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ZAZY - mon blogue de lecture

Pénélope Bajieu - Joséphine

8 Février 2017, 15:11pm

Publié par zazy

Joséphine

Pénélope Bagieu

Editions Jean-Paul Gausewitch

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Joséphine change de camp

Pénélope Bagieu

Editions Jean-Paul Gausewitch

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trentenaire, blonde, très « fille », célibataire, pas trop bien dans sa peau de bien en chair, Joséphine vit avec Bradpitt, son chat. Souvent à côté de la plaque, elle essuie les blagues, les réflexions, les sarcasmes de son entourage au boulot, de sa sœur, mariée-mère-de-deux-enfants. Bref, Bridget Jones en bande dessinée. Heureusement, elle  peut compter sur Rose.

Des péripéties que toute fille a connu à un moment ou un autre, quel que soit l’âge et je sais de quoi je parle !

Les dessins sont marrants, bien troussés. Quelques fois un peu exagéré, mais si peu ! J’ai souri et même plus.

Deux albums aussi pétillants que des coupes de champagne, j’ai adoré

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Patrick Modiano - Dominique Zehrfuss - Une aventue de Choura

8 Février 2017, 14:46pm

Publié par zazy

Une aventure de Choura

Texte Patrick Modiano

Dessins Dominique Zehrfuss

Editons Gallimard

Septembre 1986

 

4ème de couverture

Voici Choura, labrador aux yeux bleus, qui s’ennuie chez ses maîtres et qui est un chien romantique. C’est aussi un chien qui ne doute de rien, et c’est pourquoi, probablement, à cause d’un livre et d’un film, sa vie prend une tournure à faire rêver tous les chiens et les enfants à partir de cinq ans.

 

 

Une fiancée pour Choura

Texte Patrick Modiano

Dessins Dominique Zehrfuss

Editons Gallimard

Novembre 1987

 

 

4ème de couverture

Vacances de neige pour Choura, le célèbre labrador aux yeux bleus. Le voici à la montagne, dans un hôtel qui est un vrai palais, rempli de couloirs déserts parfaits pour les farces. C'est le temps des leçons de ski avec la baronne Orczy, des cours de patins à glace, des jus d'orange et des valses. C'est surtout pour notre héros le temps des rencontres, car voici la très douce et très belle Flor de Oro dont il tombe terriblement amoureux. Une nouvelle aventure d'un chien romanesque et libre, où plane encore une fois l'ombre du Mouron Rouge.

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Deux Bandes dessinées découvertes à la bibli. Ben sûr, le seul nom de Modiano est, pour moi, un sésame. Dominique Zehrfuss, son épouse, a illustré ces deux albums

Choura est un chien pas comme les autres. Il déambule dans un milieu jet-set où règnent l’argent, le plaisir, l’insouciance. Tout y est étrangement facile comme dans un conte de fées sans vilaine fée.

Délicieusement suranné, je retrouve le ton, le style, le monde Modiano.

Ces deux albums ont été réédités en 2015

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Sigolène Vinson - Courir après les ombres

7 Février 2017, 16:08pm

Publié par zazy

Courir après les ombres

Sigolène Vinson

Editions Plon

Août 2015

208 pages

ISBN : 9782259229579

4ème de couverture :

Du détroit de Bab-el-Mandeb au golfe d'Aden, Paul Deville négocie les ressources africaines pour le compte d'une multinationale chinoise. De port en port, les ravages de la mondialisation lui sautent au visage et au cœur la beauté du monde dont il ne peut empêcher la destruction.
Les merveilles qui ne s'achètent pas ne risquent-elles pas de disparaître dans un système ou toute valeur se chiffre ?
Paul se met alors à chasser un autre trésor : les « écrits jamais écrits » d'Arthur Rimbaud – il veut le croire, le marchand d'armes n'a pas tué le poète. Inlassablement, il cherche.
Trouvera-t-il plus que le soleil aveuglant, la culpabilité d'être et la fièvre ?

L’auteur (site de l’éditeur) :

Sigolène Vinson, ancienne avocate, est chroniqueuse (Charlie Hebdo, Causette) et romancière. Elle a grandi à Djibouti.

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Paul Delville, dont le père, brillant professeur d’économie, sombre peu à peu dans la folie, a tout quitté pour travailler pour les chinois. Il négocie l’implantation de bases navales pour sécuriser le trafic maritime chinois.

« Paul travaille pour une compagnie chinoise, la Shangai Petroleum, Chemical and Mineral Corporation, et participe à l’élaboration du collier de perles. Un collier qui n’est pas un bijou. Encore moins une ode ou un poème. Ce sont les Américains qui ont donné ce nom à la tactique impérialiste : chaque nouvelle base navale arrachée par la République populaire est une perle à ajouter au collier.

C’est la version et la mission officielle de celui dont la conclusion de la thèse est « La valeur du travail est à la mesure générale des valeurs ».

Paul est un trader cynique qui promène  son utopie de foutre en l’air l’économie mondiale par son action avec la Chine.

