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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #2016

Jean-Michel Guénassia - La valse des arbres et du ciel

7 Septembre 2017, 14:50pm

Publié par zazy

 

La valse des arbres et du ciel

Jean-Michel Guenassia

Editions Albin Michel

Août 2016

304 pages

ISBN : 9782226328755

 

4ème de couverture :

Auvers-sur-Oise, été  1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies.

Jean-Michel Guenassia  nous révèle une version stupéfiante de ces derniers jours.

Et si le docteur Gachet n’avait pas été l’ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille avait été une personne trop passionnée et trop amoureuse ? Et si Van Gogh ne s’était pas suicidé ? Et si une partie de ses toiles exposées à Orsay étaient des faux ?…

Autant de questions passionnantes que Jean-Michel Guenassia  aborde au regard des plus récentes découvertes sur la vie de l’artiste. Il trouve des réponses insoupçonnées, qu’il nous transmet avec la puissance romanesque et la vérité documentaire qu’on lui connaît depuis Le Club des incorrigibles optimistes.

 

L’auteur (site de l’éditeur) :

Jean-Michel Guenassia est l'auteur de quatre romans à succès : Le Club des incorrigibles optimistes (Goncourt des lycéens 2009), véritable phénomène d'édition en France et dans le monde, La vie rêvée d'Ernesto G. (2012), Trompe-la-mort (2015), La Valse des arbres et du ciel (2016), tous parus chez Albin Michel. À ce jour, il a vendu plus d'un million d'exemplaires de ses livres.

 

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Avec La valse des arbres et du ciel », Jean-Michel Guenassia offre une version romancée des derniers mois que Van Gogh a passé à Auvers-sur-Oise avant de mourir d’une balle dans l’abdomen.

Marguerite Gachet, fille du docteur Gachet qui soigna le peintre narre ses souvenirs d’amoureuse éperdue et de son idylle  avec Van Gogh ;  j’avoue ne pas y avoir cru. Nonobstant la belle écriture de l’auteur, je me suis un peu ennuyée dans cette lecture et je n’ai pu croire en son histoire, malgré des phrases de cette beauté.

 « Je suis passée mille fois devant ce paysage qui était pour moi semblable à mille autres vallons paisibles, mais ce que je vois n'est ni banal ni paisible, ce sont les blés et les arbres qui vibrent comme s'ils étaient vivants et passionnés de vivre, avec le vent qui les bouleverse, le jaune qui s'agite de partout et le vert qui tremble ».

J’avais eu aussi, un léger manque avec La vie  rêvée d’Ernesto G. Là aussi, l’écriture m’avait séduite, mais cela ne suffit pas.

 

 

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Michel Bernard - Deux remords de Claude Monet

30 Mai 2017, 16:51pm

Publié par zazy

Deux remords de Claude Monet

Michel Bernard

Editions de la Table Ronde

Juin 2016

224 pages,

ISBN : 9782710380702

 

4ème de couverture :

«Lorsque Claude Monet, quelques mois avant sa disparition, confirma à l’État le don des Nymphéas, pour qu’ils soient installés à l’Orangerie selon ses indications, il y mit une ultime condition : l’achat un tableau peint soixante ans auparavant, Femmes au jardin, pour qu'il soit exposé au Louvre. À cette exigence et au choix de ce tableau, il ne donna aucun motif. Deux remords de Claude Monet raconte l’histoire d’amour et de mort qui, du flanc méditerranéen des Cévennes au bord de la Manche, de Londres aux Pays-Bas, de l’Île-de-France à la Normandie, entre le siège de Paris en 1870 et la tragédie de la Grande Guerre, hanta le peintre jusqu’au bout.»
Michel Bernard.

L’auteur (site de l’éditeur)

Michel Bernard est né à Bar-le-Duc. Haut fonctionnaire, il est l'auteur de Mes tours de France (L'Âge d'Homme, 1999, la petite vermillon, 2014) et de Comme un enfant, biographie romancée de Charles Trenet (Le Temps qu'il fait, 2003). Après La Tranchée de Calonne en 2007, couronné par le Prix Erckmann-Chatrian, il publie deux autres livres à La Table Ronde, La Maison du docteur Laheurte (2009, Prix Maurice Genevoix) et Le Corps de la France (2010, Prix Erwan Bergot de l'Armée de Terre). Suivront, toujours à la Table Ronde, un livre sur l'écrivain Maurice Genevoix, Pour Genevoix (2011), ainsi qu'un roman sur l'expérience humaine et musicale du compositeur Maurice Ravel durant la Grande Guerre, Les Forêts de Ravel (2014), pour lequel il a reçu le Prix Livres et Musiques du festival de Deauville en 2015.

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J’avais aimé « Les forêts de Ravel » .Avec ce nouveau livre, je plonge dans la vie de Claude Monet avec délectation.

Bien calée, je lis les mots de Michel Bernard, je l’écoute me conter la vie de Claude Monet.

Le livre s’ouvre sur le père de Frédéric Bazille recherchant le corps de son fils jusque dans les bastions ennemis, quelque part vers Beaune-la-Rolande. Une partie superbe d’émotion retenue, d’amour paternel. Frédéric Bazille, l’ami trop tôt disparu, mort à la guerre de 1870, charpente du trio Bazille-Monet-Renoir. Ce jeune homme de bonne famille venu de Montpelier était aussi grand que généreux avec ses amis fauchés.

Puis, il y a Camille, l’adorée, la première épouse et modèle de Monet qui le soutient le temps des vaches maigres et accompagne dans un amour partagé jusqu’à sa mort, dont il ne se remettra jamais tout-à-fait. C’est elle qui pose dans le fameux tableau dit de la robe verte, le début de la reconnaissance puis de la gloire pour Monet.

