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ZAZY - mon blogue de lecture

Marie-Thérèse Mutin - Entre chien et loup

18 Juillet 2011, 22:28pm

Publié par zazy

 

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Entre chien et loup

Marie-Thérèse Mutin

Les Editions Mutine

100 pages

 

 

4ème de couverture :

"Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l'injustice et ce malheur des hommes
que je ne peux admettre il y a ma colère"
Paul Eluard
 
Née en 1939, institutrice, militante et responsable politique, élue maire, conseillère régionale, députée européenne, fondatrice des Editions Mutine et auteur, Marie-Thérèse Mutin, dans cette Promenade Mutine, conte, avec pudeur, humour ou émotion, un drame, une rencontre, un sourire, une phrase, qui - hasard ou destin ? - peuvent infléchir le cours d'une vie.
Mais la direction sera toujours la même : l'amour et la défense des "gagne-petit".

 

Mon avis :

 Avec Le premier texte : « pas peur, petite, pas peur » et nous entrons dans le vif de la personnalité de Marie-Thérèse Mutin surtout dans sa conclusion : « Prévert a bien raison : quelle connerie la guerre ! ».

 

Le rapport de forces sera souvent présent dans ce livre de souvenirs. Que ce soit pendant la guerre, dans la fratrie, en politique….

Et la politique, Madame le Maire connait, elle qui fut responsable de section dans ma région de Bourgogne !!!! Une femme responsable de section, ce qu’elle a dû subir, je n’ose y penser !!!

Marie-Thérèse Hutin, enfant de la guerre, se souvient des privations et nous en parle de façon humoristique avec l’histoire de la poule au riz de Madame Antozic

Le souvenir prégnant de sa première rentrée scolaire en 1960, époque où les enseignants se sentaient chargés d’une mission et que les réformes ne se faisaient pas à chaque arrivée d’un nouveau ministre de l’enseignement.

Le texte le plus émouvant pour moi fut « gare au souvenir », d’autant que je connais la gare de Dijon et que je « vois » ;  non, je n’imagine pas je « vois » et son cri retentit dans mes oreilles. La fêlure revient, puis la réalité-vraie comme disent les enfants refait surface avec cette réunion qu’elle doit présider.

L’action politique sera sa vie. Elle sera élue maire de son village…. Pour finir député européen avant de tout arrêter et se retrouver seule…. « Ses amis » l’oublient facilement. Il n’y a qu’à lire le passage des courtisans un petit régal….

J’ai souri lorsqu’elle nous parle de sa bévue quant à une « œuvre d’art contemporain » !!!

Vous l’avez compris, j’ai beaucoup aimé ce petit livre où une dame nous réconcilie avec la politique au vrai sens du terme, pleine de compassion, d’humanité, d’amour des « petites gens », toujours en révolte, encore pleine d’espoir. Il y a beaucoup d’amour et beaucoup d’humour tout au long de ces 100 pages que l’on peut relire à tout moment.

Incorrigible utopiste, je continue de rêver à la terre promise c’est ce que je retiens d’elle et, lorsque je verrai la petite sittelle revenir sous mes fenêtres avec ses traits d’eye liner sur les yeux, je penserai à vous Madame Mutin mutine.

Merci Myriam de m’avoir prêté ce petit bijou que je te renvoie avec beaucoup de regret !!!!!

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Challenge la plume au féminin

14 Juillet 2011, 21:23pm

Publié par zazy

Je me lance dans un nouveau Challenge : AU SECOURS !!!! ma PAL va exploser, les rayons de mes bibliothèques s'écroulent !!!!!!

Mais bon,je suis faible et ne peut résister à un petit challenge.....