« Les puissances occidentales n’ont plus les moyens de répondre ni à vos prix ni à vos exigences. La Chine, si. »

« Au Mali, par son intermédiaire, la Chine est devenue propriétaire d’une mine de phosphate, troquée contre la réalisation d’une ligne ferroviaire entre les localités de Taoudenni et Tassalit ? Il n’est pas dit que le minerai extrait de la terre malienne ne participe pas à l’élaboration du polonium chinois. »

Il est présentement à Djibouti pour sonder le lac Assal et sa possible richesse en lithium. Mais, il a une autre quête, son obsession de Rimbaud et trouver les derniers écrits jamais publier de l’auteur.

« Il est libre de se livrer à des discours mercantiles et guerriers et passer le plus clair de son temps à vivre en poète, à courir après l’ombre de l’homme de talent, à guetter les livres jamais écrits. »

La Chine à même l’outrecuidance d’enfouir ses déchets nucléaires dans l’Océan, sans aucun état d’âme et fait mourir à petits feux les Somaliens. Est-ce la goutte d’eau qui réveille Paul, Paul qui se cogne aux parois de verre, se cogne à la vie ?

« Pour les jeter à l’eau à l’approche des côtes somaliennes, c’est le nouveau programme nucléaire chinois, emprunté à celui de l’Italie. »

Le livre est bâti autour de contradictions. Paul, son commerce cynique pour la Chine et sa quête donquichottesque des écrits non publiés de Rimbaud. Paul qui choisit d’être apatride et le neveu d’Harg qui fuit la misère de son pays. L’hypocrisie, pardon, le pragmatisme, des Chinois qui paient des cacahuètes l’installation de leur collier de perles face à la misère de ce peuple. La française qui a des envies de mort et Mariam qui pêche, face aux cargos-usines, pour survivre.

« Elle remarque enfin les yeux de la française, la cicatrice dedans. Pas le reflet d’une vie de misère… quelque chose de plus sordide, à la limite de l’obscénité dans un monde qui crève la dalle : la douleur d’être. Mariam trouve ça franchement immonde. » La française a le mal de vivre, alors que Mariam à du mal à survivre.

J’ai aimé la fierté de Mariam et de Harg, leur amour pour Djibouti, l’amour de la Corne de l’Afrique que Sigolène porte en elle.

Si le caillou est une envolée poétique, Courir après les ombres, même si il y a la quête des derniers poèmes de Rimbaud a les pieds dans la boue de la mondialisation. Cette balade a des airs de ballades mélancoliques sur fond de misère, de désespoir, de mort au nom d'une prospérité à laquelle ils n'ont pas accès.

 

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Benjamin Wood - Le complexe d'Eden Bellwether

2 Février 2017, 22:35pm

Publié par zazy

Le complexe d’Eden Bellwether

Benjamin Wood

Traduction Renaud Morin

Editions Zulma

512 pages

Août 2014

ISBN 978-2-84304-707-7

 

4ème de couverture :

Benjamin Wood signe un premier roman magistral sur les frontières entre génie et folie, la manipulation et ses jeux pervers – qui peuvent conduire aux plus extravagantes affabulations, à la démence ou au meurtre.

Cambridge, de nos jours. Au détour d’une allée de l’imposant campus, Oscar est irrésistiblement attiré par la puissance de l’orgue et des chants provenant d’une chapelle. Subjugué malgré lui, Oscar ne peut maîtriser un sentiment d’extase. Premier rouage de l’engrenage. Dans l’assemblée, une jeune femme attire son attention. Iris n’est autre que la sœur de l’organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s’accompagne d’étranges conceptions sur son usage hypnotique…
Bientôt intégré au petit groupe qui gravite autour d’Eden et Iris, mais de plus en plus perturbé par ce qui se trame dans la chapelle des Bellwether, Oscar en appelle à Herbert Crest, spécialiste incontesté des troubles de la personnalité. De manière inexorable, le célèbre professeur et l’étudiant manipulateur vont s’affronter dans une partie d’échecs en forme de duel, où chaque pièce avancée met en jeu l’équilibre mental de l’un et l’espérance de survie de l’autre.

L’auteur du Complexe d’Eden Bellwether manifeste un don de conteur machiavélique qui suspend longtemps en nous tout jugement au bénéfice d’une intrigue à rebonds tenue de main de maître.

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Oscar travaille dans une maison de retraite. En chemin, il est littéralement happé par le son de l’orgue et les chants d’une chorale, entre dans la chapelle, .où il rencontre Iris Bellwether qui changera complètement sa vie.

A partir de cet instant, il va fréquenter la famille Bellwether dont le frère Eden, celui qui l’a enchanté avec son orgue.

Un jeu, sorte de bizutage, où Eden hypnotisera Oscar et lui enfoncera un clou dans la paume. Eden est-il fou, mégalo, mage, pervers narcissique, affabulateur ?

