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ZAZY - mon blogue de lecture

Léonora MIano - Crépuscule du tourment

21 Novembre 2016, 22:56pm

Publié par zazy

Crépuscule du tourment

Léonora Miano

Editions Grasset

Août 2016

288 Pages:

ISBN : 9782246854142

4ème de couverture :

De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.
À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité… Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite.
D’une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d’autant plus mystérieux qu’il nous est étranger… et d’autant plus familier qu’il est universel. 

L’auteur (site de l’éditeur) :

Née en 1973 à Douala, au Cameroun, Léonora Miano a vécu en France à partir de 1991. Elle est l’auteur de sept romans, dont L’intérieur de la nuit (Plon, 2005), Contours du jour qui vient (Plon, 2006, Prix Goncourt des Lycéens), Les Aubes écarlates (2009), deux recueils de textes courts, un texte théâtral et La Saison de l’ombre (Grasset, 2013, Prix Femina).

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Après Catherine de Médicis, je retrouve, avec crépuscule du tourment, une mère incapable de démonstration d’amour maternel, celle que tout le monde appelle Madame.

Léonora Miano met en scène quatre femmes, quatre voix africaines. Ces mélopées sont adressées à un homme absent, fils, ex ou fiancé, frère des quatre femmes.

Madame. Oui, c’est ainsi que l’appelle son entourage, enfants inclus, débute le bal.

Il y a en elle une immense blessure héritée de ses ascendants, qui se dévoile petit à petit. « Je sais nommer l’épine qui, logée en moi depuis le plus jeune âge, est ma torture et ma boussole. Ma véritable identité. » Elle a épousé Amos, un noble désargenté mais à la lignée prestigieuse. Elle ne quittera jamais malgré les coups assenés même  devant ses enfants, Pour elle, on doit avoir une généalogie et c’est au fil de ma lecture que je découvre ce que ce terme de sans-généalogie signifie pour elle. Je comprends pourquoi elle n’a accepté aucune des deux femmes que Dio a connues dans le Nord (la France) et ramené à la maison. Elles sont descendantes d’esclaves, donc sans généalogie, leur grande tare.

Madame est une femme à qui on obéit mais que l’on n’écoute pas, une femme seule qui s’est caparaçonnée pour survivre aux coups de son mari, à ce qui la ronge, pour assurer l’avenir de ses deux enfants Dio et Tiki. « Je ne serai pas accusée de m’être dérobée ».

Amandla,  Dio l’a aimée et, pourtant, il l’a quittée. Ce n’est pas le grade de sans-généalogie donné par Madame, non, il y a autre chose qui vient du père. Leur relation amoureuse est toujours restée chaste, Il en est de même avec Ixora qu’il veut épouser parce qu’il ne l’aime pas.

Tiki, la sœur, ferme le bal. Elle  a vécu le drame de sa mère de l’intérieur. Elle s’est construite sur ces ruines,  toute seule et, comme son frère, a une vie et une sexualité compliquée.

« Ici, comme ailleurs, nous avons des codes. Une vision du monde. Une manière d’être. Et, pour nous, l’ascendance servile est une des pires choses qui soient. Lorsque par-dessus le marché, elle s’expose à travers gestes et attitudes… Cette femme ne sera pas tolérée, tu ne l’épouseras pas, nous ne célébrerons pas vos fiançailles. ». Elles vont se réinventer, se recréer sur le territoire africain. Amandla renoue avec les racines africaines d’avant la colonisation. Ixora rencontre l’amour en la personne d’une belle africaine.

Quatre monologues distincts qui  se répondent, s’imbriquent, se complètent.  Les femmes déroulent leurs peines, leurs douleurs, leurs vies.  La  féminité bâillonnée par la religion des coloniaux et la place de servante qu’elle lui a donnée,  l’amour saphique, complètement tabou avec, pour emblème, le quartier  « Vieux pays ». Le  retour  à un besoin de racines africaines et chamaniques, Les hommes faibles, versatiles, fainéants et, surtout, l’importance de la lignée. Ce que j’aime chez elles, c’est leur énergie qui leur permet de rebondir, de rester droites.

