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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #2010

Guillaume Siaudeau Magali Planès - Boucle d'oeil

9 Novembre 2016, 18:41pm

Publié par zazy

Boucle d’œil

Texte Guillaume Siaudeau

Dessins Magali Planès

Nuit myrtide éditions

Avril 2010

54 pages

ISBN : 9782913192843

4ème de couverture :

Les longues routes blanches sont des espoirs blottis sous la dentelle

Guillaume Siaudeau et Magali Planès vivent à Nantes. Il écrit, elle dessine

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Un moment de grâce dans un monde fou c’est ce que m’a apporté la lecture de ce superbe livret très élégant. Rien qu’à lire le vers de la 4ème de couverture, je suis transportée dans un autre monde.

 « Un matin de glace

j’ai retrouvé mon renard

les pattes en l’air

Ses yeux avaient

quitté leurs orbites

sans laisser d’adresse »

A partir de ce postulat triste, Guillaume Siaudeau m’entoure de volutes de fumées, d’arbres pendus au ciel où « les corbeaux chantaient des cantiques dans les peines de l’hiver ». Je l’ai suivi « dans un petit village incrusté dans la vallée des songes »« les choses étaient aussi faciles que de pêcher des vairons dans un verre d’eau ».  Boucle d’œil car, avec la fin du livre, la boucle est bouclée, mais je vous laisse le soin de le découvrir en lisant ce  livre si délicat.

Les dessins de Magali Planes, à la fois fins, précis, légers, sont faits à l’encre des mots de Guillaume Siaudeau.

Le mot vairon, poisson d’eau douce et claire, me ramène aux parties de pêche de mon enfance.

Guillaume Siaudeau, j’ai aimé « La dictature des ronces » ; avec Boucle d’œil, vous me ravissez.

J’ai découvert Nuit myrtide éditions grâce à l’opération Voie des indés  organisée par Libfly. Je les remercie pour cette délicate découverte.

 

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Mènis Koumandarèas - La femme du métro

31 Août 2016, 16:00pm

Publié par zazy

 

La femme du métro

Mènis Koumandarèas

Quidam Editeur

80 pages

mai 2010

ISBN : 978-2-915018-46-2

 

4ème de couverture :

Fin d’hiver dans l’Athènes des années 70. Une femme mariée de quarante ans et un étudiant de vingt ans se retrouvent tous les soirs dans le même métro. Brève rencontre, amour impossible.
Une histoire toute simple en apparence, racontée par l’un des grands romanciers grecs, Mènis Koumadarèas, qui déploie là ses thèmes de toujours : beauté de la jeunesse, hantise du vieillissement, vies gâchées, mélancolie, amertume.
Un écrivain au sommet de son art et un portrait de femme inoubliable.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Mènis Koumandarèas est un écrivain grec né le 4 janvier 1931 à Athènes et assassiné le 6 décembre 2014 dans cette même ville. Il est considéré comme l’un des grands prosateurs grecs. Il est l’auteur de sept romans, cinq recueils de nouvelles et deux volumes d’essais. Il a entre autres traduit Carson McCullers et Francis Scott Fitzgerald, et reçu deux fois le Prix d’État pour le roman.

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Chaque jour, ils se retrouvent face à face dans le métro les ramenant vers chez eux. Elle, Madame Koula, quarantaine bien assumée, encore fière allure, sauf dans sont long manteau et lui, Mimis, jeune étudiant.

Ils s’arrangent pour, l’air de rien, se retrouver sur les mêmes sièges. Bien sûr, ils ont fini par lier connaissance, sont allés prendre un verre, puis…. Il l’emmène dabs sa garçonnière. Leur histoire prend une tournure qui, à la fois, ravit et apeure Koula. Rentrée chez elle, il fallait qu’elle se force auprès de son indifférent de mari et de ses filles. « Poussée par la force de l’habitude, elle préparait le repas, mettait la table, repassait un ou deux vêtements, aidait ses filles dans leurs devoirs, discutait avec son marie des affaires courantes. Il lui semblait qu’un automate avait pris sa place. » Vis-à-vis de Mènis, elle a, de temps à autre, des attitudes de mère plus que d’amante. Elle s’attache beaucoup (trop ?) à ce jeune homme. Elle se trouve au cœur d’un grand dilemme qu’elle résoudra, radicalement, au terme d’une journée bizarre.