Oscar décide d’entrer en contact avec Herbert Crest pour savoir et aider Iris.

Benjamin Wood, à l’instar de son personnage se joue de nous, nous manipule. Le début est un peu lent car je me demandais où l’auteur voulait en venir. Une fois harponnée, il m’a fallu aller jusqu’au bout, suivre les pistes vraies ou fausses, bref, passer une nuit blanche pour arriver au dénouement.

J’oscille entre l’humanité, la gentillesse d’Oscar et l’âme noire d’Eden. Entre Eden garçon de la haute friqué et Oscar qui doit subvenir à ses besoins. Eden soignerait les gens par ses pouvoirs et Oscar a le pouvoir de faire du bien aux gens qui l’entourent comme le Docteur Paulsen,  résident  de Cedarbrook, la maison de retraite où  travaille. Ange versus démon. Deux hommes qui cachent leurs failles, leur fragilité.

Un coup de cœur pour ce premier roman haletant qui jour sur l’ambigüité.

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Rosa Montero - La chair

31 Janvier 2017, 23:02pm

Publié par zazy

La chair

Rosa Montero

Editions Métailié

Traduction Myriam Chirousse

Janvier 2017

196 pages

ISBN : 979-10-226-0540-3

 

4ème de couverture :

Pas facile d’accepter son âge quand on a soixante ans, qu’on vit seule et que votre amant vous quitte pour faire un enfant avec sa jeune épouse. Soledad engage donc un gigolo de trente ans pour l’accompagner à l’opéra et rendre jaloux le futur père. Mais à la sortie, un événement inattendu et violent bouleverse la situation et marque le début d’une relation trouble, volcanique et peut-être dangereuse.
Soledad se rebelle contre le destin avec rage et désespoir, avec humour aussi, et le récit de son aventure se mêle aux histoires des écrivains maudits de l’exposition qu’elle prépare pour la Bibliothèque nationale.

La Chair est un roman audacieux et plein de surprises, l’un des plus subtils et personnels de l’auteur. Son intrigue touchante nous parle du passage du temps, de la peur de la mort, de l’échec et de l’espoir, du besoin d’aimer et de l’heureuse tyrannie du sexe, de la vie comme un épisode fugace au cours duquel il faut dévorer ou être dévoré. Le tout dans un style allègrement lucide, cruel et d’une ironie vivifiante.

Une grande romancière décortique avec acuité et humour les sentiments d’une séductrice impénitente aux prises avec les ravages du temps.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Rosa Montero est née à Madrid où elle vit. Après des études de journalisme et de psychologie, elle entre au journal El País où elle est aujourd’hui chroniqueuse. Best-seller dans le monde hispanique, elle est l’auteur de nombreux romans, essais et biographies traduits dans de nombreuses langues, parmi lesquels La Fille du cannibale (prix Primavera), Le Roi transparent et L’Idée ridicule de ne plus jamais te revoir.

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Soledad atteint les rives de la soixantaine, chose difficile à accepter pour elle qui est une femme active aimant et ne vivant que pour son travail.

Côté vie professionnelle, elle met en place une exposition sur les écrivains maudits. Les fils de ces auteurs s’entrelacent avec la vie de Soledad.

Côté vie privée, elle avait un amant, plus jeune qu’elle, qui l’a larguée parce que sa femme attend un heureux évènement, ce à quoi Soledad s’est toujours refusé. Elle achète les services d’un escort pour aller à l’opéra et rendre son ancien amant jaloux.

Soledad aime l’amour charnel pour la jouissance que cela lui procure et, surtout, la jouissance de se sentir vivante dans le désir de l’autre. Elle aime les hommes jeunes ne pouvant voir dans le partenaire, la flétrissure de l’âge qu’elle se refuse tout en les scrutant sur elle dans son miroir

La chair est un roman sur l’amour charnel, la peur du vieillissement, de ne plus être au cœur de la vie, de la solitude, du travail, de la mort -Soledad est hypocondriaque- et, surtout, la peur du vide, du néant qui ramènent au passé. Mais Soledad, sera toujours Soledad, paradoxale à la fois mûre, égocentrique, passionnée, triste, incontrôlable. C’est là son plus grand charme.

Je n’en dirai pas plus à la demande express de l’auteur.  J’ai moins apprécié le côté mystère qui ne m’a pas convaincue.

L’écriture de Rosa Montero , traduit par Myriam Chirousse, est tour-à-tour ensorceleuse, espiègle, tragique, lorsqu’elle parle de Soledad.

Je viens de redécouvrir un auteur qui ne m’avait pas emballée avec « Le roi transparent ». Je pense que je remonterai avec plaisir le cours de son œuvre.

 

 

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Hélène Risser - La plus folle de nous deux

30 Janvier 2017, 15:08pm

Publié par zazy

La plus folle de nous deux

Hélène Risser

Editions Plon

Janvier 2017

256 pages

ISBN : 9782259251358

 

4ème de couverture :

Fascinée par la responsable politique Noémie Leblond, une journaliste décide de mener l'enquête. Un subtil double portrait de femmes tout en échos qui interroge la place des femmes dans la société.

