Antoine, de son représentant, qui devient le véritable protagoniste de l’Histoire. »

« Qu’est-ce qu’une foule ? Personne ne veut le dire. Une mauvaise liste, dressée plus tard, permet déjà d’affirmer ceci. Ce jour-là à la Bastille, il y a Adam né en Côte-d’Or, il y a Aumassip, marchand de bestiaux, né à Saint-Front-de-Périgueux, il y a Béchamp, cordonnier, Bersin, ouvrier du tabac, Bertheliez, journalier venu du Jura, Besou dont on ne sait rien, Bizon, charpentier, Mammès Blanchot, dont ne sais rien non plus, à part ce joli nom qu’il a et qui semble un mélange d’Egypte et de purin. »

L’auteur raconte l’exubérance, telle une liane de la ville de Paris dont chaque carte  est obsolète avant sa parution. Paris qui est à la fois une dame du monde et une gueuse, une royaliste et une révolutionnaire, bref, une ville très vivante.

« Les rues se prolongent, les vieilles maisons sont démolies, et la ville continue de ‘étaler sans cesse, lascive, concupiscente. »

Eric Vuillard, est également cinéaste et cela se sent dans son écriture très visuelle. J’ai vu avancer, grossir la foule armée de peu, j’ai vu tomber les premiers corps, j’ai senti la peur, la grosse trouille mais aussi la folie qui s’est emparée de tous ces anonymes. J’ai vu les survivants chercher les corps, pleurer les femmes

La force de ce livre, outre l’écriture ?  faire réfléchir… Toute ressemblance avec les évènements actuels pourrait ne pas être fortuit, comme l’enrichissement brutal, pas toujours légal et ou décent, la morgue des « puissants »…

Eric Vuillard nous le dit :

« On devrait, lorsque le cœur nous soulève, lorsque l’ordre nous envenime, que le désarroi nous suffoque, forcer les portes de nos Elysées dérisoires, là où les derniers liens achèvent de pourrir et chouraver les maroquins, chatouiller les huissiers, mordre les pieds de chaise, et chercher, la nuit, sous les cuirasses, la lumière comme un souvenir. »

Coup de cœur

 

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Collectif - Nouvelles d'ados

3 Mars 2017, 22:25pm

Publié par zazy

Nouvelles d’ados

Collectif

Editions Héloïse d’Ormesson

 

128 pages

novembre 2016

ISBN : 9782350873886

 

4ème de couverture :

Êtes-vous prêt(e) à embarquer pour des aventures qui vous transportent à travers les siècles et les continents ? Plongez dans ces nouvelles et découvrez la naissance d’un grand écrivain dans le San Francisco du XIXe, l’âme d’un violon exilé à New York, une famille fuyant les bombes en Syrie, ou encore un univers où les émotions sont des algorithmes.

D’une ville futuriste à un vol transatlantique, les histoires de Solène, Ysaline, Clara, Zoé, Irène et Estelle ouvrent une fenêtre sur les rêves et les préoccupations d’une génération qui a conscience des troubles du monde mais l’espoir chevillé au corps.

Le prix Clara, dont le jury, sous la présidence d’Eric Orsenna, est composé de douze personnalités du monde des lettres et de l’édition, a couronné cinq adolescentes, il n’y a aucun garçon pour leurs nouvelles.

J’étais à la fois curieuse et peureuse juste avant d’ouvrir ce livre. Curieuse de connaître le monde de ces jeunes filles et peur de leur, peut-être mièvrerie. Las !! La curiosité, en ce cas, n’est pas un vilain défaut. Quelle belle surprise !

Bien que différentes, les nouvelles ont en commun une belle écriture, une certaine maturité, de l’inventivité, de l’émotion, de l’espoir.

La maison de Clara Albert a une âme qu’elle nous dépeint dans « On n’entend que ce qu’on écoute ». Oui, une maison est pleine de l’âme de ses habitants, même lorsqu’ILS sont partis. Elle participe à la construction d’en enfant.

Zoé Baum a eu la riche idée  de la cascade dans sa nouvelle « Eclats de vie ». Chaque personnage passe le relais à un autre pour former l’histoire,  jusqu’à….