Ainsi coule, tranquille comme l’Oise qu’il peint sur son bateau-atelier la vie de Claude Monet avec ses douleurs, ses morts, ses grands joies, ses orgueils de peintre…

L’évocation de la vie de Monet, de ses débuts miséreux jusqu’à Giverny, de son entourage, de son époque, me fait plonger dans une époque que l’on qualifie de charnière. L’industrie explose. Après la guerre de 70

 

« Paris, en léchant ses palies, se pardonnait lui-même. "

Monet peint ce qui l’entoure, des usines, le train à vapeur (superbe le train dans la neige, dantesque le pont de l’Europe). Qui oserait peindre une centrale nucléaire ou une gare de TGV de nos jours ?

Je n’arrive pas à parler correctement de ce livre que j’ai tellement aimé. Je l’ai lu lentement pour en déguster chaque page, chaque mot. L’écriture tour à tour impressionniste, descriptive, languissante, nerveuse, dépeint si bien l’amour, l’amitié, la rage des débuts, le besoin et le désir de peindre, l’insatisfaction de Monet qui

« Souvent mécontent, Monet grattai son travail le lendemain. Dans un coin du jardin, il faisait tomber de la toile en copeaux ses images de la neige. »

Ne voyez-vous pas dans cette description un tableau s’élaborer sous vos yeux ?

« Il entendait le peuple des eaux vives, les mouettes criardes remontées de l’estuaire, le miracle bleuté du martin-pêcheur, les cris des oiseaux de la terre poussés vers le miroir par un coup de vent , qui, comme ébahis de leur audace, se postaient sur le liston du bateau, le vol troublé de la libellule, le saut d’un gardon poursuivi par un brochet, et, au bout d’un moment, ce bruit qui ne se révélait que lorsque le corps et l’esprit avaient fait amitié avec le lieu : le fin bruissement de l’onde contre les flancs de l’embarcation, le glissement de l’énorme masse d’eau entre les berges, le chant du fleuve. »

Une belle métaphore  parlant de l’annexion de l’Alsace et la Lorraine par l’Allemagne.

« Un boulet de canon avait emporté l’épaule du pays »

Le portrait de Camille sur son lit de mort est pour moi, la seule façon qu’a eu Monet pour parler de son amour, de son chagrin.

« Il fit entrer plus largement dans la pièce le début du jour en ouvrant à demi les volets, puis il alla chercher une toile, un pinceau, sa palette et quelques tubes de couleur. Il installa une chaise au bout du gisant, s’assit, appuya le haut de la toile posée sur ses genoux contre les barreaux du pied du lit, et commença de représenter les traits de la morte tels qu’il les voyait. Avec du bleu et du blanc, il fit monter à la surface du monde, une dernière fois, le visage de Camille. Les joues avaient fondu, le nez était pincé, la peau tirée sur l’os avait déjà pris, par places, une teinte jaune tirant sur le gris. Monet alla chercher d’autres tubes pour restituer aussi cela, les progrès de la corruption sous la peau si souvent embrassée, dans la chair si bien étreinte. Pour terminer, il sabra de traits verts le milieu de la toile et les moucheta de pointes de rouge. C’étaient les fleurs de septembre qu’il avait disposées sur les mains de la morte. »

J’aime la peinture de Monet que je vais admirer à chacun de mes passages parisiens. Ce livre, par l’écriture admirable de Michel Bernard est un grand coup de cœur pour moi.

Un seul regret, je vais devoir rendre le livre à la bibliothèque

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Anne-Laure Béatrix, François-Xavier Dillard - Austerlitz 10.5

27 Mai 2017, 21:40pm

Publié par zazy

Austerlitz 10.5

Anne-Laure Béatrix

François-Xavier Dillard

Editions Belfond

Mars 2016
272 pages

ISBN : 9782714473356

 

4ème de couverture :

Imaginez un monde où la Joconde a disparu...

En 1910 la Seine avait atteint lors de la grande crue de Paris son niveau maximal : 8.62 mètres sur l'échelle hydrométrique du pont d'Austerlitz.
Aujourd'hui, la pluie tombe depuis trois jours dans la capitale. Les trois premiers jours les habitants de la grande ville ont râlé. Et puis, le soir du quatrième jour, l'alimentation électrique a été coupée. La plupart des arrondissements ont alors connu un black-out total faisant souffler un vent de panique sans précédent dans la population. Le métro a été fermé. L'ensemble du vaste réseau sous-terrain des transports publics s'étant retrouvé noyé par des hectolitres d'eau sombre et glacée. Lorsque les premiers immeubles se sont effondrés et que la grande vague de boue a déferlé sur la ville, une véritable hystérie collective s'est emparée des parisiens et les pires exactions ont été commises. Au nom de la survie... La peur, puis la violence ont déferlé sur la ville.
Paris est dévastée et la plupart des habitants, du moins ceux qui ont la chance d'avoir encore un toit, se terrent chez eux en attendant que cette pluie démentielle cesse enfin...
Sous le pont d'Austerlitz l'eau a atteint son record : 10.5.

Un an plus tard, on sait que Paris ne sera plus jamais la même. Pour François Mallarmé qui a tout perdu dans cette catastrophe, sa femme et son enfant, la vie n'est qu'un long cauchemar. Il continue tant bien que mal à faire son boulot de flic dans une ville où plus rien n'a de sens. Jusqu'au jour où une affaire de meurtres sordides le ramène à son cauchemar, au cœur même du Louvre, dans ce musée qui pour le monde entier était le symbole de ce qui fut la plus belle ville du monde, et où même la Joconde a disparu....