Entre sorcellerie, chamanisme, modernité, sensualité, Léonora Miano parle de ces femmes qui portent une blessure, un secret refoulé  de la colonisation et ses effets sur la population camerounaise, des hommes velléitaires, qui sèment à tout vent

Une lecture forte et émouvante

 

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Catherine Hermary-Vieille - D'or et de sang, la malédiction des Valois

18 Novembre 2016, 13:37pm

Publié par zazy

D’or et de sang

La malédiction des Valois

Catherine Hermary-Vieille

Editions Albin Michel

Octobre 2016

384 pages

ISBN : 9782226323897

 

4ème de couverture :

Ils ont été les derniers rois de la Renaissance. Violents, cruels, dégénérés, soumis à la férule de Catherine de Médicis, mère abusive, régente ambitieuse, qui tiendra jusqu’au bout un pouvoir que ses fils étaient incapables d’assumer. François II, Charles IX, Henri III, le duc d’Anjou… tous disparaitront dans la fleur de l’âge, assassinés, emportés par la maladie ou la folie.

 Libre, rebelle, sensuelle, leur sœur Marguerite, « la perle des Valois », affiche une vie dissolue, collectionnant les amants. Elle acceptera pourtant de se plier à la raison d’Etat en épousant Henri de Navarre, le futur Henri IV.

Femme fatale, la reine Margot domine l’extraordinaire roman de Catherine Hermary-Vieille qui nous plonge dans les fastes et les horreurs d’une cour de France hantée par les espions, les empoisonneurs et les spadassins, gouvernée par des fauves sanguinaires qui s’entredéchireront jusqu’à la mort de leur dynastie. 

L’auteur (site de l’éditeur)

Depuis Le Grand Vizir de la nuit (Prix Femina 1981), Catherine Hermary-Vieille alterne biographies et romans : La Marquise des ombresL'Infidèle (Grand Prix RTL), Un amour fou (Prix des Maisons de la Presse), La BourbonnaiseLes Années TrianonMerveilleusesLe siècle de Dieu, etc.

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François II est mort. Marie Stuart, sa veuve, retourne à Edimbourg dans l’espoir d’un nouveau mariage. Catherine de Médicis, devenue régente, espère encore et toujours trouver un terrain d’entente entre huguenots et catholiques alors que le colloque de Poissy a échoué. Commentaires du duc de Guise. « Nous avons beaucoup perdu, madame, insiste le duc de Guise. Ce colloque a offert un statut aux huguenots. Ils vont redresser la tête et leur orgueil n’aura plus de limites. Vous rendez-vous compte qu’ils représentent un danger mortel pour la monarchie, pour votre famille ? Ne faites pas l’erreur de vouloir boire à deux fontaines à la fois. »

Sous la plume de Catherine Hermary-Vieille, Catherine de Médicis brille par son intelligence quelque fois machiavélique. Elle tient à défendre l’intégrité du royaume et attend avec impatience l’arrivée, sur le trône, de son fils préféré, Henri III. « Grâce » à elle, ses fils s’entredéchirent, se haïssent. C’est elle qui tient le pouvoir, rien ne se fait sans son aval, ni sans l’avis de ses astrologues.  Sous le règne de Charles IX, après l’attentat manqué contre l’amiral de Coligny, et afin d’éviter que les Guise ne prennent le pouvoir,  elle pousse le roi à ordonner ce qui sera la nuit de la Saint Barthélémy  «Le danger est imminent, insiste Catherine. Usez, mon fils, du glaive que Dieu vous a confié pour l’élimination des mécréants ».

Margot épouse Henri de Navarre, protestant. Drôle de cérémonie de mariage où Henri reste sur le parvis pendant que Margot entre à l’église seule. La belle et appétissante Margot a de multiples amants, ce n’est un secret pour personne. Elle aime comploter, mais sans le talent de sa mère pour ce faire. Les relations entre la mère et la fille sont glaciales. « Catherine ne parvient pas à cajoler sa fille, une effrontée, coquette, trop avide de preuves d’amour. Ses élans l’agacent. Elle n’aimait pas que le feu roi Henri la prenne sur ses genoux par la mignarder, l’appelant « ma petite femme. Diane et Margot, deux voleuses. » Tout est dit dans cet extrait. Chez Diane de Poitiers, LA rivale, Margot trouvait la tendresse.