Ysaline Bortone-Bouvet met en scène des intelligences artificielles dont tout sentiment est banni de leurs capteurs. Nelly003 ne serait-elle pas en danger ? « Terre-happy » pour une thérapie ?

« La fuite » d’Estelle Desjardins m’émeut par son réalisme, sa connexion à la réalité actuelle. En peu de mots, elle parle du désespoir de ces familles fuyant la mort pour un espoir peut-être aléatoire.

« J’aimerais bien être un superbe météore ». Irène Rodriguez a fait beaucoup de recherches  sur Jack London (elle tient d’ailleurs un blogue sur cet écrivain) et nous romance ses débuts d’auteurs. Il écrit son premier livre en répondant à une petite annonce sur un journal, comme elle a répondu au concours de nouvelles.

Kolnidre où l’histoire d’un violon et d’une petite fille sauvée de la gueule de l’ogre hitlérien et leur renaissance aux USA.

Mesdemoiselles, chapeau bas.

Livre gagné lors d’un tirage au sort organisé par lecteurs.com que je remercie, tout comme Les Editions Héloïse d'Ormesson qui publient ces recueils de nouvelles depuis sa création. J’ai trouvé la couverture du recueil de cette année très élégante.

 

 

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Ludovic Roubaudi - Camille et Merveille

27 Février 2017, 21:01pm

Publié par zazy

Camille et Merveille

Ludovic Roubaudi

Editions Serge Safran

août 2016

270 pages

ISBN : 979-10-90175-52-5

 

4ème de couverture :

Quand il ne vend pas des couteaux à huître sur des foires, et qu’il ne discute pas avec Nadège, la vendeuse d’égouttoirs, Camille cherche à réconcilier ses deux voisins qui se haïssent : Mme Fillolit, vieille dame acariâtre, d’origine espagnole, et Dlahba, le maçon slave et bougon.
Lorsqu’il rencontre Merveille devant leur porte, son cœur chavire, sa vie bascule. Qui est vraiment cette jeune femme ? Un épais mystère l’entoure. Camille et Nadège enquêtent. Les voilà soudain accusés des pires crimes et menacés. Le mystère sera-t-il levé ? Les secrets de famille déterrés ?
De foire en foire, de Lille à Arles ou Montpellier en passant par la Bretagne, Camille et Nadège tentent d’en savoir plus sur la très troublante et très énigmatique Merveille. S’instaure alors un climat digne d’un sombre thriller que vient percer la lumière d’un amour absolu.

L’auteur (site de l’éditeur)

Ludovic Roubaudi, né en 1963 à Paris, directeur d’une agence de création de contenus, est l’auteur de plusieurs romans publiés au Dilettante : Les Baltringues, Le 18, Les chiens écrasés, Le pourboire du Christ et aux éditions Timée : Carotide Blues, Diablo Corp

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Oh que ce livre est une brise légère et agréable !

Camille est bonimenteur, pardon, vendeur-démonstrateur dans les foires. Il vend des couteaux à huitres révolutionnaires avec sa pote Nadège qui, elle, propose des égouttoirs-éponge. Sa petite entreprise, bon an mal an fonctionne. Il vit dans un local à vélos  loué par  Dlahba, maçon slave. Camille s’occupe de Mme Fillolit, impotente, vieille mégère pas apprivoisée Dlahba et Mme Fillolit se vouent une haine sonore.

Camille était chez la mégère lorsque

« J’ai ouvert la porte brutalement et suis tombée sur elle.
Une femme
J’ai lâché un « oh » d’étonnement devant sa présence et elle a levé la main de surprise.
Je ne savais pas si je devais sortir ou la laisser passer.
Elle non plus.
On a ondulé comme ça, d’avant, d’arrière, de côté, puis elle s’est écartée.
Elle a souri je crois et dit… Je ne sais plus mais n’oublierai jamais.
Comme un souffle aspiré par ma bouche, sa voix m’était entrée en pleine poitrine. »

Coup de foudre, coup de poing dans le plexus, l’amour vient de le statufier.