Cliquez sur l'image et vous verrez les détails

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Il ne me reste qu'à choisir les titres :

Katarina MAZETTI : le mec de la tombe d'à côté

Keith Ridgway : Mauvaise pente

 Margaux Motin - La théorie de la contorsion

Nicci French : Jusqu’au dernier

 


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Han Shaogong - Séduction

11 Juillet 2011, 16:25pm

Publié par zazy

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Séduction

Han Sahogong

Traduction : Annie  Curien

Editions : Philippe Picquier

94 pages

 

 

4ème de couverture :

 

Imprégnés de doute et de solitude, les nouvelles de HAN Shaogong invitent au voyage. Voyage dans une nature animée de forces mystérieuses, voyages dans les villages de Chine : les propos des paysans conservent d’anciennes expressions dialectales, utilisées jadis sur ces mêmes terrer parle poète Qu Yuan. Voyage intellectuel aussi dans le doute et l’abstraction, comme le confie l’auteur dans sa préface.

Dans la montagne reculée d’empreinte humaine, la silhouette d’un homme sauvage se confond avec celle des habitants ordinaires des forêts : les ours. Séduction entraîne dans la quête initiatique d’une cascade inaccessible et objet de légendes locales. Itinéraire taillé dans l’éternité ou simple excursion ? Le souvenir trouve du narrateur de visite est confronté à ceux, affirmatifs, des habitants d’un village, qui tous le reconnaissent comme un assassin. Dans Foudre, le mystère d’un homme trouvé mort dans un champ après un orage ravive les superstitions et les haines dans un climat d’inquiétude.

Le lecteur aimera simplement s’asseoir dans le silence d’une vallée de montagne, où il laissera vagabonder librement ses pensées.

 

Ce que j’en pense :

Je ne vais pas vous faire le résumé de ces  nouvelles, la 4ème de couverture le fait beaucoup mieux que moi !!!

 

J’ai vu la beauté des paysages mais aussi la noirceur des intérieurs des maisons.  J’ai lu de la poésie, mais également de la verdeur (ces chinois pissent beaucoup !!!!).  J’ai senti le doute s’immiscer et la certitude de certains. Dans ce petit livre, tout est ambivalence.

 

En peu de mots, Han Shaogong nous fait entrer dans la vie de ces paysans chinois et sait nous tenir en haleine. Tout se passe dans une région montagneuse, pauvre et reculée dont on sent la présence quelque fois inamicale et oppressante. Le sentiment d’enfermement, le désarroi que l’on trouve dans ce recueil sont autant liés au paysage qu’à la mentalité paysanne, tant il y a d’écarts entre l’époque (années 85-87) et la vie pauvre, rustique et très très dure de ces hommes et femmes. La pression de la Révolution Chinoise et toutes les haines qui en découlent avivent ressentiments et jalousies auxquelles s’ajoutent les croyances ancestrales.

Un très bon livre, plein de désarroi et de doutes qui a déposé son empreinte dans mon esprit.

 

Biographie de l’auteur (copiés dans le livre) :

Han Sahogong, né en 1953, très connu en Chine, est l’un des écrivains les plus originaux de ce pays. Durant la Révolution culturelle, il passe plusieurs années dans les campagnes du Hunan. En 1985, il lance l’idée d’une « littérature à la recherche de ses racines » attentive à la pensée chinoise traditionnelle. Orientation remarquable sur une scène littéraire dominée par le réalisme. Ses auteurs préférés : Zhuangzi et Qu Yuan, Garcia Marquez, Kafka et Kundera, dont il a traduit en chinois l’insoutenable légèreté de l’être. Il vit aujourd’hui dans l’île de Hainan, où il avait lancé début 89, un mensuel d’informations indépendant.

 

 

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Lavande aux papillons

10 Juillet 2011, 13:31pm

Publié par zazy

 

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C'est un vrai régal qui alieu le matin, le soir étant dévolu aux bourdons à cul blancs ou noirs !!! Même Jojo, rescapé d'une bagarre est là avec ses ailes amochées !!!

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Pierre Moustiers - La grenade

9 Juillet 2011, 21:35pm

Publié par zazy

La Grenade

Pierre MOUSTIERS

Editions Albin Michel

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240 pages

 

 

4ème de couverture :

 

Pierre Moustiers, l’auteur notamment de l’Hiver d’un gentilhomme (prix des maisons de la presse), la Paroi (grand prix  du roman de l’académie française), un crime de notre temps (prix des libraires), le cœur du voyage, s’est imposé comme un des grands écrivains contemporains.