Le Louvre ? Un château où personne ne se sent à l’aise, où les mains et naines  des Valois espionnent tout le monde, où les murs ont des oreilles et des épées, un lieu sombre, froid, humide. Ainsi le Duc de Guise « ne se sent jamais à l’aise au Louvre. On a l’impression que des regards ennemis guettent sans cette une proie à abattre ». Cela devient pire avec l’accession au trône de Henri III et de ses Mignons « Margot retrouve l’atmosphère irrespirable de la cour…Henri et François s'affrontent en réalité par fidèles interposés. Il n’y plus de banquet, plus de bal où des insultes ne soient prononcées ou des défis inacceptables ne soient lancés en présence même du roi. »

En lisant, je visualise Catherine de Médicis, par monts et pas vaux et par n’importe quel temps, dans sa voiture allant parlementer, essayer, encore et encore, d’arranger les choses à sa sauce. « Catherine monte en voiture. Son obésité, ses rhumatismes, ses maux d’estomac sont d’incessantes incommodités, mais a-t-elle le choix ? »

D’or et de sang, la malédiction des Valois,  baigne dans une atmosphère lourde, noire, faite de complots, d’assassinats, de vengeance, de guerre. Charles IX sur son lit de mort dit à sa nourrice : « Ah ma nourrice, chuchote Charles, ma mie, que de sang et que de meurtres ! Ah, que j’ai eu un méchant conseil ! »  Avec la mort de Henri III, la sulfureuse dynastie des Valois s’éteint, les Bourbons arrivent au pouvoir avec Henri IV. Un livre où il est beaucoup question de différentes religions, de guerre de religions, un sujet très actuel.

Grâce à l’écriture classique et belle de Catherine Hermary-Vieille, j’ai lu cette fresque historique avec grand plaisir et des nuits écourtées

 

 

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La Kube

15 Novembre 2016, 17:58pm

Publié par zazy

Les Editions Métailié m'envoie ceci :

"Novembre s'est bien installé, et avec lui le froid et la grisaille… Noël est encore loin alors pour éviter le coup de blues automnal, lisez, lisez et lisez encore !

Connaissez-vous la "Kube"? C'est une formidable initiative qui permet à tous les lecteurs de recevoir une box littéraire contenant un livre sur-mesure, spécialement choisi par un libraire indépendant en fonction de leurs envies !

Aujourd'hui, nous sommes très heureux de pouvoir vous faire gagner avec Kube une Bibliothèque Mystère composée de 12 livres sélectionnés pour l'occasion par leurs libraires partenaires et d'un exemplaire de la revue PAGE des libraires.

A votre avis, quel est le titre Métailié incontournable qui fera partie de cette Bibliothèque Mystère?"

Une façon originale d'offrir des livres  !

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Au revoir Monsieur Léonard Cohen

11 Novembre 2016, 10:03am

Publié par zazy

Ther's no way to say good bye

I loved you in the morning, our kisses deep and warm,
your hair upon the pillow like a sleepy golden storm,
yes, many loved before us, I know that we are not new,

in city and in forest they smiled like me and you,
but now it's come to distances and both of us must try,
your eyes are soft with sorrow,
Hey, that's no way to say goodbye.
I'm not looking for another as I wander in my time,
walk me to the corner, our steps will always rhyme
you know my love goes with you as your love stays with me,
it's just the way it changes, like the shoreline and the sea,
but let's not talk of love or chains and things we can't untie,
your eyes are soft with sorrow,
Hey, that's no way to say goodbye.

I loved you in the morning, our kisses deep and warm,
your hair upon the pillow like a sleepy golden storm,
yes many loved before us, I know that we are not new,
in city and in forest they smiled like me and you,
but let's not talk of love or chains and things we can't untie,
your eyes are soft with sorrow,
Hey, that's no way to say goodbye
 
 

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Beaton M.C. - Agatha Raisin enuête - Randonnée mortelle

10 Novembre 2016, 14:58pm

Publié par zazy

Randonnée mortelle Agatha Raisin enquête

M. C. Beaton

Traduit de l’anglais par Jacques Bosser

Editions Albin Michel

Novembre 2016

252 pages

ISBN : 9782226322708

 

4ème de couverture :

Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds - et le non moins cher James Lacey. Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l’impression d’enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely.
Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d’affaires criminelles. Comme le meurtre d’une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs.
Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition. Mais la piste d’un tueur se perd aussi facilement que la tête ou… la vie !