Rien ne semble pouvoir arrêter l'ascension politique de Noémie Leblond.
Femme dans un monde d'hommes, elle domine toutes les situations – ambition, séduction, pouvoir, maternité. En pleine course pour la présidentielle, une journaliste se met à enquêter sur cet intrigant animal politique.
Envahie peu à peu par une fascination qui dépasse largement les jeux et enjeux de pouvoir, elle est conduite à explorer ses propres fragilités, jusqu'à l'enfance. Jusqu'ou ira-t-elle pour mener à bien cette expérience ?
Un double portrait de femmes tout en subtils échos.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Journaliste sur LCP-Public Sénat, Hélène Risser est l'auteure de deux romans, Une enquête amoureuse (Lattès, 2009) et Les amants spéculatifs (Lattès, 2014) et de plusieurs essais sur la politique et les médias.

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Une journaliste quadra, décide d’écrire un livre sur Noémie Leblond, étoile presque montée au firmament de la politique, candidate  aux élections présidentielles.

« J’ai relevé la tête pour la dévisager et, lorsque nos regards se sont enfin croisés, j’ai ressenti l’envie d’en savoir plus sur elle. »

« Les politiques sont haïs, mais Noémie Leblond dégage, en ce moment, quelque chose qui la place du côté du public et contre la politique. C’est sa chance »

Noémie Leroy semble parfaite, une belle image de papier glacé, qui me fait penser à NKM. Elle invite les media à son domicile pour une opération mère parfaite faisant faire ses devoirs scolaires à  ses enfants, mais…

« Ça ne vous gêne pas que Mathieu fasse ses devoirs à sa place ? Je lui demande soudain, comme si dans cette histoire c’était ça l’important….
-Pas du tout ! Ça l’aidera à se faire bien voir du prof, ce qui lui laisse une chance de progresser ensuite…
Cette remarque me cloue le bec. Je saisis le raisonnement, mais je n’en reviens pas qu’elle s’inquiète aussi peu des connaissances de sa fille. Je n’en reviens pas non plus qu’elle ose demande à Mathieu, et accessoirement à moi, de jouer les gardes d’enfant comme si c’était un dû. »

Notre écrivain en devenir a une liaison avec Mathieu, jeune conseiller de la femme politique  qui ne peut s’empêcher de tout planifier, même sa vie privée, dans des tableaux Excel. Il va jusqu’à la classer dans les « Milf » (Mother I’d Like to Fuck) et le lui annoncer tout à trac. Charmant !

Notre journaliste, a passé son enfance entre ses parents psychiatres et son frère, s’amusant dans le parc de l’hôpital parmi les malades ; une nounou, recrutée parmi les malades s’occupait d’eux. De ce fait, elle et son frère ont un rapport autre envers la folie.

- « A quoi reconnait-on un fou ?
- A son comportement anormal
- Et à quoi reconnait-on un comportement anormal ?
- Il nous met mal à l’aise…
- Le fou est donc celui qui nous met mal à l’aise. »

La narratrice observe, dissèque l’attitude de N.L. sous un angle psychiatrique. A suivre  l’impétrante dans sa campagne électorale, elle trouve la faille, le petit caillou dans la vie de Noémie ; un sac d’une très grande valeur que Mathieu escamote rapidement et dont il ne veut parler. Elle trouve aussi sa fragilité.

« Contrairement à ce que pourraient laisser penser mes diplômes et mon parcours sans faute, je ne suis pas LA bonne élève de la classe politique… Mes parents ont passé mon enfance à me dire que je n’étais pas assez brillante. »

Son enquête sur l’animal politique et ses relations au père, lui font opérer  une virée spéléologique dans ses propres abîmes et les relations compliquées avec son propre père.

« Mon père avait soigné de nombreux politiques, et je me souvenais du chose que j’avais eu, enfant, en découvrant l’un d’eux, connu par la télé, avachi telle une loque sur un siège de la salle d’attente. C’était donc ça le revers de la morgue et de l’ambition. »

« Si Noémie Leblond s’est ainsi dévêtue comme une vulgaire pin-up, c’est qu’elle est une guerrière, une combattante hors pair qui, dans la situation de faiblesse où elle se trouve, a eu cette idée géniale d’effrayer ses ennemis –il parle bien d’ennemis- en montrant par ce plongeon qu’elle ne reculera devant rien et sera capable de tout, même de l’inenvisageable. Maintenant elle leur fait peur. »
« Les journalistes se sont tus, car au fond ils ont peur de la faire passer pour folle. Ceux qui se déshabillent quand ils ne vont pas bien sont les fous m’a-t-il dit, comme je le sais très bien ».

A la fin, elle n’écrit pas le livre, mais publie, dans Mediapart, un article qui signe l’arrêt de la course à la présidence de la république de Noémie Lenoir. L’histoire ne le dit pas, mais, en bon sphinx politique renaîtra de ses cendres,  Quoique l’on pardonne beaucoup moins les écarts sexuels à une femme qu’à un homme.