 

Avec la grenade, il nous conte l’histoire drôle d’un raté qui réussit du jour au lendemain tout ce qu’il entreprend. Finies les gaffes, oubliés les échecs.

Sa mère, son employeur et… sa femme sont impressionnés.

Quelle étrange aventure a pu transformer si radicalement notre héros ? Mais le plus étonnant est que cette métamorphose nous concerne tous.

En effet, qui n’a rêvé une fois dans sa vie de posséder des pouvoirs extraordinaires, d’influencer les autres par la pensée et de triompher devant eux ?

Un roman plein de tendresse et d’humour qui agit secrètement sur le lecteur. Un roman porte-bonheur.

 

Biographie de l’auteur :

 

Pierre Rossi, dit Pierre Moustiers, est un écrivain français né le 13 août 1924 (86 ans) à La Seyne-sur-Mer. Il est lauréat du Grand Prix du roman de l'Académie française en 1969, du Prix Maison de la Presse en 1972, du Prix des libraires en 1977, du Grand Prix d'Histoire Chateaubriand en 1997 et du Prix du roman historique en 2003.

mon avis :

Ainsi commence le roman : « Maurice Théaud naquit le 13 avril 1964 à l’âge de trente-neuf ans. Il s’était contenté jusqu’à ce jour de vivre à l’étouffé, comme un œuf…. ».

Le ton est mis. Maurice, raté, Monsieur Catastrophe Ambulante va d’échec en échec. Il a réussi à  épouser une charmante bourgeoise qui n’en peut plus de ce mari "gaffomane" et vivote dans un petit appartement entre sa mère et sa femme. Du matin jusqu’au soir, ce ne sont que mésaventures ; un vrai catalogue !!!!. Adulte, il est devenu représentant en laxatif !!!! le Fluvex pour être exact

«  Depuis l’école maternelle sa maladresse passait pour exemplaire dans la famille et dans les environs. On citait ses mésaventures chaque fois qu’il s’agissait d’animer un repas et de faire rire un invité taciturne. Un jour, il avait réussi en un tournemain à renverser quatre récipients à la fois. »

La seule chose qui le sortait de son hébètement, était la présence d’Odile et le souvenir du grenadier.

Mais, un jour, il franchit la porte du docteur Kowak et tout changea. Il raconta tout depuis le début. Ce bon docteur lui sortit « Vous êtes bourré d’influx, chargé d’électrons: un radar sur pile atomique, mon cher ! Pardonnez-moi ! Je reconnais que la comparaison manque de poésie. En fait, l’image qui me vient à l’esprit est celle d’un fruit compact, d’une grenade… sous l’écore, on est émerveillé par ces grains translucides répartis dans des alvéoles qui ne laissent aucun espace entre eux… » Est-ce le rappel à la grenade, est-ce autre chose, toujours est-il qu’il devint talentueux, réussit tout ce qu’il entreprit. Il comprit et admit qu’il pouvait influencer la vie des autres, de comprendre ce qu’ils avaient en tête. Mais, l’instant de griserie passé en est-il pour autant pour heureux ? car il manque quelque chose à Maurice pour entrer dans la plénitude du bonheur, chose que l’on découvre à la fin du livre

C’est avec belle écriture classique que Pierre Moustiers a concocté ce petit chef-d’œuvre qui entre dans ma liste « à faire du courage ». Mais ne croyez pas pour cela que ce livre est mièvre, au contraire il y a dedans pas mal de vacheries énoncées calmement « souhaita un bon anniversaire à Aline qui lui tendit la joue d’un air satisfait : tu fais des progrès. L’an dernier tu t’étais trompé de 15 jours… »…. » « Mérite amplement le sobriquet que ses condisciples lui ont donné. Quel sobriquet ? demanda Virginie la gorge sèche. – Lahuri ! répondit Maurice sur un ton neutre. – Comment ? s’écria Virginie – Lahuri sans apostrophe, précisa Maurice »

Les bourses aux livres réservent de bonnes surprises et, si c’est un livre « à faire du courage » et bien je le mets dans mes coups de cœu, d'autant que je l'ai choisi car sur la jaquetteil y a un dessin de Folon

 

 

 

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Echange

8 Juillet 2011, 09:42am

Publié par zazy

 

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Voici ma participation à l'échange d'été lancé par Chuki et Lilirose sur le forum des ex du forum du point compté link et j'ai réalisé cette petite chose pour Filoufil.

