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ZAZY - mon blogue de lecture

Patrick Da Silva - Au cirque

12 Janvier 2017, 18:32pm

Publié par zazy

Au cirque

Patrick Da Silva

Editions Le Tripode

128 pages
avril 2017

ISBN :9782370551221
 

4ème de couverture :

Écrit comme une enquête policière, Au Cirque met en scène six personnages pris dans le tourbillon d’une tragédie familiale. Une langue crue, tout à la fois burlesque et terrifiante, nous plonge dans un monde où pèsent le passé et les secrets. En quatorze chapitres, quatorze stations, le roman s’achemine vers l’élucidation du drame, et son effroyable banalité.

Présentation atypique pour ce livre. Une couverture pailleuse et des pages intérieures qui dépassent et non coupées comme les livres pour adultes de mon enfance. Vous savez, il fallait prendre le coupe-papier. C’était déjà un plaisir.

L’auteur :

Né à Clermont-Ferrand en 1956, Patrick Da Silva a exercé divers métiers : assistant social, éducateur, boulanger, enseignant. Il est actuellement documentaliste. Patrick Da Silva a publié plusieurs ouvrages dont Jeanne

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Une banale affaire criminelle, un double meurtre dans un manoir délabré du Forez.  Ils sont quatre enfants, deux garçons et deux filles dont la dernière, le bredine. Ah que ce mot résonne à mes oreilles bourbonnaises ! Dans le langage courant, on dit berdine. René Fallet,  originaire du Bourbonnais l’employait.

Revenons à notre livre.

C’est la petite dernière qui découvre les deux corps nus dans la grange,  le père émasculé, yeux arrachés, langue coupée... Elle est restée avec eux à la ferme, même après le retour du père (supposé ?). Les quatre enfants, deux garçons et deux filles, sont présents dans la maison, enquête et funérailles obligent.

Patrick Da Silva utilise l’intermédiaire d’un « bonimenteur » pour narrer l’histoire, somme toute banale, d’un parricide. Il met en scène les quatre enfants avec un jeu de rôle efficace.

J’imagine le décor, la réunion dans la bibliothèque. Je suis assise devant l’arène, je lis, j’écoute le maître de cérémonie mettre en scène l’intervention des descendants. Tout est joué dans ce drame, cette tragédie. Le fils joue la mère, la fille le premier fils… tout est faux ou alors, ils racontent leurs ressentis, les silences de la mère ou ses réponses évasives, la peur, l’absence, la jalousie, l’isolement… De tous ces mensonges, il ressort la vérité brutale et un peu de celle des personnages,

Chaque chapitre, comme dans les séries, a un récapitulatif, comme un résumé des épisodes précédents ou histoire de canaliser pour mieux  exploser plus loin.

« Allons !

Ce que nous savons.

Ils étaient nus –le père, la mère- quand elle les a trouvés. Trop peu de sang sur les vêtements du père : il ne les portait pas au moment duc carnage.

Le sang du père sur les vêtements de la mère ! Mais juste des traces, sur le haut et le bas de la robe, la culotte, les manches du chemisier, les bordures, là où l’on tire pour enfiler. Et partout sur les deux, entre le linge et la peau, des brindilles de fois.

Ils étaient nus. C’est elle qui les a habillés. ».

Lu sur la quatrième de couverture : « En quatorze chapitres, quatorze stations ». Cela amène automatiquement une relation avec le chemin de croix que l’on trouve dans toutes nos églises et cathédrales. Pourtant, s’il y a des mises au tombeau, il n’y aura aucune résurrection ou pas celle à laquelle l’on pourrait penser. Je relie cela au  petit mot de l’auteur « Si je lis c’est d’abord que ‘ai entendu lire ; et ce n’était pas e soir dans mon lit, ni  l’école, des histoires pour enfants… non, c’était le dimanche et c’était à la messe. »

Le livre est, en lui-même, un objet original. Le contenu l’est également. Patrick Da Silva m’avait déjà séduite avec un livre précédent Jeanne. Sa plume poétique, sa verve me plaisent

Un auteur original, poétique comme je les aime.

 

 

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Le Grand Trip

12 Janvier 2017, 15:21pm

Publié par zazy

Pour la seconde année,, les éditions du Tripode organisent "le Grand Trip" que j'ai rejoint cette année avec grand plaisir

Voici ce que Frédéric Martin en dit

Lecteur !