Hélène Risser est journaliste, cela se sent dans sa plume, l’écriture est sèche, journalistique, ne prend pas parti et cela me convient parfaitement. La politique, elle baigne dedans de par son métier et ce qu’elle écrit,  sur les relations entre le monde politique et les journalistes, même si cela semble des poncifs est réaliste.

Ce livre suscite des réactions, des réflexions. La frontière entre les deux mondes est très poreuse. Hélène Risser parle également des fêlures, de guerre entre les prétendants à la fonction suprême,  du manque d’empathie profonde pour les gens, juste la superficialité des relations. Seul le résultat compte.

Comme dans son précédent roman Les amants spéculatifs, l’auteur prend le postulat de départ d’une enquête et d’entretiens en vue de l’écriture d’un bouquin pour parler des femmes occupant un poste traditionnellement dévolu à un homme, de femmes de pouvoir.  

Avec ce livre Hélène Risser, est à la pointe de l’actualité (Il n'y a qu'à écouter les informations)

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Sandrine Bonini et Audrey Spiry - Lotte

30 Janvier 2017, 10:53am

Publié par zazy

Lotte Fille pirate

Texte Sandrine Bonini

Dessins Audrey Spiry

Editions Sarbacane

Mai 2014

Album à partir de 6 ans

ISBN : 9782848657028

 

Un album de grande taille et une petite fille blonde bronzée au sourire éclatant m’accueille et me donne très envie de l’ouvrir.

« Je m’appelle Lotte. Je suis une fille pirate. Tu penses peut-être qu’une fille pirate, si jeune, ça n’existe pas ? Bien sûr que si ça existe ! Je suis née ici, dans cette jungle. J’ai grandi dans une ferme reculée, au milieu des animaux sauvages. Moi aussi, après tout, je suis sauvage. »

Lotte se présente avec toute sa spontanéité et je sens l’éclat de rire dans ses paroles. Son grand ami s’appelle Igor le toucan, danseur virevoltant.

Ses parents habitent une ferme isolée dans la savane africaine et elle doit jouer seule, mais ce n’est pas du tout un problème pour elle. Elle a construit son repaire, superbement dessiné par Audrey Spiry,  juste à côté de la rivière. Elle récupère tout ce qu’elle trouve, on ne sait jamais. Lotte ne s’ennuie jamais, avec ses trouvailles, elle se fabrique de fabuleux costumes, se pare les lèvres du rouge de l’arbre à bisous. Oh ! comme j’aimerais en avoir un à la maison ! Danse avec Igor, discute avec la forêt entière…

Ce petit paradis bouscule lorsque ses parents lui apprennent qu’ils vont avoir des voisins. Alors, elle se sauve et passe sa première nuit dans son repaire. Et puis, l’orage….

Je n’en dis pas plus, à vous de découvrir ce bel album où l’écriture est soignée, les dessins colorés et superbes. Il souffle dans cet album un cyclone de plaisir.

J’ai fait une très agréable découverte grâce à l’opération organisée par Libfly voie des indés de janvier dont les éditions Sarbacane sont les invités.

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Sébastien Gendron - Révolution

28 Janvier 2017, 23:06pm

Publié par zazy

Révolution

Sébastien Gendron

Editions Albin Michel

Janvier 2017

400 pages

ISBN : 9782226393258

 

4ème de couverture :

Debout au milieu d’un pont autoroutier, jambes légèrement écartées, corps dressé, bras droit le long de la hanche, bras gauche replié soutenu par une orthèse, Pandora Guaperal a un Glock 23 posé sur la tempe, chien relevé, balle wadcutter dans la chambre, index sur la queue de détente réglée à un kilo de pression, cran de sûreté en position on.
Face à elle, à la sortie du tunnel, un véhicule approche. Derrière lui, des milliers d’autres dont le seul horizon est la route des vacances.
Pandora est prête : la révolution n’attend pas. Et elle vaut bien une balle dans la tête.

Pour résister à l’absurdité du monde, Sébastien Gendron, l’auteur de Road Tripes et de La Revalorisation des déchets, a lui aussi une arme : nonsense et subversion dans une comédie noire, entre Frédéric Dard et les Monty Python.

L’auteur (site de l’éditeur)

Sébastien Gendron est l'auteur d'une dizaine de romans noirs. Il est aussi réalisateur, scénaristes et chroniqueur. Il puise tour à tour son inspiration chez les Monty Python, le cinéma américain des années 1970, les livres de Jean Echenoz, Jean-Patrick Manchette, Jean-Bernard Pouy, Tim Dorsey, Jim Thompson et Philippe Djian. Soit un univers unique aux accents volontiers loufoques.

Il a publié Road Tripes (2013) puis La revalorisation des déchets (2015) aux éditions Albin Michel. Il écrit également pour la jeunesse.