L’auteur (site de l’éditeur) :

Née en 1936 à Glasgow, Marion Chesney alias M.C. Beaton a été libraire et journaliste avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne avec ses deux séries de romans policiers : Hamish MacBeth et surtout Agatha Raisin (plus de 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde).

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Chère Agatha Raisin,

Vos aventures sont arrivées à point nommé sur ma table de chevet. Après cette sensation d’étouffement due à l’actualité, j’avais besoin de respirer l’air pur, mais pas si calme, de votre campagne anglaise, ma propre campagne, pluvieuse, venteuse, ne favorise pas une sortie.

Je vous découvre  et, j’avoue, que vous ne déparez pas votre ancêtre, Agatha Christie, d’ailleurs vous en portez le prénom comme un hommage. Vous êtes aussi attachante qu’horripilante. Vous fûtes une femme d’affaire impitoyable, il suffit lire la façon avec laquelle vous retournez le journaliste mâle. Je vous comprends d’être heureuse de retourner dans votre maison, boire un coup, voire plus, au Red Lion…

L’enquêteur, Bill Wong,  en manque de moyens et d’effectifs, compte vraiment sur vous pour élucider les affaires à sa place. Ne serait-il pas un gros feignant, votre copain ? Mais, ces enquêtes vous plaisent tant, que ce serait dommage de ne pas vous les confier !

Comme vous, je suis sous le charme de James et je vois poindre, à la fin du livre, matière à un prochain opus, mais je n’en dis pas plus.

Occupons-nous de cette randonnée mortelle à Dembley. Jessica, présidente du groupe des marcheurs fait rouvrir tous les chemins de randonnée, occupé illégalement et en douce par les propriétaires terriens. Cela lui fait un certain nombre d’ennemis, d’autant que la donzelle a très mauvais caractère. Or, on retrouve Jessica morte dans le champ de colza de Sir Charles Fraith. Déborah, membre de du club des marcheurs vous demande d’enquêter et trouver le tueur ou la tueuse, ne soyons pas sexistes.

Votre « génitrice » M.C. Beaton écrit dans les gammes  de l’humour décapant, de la légèreté, de la gaffe, des contraires. Tout ceci est so British,  bien lié, très agréable à lire. Je vais remonter jusqu’au premier tome pour voir le genèse de votre vie, car Chère Agatha Raisin, vous me plaisez beaucoup, je crois que je vais devenir fan.

A très bientôt de vous lire dans de nouvelles aventures

Amicalement

Zazy

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Guillaume Siaudeau Magali Planès - Boucle d'oeil

9 Novembre 2016, 18:41pm

Publié par zazy

Boucle d’œil

Texte Guillaume Siaudeau

Dessins Magali Planès

Nuit myrtide éditions

Avril 2010

54 pages

ISBN : 9782913192843

4ème de couverture :

Les longues routes blanches sont des espoirs blottis sous la dentelle

Guillaume Siaudeau et Magali Planès vivent à Nantes. Il écrit, elle dessine

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Un moment de grâce dans un monde fou c’est ce que m’a apporté la lecture de ce superbe livret très élégant. Rien qu’à lire le vers de la 4ème de couverture, je suis transportée dans un autre monde.

 « Un matin de glace

j’ai retrouvé mon renard

les pattes en l’air

Ses yeux avaient

quitté leurs orbites

sans laisser d’adresse »

A partir de ce postulat triste, Guillaume Siaudeau m’entoure de volutes de fumées, d’arbres pendus au ciel où « les corbeaux chantaient des cantiques dans les peines de l’hiver ». Je l’ai suivi « dans un petit village incrusté dans la vallée des songes »« les choses étaient aussi faciles que de pêcher des vairons dans un verre d’eau ».  Boucle d’œil car, avec la fin du livre, la boucle est bouclée, mais je vous laisse le soin de le découvrir en lisant ce  livre si délicat.

Les dessins de Magali Planes, à la fois fins, précis, légers, sont faits à l’encre des mots de Guillaume Siaudeau.

Le mot vairon, poisson d’eau douce et claire, me ramène aux parties de pêche de mon enfance.