Camille la retrouvera, cette fois devant chez Dlahba. Ils se revoient, tombent en amour tous les deux. Une merveille de la vie, ça tombe bien puisqu’elle s’appelle Merveille.

Comme tous les amoureux, ils se regardent, se font des promesses ; ils vont même jusqu’à se promettre de ne rien se cacher, qu’ils n’auront aucun secret l’un pour l’autre. Quelle imprudence !

Lorsque Merveille lui apprend que Dlahba et Mme Fillolit sont ses parents, Camille veut comprendre et cherche le pourquoi de la séparation du trio. Mais comment lui dire puisqu’ils ne devraient rien se cacher ?

Camille va enfreindre cette loi, écouter ce que disent les parents et… la petite voix de la calomnie fait son chemin. La maison qui abrite leur amour se fissure. Pourront-ils sauver leur amour ? Sauront-ils faire les petits pas pour aller l’un vers l’autre, comprendre la démarche de l’autre ? Il faudra attendre la toute fin du livre pour connaître la vérité.

Le roman qui débute comme une conte de fée, une très belle histoire d’amour tout en pureté se transforme, avec les soupçons en une quête, une enquête sur l’Amoureuse. La fidèle Nadège l’aide, surtout depuis qu’ils ont été convoqués par la police pour des soupçons de fraude, alors que la veille au soir, Camille en avait discuté avec… Merveille

L’écriture est vive, sans faux trémolos. Il y a de l’amour dans les mots de Ludovic Roubaudi, il y a beaucoup d’humour aussi, comme l’histoire de l’hymne anglais, « God save the queen » ou la ronde du billet de cent euros. Dans la seconde partie, le suspens est bien mené.

Ludovic Roubaudi trousse une histoire où la calomnie, les secrets familiaux, l’amitié, le pardon, que je n’ai pu, pas eu envie de lâcher. Dire que ce livre reposait sur mon étagère depuis sa sortie ou presque.

 

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Sébastien Berlendis - Maures

17 Février 2017, 22:53pm

Publié par zazy

Maures

Sébastien Berlendis

Editions Stock

Collection : La Forêt

Août 2016

112 pages

ISBN : 9782234081062

 

4ème de couverture :

« Ces images d’une adolescence au soleil continuent de modeler mes désirs et mon imaginaire. Je me construis dans les souffles chauds, l’horizon bleu, le sel marin. »

Entre ombre et lumière, Maures est une plongée en adolescence dans une pinède au bord de la mer. L’écriture impressionniste de Sébastien Berlendis dit le vertige des sensations, la découverte du corps des filles, et l’inquiétude devant les disparitions à venir.

Sébastien Berlendis vit à Lyon où il enseigne la philosophie. Il a publié Une dernière fois la nuit et L’Autre Pays chez Stock, dans « la forêt ».

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« Lorsque j’avance dans la pinède aujourd’hui clairsemée et fermée par des clôtures de bois, des souvenirs affleurent. Ils viennent de loin ces visages, ces gestes, ces bruits. Au cœur de la pinède, des fantômes habitent mon corps. »

Venu voir une dernière fois son grand-père mourant,  le narrateur  nous amène au pays de sa jeunesse, dans un camping au bord de la mer à La Londe-les-Maures 16

« La douleur de la maladie assombrit mon grand-père. Le traitement assomme le corps, le moral craque, les yeux lâchent, la voix et la mémoire restent en vie. Je redoute que les choses de l’été deviennent pour lui des espaces sans formes i noms. Alors je continue l’histoire, je décris les lieux, il me raconte à nouveau.

Le paysage devient le décor de son film ; la caravane rouillée laisse la place à la vie, la jeunesse, les siestes,  les parties de boule, les virées entre copains, les premiers émois amoureux, les grands-parents.

 

Je regarde l’homme se souvenir du jeune homme qu’il était. Les vacances varoises avec ses grands-parents, les amitiés… ont forgé l’homme qu’il est devenu.

Dédé Faye Aldo Marchetti Marius Paul Saba Maurice Avis monsieur Lahoude, écrire et répéter ces noms d’hommes du Sud, faire apparaître leurs visages. Je suis encore assez jeune, l’ombre ne noircit pas la mémoire.