Les auteurs (site de l’éditeur) :

Anne-Laure Béatrix est directrice de la communication du Louvre. Austerlitz 10.5 est son premier roman.

Né à Paris en 1971, François-Xavier Dillard a fait des études de droit et de gestion avant d'intégrer un grand groupe énergétique français au service des ressources humaines puis à la communication. Il est l'auteur de Un vrai jeu d'enfant et Fais-le pour maman, parus chez Fleuve noir. Après Austerlitz 10.5, co-écrit avec Anne-Laure Beatrix, Ne dis rien à papa est son deuxième roman à paraître chez Belfond.

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Le déluge s’est abattu sur Paris. L’eau monte, s’engouffre dans le métro, s’infiltre dans les tunnels, sape les immeubles  qui s’effondrent comme des châteaux de sable. La catastrophe a fait beaucoup de morts, causé d’énormes dégâts dont la ville n’arrive pas à se relever.

Paris est  dévasté et la province ne veut plus payer pour réparer. Le gouvernement s’est replié à Vincennes, laissant la place à la maire de Paris. Les politiques étant ce qu’ils sont, les luttes intestines, larvées, ou au grand jour éclatent qui facilitent les trafics en tout genre. Une faune composée de gangs, de trafiquants, meurtriers… règne dans les sous-sols de la capitale.

« Car après le chagrin et la peine, après la sueur et les larmes, viendrait le temps du chaos et des troubles. »

Des personnalités, des peoples comme l’on dit, sont tuées. François Mallarmé (mal armé pour survivre à la mort de sa femme et de son fils) reprend son métier de flic et conduit cette enquête qui le mènera au Louvre, dévasté après l’explosion, par la force de l’eau, de la pyramide. En effet, le seul point commun que Mallarmé trouve entre toutes ces personnalités est un rendez-vous au Louvre.

Le fils d’une des victimes était avec son père et a sûrement été kidnappé par le meurtrier. Une bande comme il y en a tant dans les boyaux du métro ? Une demande de rançon ?

KKK le rédacteur en chef  du Nouveau Parisien, colle l’affaire entre les mains de  Chloé, jeune journaliste,

« L’affaire prend une tournure éminemment politique, Chloé. Notre ministre de l’Intérieur ne manquera pas de saurer sur l’occasion de ce nouveau meurtre, de cette disparition, pour appeler à un retour immédiat du gouvernement à Paris. Et pour flinguer au passage les projets d’autonomie de notre maire chérie, l’inénarrable Marianne Figari… Tu ne vas quand même pas laisser ça à ce pauvre Fignol et à ses chiens écrasés »

On dit que les parallèles ne rejoignent jamais. Pourtant Mallarmé et Chloé vont finir par se rencontrer et travailler ensemble soulevant les trafics d’œuvres d’art, les soirées privées spéciales

Comment parler de ce bouquin qui m’a tenu en haleine jusqu’à la fin ?

De fausses pistes en rencontre, de meurtres en soirées licencieuses… chapitre par chapitre, de page en page, les deux auteurs ont écrit un suspens avec de nombreuses pistes, habilement tressées avec une fin….

Anne-Laure Béatrix connait le Louvre sur le bout de ses pieds, donnant, ainsi beaucoup de véracité aux lieux. Chaque titre de chapitre porte le nom d’une œuvre où le crime lié est mis en scène. Pourquoi le meurtrier  a-t-il agi ainsi ?

 

Ce roman apocalyptique à quatre mains est stupéfiant de réalisme. Les eaux troubles de la Seine ne sont rien à côté du marigot souterrain et politique. Les premiers chapitres parlant de l’inondation sont  apocalyptiques et vraisemblables. L’écriture est nerveuse sans être sèche, le scénario construit aux petits oignons ; de la belle ouvrage.

 

Je suis conquise

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Andreï Makine - L'archipel d'une autre vie

18 Mars 2017, 18:30pm

Publié par zazy

L’archipel d’une autre vie

Andreï Makine

Editions du Seuil

Août 2016

ISBN 9782021329179

 

4ème de couverture :

Aux confins de l’Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s’étendent des terres qui paraissent échapper à l’Histoire…

Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartsev et ses compagnons doivent capturer à travers l’immensité de la taïga ?

C’est l’aventure de cette longue chasse à l’homme qui nous est contée dans ce puissant roman d’exploration. C’est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu’il poursuit. Lorsque Pavel connaîtra la véritable identité du fugitif, sa vie en sera bouleversée.

La chasse prend une dimension exaltante, tandis qu’à l’horizon émerge l’archipel des Chantars : là où une « autre vie » devient possible, dans la fragile éternité de l’amour.

Andreï Makine, né en Sibérie, a publié une douzaine de romans traduits en plus de quarante langues, parmi lesquels Le Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1995), La Musique d’une vie (prix RTL-Lire 2001), et plus récemment Une femme aimée. Il a été élu à l’Académie française en 2016.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Andreï Makine est né en Sibérie en 1957. Il obtient l’asile politique en France en 1987, et se consacre à l’écriture tout en donnant des cours de littérature russe à l’Ecole Normale et à Science Po.
Avec Le Testament français, en 1995, Andreï Makine obtient le Prix Goncourt et le prix Médicis 1995.

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La nuit est tombée depuis longtemps, sous la couette, avec une bonne tisane chaude, bien confortablement installée, je suis prêt à passer la nuit à affronter le froid sibérien.