Je peux mettre les photos car je sais qu'elle a reçu l'enveloppe !!!!

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La cigogne est passée !!!!

3 Juillet 2011, 22:21pm

Publié par zazy

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Et oui, elle est revenue cet après-midi se promener dans le champs juste à côté de la maison. Nous l'avions vu avant la fenaison et nous avons été heureux de la revoir....

Rassurez-vous (j'écris cela pour mes enfants), elle n'a rien laissé à la maison !!!!!002.JPG

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Jean TEULE - Le magasin des suicides

30 Juin 2011, 17:16pm

Publié par zazy

Le magasin des suicides

Jean TEULE

Editions JulliardLe Magasin des Suicides

157 pages

 

4ème de couverture :

Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.

 

 

Ce que j’en pense :

 

Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ». Beau slogan publicitaire n’est-ce pas ! Et en plus, lorsque les patrons de ce magasin s’appellent Monsieur et Madame TUVACHE l’on ne peut qu’être séduit, surtout que, cerise sur le gâteau, ils habitent rue Bérégovoy. Tout est à l’avenant.

 

Même les clochards trouvent « chaussure à leur pied » : « Ceux qui n’ont pas le sou s’étouffent avec nos sacs d’emballage. Ils sont très résistants. Tenez, voici aussi un bout de ruban adhésif pour le fermer hermétiquement autour de votre gorge…… ça vous fera un peu de réclame. Je serai en quelque sorte votre homme-sandwich. »

 

Imaginez la famille Tuvache les parents, aussi souriant que des gargouilles de cathédrales et leurs 2 enfants Vincent, dépressif chronique, mais si ingénieux dans ces machines  et Marilyn, prototype de l’ado mal dans sa peau. Et puis, y a le petit dernier, lui qui est souriant, lui qui est optimiste, qui fait rien comme la famille, mais qui veut que tout le monde vive… Petit à petit, le bonheur pénètre cette famille de commerçants honnêtes, comme le sable dans le sablier.

Jean Teulé que j’adorais écouter dans l’assiette anglaise a écrit-là un petit bijou de dérision. Même pas besoin de chercher un 2ème voire 3ème degré, le premier a suffit à me faire rire de bon cœur…. Mais, je ne suis pas allée jusqu’à la crise d’apoplexie qui a tué un de leurs clients en regardant une des créations de Vincent.

 

Vraiment, un bouquin à recommander même et surtout en cas de déprime. Jean Teulé nous fait rire avec un sujet tabou. Un bon coup de cœur

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Laurent GAUDE - Ouragan

27 Juin 2011, 16:56pm

Publié par zazy

Laurent Gaudé, né le 6 juillet 1972 dans le 14e arrondissement de Paris, est un écrivain français lauréat du Prix Goncourt en 2004 pour son roman Le Soleil des Scorta.

Après une Maîtrise de lettres à l'Université Paris III , pour laquelle il a soutenu un mémoire intitulé Le thème du combat dans la dramaturgie contemporaine française, sous la direction de Michel Corvin (1994), puis un DEA à la même université, pour lequel il a soutenu un mémoire intitulé Le conflit dans le théâtre contemporain, sous la direction de Jean-Pierre Sarrazac (1998), Laurent Gaudé écrit pour la scène (1999).

Sa première pièce, Combat de possédés, paraît en 1999. Elle sera jouée en Allemagne et lue au Royal National Theatre de Londres. La seconde pièce de Laurent Gaudé, publiée en 2000, est Onysos le Furieux. Il s'agit d'un monologue épique, écrit en seulement 10 jours au printemps 1996. Laurent Gaudé a aussi écrit d'autres pièces de théâtre dont Cendres sur les mains, Médée Kali, ou encore Le Tigre bleu de l'Euphrate.