Comme dans ses deux précédents romans,  Une dernière fois la nuit et L’Autre pays, Sébastien Berlendis, égrènent ses souvenirs sans ordre chronologique, par petits paragraphes, comme des instantanés, des polaroïds un peu fanés mais si vivaces.

« Quand je traverse les Maures, les temps se mélangent. »

L’écriture impressionniste, quasi envoûtante, de Sébastien Berlendis agit une fois de plus. Ce livre a fait ressortir mes souvenirs de vacances au bord de l’Atlantique. La découverte d’un autre monde, l’insouciance, les flirts inoffensifs et chastes (question d’époque).

En ré-ouvrant le livre pour écrire cette chronique, j’ai presque l’impression de sentir du sable rouler sous mes doigts qui tournent les pages.

J’ai eu la chance de le rencontrer, je l’attendais, à la librairie « Le Cyprès » où il venait parler de son livre. Une rencontre éclair, j’avais une réunion et n’ai pu rester l’écouter.

Merci Sébastien Berlendis pour votre gentille dédicace.

Lorsque je parle avec mon grand-père, je continue de croire qu'après une visite je pourrais ajouter des jours et des mois à notre histoire. Puis un matin de mars vient derrière lequel il n'y a plus rien.

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Cécile Gambini - Au secours mémé

16 Janvier 2017, 16:20pm

Publié par zazy

Au secours mémé

Cécile Gambini

Editions Le Tripode

32 pages

Octobre 2016
ISBN : 9782370551030

 

4ème de couverture :

Cécile Gambini a une vie fantastique. Elle connaît le quotidien d’une femme vraiment moderne, et accumule les déboires avec autant d’aisance que d’autres les séries télé. Ses histoires d’amour relèvent de la science-fiction. Sa tribu ridiculise la famille Adams. Sa spiritualité est une synthèse inespérée entre Sophie Calle et les Shadocks. Quant à son art du bricolage et de la cuisine, il dépasse tout ce que pourront jamais vous révéler Elle, Marie-Claire et Le Chasseur français.

Nous savons tout cela car cette femme de notre temps a aussi une drôle de manie. À chaque catastrophe qui lui tombe dessus, elle fait un petit livre à la main. Un mélange de textes et d’images qui font le point sur les péripéties de sa vie, histoire d’en rire un peu. Depuis presque 30 ans, elle a ainsi manufacturé plus de 250 ouvrages qu’elle a rassemblés sous le nom générique de Pavupapri.

Voici, pour la première fois, l’un de ces recueils mis à la disposition du grand public. Au Secours mémé, ou le récit d’un été 2015 qui dégénère en beauté.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Cécile Gambini est une artiste diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg. Depuis le milieu des années 1990, elle mène une vie officielle dédiée à la création de livres pour la jeunesse chez différents éditeurs (Albin Michel, Le Seuil, Rue du Monde, Gallimard, Thierry Magnier, etc.) et une vie plus secrète dédiée à la conception de livres-objets en exemplaire unique (250 opus regroupés sous le nom Pavupapri).

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L’héroïne (l’auteur ?) a vraiment une vie de merde, surtout cet été, qu’elle nous raconte en quatre nouvelles.

La poire :

On retrouve sa mère, grabataire et fort mal en point, dans la buanderie de l’hôpital, en train de manger une poire, le rose aux joues après une évasion rocambolesque par la fenêtre.

L’anniversaire :

Depuis six moi elle a un petit ami, mais bon, il n’est pas top et castagneur, avec lui, c’est un festival ! « T’es avec un gars depuis si mois que te fait rêver un jour sur vingt-six, il t’en a fait voir de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel (c’est-à-dire du violet foncé au marron clair), t’as malheureusement dû tomber un peu trop dans ses yeux bleus et ce soit c’est ton anniversaire. », Après une chute, il se retrouve au  CHU de Clermont-Ferrand et elle découvre un chapelet de petites amies qui l’appellent sur le portable.