Tougour (Extrême-Orient russe), un jeune est attiré par un homme et se décidé à le suivre

« Il se leva, se chargea de son barda, se mit en marche. Et moi sur ses traces, je sentais qu’il ne m’était plus tout à fait inconnu. »

Les voici dans la taïga et, ce qui devait arriver, arriva. L’inconnu tend au piège et le suiveur tombe dedans. Cela pourrait être le début d’un polar, mais il n’en est rien. L’homme lance

« Assieds-toi et raconte ». Au bout de cinq minutes, je crus avoir tout dit : notre départ de l’orphelinat, le stage, la bagarre des géodésistes, Tougour… »

l’orphelinat, le stage, la bagarre des géodésistes, Tougour… »

A son tour, l’homme raconte.

Automne 1952, Pavel Gartsev, militaire réserviste se retrouve en Sibérie Orientale pour participer à des manœuvres expérimentales dans le cadre d’une possible guerre nucléaire.  Avec quatre autres militaires, Louskass, commissaire de la république quelque peu sadique, représentant du contre-espionnage militaire, Boutov, Général, très enrobé et un peu porté sur la bouteille, Ratinsky, sous-lieutenant opportuniste, Vassive, maître-chien ; ils ont pour mission de rechercher un prisonnier dangereux et armé qui vient de s’enfuir d’une prison-bagne.

Les voici à la poursuite de ce zek dans la taïga. La chasse à l’homme n’est pas aussi aisée que l’on pourrait le penser.

Cette traque a quelque chose de bizarre, c’est que le poursuivi ne donne pas l’impression de fausser compagnie à ses poursuivants. Chaque nuit, il allume trois feux, deux pour sa sécurité et le troisième à côté duquel il dort. Simple question de précaution

« Il avait compris qu’il nous fallait le prendre vivant et que le chien ne serait pas lâché à ses trousses, mais surtout que personne parmi nous n’avait hâte de s’exposer à ses balles. Il ne donnait pas l’impression de vouloir nous distancer ni de se réfugier dans une cache… et, pour la nuit, choisissait (un lieu assez exposé où nous ne pouvions pas l’aborder sans être vus. »

Les sentiments de Pavel à l’égard du fugitif se modifient

« Je ressentis pour lui non pas de la sympathie mais cet attrait qui devait unir, dans les temps immémoriaux, deux solitaires se croisant dans une forêt sauvage. »

Tout change lorsqu’il découvre qui est réellement le fugitif.

Chacun leur tour, les poursuivants sont victimes d’accidents de parcours et abandonnent la traque.  Le voici seul à poursuivre le cheminement à deux, car Pavel sait qu’il ne veut pas l’attraper. Il va comprendre qu’il n’est pas du bon côté de la vie, que le prisonnier lui donne une belle leçon de vie.

Ce qui, au début n’est qu’une chasse à l’homme, devient une quête quasi métaphysique. Pavel se débarrasse de ses oripeaux de troufion, de guerrier, pour endosser ceux de chasseur-cueilleur, apprend la nature au contact du Zek. Connaître l’identité de ce fugitif va changer sa vie de fond en comble.

Cette chasse à l’homme e transforme en voyage initiatique. L’archipel des Chantars est bien l’archipel d’une nouvelle vie.

Je fus, une nouvelle fois, subjuguée par l’écriture d’Andréï Makine. Superbe coup de cœur.

 

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Atlas Obscura

11 Mars 2017, 15:46pm

Publié par zazy

Atlas Obscura

Joshua Foer

Dylan Thuyas

Ella Morton

Editions Marabout

Novembre 2016

496 pages

ISBN : 9782501117340

Le mot de l’éditeur :

Soyez prudent, la lecture d’Atlas Obscura peut devenir addictive !

Installez vous confortablement dans votre fauteuil préféré avec Atlas Obscura entre les mains, vous venez d’embarquer pour un voyage extraordinaire grâce à ce guide unique de l'étrange, des mystères et des merveilles : celles qui sont juste à côté de chez vous, celles qui sont à l’autre bout du monde.

Au fil des continents, vous découvrirez : la porte de l'enfer du Turkménistan, les secrets des catacombes de Paris, les écorchés de Fragonard, les tunnels abandonnés de la petite ceinture de Paris, les cercueils suspendus sur une falaise aux Philippines, un hôtel monumental et défiant le ciel en Corée du Nord, la crypte des capucins de Rome décorée d’ossements humains, le premier télégraphe optique à Saverne, le pont suspendu le plus vertigineux du monde, l’île des chats au Japon, la ville fantôme de Tchernobyl…
Atlas Obscura révèle plus de 600 lieux les plus étranges et curieux du monde.

Laissez votre curiosité devenir votre boussole. Soyez curieux sans modération, tournez les pages, découvrez, relisez, re-découvrez. La vie est courte. Notre planète est remplie de merveilles et curiosités… Ce livre sera votre guide !

C’est un livre de « culture internet » à dévorer. Il est presque impossible de ne pas tourner la page suivante, et la suivante, et la suivante…

600 photographies et illustrations complètent l’ouvrage, des cartes pour toutes les régions du monde.

Atlas Obscura est une nouvelle façon de voyager, de chez soi.

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Assise à mon bureau, l’objet est trop lourd pour être tenu des deux mains, j’ouvre ce gros bouquin et là, je découvre, je fais des wouah, j’émets des borborygmes. Je ne peux m’empêcher de tourner une page, puis une autre, encore et encore.  Ouvrir le livre au hasard, découvrir, s’émerveiller  ou avoir  la moue de dégoût selon l’attraction proposée.

Vous comprendrez bien que, très française, je ne peux qu’avoir la lippe dégoûtée  page 164 en découvrant « Bozhou : le marché des plantes aux mille vertus »… Il s’agit plus du marché aux insectes (cafards, mille-pattes grands comme des crayons…) et autres barriques de placentas humains séchés, ou en lisant la fabrication des œufs de garçon

Heureusement, j’y trouve aussi El Ateneo Grand Spendid à Buenos Aires. Un ancien théâtre reconverti en librairie.