Guillaume Siaudeau, j’ai aimé « La dictature des ronces » ; avec Boucle d’œil, vous me ravissez.

J’ai découvert Nuit myrtide éditions grâce à l’opération Voie des indés  organisée par Libfly. Je les remercie pour cette délicate découverte.

 

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Hafez Khiyavi - Je puais le sang d'âne

9 Novembre 2016, 10:56am

Publié par zazy

Je puais le sang d’âne

Hafez Khiyavi

Traduit du persan (Iran) par Stéphane A. Dudoignon

Editions Serge Safran

Octobre 2016

192 pages

ISBN : 9791090175594

 

4ème de couverture :

Un jeune homme doit tuer un âne pour gagner la main de la fille qu’il aime. L’épreuve tourne mal. Couvert du sang de l’âne, il se cache dans la grange du père, où il attend la fille. Quand survient le père, le jeune homme s’enfuit, en oubliant son portable sur place. Un enfant est surpris en train de tuer un chat, tandis qu’un autre s’interroge en découvrant le désir sexuel et la honte devant Dieu…
Portraits d’enfants ou de jeunes adultes dominent ces récits révélant les contraintes religieuses et un regard désabusé ou amusé sur les travers de la société iranienne.
Je puais le sang d’âne alterne naïveté enfantine, violence familiale, doux cynisme et scènes parfois cruelles.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Hafez Khiyavi est né en 1973 dans la région d’Azerbaïdjan oriental, au nord-ouest de l’Iran. Je puais le sang d’âne est le deuxième recueil de nouvelles de l’auteur, après Une cerise pour couper le jeûne, publié en France chez Serge Safran éditeur.

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Je me suis plu dans Le chameau ivre d’Alma Rivière, alors j’ai voulu rencontrer l’Iran de Hafez Khiyavi où j'y  retrouve certains thèmes reviennent.

En treize histoires courtes, Hafez Khiyavi me transporte dans l’Iran actuel. Ces nouvelles racontent la vie d’homme et de femmes, pas héros pour un sou, qui se débattent entre  modernité et tradition

La première nouvelle fait référence à son précédent livre « Une cerise pour couper le jeûne » (que j’aimerais découvrir) où une jeune fille vient retrouver, sans être voilée et à vélo, son amoureux qui se cache de la police

Les personnages sont humains, très humains avec leurs faiblesse, rouerie, bassesse, courage, humour, violence. Ils sont coincés entre la tradition et la modernité, regrette l’occidentalisation tout en la rejetant, la religion «Sa culotte, à Sheylan, c’est Satan qui la lui enlève » ; ce jeune garçon s’interroge sur ce que voit et ne voit pas Dieu. « Ma mère, elle dit que Tu es partout » «Rêver que Sheylan est là aussi. Non, Seigneur ! Non ! Ça tu ne l’as pas entendu. Je parle juste pour moi. Ma mère, elle dit que même quand on parle à l’intérieur de nous, Dieu, Il l’entend. Ce n’est pas bien, Dieu ! Ce serait mieux quand même si Tu n’entendais pas ce que les gens ils se disent à eux-mêmes. En tout cas pas tout. » Les mâles ne sont pas des surhommes et, quelque fois leur couardise fait rire.

Chaque nouvelle brosse une facette de l’Iran d’aujourd’hui dont l’auteur en brocarde l’hypocrisie. J »ai rencontré l’armée  « Des pêches », l’entraide « Ibrahim », l’amour « Je puais le sang de l’âne ». « L’âme de M’sieur Mansour » oscille  entre légèreté et gravité.

Des histoires à raconter écrites aux petits oignons, bien traduites par Stéphane Dudoignon. Certaines sont jubilatoires, d’autres ironiques, tendres, violentes. Hafez Khiyavi montre beaucoup de tendresse pour ses personnages

« Je puais le sang d’âne »  ouvre une fenêtre sur l’Iran moderne et Hafez Khiyavi, un auteur à découvrir.

Une fois de plus, les Editions Safran ont fait mouche.