Mémé-vaudou :

« A midi il y a E. qui doit venir manger. Comprenez l’amour de sa vie passe et ce serait bien que vous, la remplaçante de fortune intérimaire, disparaissiez momentanément pour laisser s’épanouir ce moment privilégie de complicité tant attendu ». Bien sûr, elle obtempère, que faire d’autre lorsque l’on est comme elle. Attention là, elle fait intervenir mémé vaudou… A savoir une bague en or des fiançailles de sa grand-mère et lui lancer un « au secours mémé » et… ça marche. E. a eu un accident et a terminé au CHU de Cl… non de Bordeaux !

 

La pasteurellose d’été :

Elle sauve un chaton, un sacré de Birmanie qui, pour la remercier il lui chope le doigt et…. direction le toubib. Le vétérinaire de la fourrière l’informe que ce fameux chat est mort de la rage ou du typhus. Donc, direction CHU de Clermont-Ferrand. Non c’était la pasteurellose, mais bon….

Ce qu’elle raconte devrait être triste ou, pour le moins gris. Mais non, ses dessins très doux contrastent avec une écriture ironique, insolente, gaie, poétique. Cette fille a un grain mais alors, comme j’aime son petit grain de sel, de poivre, de miel.

J’adore la fin : « L’été, il y a ceux qui partent en vacances et ceux qui préfèrent aller au CHU, les gentils. »

A la fin du livre, il y a un résumé aux petits oignons :

« Quand ta mère vole des poires à la buanderie tu crois aux miracles, t’offres tes os contre un chaton, t’apprivoises les cafards et t’invoques mémé-vaudou pour exorciser le tout. Voilà le programme court, en quatre actes chirurgicaux, pour votre plaisir… »

Une petite perle de mots et de dessins. Cécile Gambini, j’aime votre univers

 

 

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Hadrien Kent - La grande panne

16 Janvier 2017, 16:00pm

Publié par zazy

La grande panne

Hadrien Kent

Editions le Tripode

280 pages

Avril 2016

ISBN : 9782370550903

4ème de couverture :

Accident ou attentat ? Une explosion dans une mine de graphite italienne provoque l’apparition d’un immense nuage qui menace de s’enflammer au contact des lignes à haute tension. Pour éviter la catastrophe, une coupure électrique générale est décidée dans toute l’Italie, plongeant le pays dans le chaos. Le nuage se déplace vers le nord, et la France décide à son tour de procéder à un black-out sur son propre réseau. Le gouvernement part s’installer sur l’île de Sein, en Bretagne, pour superviser la panne qui s’annonce. Commençant comme une série catastrophe, déroulant l’agenda d’une cellule de crise, La Grande Panne se transforme peu à peu en un roman inattendu mêlant les histoires d’amour aux arcanes du pouvoir, les trahisons amicales aux menaces d’attentat, la surveillance policière aux banalités d’une vie suspendue à l’attente du retour à la normale. On y croise un révolutionnaire qui rêve de mettre en place une insurrection civile, des conseillers qui tentent de contenir les humeurs d’un président de la République désabusé, un écrivain improductif qui observe son île devenue le centre hystérique d’un pays en état de choc, un brocanteur qui se trouve embrigadé malgré lui par un service secret étranger, un journaliste revanchard qui fait le portrait d’une France en apesanteur... La Grande Panne, ou le portrait d’une humanité un peu paumée, qui l’emporte sur la violence officielle du monde.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Hadrien Klent est un pseudonyme. Autre livre de cet auteur : Et qu'advienne le chaos

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Imaginez la France privée, sur toute l’immensité de son territoire, d’électricité pendant une longue fin de semaine !! Scénario catastrophe que décrypte, jour après jour, Hadrien Kent.

En Italie, un incendie criminel dans une mine de graphite met le feu aux poudres et, petit à petit, avec le vent, le nuage de graphite détruit toutes les lignes électriques italiennes. Pour une fois, le nuage ne s’arrête pas à la frontière française, ce qui pousse le gouvernement a agir de façon drastique et couper le courant pour laisser passer le nuage dévastateur.