 

 

Vous pensiez que le saut à l'élastique était une invention de doux dingues modernes ? Que nenni. Pratiqué depuis des siècles sur l'île de Pentecôte pour garantir une bonne récolte.

 

Passer sous Le tunnel des glycines au Japon lorsqu’elles sont en fleurs, doit être un plaisir des sens.

 

Le village de Kijong-Dong en Corée du nord. Juste dessous il est question des ceintures vertes que furent les zones démilitarisées entre les deux Corée, entre les deux Allemagne… où prospèrent des animaux et plantes qui peuvent être en voie de disparition ailleurs.

Me voici en Bulgarie devant la photo du monument de Buzludzha, érigé en hommage au communisme bulgare sous Tito. D’autres monuments  dans le style brutaliste (je n’invente rien) sont visibles  sur la page suivante.

La Croatie nous offre son musée des relations rompues, relations amoureuses bien entendu.

Un livre surprenant, hétéroclite, où 650 lieux étranges et merveilleux sont à explorer, avec longitude et latitude pour s’y retrouver. J’imagine les photos que j’y ferais

Je pourrais continuer ainsi sur plusieurs pages, mais je préfère vous laisser le plaisir de découvrir ce livre très documenté, agréable à lire avec de belles photos étonnantes, diverses et variées. Ils parlent même de Sainte Bernadette à Nevers !

L’Atlas est sur la table du salon à portée de toutes les mains. Un ouvrage à consulter avant de partir en voyage, pour repérer les lieux, les œuvres d’art peu ordinaires.

Un superbe cadeau à faire ou a se faire pour un prix très raisonnable.

 

 

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Eric Vuillard - 14 juillet

8 Mars 2017, 18:59pm

Publié par zazy

14 juillet

Eric Vuillard

Editions Acte Sud

Août, 2016

208 pages

ISBN 978-2-330-06651-2

 

4ème de couverture :

La prise de la Bastille est l'un des évènements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu'elle fut écrite par les notables, depuis l'Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n'y étaient pas. 14 Juillet raconte l'histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse.

L’auteur (site de l’éditeur)

Éric Vuillard, né en 1968 à Lyon, est écrivain et cinéaste. Il a réalisé deux films, L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il est l’auteur de Conquistadors (Léo Scheer, 2009, Babel n°1330), récompensé par le Grand prix littéraire du Web - mention spéciale du jury 2009 et le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d'Occident et Congo ainsi que le prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre (paru en 2014 dans la collection 'un endroit où aller').

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Nous sommes  en avril 1789, Jean-Baptiste Réveillon, roi du papier peint, a une idée lumineuse :

« Il emploie plus de trois cents personnes dans sa fabrique, rue de Montreuil. Dans un moment de décontraction et de franc-parler stupéfiant, il affirme que les ouvriers peuvent bien vivre avec quinze sol par jour au lieu de vingt, que certains ont déjà la montre dans le gousset et seront bientôt pus riches que lui Réveillon est le roi du papier peint, il en exporte dans le monde entier, mais la concurrence est vive ; il voudrait que sa main-d’œuvre lui coûte moins cher. »

Ce fut le début. La petite folie du sieur Réveillon sera  détruite

« Le soir, on parvient à forcer l’entrée de la folie Titon. C’est la revanche de la sueur sur la treille, la revanche du tringlot sur les anges joufflus. La voilà la folie, la folie Titon, là où le travail se change en or, là où la vie rincée mute en sucrerie, là où tout le turbin des hommes, quotidien, pénible, là où toute la saleté, les maladies, l’aboi, les enfants morts, les dents pourries, les cheveux filasses, les durillons, les inquiétudes de toute l’âme, le mutisme effrayant de l’humanité, tous les monotonies, les routines mortifiantes, les puces, les gales, les mains rôties sur les chaudières, les yeux qui suivent dans l’ombre, les peines, les écorchures, le nique de l’insomnie, le niaque de la crevure , se changent en miel, en chants, en tableautins. »

Tout au long du livre  Eric Vuillard prend fait et cause pour les insoumis, les pauvres, les travailleurs, les petites gens, ceux qui sont juste un cran au-dessus, mais si peu. Il prend soin de les nommer, de nous parler de leurs vies. Ces petites gens qui croulent sous le travail, les dettes, se soûlent de mauvais vin, il les magnifie, il leur enlève leur anonymat, à l’inverse d’un Michelet qui ne parle que des grands hommes.

« Michelet sépare le peuple, l’immense masse noire qui avance depuis le faubourg Saint-Antoine, de son représentant, qui devient le véritable protagoniste de l’Histoire. »

« Qu’est-ce qu’une foule ? Personne ne veut le dire. Une mauvaise liste, dressée plus tard, permet déjà d’affirmer ceci. Ce jour-là à la Bastille, il y a Adam né en Côte-d’Or, il y a Aumassip, marchand de bestiaux, né à Saint-Front-de-Périgueux, il y a Béchamp, cordonnier, Bersin, ouvrier du tabac, Bertheliez, journalier venu du Jura, Besou dont on ne sait rien, Bizon, charpentier, Mammès Blanchot, dont ne sais rien non plus, à part ce joli nom qu’il a et qui semble un mélange d’Egypte et de purin. »

L’auteur raconte l’exubérance, telle une liane de la ville de Paris dont chaque carte  est obsolète avant sa parution. Paris qui est à la fois une dame du monde et une gueuse, une royaliste et une révolutionnaire, bref, une ville très vivante.