En 2002, La Mort du roi Tsongor, son deuxième roman, lui vaut d'être cité pour le Prix Goncourt et surtout d'être récompensé par le Prix Goncourt des lycéens et le Prix des libraires. Deux ans plus tard, il remporte le Prix Goncourt avec son roman Le Soleil des Scorta qui sera également un succès de librairie (80 000 exemplaires vendus entre la parution du roman et l'attribution du Prix Goncourt en 2004).


4ème de couverture :

 

A La Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ? Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au cœur de la tourmente, en quête de Rose, qu'il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence... Dans un saisissant décor d'apocalypse, Laurent Gaudé met en scène une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent. Leurs voix montent collectivement en un ample choral qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort. Roman ambitieux à l'écriture empathique et incantatoire, Ouragan mêle la gravité de la tragédie à la douceur bienfaisante de la fable pour exalter la fidélité, la fraternité, et l'émouvante beauté de ceux qui restent debout.

 

Ce que j'en pense :

 

Ainsi commence le roman : Moi, Joséphine Linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans, j’ai ouvert la fenêtre ce matin, à l’heure où les autres dorment encore, j’ai humé l’air et j’ai dit : « ça sent la chienne »…..

 

Joséphine sent l’arrivée de Katarina qui dévastera La Nouvelle-Orléans.

 

L’ouragan frappe de plus en plus fort jusqu’à ce que les digues cèdent. Inexorablement l’eau monte…. Une poignée de prisonniers, abandonnés dans leurs cellules, se font la belle pour éviter la noyade, et ivres de la liberté retrouvée, vont abattre deux policiers. Un Révérend anglican, visiteur à la prison des précédents « entend » la voix de Dieu lui demandant de sauver ces pauvres gens, puis, la démence arrive et il est convaincu qu’il doit tuer !!!!  Rose, négresse accablée par le sort, s’enferme dans sa maison avec son fils Byron, « le fils de personne, sa vie d’amour raté », qui n’est à personne. La seule couleur rose de sa vie sera le retour de Keanu Burns, son unique amour qui l’a quittée brutalement.

 

Et l’eau monte, monte, le vent souffle, la ville se retrouve dans le noir. La peur et la folie s‘emparent de chacun, des vies sont fauchées. Tout explose, c’est l’apocalypse dans tous les sens du terme. Les alligators arrivent dans la ville. Les habitants de la Nouvelle-Orléans sont livrés à eux-mêmes et abandonnés des autorités.

 

L’écriture de Gaudé suit ce crescendo et l’on finit ce livre en haletant. Il nous donne plus à sentir la peur de tous ces naufragés, les odeurs du cloaque, des bayous… que des images de fin de monde.  

 

Gaudé donne à chacun de ses narrateurs un vocabulaire et un phrasé différent et celui de Joséphine, chargés de son histoire et de sa sagesse de centenaire, est un point de « repos » entre les autres. Tous ces personnages vont se croiser à un moment ou l’autre  pour le meilleur ou pour le pire.

 

C’est le premier « livre-catastrophe » que je lis et j’ai aimé l’écriture de Gaudé que j’avais rencontré avec « le soleil des Scorta ».

 

C’est un livre très fort, à la fois violent et superbe que je vous recommande de lire.

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Jean ROLIN - Chrétiens

26 Juin 2011, 15:16pm

Publié par zazy

Chrétiens

Chrétiens

Jean Rolin

Editions P.O.L. – 2003

ISBN :286744-971-5

 

4ème de couverture :

 « Soudainement, alors que nous remontions la rue Paul VI, une plaque de tôle ondulée s’abattit à nos pieds dans un bruit de tonnerre et le jésuite l’enjamba distraitement, sans dévier de sa route, sans un mot de commentaire pour un incident si notable. Quant à moi, les mains dans les poches, tandis qu’il tenait toujours ses deux sacs à bout de bras, je me sentais de plus en plus insignifiant, de plus en plus déplacé, à ses côtés aussi bien qu’à Bethléem, voire dans ce pays tout entier, où nul ne m’avait demandé de venir m’enquérir du sort des chrétiens, seul, sans mandat, empiétant ainsi sur les prérogatives de l’Église ou des sacro-saintes ONG. »
Chrétiens est le récit d’un séjour à Bethléem et dans d’autres localités de Palestine, pendant les mois de décembre 2002 et janvier 2003.