Bon, me direz-vous, une banale histoire d’adultère, et alors ?

Et alors ? Cette histoire qui tient sur soixante dix pages est d’une très grande densité. L’impression de lire un livre beaucoup plus volumineux. En peu de mots, le décor, le métro, la vie sociale d’Athènes dans les années soixante-dix est installé. Koula, vivante au fil de pages est palpable, si vivante dans ses doutes. A l’image du métro, je sens que tout passe, mais leur histoire semble s’arrêter dans le temps avec un décor qui, lui, avance. Mènis Koumandarèas parle du passage de l’autre côté de la barrière de l’âge, de la jeunesse qui ne dure pas, de la vieillesse qui avance. De ce qui, au début de leur histoire les rapproche et ce qui, très rapidement va les séparer.

Je vais arrêter là mon verbiage car Michel Volkovitch, dans sa post face en parle beaucoup mieux que moi.

De cet auteur « Le fils du concierge » m’a conduite à « La femme du métro ».

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Eric Faye - Nagasaki

20 Janvier 2016, 11:21am

Publié par zazy

Nagasaki

Eric Faye

Août 2010

112 pages

ISBN : 9782234061668

 

4ème de couverture :

Tout commence par des disparitions, des déplacements d'objets. Shimura-san vit seul dans une maison silencieuse qui fait face aux chantiers navals de Nagasaki. Cet homme ordinaire rejoint chaque matin la station météorologique de la ville en maudissant le chant des cigales, déjeune seul et rentre tôt dans une retraite qui n'a pas d'odeur, sauf celle de l'ordre et de la mesure. Depuis quelque temps déjà, il répertorie scrupuleusement les niveaux et les quantités de nourriture stockée dans chaque placard de sa cuisine. Car dans ce monde contre lequel l'imprévu ne pouvait rien, un bouleversement s'est produit. "Comme je l'apprendrais plus tard lorsqu'un inspecteur me rappellerait, les agents avaient trouvé porte close chez moi. Aucune fenêtre ouverte, ce qui les avait étonnés. Après avoir forcé la serrure, ils avaient été plus intrigués encore de ne mettre la main sur personne à l'intérieur. Or tout était bien fermé. Croyant à une farce, ils avaient failli repartir tout de suite. L'auteur de cette plaisanterie l'aurait payé cher, monsieur Shimura, me ferait-il remarquer. Par acquit de conscience, toutefois, ils avaient fouillé chaque pièce. C'est dans la dernière, la chambre aux tatamis".

L’auteur (site de l’éditeur)

Éric Faye est l’auteur, chez Stock, de romans et de récits de voyage, dont Mes trains de nuit (2005), L’homme sans empreintes (2008), Nous aurons toujours Paris (2009) et Somnambule dans Istanbul (2013). Son dernier roman, Nagasaki, a obtenu en 2010 le Grand Prix du roman de l’Académie française.

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Passer 6 heures dans un train, est un espace vide d’attente que j’ai empli avec mes chers bouquins, dont celui-ci.

Une drôle d’histoire que cette invasion pacifique. C’est l’expérience que vit le narrateur. De retour chez lui, après une morne journée de travail, il a l’impression que des choses disparaissent dans le frigo, puis en est certain. Pour en avoir le cœur net, Shimura Kobo, propriétaire de la maison, installe une caméra reliée à son ordinateur. De son bureau, il surveille sa cuisine, jusqu’au moment où il LA voit se préparer un thé ! Intervention de la police qui, fouillant méticuleusement la maison, trouve l’intruse.

Elle, chômeuse, devenue sans logis, a élu domicile chez cet homme qu’elle savait solitaire à horaires fixes.

Pourquoi justement chez lui ? Est-ce le hasard ? Par un courrier elle explique les raisons de son choix.

Ce qui m’a surpris dans ce livre, outre le fait de l’intrusion, c’est la vie presque similaire des deux protagonistes. Leur solitude, leur vie étroite, le silence qui les entoure et qu’ils cultivent.

Un livre court, une écriture agréable ; tous les ingrédients pour passer un très bon moment de lecture.

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