« Les rues se prolongent, les vieilles maisons sont démolies, et la ville continue de ‘étaler sans cesse, lascive, concupiscente. »

Eric Vuillard, est également cinéaste et cela se sent dans son écriture très visuelle. J’ai vu avancer, grossir la foule armée de peu, j’ai vu tomber les premiers corps, j’ai senti la peur, la grosse trouille mais aussi la folie qui s’est emparée de tous ces anonymes. J’ai vu les survivants chercher les corps, pleurer les femmes

La force de ce livre, outre l’écriture ?  faire réfléchir… Toute ressemblance avec les évènements actuels pourrait ne pas être fortuit, comme l’enrichissement brutal, pas toujours légal et ou décent, la morgue des « puissants »…

Eric Vuillard nous le dit :

« On devrait, lorsque le cœur nous soulève, lorsque l’ordre nous envenime, que le désarroi nous suffoque, forcer les portes de nos Elysées dérisoires, là où les derniers liens achèvent de pourrir et chouraver les maroquins, chatouiller les huissiers, mordre les pieds de chaise, et chercher, la nuit, sous les cuirasses, la lumière comme un souvenir. »

Coup de cœur

 

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Collectif - Nouvelles d'ados

3 Mars 2017, 22:25pm

Publié par zazy

Nouvelles d’ados

Collectif

Editions Héloïse d’Ormesson

 

128 pages

novembre 2016

ISBN : 9782350873886

 

4ème de couverture :

Êtes-vous prêt(e) à embarquer pour des aventures qui vous transportent à travers les siècles et les continents ? Plongez dans ces nouvelles et découvrez la naissance d’un grand écrivain dans le San Francisco du XIXe, l’âme d’un violon exilé à New York, une famille fuyant les bombes en Syrie, ou encore un univers où les émotions sont des algorithmes.

D’une ville futuriste à un vol transatlantique, les histoires de Solène, Ysaline, Clara, Zoé, Irène et Estelle ouvrent une fenêtre sur les rêves et les préoccupations d’une génération qui a conscience des troubles du monde mais l’espoir chevillé au corps.

Le prix Clara, dont le jury, sous la présidence d’Eric Orsenna, est composé de douze personnalités du monde des lettres et de l’édition, a couronné cinq adolescentes, il n’y a aucun garçon pour leurs nouvelles.

J’étais à la fois curieuse et peureuse juste avant d’ouvrir ce livre. Curieuse de connaître le monde de ces jeunes filles et peur de leur, peut-être mièvrerie. Las !! La curiosité, en ce cas, n’est pas un vilain défaut. Quelle belle surprise !

Bien que différentes, les nouvelles ont en commun une belle écriture, une certaine maturité, de l’inventivité, de l’émotion, de l’espoir.

La maison de Clara Albert a une âme qu’elle nous dépeint dans « On n’entend que ce qu’on écoute ». Oui, une maison est pleine de l’âme de ses habitants, même lorsqu’ILS sont partis. Elle participe à la construction d’en enfant.

Zoé Baum a eu la riche idée  de la cascade dans sa nouvelle « Eclats de vie ». Chaque personnage passe le relais à un autre pour former l’histoire,  jusqu’à….

Ysaline Bortone-Bouvet met en scène des intelligences artificielles dont tout sentiment est banni de leurs capteurs. Nelly003 ne serait-elle pas en danger ? « Terre-happy » pour une thérapie ?

« La fuite » d’Estelle Desjardins m’émeut par son réalisme, sa connexion à la réalité actuelle. En peu de mots, elle parle du désespoir de ces familles fuyant la mort pour un espoir peut-être aléatoire.

« J’aimerais bien être un superbe météore ». Irène Rodriguez a fait beaucoup de recherches  sur Jack London (elle tient d’ailleurs un blogue sur cet écrivain) et nous romance ses débuts d’auteurs. Il écrit son premier livre en répondant à une petite annonce sur un journal, comme elle a répondu au concours de nouvelles.

Kolnidre où l’histoire d’un violon et d’une petite fille sauvée de la gueule de l’ogre hitlérien et leur renaissance aux USA.

Mesdemoiselles, chapeau bas.

Livre gagné lors d’un tirage au sort organisé par lecteurs.com que je remercie, tout comme Les Editions Héloïse d'Ormesson qui publient ces recueils de nouvelles depuis sa création. J’ai trouvé la couverture du recueil de cette année très élégante.

 

 

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Ludovic Roubaudi - Camille et Merveille

27 Février 2017, 21:01pm

Publié par zazy

Camille et Merveille

Ludovic Roubaudi

Editions Serge Safran

août 2016

270 pages

ISBN : 979-10-90175-52-5

 

4ème de couverture :

Quand il ne vend pas des couteaux à huître sur des foires, et qu’il ne discute pas avec Nadège, la vendeuse d’égouttoirs, Camille cherche à réconcilier ses deux voisins qui se haïssent : Mme Fillolit, vieille dame acariâtre, d’origine espagnole, et Dlahba, le maçon slave et bougon.
Lorsqu’il rencontre Merveille devant leur porte, son cœur chavire, sa vie bascule. Qui est vraiment cette jeune femme ? Un épais mystère l’entoure. Camille et Nadège enquêtent. Les voilà soudain accusés des pires crimes et menacés. Le mystère sera-t-il levé ? Les secrets de famille déterrés ?
De foire en foire, de Lille à Arles ou Montpellier en passant par la Bretagne, Camille et Nadège tentent d’en savoir plus sur la très troublante et très énigmatique Merveille. S’instaure alors un climat digne d’un sombre thriller que vient percer la lumière d’un amour absolu.

