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ZAZY - mon blogue de lecture

Articles avec #2000

Edward Marston - La tête de la reine

5 Octobre 2015, 17:00pm

Publié par zazy

 

La tête de la reine

Edward Marston

Traduction Corine Derblum

Editions 10/18

Mars 2000

240 pages

ISBN : 2264028122

 

4ème de couverture :

Nul n'était mieux placé qu’Edward Marston, auteur de nombreuses pièces de théâtre, pour évoquer la vie d'une compagnie théâtrale au temps de la reine Élisabeth Ire.

Le premier titre de cette série historico-policière dont le héros, Nicholas Bracewell, est le régisseur de la troupe « Les Hommes de Westfield », a paru voici dix ans. Il a été suivi d'une dizaine d'autres romans, tous acclamés par la critique et le public d'Outre-manche.

Les aficionados de l'univers du grand William Shakespeare ont trouvé dans ce cocktail, où l'histoire et le suspense font bon ménage, leur comptant de réalisme et de... coups de théâtre !

L’auteur :

Edward Marston – de son vrai nom Keith Miles – est un auteur prolixe. Tout à la fois auteur d'une quarantaine de pièces inédites pour la radio, la télévision, le théâtre ou le cinéma, d'une soixantaine d'ouvrages – romans, pièces, biographies, livres sur le sport, romans pour la jeunesse –. La Tête de la reine, premier titre d'une série policière élisabéthaine mettant en scène Nicholas Bracewell, riche aujourd'hui de seize titres. Puis, toujours sous le nom d'Edward Marston, il lance plusieurs autres séries historiques : The Domesday Books (Les Livres du cadastre), dont l'action se déroule au Moyen Âge, une série qui se passe sous la Restauration, ainsi que les enquêtes de l'inspecteur Robert Colbeck à l'époque victorienne.

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Non, l’auteur ne se moque pas de la tête de la reine. Il s’agit d’un cabaret où « Les hommes de Westfield » montent et jouent leurs pièces de théâtre. Nicholas Bracewell en est le régisseur. Celui sur lequel tout le monde compte, celui qui materne les auteurs, les acteurs, les jeunes arpètes et, il a beaucoup de travail. L’œil sur tout et sur tous ! Témoin de la mort de son ami et acteur Will Fowler, il mène l’enquête pour trouver le coupable.

Cette enquête est le motif qui permet à Edward Marston de parler de cette époque foisonnante où Francis Drake bat les espagnols. L’Histoire dans l’histoire. Et des histoires, cela ne manque pas. Tout d’abord, la jalousie entre compagnies théâtrales pour avoir le privilège de jouer une pièce devant la reine Elisabeth première du nom. Les rivalités à l’intérieur de la troupe… Surtout, n’allez pas croire que tout est rose au pays d’Elisabeth première du nom. Que nenni ! Lutte interne, lutte externe, pousse-toi de là que je m’y mette en quelque sorte.

Edward Marston offre une reconstitution historique foisonnante qui parait très réelle. Une bonne lecture

 

 

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Pascal Garnier - Chambre 12

13 Avril 2015, 20:34pm

Publié par zazy

Chambre 12

Pascal Garnier

Editions Flammarion

140 pages

Août 2000

ISBN / 9782080679512

 

4ème de couverture :

Charles est veilleur de nuit dans un modeste hôtel du treizième arrondissement. Une vie minuscule, que rythment les " bonjour-bonsoir " - ceux des clients, représentants ou étudiants fauchés, ceux de Malika la caissière, ceux de ses copains du Balto. Une vie entre parenthèses, une vie à l'abri de la vie. Puis un soir " elle " arrive, improbable dans son grand manteau blanc, anonyme derrière les verres fumés de ses lunettes, protégée par le casque de ses cheveux métal, la locataire de la chambre 12. Sans savoir qui elle est, chacun croit la connaître, car elle est celle que nous attendons tous... Charles va lui prendre la main pour ne plus la lâcher.

L’auteur :

Pascal Garnier,  né en 1949 est décédé le 5 mars 2010. Après deux recueils de nouvelles parus chez POL, il construit une œuvre originale, aux marges du roman noir (" La Solution esquimau " ; " Trop près du bord, Fleuve noir " ; " L'A 26 ", Zulma, 1999) et saluée par la critique pour " sa poésie noire ", " cet art déchirant de dire en quelques traits aussi aigus que tendres les petites gens. " (Michel Abescat, Le Monde des Livres).

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Charles se réveille au son de son radioréveil et commence alors une journée morne qu’il continuera comme veilleur de nuit dans un hôtel du 13ème arrondissement parisien. Rien de fringant chez cet homme fatigué, qui vivote plus qu’il ne vit. Sa seule passion : la lecture. Passion qu’il a contractée en prison. Oui, c’est un ancien taulard qui se méfie de la vie. « Toutes les vies, même la plus nulle, lui paraissaient cent fois supérieures à la sienne. D’ailleurs, il l’avait oubliée. »

Charles vit entourés de paumés comme lui, sans passé, ou un passé à oublier, au présent terne rien à quoi se raccrocher. Quant à l’avenir, n’en parlons même pas, rien à dire, rien à signaler, ou si peu. Pourtant, ils auront leur petite étincelle de joie, leurs petits bonheurs. C’est peut-être ça qui leur permet de supporter leurs mornes existences… ou pas.

Rien de bien passionnant et pourtant, Pascal Garnier réussit à m’intéresser à Charles qui est l’archétype du raté. Ce que j’ai aimé dans ce livre ? C’est sa façon d’écrire, de décrire des riens, les gens, de son écriture imagée, sans jamais que ce soit vulgaire. Ainsi la description d’Arlette page 47 « Arlette portait une robe vert pistache auréolée de sueur sous les aisselles, une paire de lunettes noires à monture dorée et un sourire qui la faisaient ressembler à une grenouille épanouie accoudée au guéridon comme à une feuille de nénuphar. Ses chaussures, déformées par tant d'allées et venues, s'étalaient sous la table telle une paire de palme. C’est la description d’un monstre de vulgarité, mais à lire ces lignes, J’ai aimé Arlette. A l’opposé d’Uta, celle que nous attendons tous (4ème de couverture) « Elle était très grande, portait des cheveux blonds cendrés, presque argent, coupé au carré comme un casque, et des lunettes noires. Sa voix teintée d’un léger accent germanique, semblait venir de très loin, grave, plus grave que celle de beaucoup d’hommes. »

Un très bon livre dans la lignée de « La théorie du panda ».

 

Derrière la vitre de l’hôtel, il vit disparaître sa patronne, semblable à Mary Poppins, accrochés des deux mains à son parapluie.

Uta était accompagnée d'un type dont la jeunesse ne semblait avoir fait qu'une brève apparition dans sa vie, flou de la tête aux pieds, plus beige que gris. Ses oreilles diaphanes et son nez pincé prouvaient qu'il n'avait pas beaucoup de temps pour faire des projets d'avenir. Ses yeux regardaient en dedans, pareils à des nœuds de bois.

Charles vida la moitié de la sienne d’un trait. Une goutte glissa de sa bouche à son menton, de son menton à sa poitrine, et se perdit dans les poils. Il ne chercha pas à l’essuyer, la laissai le chatouiller comme une coccinelle. Arlette s’était laissée aller, appuyée sur un coude, sa bouche ventouse tétant le goulot de la bouteille. Sa robe verte découvrait le haut de ses cuisses, laissant entrevoir la coque blanche de sa culotte.

De l’hôtel à son appartement, Charles compta huit cent treize pas, exactement autant que de chez Raskolnikov au domicile de l’usurière.

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