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Nous ne sommes pas en mai, mais je me suis fait une petite révolution avec Sébastien Gendron pas piquée des vers ni des hannetons !

Pandora Guaperal et Georges Berchanko ont un cursus non négligeable, pourtant, ils n’ont pas trouvé de boulot à leur hauteur et se retrouvent à faire de minables mission chez Vadim Interim. Ils ont une bonne instruction, un bon niveau, mais, ils se sont trouvés parmi les laissés pour compte parce que trop ou pas assez.

« Parce qu’à l’origine Georges n’est pas manœuvre, c’est même tout le contraire. Il est ingénieur informaticien. ».

Gorges se retrouve, malgré lui, embarqué dans une histoire qui l’a totalement dépassé, mais je crois qu’il est souvent dépassé,  Résultat final deux morts et un copain, voyelle. Non, ce n’est pas un chien, mais un colosse attardé mental qui ne peut aligner deux mots.

Quant à Pénélope, joli prénom n’est-il pas, elle a pour mission d’abattre le calvaire de Marjovent pour y construire le minaret de la nouvelle mosquée. Pandora a failli se faire lyncher à la fin, on ne s’attaque pas à un emblème catholique. Plus qu’énervée, elle  défonce à la pelleteuse, qu’elle conduit de main de maître, la maison de son exploiteur, le sieur Vadim qui a pris la tangente. J’ai oublié, elle est également championne de tir, cela a son importance dans l’histoire

« J’attends que les gens fassent la révolution. Et je ne bougerai pas d’ici tant qu’ils auront pas commencé. »

Ah ces jeunes et leur révolution !! Mais vous n’y êtes pas du tout chers amis ! Pandora et Georges sont quadras, ce ne sont plus des perdreaux de l’année. Cela n’empêche pas que de boulot de merde en boulot de forçat…

« J’en ai rien à foutre d’être traitée d’extrémistes par des gens qui manipulent l’information pour effrayer tout le monde. Moi, ce que je veux, c’est que les gens se révoltent. Dans ce pays, c’est tout à fait légitime. Des révolutions ici, il y en a eu et elles ont changé le monde. Regardez ce que la France est devenue depuis. Vous vous souvenez de cette ministre de l’Intérieur qui proposait au Parlement d’envoyer nos experts de la police nationale pour aider Ben Ali à mater la révolution tunisienne ? Une ministre de la V° République, héritière directe d’une démocratie qui s’est construite grâce à un soulèvement populaire plus de deux cent ans auparavant ! Notre classe dirigeante ressemble de plus en plus à celle qu’on a envoyée à la guillotine en 1789. Des gens qui n’ont plus aucun rapport avec le peuple et un peuple qui les traite de pourris et s’éloigne de plus en plus des urnes. Vous trouvez ça normal ? Pas moi. Je trouve ça à vomir. »

Donc, Pandora se trouve au beau milieu de la chaussée sur l’autoroute A53, viaduc de Saint-Maxence avec un pistolet sur la tempe. Vous imaginez l’embouteillage que cela peut créer des deux côtés car, il faut compter avec les curieux circulant en sens inverse. Tout cela baigné par la musique protestataire lancée par l’animateur d’une radio locale qui a baptisé Pandora « Lady Gun ».

Ces ingrédients auraient pu faire un livre marrant, avec suspens et cela aurait été simplement burlesque rien qu’en imaginant une quadra avec un pistolet à la tempe causant un embouteillage monstre avec tout ce qui cela peut sous-entendre. Oui, mais voilà, Sébastien Gendron laisse percer certaines vérités. Personne ne bouge, tout le monde râle, se dispute entre voisins de queue, mais sans plus de panache, chacun pour soi et Dieu pour eux. Certains iront même jusqu’à extraire violemment de leurs voitures des mecs en costume trois pièces avec grosse voiture, des décideurs pour eux. Une autre forme d’action qui rappelle certaines périodes peu glorieuses. Tout autour de Pandora et Georges il y a une galerie de personnages  dont la journaliste opportuniste, Voyelle, un médecin urgentiste, un mercenaire étranger à la solde du patronat….

Un livre lucide, loufoque, un brin acide à l’humour noir décapant lu d’une seule traite qui ne se laisse pas oublier facilement.

 Sébastien Gendron et les éditions Albin Michel m’ont offert une belle nuit blanche (beaucoup en ce moment). Un livre qui a du corps, de la tripe.

Le troisième quart, il finira dans mes impôts. C’est normal sauf que ces impôts, l’Etat en refile une partie aux banques pour les sauver, ces mêmes banques qui refusent de prêter de l’argent. L’Etat en refile une partie entre autre à l’industrie automobile qui licencie à tour de bras. L’Etat en refile une partie à des entreprises qui sont en train de se barrer de l’autre côté de la Méditerranée parce que les ouvrier français ne sont pas compétitifs. Et ces ouvriers français, qui voient leurs entreprises délocalisées, parce que c’est la crise, ils ont pourtant accepté de bosser plus sans être payés davantage. Même les syndicats leur ont dit que c’était la seule chose à faire. On les fout à la porte ou on leur propose d’aller bosser ailleurs, à des centaines de kilomètres de chez, à l’autre bout de la France, voire à l’étranger. S’ils refusent tant psi pour leur gueule.