L’auteur (site de l’éditeur)

Ludovic Roubaudi, né en 1963 à Paris, directeur d’une agence de création de contenus, est l’auteur de plusieurs romans publiés au Dilettante : Les Baltringues, Le 18, Les chiens écrasés, Le pourboire du Christ et aux éditions Timée : Carotide Blues, Diablo Corp

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Oh que ce livre est une brise légère et agréable !

Camille est bonimenteur, pardon, vendeur-démonstrateur dans les foires. Il vend des couteaux à huitres révolutionnaires avec sa pote Nadège qui, elle, propose des égouttoirs-éponge. Sa petite entreprise, bon an mal an fonctionne. Il vit dans un local à vélos  loué par  Dlahba, maçon slave. Camille s’occupe de Mme Fillolit, impotente, vieille mégère pas apprivoisée Dlahba et Mme Fillolit se vouent une haine sonore.

Camille était chez la mégère lorsque

« J’ai ouvert la porte brutalement et suis tombée sur elle.
Une femme
J’ai lâché un « oh » d’étonnement devant sa présence et elle a levé la main de surprise.
Je ne savais pas si je devais sortir ou la laisser passer.
Elle non plus.
On a ondulé comme ça, d’avant, d’arrière, de côté, puis elle s’est écartée.
Elle a souri je crois et dit… Je ne sais plus mais n’oublierai jamais.
Comme un souffle aspiré par ma bouche, sa voix m’était entrée en pleine poitrine. »

Coup de foudre, coup de poing dans le plexus, l’amour vient de le statufier.

Camille la retrouvera, cette fois devant chez Dlahba. Ils se revoient, tombent en amour tous les deux. Une merveille de la vie, ça tombe bien puisqu’elle s’appelle Merveille.

Comme tous les amoureux, ils se regardent, se font des promesses ; ils vont même jusqu’à se promettre de ne rien se cacher, qu’ils n’auront aucun secret l’un pour l’autre. Quelle imprudence !

Lorsque Merveille lui apprend que Dlahba et Mme Fillolit sont ses parents, Camille veut comprendre et cherche le pourquoi de la séparation du trio. Mais comment lui dire puisqu’ils ne devraient rien se cacher ?

Camille va enfreindre cette loi, écouter ce que disent les parents et… la petite voix de la calomnie fait son chemin. La maison qui abrite leur amour se fissure. Pourront-ils sauver leur amour ? Sauront-ils faire les petits pas pour aller l’un vers l’autre, comprendre la démarche de l’autre ? Il faudra attendre la toute fin du livre pour connaître la vérité.

Le roman qui débute comme une conte de fée, une très belle histoire d’amour tout en pureté se transforme, avec les soupçons en une quête, une enquête sur l’Amoureuse. La fidèle Nadège l’aide, surtout depuis qu’ils ont été convoqués par la police pour des soupçons de fraude, alors que la veille au soir, Camille en avait discuté avec… Merveille

L’écriture est vive, sans faux trémolos. Il y a de l’amour dans les mots de Ludovic Roubaudi, il y a beaucoup d’humour aussi, comme l’histoire de l’hymne anglais, « God save the queen » ou la ronde du billet de cent euros. Dans la seconde partie, le suspens est bien mené.

Ludovic Roubaudi trousse une histoire où la calomnie, les secrets familiaux, l’amitié, le pardon, que je n’ai pu, pas eu envie de lâcher. Dire que ce livre reposait sur mon étagère depuis sa sortie ou presque.

 

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Sébastien Berlendis - Maures

17 Février 2017, 22:53pm

Publié par zazy

Maures

Sébastien Berlendis

Editions Stock

Collection : La Forêt

Août 2016

112 pages

ISBN : 9782234081062

 

4ème de couverture :

« Ces images d’une adolescence au soleil continuent de modeler mes désirs et mon imaginaire. Je me construis dans les souffles chauds, l’horizon bleu, le sel marin. »

Entre ombre et lumière, Maures est une plongée en adolescence dans une pinède au bord de la mer. L’écriture impressionniste de Sébastien Berlendis dit le vertige des sensations, la découverte du corps des filles, et l’inquiétude devant les disparitions à venir.

Sébastien Berlendis vit à Lyon où il enseigne la philosophie. Il a publié Une dernière fois la nuit et L’Autre Pays chez Stock, dans « la forêt ».

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« Lorsque j’avance dans la pinède aujourd’hui clairsemée et fermée par des clôtures de bois, des souvenirs affleurent. Ils viennent de loin ces visages, ces gestes, ces bruits. Au cœur de la pinède, des fantômes habitent mon corps. »

Venu voir une dernière fois son grand-père mourant,  le narrateur  nous amène au pays de sa jeunesse, dans un camping au bord de la mer à La Londe-les-Maures 16

« La douleur de la maladie assombrit mon grand-père. Le traitement assomme le corps, le moral craque, les yeux lâchent, la voix et la mémoire restent en vie. Je redoute que les choses de l’été deviennent pour lui des espaces sans formes i noms. Alors je continue l’histoire, je décris les lieux, il me raconte à nouveau.

Le paysage devient le décor de son film ; la caravane rouillée laisse la place à la vie, la jeunesse, les siestes,  les parties de boule, les virées entre copains, les premiers émois amoureux, les grands-parents.

 

Je regarde l’homme se souvenir du jeune homme qu’il était. Les vacances varoises avec ses grands-parents, les amitiés… ont forgé l’homme qu’il est devenu.

Dédé Faye Aldo Marchetti Marius Paul Saba Maurice Avis monsieur Lahoude, écrire et répéter ces noms d’hommes du Sud, faire apparaître leurs visages. Je suis encore assez jeune, l’ombre ne noircit pas la mémoire.