Deux fois par an, le Tripode publiera désormais une édition exclusive limitée à 200 exemplaires d'un roman coup de cœur, qui paraîtra environ six mois plus tard en librairie. Une simple contrepartie de 15 euros pour participer aux frais de port et de fabrication des livres est demandée à chaque lecteur qui recevra ces deux livres en avant-première. Vous pourrez donner votre avis sur les romans avant leur parution officielle, participer à des rencontres spéciales avec les auteurs et l'équipe du Tripode. Les libraires et les journalistes qui souhaitent s'associer à ce projet sont bien sûr les bienvenus.

C'est avec curiosité que j'ai ouvert l'enveloppe, reçue juste avant Noël, et avec gourmandise que je me suis assise sur le ballot de paille et dévoré "Au cirque" de Patrick Da Silva (chronique à suivre)

 

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Isabel Alba - Baby spot

5 Janvier 2017, 22:43pm

Publié par zazy

Baby spot

Isabel Alba

Traduction de l’espagnol par Michelle Ortuno

Editions de la Contre-allée

96 pages

Août 2016

ISBN : 9782917817520

 

4ème de couverture :

« Avec les films c’ est plus facile, parce que quand les images t’ envahissent et que t’ arrives pas à les effacer, tu peux te consoler en te disant que, comme dans les cauchemars, tout est faux, que rien de ce que tu vois dans ta tête n’ est vrai et que bientôt tout va disparaître pour toujours. Mais ce qui est arrivé au Zurdo, et aussi à Lucas, je sais que c’ est arrivé pour de vrai, voilà pourquoi ça ne sort jamais complètement de ma tête. C’est pour ça que je veux écrire, pour voir si j’arrive à faire sortir toute cette histoire et à la laisser pour toujours sur le papier. »

Tomás, un garçon de douze ans, vit dans une banlieue de Madrid. Un soir d’août, son ami Lucas est retrouvé pendu à une poutre, sur un chantier abandonné.
Tomás se met alors à écrire. Son récit prend l’apparence d’un roman noir.

« Je m’appelle Tomás, j’ai douze ans et je ne sais pas qui est mon père. Mais après tout, c’est banal dans la vie d’un gamin, et d’ailleurs je crois que ça n’intéresse personne, même pas moi, et puis j’en ai vraiment marre de toujours entendre la même histoire. »

L’auteur (site de l’éditeur) :

Isabel Alba est une écrivaine, scénariste, photographe. Ces quinze dernières années, elle a allié son activité littéraire et artistique avec l’enseignement dans le domaine de l’audiovisuel. La véritable histoire de Matías Bran est son deuxième roman. Ont été publiés aux éditions Montesinos Baby Spot (2003) et un livre sur la narration au cinéma, Derrière la caméra : le script pour le film (2011) qui a reçu le prix « María de Maeztu ».

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Tomás, vit dans une banlieue pourrie de Madrid, zone avec  ses potes dans un immeuble en construction, abandonné suite à la faillite ou les malversations des promoteurs. Les familles sont disloquées, les femmes souvent battues, les hommes ivres, au chômage, les plus grands trafiquent avec le flic qui habite le quartier. Tout est pourri de ce côté-ci du périph.

Personne pour leur indiquer la route,  les aider à discerner le bien du mal, à grandir du bon côté de la corde raide sur laquelle ils marchent. Seul Lucas a la chance d’avoir une mère qui l’élève, suit son travail scolaire, l’aime, bref une mère normale.

L’été, lorsque les autres vont au bord de la mer, les gamins restent là à s’ennuyer, à s’inventer des jeux. Tomás, Martin et, surtout le Zurdo que le gosse admire «Ce que je voulais, moi, c’était ressembler au Zurdo, un mec dur ». Oui, mais c’était avant,  « avant qu'il se fasse embarquer… à cause de la nuit où il s’est fait coffrer et de ce qui est arrivé à Lucas ».

Lucas est leur souffre-douleur, pourtant, il les suit partout, en mal de copains, de leur « normalité ». C’est peut-être cela la cause de sa mort.