Tout le monde cède, parce que tout le monde a peur. Voilà ce qui se passe. Tout le monde vit courbé en deux.

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Eric Pessan - La nuit du second tour

25 Janvier 2017, 09:44am

Publié par zazy

La nuit du second tour

Eric Pessan

Editions Albin Michel

Janvier 2017

176 pages

ISBN : 9782226328700

 

4ème de couverture :

Le soir du second tour des élections présidentielles la ville s’embrase, le pire est arrivé. David se retrouve à déambuler face aux émeutes et à sa vie ratée. Mina, elle, a préféré s’embarquer sur un cargo pour les Antilles pour ne pas assister à la débâcle. Deux êtres en proie à l’impuissance d’aimer qu’une nuit de cataclysme va profondément changer. Deux voyages intérieurs qui s’entremêlent en fiévreuses et subtiles sinuosités.
Eric Pessan poursuit une œuvre singulière, souvent mélancolique, explorant les liens étroits entre la vie intime et le désarroi collectif, qui empêche parfois jusqu’à la possibilité de se réinventer.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Roman, essai, livre de jeunesse, théâtre, poésie... Eric Pessan s'est essayé avec bonheur à de nombreux genres littéraires.
Il anime régulièrement des ateliers d'écriture, participe à des créations théâtrales et collabore à plusieurs revues littéraires.

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2017, nous élirons notre futur(e) Président(e) de la République et le scénario du livre pourrait devenir réalité.

Un homme découpe sa carte d’électeur en petits morceaux avec de gros ciseaux, un couple pleure, d’autres crient leur colère ou manifestent. Oui, c’est arrivé, le pays a basculé du côté de l’extrémisme. « Chacun a les dirigeants qu’elle mérite, crie un homme caché par l’ombre d’un mur. »

David erre à travers les rues de la ville seul, se fait apostropher par des clochards, pardon SDF, ou par des personnes qui, comme lui, ont perdu tous leurs repères. David cet homme qui ne sait jamais dire non à son patron, qui part travailler la boule au ventre, revient lessivé avec toujours la même boule au ventre qui a encore grossi. Cet homme est gris, insipide à force de renoncement. Même Mina, il a réussi à la perdre à force de se taire, de ne pas s’expliquer, de renoncer. C’était pourtant une belle histoire d’amour entre eux. Mina aurait bien voulu tout partager avec David, mais voilà, le mur est devenu opaque à force de ne pas se parler, ne pas se confier. « Peut-être qu’avec David ils ont manqué d’endurance, qu’ils se sont essoufflés trop vite, qu’ils n’ont pas su faire front ensemble. A force d’humiliations minuscules, chacun n’avait plus assez d’estime de soi pour supporter d’être aimé. » Elle est partie, retournée chez ses parents, les écouter, les regarder s’engueuler, plutôt son père gueuler, exiger…

Le jour des élections, elle est partie sur un cargo direction les Antilles pour ne pas savoir, ne pas voir, ne pas connaître le résultat. Quitte à être seule, au moins l’être au milieu de nulle part sans apercevoir la terre ; la mer, encore la mer, toujours la mer.

Pourtant,  ils sont encore connectés, encore liés. Ils ne peuvent s’empêcher de penser l’un à l’autre, de sentir, voir les mêmes choses à peu près au même moment. Lui « Faiblement éclairé, son reflet n’a que des trous  la place des yeux », elle « Mina chercher son regard dans le reflet d’un hublot, ne voit qu’une vague figure percée de trous béants. ».

A terre, les français se réveillent avec la gueule de bois. Ils se ruent dans la rue, les pour, les contrer, les autres.  Le pays se retrouve coupé en deux. Ceux qui ont voté pour et les autres.

Eric Pessan l’écrit dans le dernier chapitre, cite une phrase de Tristan Bernard « Agé de presque quatre-vingts ans, arrêté durant l’Occupation pour être déporté à Drancy, l’écrivain aurait déclaré à son épouse : Jusqu’à présent nous vivions dans l’angoisse, désormais, nous vivrons dans l’espoir »

Certains chapitres, commençant par « Il y a le feu sur terre sont écrits avec des paragraphes qui ne se terminent pas par des points,  pour mieux faire ressortir l’urgence, l’essoufflement, le trouble suite aux résultats du second tour des élections présidentielles.

 

‘Qui a envie de voter pour quelqu’un qui annonce d’emblée de ne pas pouvoir contrer la financiarisation du monde ? Qui a envie de s’engager pour quelqu’un qui est à demi dans le renoncement ? Qui veut soutenir quelqu’un qui ne parle que de rigueur, de crise, d’austérité, dans un monde que l’on sait prospère et florissant comme jamais le monde ne l’a été ?