Comme dans ses deux précédents romans,  Une dernière fois la nuit et L’Autre pays, Sébastien Berlendis, égrènent ses souvenirs sans ordre chronologique, par petits paragraphes, comme des instantanés, des polaroïds un peu fanés mais si vivaces.

« Quand je traverse les Maures, les temps se mélangent. »

L’écriture impressionniste, quasi envoûtante, de Sébastien Berlendis agit une fois de plus. Ce livre a fait ressortir mes souvenirs de vacances au bord de l’Atlantique. La découverte d’un autre monde, l’insouciance, les flirts inoffensifs et chastes (question d’époque).

En ré-ouvrant le livre pour écrire cette chronique, j’ai presque l’impression de sentir du sable rouler sous mes doigts qui tournent les pages.

J’ai eu la chance de le rencontrer, je l’attendais, à la librairie « Le Cyprès » où il venait parler de son livre. Une rencontre éclair, j’avais une réunion et n’ai pu rester l’écouter.

Merci Sébastien Berlendis pour votre gentille dédicace.

Lorsque je parle avec mon grand-père, je continue de croire qu'après une visite je pourrais ajouter des jours et des mois à notre histoire. Puis un matin de mars vient derrière lequel il n'y a plus rien.

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Cécile Gambini - Au secours mémé

16 Janvier 2017, 16:20pm

Publié par zazy

Au secours mémé

Cécile Gambini

Editions Le Tripode

32 pages

Octobre 2016
ISBN : 9782370551030

 

4ème de couverture :

Cécile Gambini a une vie fantastique. Elle connaît le quotidien d’une femme vraiment moderne, et accumule les déboires avec autant d’aisance que d’autres les séries télé. Ses histoires d’amour relèvent de la science-fiction. Sa tribu ridiculise la famille Adams. Sa spiritualité est une synthèse inespérée entre Sophie Calle et les Shadocks. Quant à son art du bricolage et de la cuisine, il dépasse tout ce que pourront jamais vous révéler Elle, Marie-Claire et Le Chasseur français.

Nous savons tout cela car cette femme de notre temps a aussi une drôle de manie. À chaque catastrophe qui lui tombe dessus, elle fait un petit livre à la main. Un mélange de textes et d’images qui font le point sur les péripéties de sa vie, histoire d’en rire un peu. Depuis presque 30 ans, elle a ainsi manufacturé plus de 250 ouvrages qu’elle a rassemblés sous le nom générique de Pavupapri.

Voici, pour la première fois, l’un de ces recueils mis à la disposition du grand public. Au Secours mémé, ou le récit d’un été 2015 qui dégénère en beauté.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Cécile Gambini est une artiste diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg. Depuis le milieu des années 1990, elle mène une vie officielle dédiée à la création de livres pour la jeunesse chez différents éditeurs (Albin Michel, Le Seuil, Rue du Monde, Gallimard, Thierry Magnier, etc.) et une vie plus secrète dédiée à la conception de livres-objets en exemplaire unique (250 opus regroupés sous le nom Pavupapri).

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L’héroïne (l’auteur ?) a vraiment une vie de merde, surtout cet été, qu’elle nous raconte en quatre nouvelles.

La poire :

On retrouve sa mère, grabataire et fort mal en point, dans la buanderie de l’hôpital, en train de manger une poire, le rose aux joues après une évasion rocambolesque par la fenêtre.

L’anniversaire :

Depuis six moi elle a un petit ami, mais bon, il n’est pas top et castagneur, avec lui, c’est un festival ! « T’es avec un gars depuis si mois que te fait rêver un jour sur vingt-six, il t’en a fait voir de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel (c’est-à-dire du violet foncé au marron clair), t’as malheureusement dû tomber un peu trop dans ses yeux bleus et ce soit c’est ton anniversaire. », Après une chute, il se retrouve au  CHU de Clermont-Ferrand et elle découvre un chapelet de petites amies qui l’appellent sur le portable.

Mémé-vaudou :

« A midi il y a E. qui doit venir manger. Comprenez l’amour de sa vie passe et ce serait bien que vous, la remplaçante de fortune intérimaire, disparaissiez momentanément pour laisser s’épanouir ce moment privilégie de complicité tant attendu ». Bien sûr, elle obtempère, que faire d’autre lorsque l’on est comme elle. Attention là, elle fait intervenir mémé vaudou… A savoir une bague en or des fiançailles de sa grand-mère et lui lancer un « au secours mémé » et… ça marche. E. a eu un accident et a terminé au CHU de Cl… non de Bordeaux !

 

La pasteurellose d’été :

Elle sauve un chaton, un sacré de Birmanie qui, pour la remercier il lui chope le doigt et…. direction le toubib. Le vétérinaire de la fourrière l’informe que ce fameux chat est mort de la rage ou du typhus. Donc, direction CHU de Clermont-Ferrand. Non c’était la pasteurellose, mais bon….

Ce qu’elle raconte devrait être triste ou, pour le moins gris. Mais non, ses dessins très doux contrastent avec une écriture ironique, insolente, gaie, poétique. Cette fille a un grain mais alors, comme j’aime son petit grain de sel, de poivre, de miel.

J’adore la fin : « L’été, il y a ceux qui partent en vacances et ceux qui préfèrent aller au CHU, les gentils. »

A la fin du livre, il y a un résumé aux petits oignons :

« Quand ta mère vole des poires à la buanderie tu crois aux miracles, t’offres tes os contre un chaton, t’apprivoises les cafards et t’invoques mémé-vaudou pour exorciser le tout. Voilà le programme court, en quatre actes chirurgicaux, pour votre plaisir… »

Une petite perle de mots et de dessins. Cécile Gambini, j’aime votre univers

 

 

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