 

 Mon avis :

En se promenant chez les bouquinistes, on peut faire des rencontres inattendues :

Ce livre en est la preuve. Un auteur que je ne connaissais pas du tout. La main n’a pas failli lorsqu’elle a touché ce livre !!!

 

Suite au siège l'occupation par des combattants palestiniens de la basilique de la Nativité en avril-mai 2002, Jean Rolin, décide d’aller à la rencontre de ces chrétiens de Palestine. Souvent logé chez les sœurs franciscaines il nous narre son séjour.

 

« Cet épisode avait également fait ressortir l’ambiguïté des relations islamo-chrétiennes en Palestine, même si cet aspect n’en avait été que rarement et timidement souligné ».

Cette dernière partie de phrase est importante car, tout au long de son périple. Les chrétiens rencontrés ne parleront jamais autrement, mais étaient trahis par leurs gestes, une phrase, ou un seul mot lors d’un repas commun.

 

« Qu’est-ce que vous voulez savoir des chrétiens ? Vous ne comprenez pas qu’ils ne peuvent rien vous dire parce qu’ils sont menacés de tous les côtés ? » lui dira un type d’un air goguenard.

 

Ce livre nous livre toute l’ambiguïté des chrétiens. Ainsi un professeur de l’université lui dira devant l’abandon de vestiges chrétiens « je ne m’indigne pas en tant que chrétien, insiste-t-il, mais en tant que Palestinien : ce pays n’a-t-il pas été chrétien plusieurs siècles avant de devenir musulman, et ce monument, oui ou non, fait-il partie de son histoire » Cet attachement viscéral à leur terre fait que certains refusent d’émigrer vers les USA comme tant voudraient le faire

 

Ce livre n’est pas un reportage. En premier lieu, l’atmosphère plombée, donne le « la » au bouquin. Les relations intra-palestiniennes entre islamistes et chrétiens, sorte de jeux de chat-souris vénéneux où la souris est le chrétien.

 

Mais, comme dans les relations ambigües, le double opprimé donne tort au Juif et soutient le Palestinien, va même jusqu’à l’excuser, le protéger de  l’ennemi commun. « Israël a privé les Palestiniens de leurs droits politiques et de leur liberté de mouvement ; désormais, l’islam prive les chrétiens de leur liberté de vivre comme ils l’entendent »   « Plus le style de vie des musulmans s’aligne sur les prescriptions des islamistes, plus celui des chrétiens est montré du doigt. »

 

Jean Rolin ne se place ni dans un camp ni dans l’autre et essaie de rester neutre  bien que, en dernière page, il écrive « … je passai une partie de la nuit à me demander si je n’avais pas fait fausse route depuis le début : si je ne m’étais pas mêlé indûment de quelque chose qui, au fond, ne me regardait pas. … »

 

Son écriture suinte  l’ennui, la peur et la tension qui existent chez les chrétiens palestiniens mais sans être ennuyeux et instructif pour moi.

 

Biographie de l’auteur (amazon.fr)

Journaliste de formation, Jean Rolin est principalement reconnu pour ses talents d'écrivain. Outre le maniement de la plume, c'est le sens de l'observation du monde et de la société qui semble faire le pont entre ces deux métiers. Ainsi, ce grand voyageur décrit le paysage urbain dans 'Zones' et 'La Clôture' ou l'univers portuaire dans 'Terminal Frigo'. Toujours sur un ton mélancolique et dans une démarche introspective, cet ancien militant maoïste revient sur son passé avec 'L' Organisation', un livre d'inspiration autobiographique qui interroge le combat politique. Auteur atypique, Jean Rolin partage avec son frère Olivier un succès critique important, comme en témoignent les différents prix dont il est lauréat. Son travail de journaliste lui vaut d'ailleurs le prestigieux prix Albert Londres 1988, et lui permet de poursuivre une œuvre profondément humaniste qui interroge par des motifs surprenants les différentes réalités sociales à travers le monde.

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