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Alma Rivière - Le chameau ivre

6 Novembre 2016, 21:13pm

Publié par zazy

Le chameau ivre

Alma Rivière

Editions Rue des promenades

128 pages

Octobre 2016

ISBN : 9782918804543

 

4ème de couverture :

Une voix amie emmène le lecteur au cœur de la réalité iranienne à laquelle il n’a, le plus souvent, pas accès. Ces récits montrent dans  le désordre un Iran intime et universel, contemporain et éternel. Des fictions cousues au fil du réel, avec leur lot de raccourcis et d’hyperboles.

L’auteur (site de l’éditeur) :

On peut croiser Alma Rivière à Paris, o elle est ancrée, ou bien dans l’avion où elle monte sans appréhension mais dont elle descend toujours avec enthousiasme. Elle écrit dans plusieurs langues et voudrait pouvoir les lires toutes. Cumulant plusieurs casquettes tout en se revendiquant sans étiquette, elle se soustrait à toute forme de datation ou de classement pour faire son trou dans la marge, qui a toujours été sa zone de confort.

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« La carte mondiale des vins omet le plus souvent un endroit appelé l’Iran. Les gens qui créent ces cartes ont tendance à le voir comme un pays musulman et donc sec. Le fait que beaucoup d’Occidentaux pensent que nous autres iraniens allons travailler à dos de chameau doit certainement jour. »

Avec ce premier paragraphe, le ton est donné ironique, lucide, lucidement désespéré quelque fois. Dans ce livre, j’ai trouvé la recette artisanale et clandestine de la fabrication du vin à domicile. Sans oublier les chutes : « Ne conduisez jamais en ayant bu. C’est vraiment pas juste pour les autres. » ou « Faire du vin en Iran ne vous transforme pas automatiquement en dissident. Même si ça aide. »

La jeune génération ne croit plus au futur « On ne croyait pas au futur : on savait qu’on n’en aurait pas. Qu’on avait été élevés pour un futur qui ne viendrait jamais. Tomber d’une terrasse en fuyant une descente de flics était seulement l’une des nombreuses possibilités » Préférer se jeter du balcon que d’être arrêté par la police, cela fait froid dans le dos.

Ce pays meurt d’ennui « C’est ça, l’enfer iranien. Si tu fais pas gaffe, tu peux mourir d’ennui. En fait, t’en vois plein, des ports vivants, si tu regardes de plus près les piétons dans les rues noires de monde. »

Où il est également question du « mouvement vert » suite aux fraudes dans les élections présidentielle de juin 2009. Imaginez une manifestation monstre, nos marches syndicales, c’est du gnangnan à côté !, des centaines de milliers de personne défilant sans un mot, oui, chers amis, un silence complet. « Ils restaient silencieux –chacun d’entre eux- tout le long du parcours. Pas un son n’émanait d’eux. Sauf un claquement de mains occasionnel. A un moment, quelqu’un faisait « clap ! clap ! clap ! » et la foule l’imitait, répétant les trois mêmes sons. »

N’oubliez pas que « Un invité est comme un cadeau de Dieu. »

Des histoires courtes acidulées, acides, tendres, ironiques, désespérés et pourtant pleines d’espoir.

J’aime beaucoup les petits formats des éditions Rue des Promenades. Ils se glissent partout et n’abiment pas les poches (très important). Le contenu vaut le détour. Je suis presque certaine d’avoir une bonne surprise et ce fut le cas pour ce livre.

Le chameau ivre à lire et relire dans n’importe quel ordre. Ne vous en privez pas.

 

 

 

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Gaël Faye - Petit pays

3 Novembre 2016, 22:06pm

Publié par zazy

Petit pays

Gaël Faye

Editions Grasset

Août 2016

224 Pages :

ISBN : 9782246857334

 

4ème de couverture :

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel  voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…
« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages... J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Franco-rwandais, Gaël Faye est auteur compositeur interprète de rap. Aussi influencé par les littératures créoles que par la culture hip hop,  il sort un album en 2010 avec le groupe Milk Coffee & Sugar (révélation Printemps de Bourges). En 2013 paraît son premier album solo,  Pili Pili sur un Croissant au Beurre. Enregistré entre Bujumbura et Paris, il se nourrit d’influences musicales plurielles : du rap teinté de soul et de jazz, du semba, de la rumba congolaise, du sébène… Petit pays est son premier roman. 