Facile d’appuyer sur un bouton pour tout couper, mais les conséquences… « Nous sommes à la fois maîtres de la décision, je veux dire du moment où l’on va appuyer sur le bouton, et incapables de prévoir les conséquences de cette décision. En l’occurrence, nous ne pouvons nous appuyer sur aucun plan préétabli. Nous sommes au croisement d’Orsec, de Biotox, de Piratox et Piratom ».

Le gouvernement doit s’exiler ou rester à l’Elysée. C’est la première option qui est choisie et l’île de Sein parait être le meilleur repli. Ce qui est dit est fait.

La grand panne fait un heureux, Jean-René Hunebelle journaliste de son état qui va offrir à sa ronéo une nouvelle naissance avec la publication de son journal, diffusé à l’ancienne..

Un roman polyphonique avec beaucoup d’intervenants ce qui rend nécessaire et pratique la datation et la localisation en début de chapitre.

Quel foisonnement, un peu trop parfois. Petit à petit les pièces du puzzle  s’imbriquent.

L’île de Sein devient le lieu du gouvernement et tant de monde sur peu d’espace donne un aspect décalé qui m’a plu, avec un président cyclothymique. Nous sommes en direct du lieu de pouvoir, de décision. Je les regarde s’activer comme je regarde une fourmilière, avec curiosité, comme un pastiche du gouvernement de Vichy en 1940

Je suis heure par heure, ce challenge, ce défi. Au milieu de tout ça, il y a les anciens étudiants d’une même promo genre Voltaire qui entourent le président. Leurs petites histoires d’amitié, d’amour, de jalousie émaillent le livre. Il n’y a qu’à la toute fin que je comprends leurs relations, pour certains des idéaux bafoués.

Plusieurs histoires dans ce livre peut-être trop fourmillant, quand je vous parlais de fourmilière, nous y revoilà !!

Une fiction politique maîtrisée qui pourrait avoir des prolongements réalistes à travers les craintes actuelles d’attentats ou de catastrophe naturelle.

Merci Catherine pour le prêt. Ce livre a fait partie de la Voie des Indés de  Libfly  en mai 2016.

L'avis d'Yves,  Nicole

Petit sourire un brin ironique. Les media nous tannent avec la vague de froid et.... si elle engendrait une grande panne ! Sus aux bougies !

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Kéthévane Davrichewy - L'autre Joseph

13 Janvier 2017, 11:08am

Publié par zazy

L’autre Joseph

Kéthévane Davrichewy

Editions Sabine Wespieser

280 pages

Janvier 2016

ISBN : 978-2-84805-200-7

 

4ème de couverture :