A force d’oublier qu’ils doivent faire rêver, les partis traditionnels ont enfanté un cauchemar. »

J’ai découvert Eric Pessan avec Muette, un superbe livre aux petites phrases quotidiennes et assassines. La nuit du second tour est un roman intense et engagé, peut-être pour nous dire réveillons-nous avant qu’il ne soit trop tard..

Et vous, que feriez-vous  si cela arrivait ?

Les éditions Albin Michel ont publié un livre engagé. La littérature sert à ça aussi.

« Ceux qui gouvernent comme ceux qui voulaient gouverner ont infantilisé le mécontentement, se sont amusés des grands élans don quichottesques de ceux qui voulaient changer le monde. Ils ont dit de ne pas bouger, de ne rien faire, de se contenter de voter et de ne surtout pas venir exprimer de déception. Ils ont dit qu’il fallait participer, aider, collaborer, accompagner, promouvoir. Ils ont rabâché que les temps n’étaient plus au faste et au luxe sans jamais apporter la moindre preuve. Les partis politiques traditionnels n’ont pas su offrir un sourire, une joie, ou –à défaut- l’espoir d’une joie possible à ceux qui en avaient besoin, se dit David. »

« A force de trahisons, à force de renoncements, à force d’immobilisme, à force de réalisme, à force de donner l’impression qu’ »ils n’y sont pour rien, à force de laisser croire qu’ils ne peuvent absolument pas influer sur l’ordre des choses, à force d’orgueil, à force de dédain, à force de répéter qu’ils ne sont pas responsables, à force de morgue et d’ignorance, les partis politiques traditionnels ont fini par provoquer la catastrophe, se dit Mina. »

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Zygmunt Miloszewski - Les impliqués

24 Janvier 2017, 17:00pm

Publié par zazy

 

Les impliqués

Zygmunt Miloszewski

Editions Mirobole

Traduit du polonais par Kamil Barbarski

octobre 2013

448 pages

ISBN : 979-10-92145-09-0

 

4ème de couverture :

« Il touchait une paie de fonctionnaire. C’était la même pour un procureur de la capitale et pour celui d’un trou paumé à la frontière biélorusse. »

Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l’un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’œil. L’affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Szacki ne sait même plus si son quotidien l’épuise ou l’ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances.

Cette méthode de la constellation familiale, par exemple, une psychothérapie peu conventionnelle basée sur les mises en scène… Son pouvoir semble effrayant. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de commettre un meurtre ? Ou faut-il chercher plus loin, avant même la chute du communisme ?

L’auteur (site de l’éditeur) :

Zygmunt Miłoszewski, né à Varsovie le 8 mai 1976, est un auteur phare de la jeune génération polonaise. Ecrivain, journaliste et scénariste, il fait ses débuts en 2005 avec un roman d’horreur remarqué, Interphone. Aujourd’hui, ses romans sont traduits dans 9 pays.
Les Impliqués (Mirobole, 2013) s’est vu sélectionné pour de nombreux prix, tel le Prix du polar européen, le Prix SNCF du polar et le Prix des lectrices de Elle. Mirobole a publié en janvier 2015 le deuxième volet des enquêtes de Teodore Szacki, Un fond de vérité.

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Après avoir lu Un fond de vérité, je remonte le cours de la bibliographie de Zygmunt Miłoszewski pour mon plus grand plaisir.

Varsovie, juin 2005. Le juge Teodore Szacki est appelé suite à un crime commis lors d’un stage de thérapie de groupe organisé, dans un ancien monastère, par Cezary Rudzki, psy de son état. La victime a une broche à rôtir dans l’œil, avouez que ce n’est pas banal.  L’affaire commence tranquillement et parait même à Tedore, quelque peu ennuyeuse, tout comme le début de l’histoire.  La suite me donnera tort, l’enquête  n’est pas des plus classiques, que nenni, n’oubliez pas qu’il y a du psy sous jacent et les vieux démons remontent à la surface

La Pologne a quitté le giron russe, mais les habitudes ont la vie dure ainsi que les renseignements, généraux ou pas. Tout ceci a des relents fétides et glauques ce que vérifie une fois de plus notre juge. L’histoire mouvementée de ce pays est partie prenante de la vie polonaise et, donc, du meurtre, tout comme Varsovie, personnage à part entière de ce polar.

Théodore Szacki, toujours aussi complexe,  humain, rigide du col mais capable de grand écart. Je trouve la même construction, à chaque début de paragraphe : le petit journal des nouvelles du jour, sans oublier la sacro sainte météo, on n’est jamais assez bien informé !

J’ai passé une très agréable nuit blanche en compagnie de Monsieur le Juge par la grace de de l’écriture de Zygmunt Miłoszewski  vive, descriptive, qui sait maintenir le suspens, jusqu’à un final inattendu et un peu amer.

J’attends avec impatience de retrouver Teodore Szacki dans de nouvelles aventures.

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