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Gaby est un petit garçon heureux et insouciant à Bujumbura entre son père blanc, sa mère rwandaise, sa sœur Anna et les domestiques. Il y a aussi les copains, les amis avec qui il fait les quatre cents coups. Ses souvenirs ont l’odeur du jus des mangues qui dégoulinent de leurs bouches, le goût des souvenirs des jeux, des larcins partagés avec les jumeaux, surtout Gino son ami. : « Chez moi? C'était ici. Certes, j'étais le fils d'une Rwandaise, mais ma réalité était le Burundi, l'impasse, Kinanira, l'école française." »

Et puis, il y a les courriers échangés avec sa correspondante française, Laure. C’est sûr, il l’aime, il l’épousera plus tard, comme ses parents. « Le jour de leur mariage, Papa n’en revenait pas de lui avoir passé la bague au doigt. Bien sûr, il avait un certain charme, le paternel, avec ses yeux verts tranchants, ses cheveux châtain clair veinés de blond et sa stature de Viking. Mais il n’arrivait pas à la cheville de Maman ». La vie séparant ceux qui s’aiment, le rêve se brise et ils se séparent. « Le début de la fin du bonheur, je crois que ça remonte à ce jour de la Saint-Nicolas, sur la grande terrasse de Jaques, à Bukavu, au Zaïre. ».

La  guerre ethnique du Rwanda arrive chez lui, dans son école, avec un racisme plus « ordinaire » du tout entre hutus et tutsis, « L’année de mes huit ans, la guerre avait éclaté en Rwanda. C’était au tout début de mon CE2. ». Il essaie de la tenir loin de lui cette guerre, mais Alphonse, un de ses oncles est tué.

Il y eut les élections, les premières élections démocratiques au Burundi « Pourtant, c’était une journée historique. Partout dans le pays, les gens s’apprêtaient à voter pour la première fois de leur vie. » Le parti Frodebu a gagné avec Melchior Ndadaye à sa tête. Le 21 octobre 1993, un coup d’Etat éclate avec son lot de meurtres, de massacres. Prothé, l’un des serviteurs craint le pire «  Ils ont tué l’espoir, ils ont tué l’espoir, c’est tout ce que je peux dire. Vraiment, ils ont tué l’espoir... »

La confusion, la peur règnent en maître avec des massacres quotidiens. Le père de Gabriel et Anna choisit l’exil en France pour ses enfants.

Sans s’appesantir, Gabriel Faye dépeint la vie au Burundi, le racisme ordinaire des patrons blancs vis-à-vis de leurs employés noirs, la vie des expatriés, les petits cabarets où Gaby a bu sa première bière tiède « Le cabaret était la plus grande institution du Burundi. L’agora du peuple. La radio du trottoir, le pouls de la nation. Chaque quartier, chaque rue possédait ces petites cabanes sans lumières, où, à la faveur de l’obscurité, on venait prendre une bière chaude, installé inconfortablement sur un casier. ». J’ai ressenti la langueur du pays, puis la tension qui monte entre les habitants du Bujumbura, même chez les serviteurs de la maison. Les enfants voient leur groupe changer, se durcir, il faut choisir son camp. Avec ses copains, ils sont pris dans la nasse, dans une spirale qui emmènera Gaby dans une région d’où l’on ne revient jamais vraiment et qui lui fera dire plus tard « Je réponds avec un cynisme froid que mon identité pèse son poids de cadavres »

Les apartés de l’adulte Gabriel sont très musicaux et rythmés, on sent le rappeur. L’homme qu’il est devenu n’est pas seulement un exilé de son pays, mais également de son enfance partie au son d’un briquet Zippo « Je pensais être exilé  de mon pays. En revenant sur les traces de mon passé, j’ai compris que je l’étais de mon enfance. Ce qui me paraît bien plus cruel encore. »

Petit pays est écrit à hauteur d’enfant, à la fois mutin et dur avec des mots simples, sans affectation aucune. C’est d’ailleurs ce qui lui donne tant de puissance. Un coup de cœur pour un premier roman fort et puissant.

J’ai lu ce roman dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2016 organisés par Price Minister. Je les remercie pour cette superbe lecture.