« Joseph Djougachvili, dit Staline, surnommé Sosso dans les premières années de sa vie, est né en Géorgie, à Gori, en 1878. Quelques années plus tard, à quelques rues de là, naissait un autre Joseph, Davrichachvili, ou Davrichewy. »
Dès les premières lignes de son nouveau livre, Kéthévane Davrichewy avertit son lecteur : la mémoire familiale en sera la matière. Mais, quand son arrière-grand-père a grandi avec Staline, l'histoire intime prend très vite une dimension vertigineuse.
Avec sobriété et naturel, la romancière entre de plain-pied dans l’enfance de « l’autre Joseph » : fils du préfet de Gori, il est élevé au milieu des gamins des rues, fascinés comme lui par les légendes bibliques et les bandits caucasiens. Même s'il partage avec le petit Djougachvili des rêves d’héroïsme et de grandeur, son camarade – exalté, batailleur et arrogant – l'agace. D'autant qu'on ne cesse de souligner leur ressemblance physique, frappante en effet. Des rumeurs ne circulent-elles pas sur une liaison entre le préfet Davrichewy et la mère de Sosso ?
Jusqu'à la révolution de 1905, où les ardents activistes que sont devenus les deux Joseph combattront côte à côte, leurs destins s'écrivent en parallèle. Tous deux poursuivent leur scolarité à Tiflis : Sosso au séminaire, où il s'avère un agitateur notoire ; Joseph au collège, où il prend sous sa protection un garçon romantique et malingre, Lev Rosenfeld, le futur Kamenev. Alors que Sosso est envoyé en prison, puis exilé en Sibérie, Joseph part étudier à Paris, bouillonnant d’idées révolutionnaires. Quand ils se retrouvent à Tiflis, Joseph se bat pour une Géorgie indépendante, alors que Sosso le Bolchevik a d’autres visées. La distance se creuse, nourrie par les anciennes rivalités…
Comme autant de ponctuations rythmant les tumultueuses aventures des deux jeunes gens, des chapitres plus personnels interrogent le destin familial : qu'en aurait-il été des Davrichewy si, depuis sa tendre enfance, Joseph n'avait pas été obligé de prendre en compte son encombrant camarade – et supposé demi-frère ?
Dans sa passionnante enquête sur son mystérieux arrière-grand-père, l'écrivain s'empare de l'histoire pour la mettre à sa vraie place : dans sa vie. Les dernières pages de son roman éclairent de manière bouleversante la dédicace à son propre père.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Kéthévane Davrichewy est née à Paris en 1965 au sein d'une famille géorgienne. L'expérience de l'exil qu'ont vécue ses grands-parents marque son enfance et alimente son imaginaire. Elle suit des études de lettres, de cinéma et de théâtre, en partie à New York, et mène, dans un premier temps, une carrière de journaliste pour différents magazines.
En 2004, paraît aux éditions Arléa son premier roman Tout ira bien, qui fait quelques années plus tard l'objet d'un spectacle, mêlant lectures et chansons, conçu avec le musicien Alex Beaupain. Chez Sabine Wespieser éditeur, elle publie en 2010 un roman inspiré de l'exil de sa famille, La Mer Noire, qui est distingué par plusieurs prix (Prix Landernau 2010, Prix Version Femina/Virgin Megastore 2010, Prix Prince Maurice 2011) et traduit en allemand, géorgien, italien, néerlandais et suédois. Puis en 2012, Les Séparées (Sabine Wespieser éditeur) rencontre une très bonne réception critique et commerciale : il figure notamment dans la sélection des prix RTL/Lire, France Culture/Télérama et L'Express. Après Quatre murs (2014), L'Autre Joseph paraîtra en janvier 2016, toujours chez Sabine Wespieser éditeur.

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Avec « La mer noire », j’ai escaladé le versant maternel de l’ascendance de Kéthévane Davrichewy et découvert une belle plume. Là, j’aborde le côté paternel.

« Joseph Djougachvili, dit Staline, surnommé Sosso, dans les premières années de sa vie, est né en Géorgie, à Gori, en 1877. Quelques années plus tard, à quelques rue de là, naissait un autre Joseph, Davrichachvili, ou Davrichewy. »  Ainsi débute le livre. L’autre Joseph, le second est l’arrière grand-père de l’auteur.

Kéthévane Davrichewy aurait du sang de Staline ! Comme dans beaucoup de lignées, les enfants adultérins existent. Il y a des exemples célèbres, en voici un de plus.

Oh, Zazy, qu’est-ce que tu racontes ?? Mais si, Sosso et Joseph seraient demi-frères par la grâce du père, pas le tout-puissant, mais, le père de Joseph.

Les deux Joseph se ressemblent et cela jase dans le village. Madame Davrichachvili s’arrange pour ne jamais être présente lorsque a mère de Staline est présente.

Luttes, jalousie jalonnent la vie des deux garçons. Ils furent pilleurs de banque, révolutionnaires et… Sosso devient Staline. L’autre Joseph abandonne femme et enfant en Géorgie et s’exile en France où il devient « pionnier de l'aviation, engagé pour la France en 1914, agent secret, ami ou amant de Marthe Richard ».

Le père, préfet de Gori, semble avoir plus d’inclination pour l’aîné, le futur Staline et l’impression que Joseph est toujours dans la recherche de la reconnaissance et de l’amour paternel

Imaginez la scène : vous rencontrez Staline et vous lui dites : Bonjour Sosso ! Comment le prendrait-il ??

Kéthévane Davrichewy a enquêté pour trouver des traces de ce chaînon manquant, elle en parle dans quelques apartés au cœur de l’histoire qu’elle a inventée, à partir de faits avérés. Elle nous fait traverser les débuts de la révolution géorgienne, le soulèvement, la naissance de Staline. A partir de ses recherches familiales, l’auteur a imaginé la vie de cet aïeul. Un homme qui a connu mille aventures, auteur de  « Ah ! Ce qu'on rigolait bien avec mon copain Staline ».