 

 

 

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Michel Quint - Un hiver avec le diable

29 Octobre 2016, 17:41pm

Publié par zazy

Un hiver avec le diable

Michel Quint

Editions Presses de la Cité

Octobre 2016

360 pages

ISBN : 9782258136885

 

4ème de couverture :

Hiver 1953. Hortense Weber, jeune Alsacienne célibataire venue occuper un poste d'institutrice à Erquignies, bourg de l'agglomération lilloise, accouche d'un petit garçon. A la maternité, elle rencontre Robert Duvinage, qui pratique, entre autres, l'escroquerie photographique du " bébé du mois ". Parce qu'elle le perce à jour sans le dénoncer, parce qu'il sent la jeune femme porteuse d'un secret, s'installe entre eux une relation d'affection méfiante. Robert suspend un temps ses activités pour faire le commis dans le bistrot-épicerie du maire communiste d'Erquignies et veiller sur Hortense malgré elle. La guerre d'Indochine bat son plein et divise la population, la guerre froide est vécue au quotidien... Les dissensions sont exacerbées par le procès à Bordeaux des nazis qui ont massacré les habitants d'Oradour en 1944. Parmi les accusés, treize malgré-nous, dont un engagé volontaire, alsacien. A Erquignies, on se déchire avec autant de violence que dans toute la France : responsabilité collective ou individuelle dans un crime contre l'humanité ? Peut-être en raison de ses origines, de son homonymie avec un des accusés, de son statut de fille-mère, Hortense est montrée du doigt. En même temps, ce climat ravive les plaies de la Libération, notamment l'affaire du réseau Voix du Nord, du nom du journal issu de la Résistance et de l'épuration...

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Hiver 1953, l’un des plus froids. Je retrouve Michel Quint dans sa région du Nord, plus précisément à Erquignies, petit village à la frontière belge.

Robert Duvinage, photographe à la petite semaine (ce n’est pas le nom d’un journal), escroc de peu d’envergure, photographie des nouveau-nés soit-disant pour le prix du plus beau bébé du mois. Il entre, ainsi dans la chambre d’Hortense qui allaite son bébé. Là, le dérailleur casse, quelque chose se passe. Chassée de la maternité parce que fille-mère (il ne fait pas bon de sortir du cadre stricte de la morale), Robert ramène tout ce petit monde à Erquignies alors qu’une tempête de neige rend le retour, à Lille impossible. Pendant la nuit, une grosse ferme est incendiée et les quatre occupants, dont deux enfants, meurent dans le brasier. Qui est coupable ? Le découvrir, c’est le but, non, le prétexte de Robert qui se sent happé par Hortense et le petit Rolland, surtout qu’elle l’a présenté comme le père de l’enfant et qu’il confirme.

Hortense est alsacienne et, de ce fait, au cœur de la polémique sur les « malgré nous ».  Pourquoi a-t-elle été mutée ici ? Robert n’en sait rien, mais devine beaucoup d’ombres et de la peur ; aussi il s’érige en ange gardien de Rolland.

Au bistrot-bazar-épicerie, pivot de la vie d’Erquignies, les clients parlent du procès d’Oradour-sur-Glane. Faut-il un procès commun à tous ou alors séparer les « Malgré nous » des allemands, faut-il un procès individuel ? Il y est aussi question de la « Voix du Nord » et son personnel issu de la presse collabo. Il ne faut pas oublier les trafics en tabac, alcool et autres denrée avec la  Belgique. La guerre en Indochine préoccupe les habitants du village. Le fils du maire est revenu, traumatisé, avec trois doigts en moins et d’autres sont y sont toujours.

Michel Quint mélange suspens, histoire et vie quotidienne. Où j’apprends, (si j’en ai besoin !) que tout n’est pas noir ou blanc que les salauds se cachent derrières les braves, que les braves ne sont pas ceux à qui l’on pense.

Ce que j’aime chez Michel Quint, c’est sa peinture du nord, jamais complaisante mais pleine d’amour et si bien documentée. Les personnages secondaires sont mitonnés aux petits oignons. Les phrases sont longues, imagées. L’impression de voir les villageois patauger dans leurs vies comme dans les rues enneigées. Ce n’est pas l’intrigue, la recherche du pyromane, le cœur du livre, mais la vie quotidienne à Erquignies en ces années cinquante.

Michel Quint confirme tout le bien que je pense de ses livres.

Livre lu dans le cadre d'une Masse Critique privilégiée de Babelio !

 

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