Un livre plus âpre, moins dans l’émotion que « La mer noire ». Une belle tranche d’histoire que l’auteur narre avec son talent et son écriture fine.

 

 

 

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Lydia Bonnaventure - Frénégonde - Quand la fratrie s'emmêle

3 Janvier 2017, 17:02pm

Publié par zazy

Frénégonde

Quand la fratrie s’en mêle  

Lydia Bonnaventure

Editions Mon petit éditeur

166 pages

ISBN : 9782342054651

4ème de couverture :

Février 1135. Alzey, petit bourg du palatinat du Rhin, se réveille tranquillement. Frénégonde, la dame apothicaire, ouvre son échoppe comme tous les matins. Mais celui-ci n'est pas comme les autres. Tout commence par une visite impromptue, puis un vol, une agression... pour finir par un assassinat. Impliquée dans toute cette affaire contre son gré, Frénégonde va devoir mener l'enquête auprès de Thibald, l'officier. Mais le caractère bien trempé de cette dernière n'est pas toujours compatible avec celui-ci... Qu'importe, elle va avancer tête baissée dans cette histoire qui va l'amener à découvrir de mystérieux secrets de famille, à commencer par son lien avec Hildegarde...

L’auteur :

Lydia Bonnaventure est diplômée de l'Université de Perpignan en lettres modernes. Elle est aujourd'hui formatrice de français et d'histoire en Seine-Saint-Denis.

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Lydia Bonnaventure, ce petit bouquin que tu qualifies de « sans prétention » -Oui, je la tutoie car je suis abonnée à son blogue où elle parle si bien des livres qu’elle a lus.

Je disais donc que ce bouquin n’est pas sans prétention. Frénégonde m’a bien fait rire. Je la voyais courir, toute massive, empêtrée dans ses jupons !! Il y a un peu d’Agatha en elle. Historiquement parlant ce devrait être le contraire… Mais je n’imagine pas la massive Frénégonde entrer dans le corps d’Agatha Raisin de M.C. Beaton

Comme c’est un polar, je ne dévoile rien, la quatrième de couv’ devra vous suffire.

Frénégonde se retrouve veuve avec un enfant en bas âge. Pour continuer de faire prospérer l’herboristerie qu’elle tenait avec son défunt mari, elle passe les différentes étapes pour être … gérante de la boutique. Son aide masculin devient l’apothicaire attitré « Mais aux yeux de tous les habitants d’Alzey, Frénégonde était la Dame Apothicaire. S’en suit une ribambelle d’aventures désopilantes concomitantes à l’arrivée de Dame Anna de Rüdesheim qui conduit tout le monde au monastère qui à cheval, qui sur une mule. La fratrie s'emmêle, s'en mêle pour mieux démêler l'intrigue.

A partir des ruines majestueuses du monastère tu as fait de la belle ouvrage, j’ai pris beaucoup de plaisir et ri, à la lecture des aventures de Frénégonde.

Non, ce n’est pas du copinage. D’une part, j’ai acheté ce livre et, d’autre part, je ne pense pas que ce soit mon genre de lécher les bottes (cela m’a valu quelques ennuis dans ma vie professionnelle !). Si le livre ne m’avait pas plus, je l’aurais dit, ou rien écrit dessus.

Un petit bémol, tu ne parles pas assez de la vie des moniales, mais Frénégonde est si imposante !

Lydia Bonnaventure, historienne, auteur de « La maladie et la foi au Moyen-âge » a su trouver une plume  vive, alerte avec des dialogues truculents pour son premier roman historico-policier. Pourquoi bouder son plaisir lorsque l’on est au fond de son lit avec la grippe ?

Il est des romans sans prétention à mille coudées au-dessus d’un roman prétentieux.

Pour Noël, heureuse coïncidence, m’a fille m’a offert « Secrets et remèdes d’Hildegarde de Bingen » où son vin au persil me fait de l’œil.

 

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