Tomás  n’a plus les idées claires depuis que Lucas a été retrouvé pendu dans l’immeuble en construction. « J’ai pas les idées claires et c’est pour ça que maintenant j’ai vraiment envie de me mettre à écrire ; même si c’est ridicule et que ça sert peut-être à rien, mais autrement e ne vois pas comment je vais arriver à faire sortir tout ce que j’ai dans le crâne. Moi, je pense que sur le papier, si j’arrive à tout écrire sur des lignes bien droites, une chose après l’autre et sans faire de ratures, j’y verrai plus clair. »

Un jour, leur quotidien bascule. Lucas est retrouvé pendu. Le Zurdo, frère de Martin, est arrêté par le flic pourri, accusé d’avoir tué Lucas et de l’avoir pendu pour faire croire à un suicide. C’est pour cela que Tomas veut, doit parler, raconter ce qu’il a vu, ce qu’il vit, ce avec quoi il devra vivre. J’ai suivi, mot après mot, page après page, sa prise de conscience.

Il raconte, un long monologue, une logorrhée sans trop de style. Tout sort, sa vie d’avant avec sa petite sœur Diana (en hommage à la princesse tuée sous le pont de l’Alma) qu’il aime tant, sa mère, caissière dans un bureau de tabacs, dépressive, battue. Les filles, qui comme dit Germān « ce sont toutes des salopes et elles aiment ça autant que nous », la promiscuité. Il y a ce jeu débile où, sur le pont enjambant l’autoroute, ils visent les voitures comme au flipper, ou dans un jeu vidéo. A réalité « vraie » n’est plus la leur, les bzrrières de a civilité, de la civilisation basculent, l’esprit de gang prend le dessus.

Ce livre, Baby spot, une fois ouvert, je n’ai pu le lâcher, même après le point final. J’étais la, dans le noir, les yeux grands ouverts, choquée, KO debout. Les phrases chocs s’entrechoquent en moi. « Tout a commencé à être beaucoup plus fascinant que de provoquer des accidents sur le périph. » La cruauté et l’innocence jouent au ping-pong.

Superbe

J’ai eu le plaisir de lire ce livre dans le cadre su club des Explorateurs initié par Lecteurs.com. Je les remercie pour cette lecture coup de poing

 

 

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Lydia Bonnaventure - Frénégonde - Quand la fratrie s'emmêle

3 Janvier 2017, 17:02pm

Publié par zazy

Frénégonde

Quand la fratrie s’en mêle  

Lydia Bonnaventure

Editions Mon petit éditeur

166 pages

ISBN : 9782342054651

4ème de couverture :

Février 1135. Alzey, petit bourg du palatinat du Rhin, se réveille tranquillement. Frénégonde, la dame apothicaire, ouvre son échoppe comme tous les matins. Mais celui-ci n'est pas comme les autres. Tout commence par une visite impromptue, puis un vol, une agression... pour finir par un assassinat. Impliquée dans toute cette affaire contre son gré, Frénégonde va devoir mener l'enquête auprès de Thibald, l'officier. Mais le caractère bien trempé de cette dernière n'est pas toujours compatible avec celui-ci... Qu'importe, elle va avancer tête baissée dans cette histoire qui va l'amener à découvrir de mystérieux secrets de famille, à commencer par son lien avec Hildegarde...

L’auteur :

Lydia Bonnaventure est diplômée de l'Université de Perpignan en lettres modernes. Elle est aujourd'hui formatrice de français et d'histoire en Seine-Saint-Denis.

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Lydia Bonnaventure, ce petit bouquin que tu qualifies de « sans prétention » -Oui, je la tutoie car je suis abonnée à son blogue où elle parle si bien des livres qu’elle a lus.

Je disais donc que ce bouquin n’est pas sans prétention. Frénégonde m’a bien fait rire. Je la voyais courir, toute massive, empêtrée dans ses jupons !! Il y a un peu d’Agatha en elle. Historiquement parlant ce devrait être le contraire… Mais je n’imagine pas la massive Frénégonde entrer dans le corps d’Agatha Raisin de M.C. Beaton

Comme c’est un polar, je ne dévoile rien, la quatrième de couv’ devra vous suffire.

Frénégonde se retrouve veuve avec un enfant en bas âge. Pour continuer de faire prospérer l’herboristerie qu’elle tenait avec son défunt mari, elle passe les différentes étapes pour être … gérante de la boutique. Son aide masculin devient l’apothicaire attitré « Mais aux yeux de tous les habitants d’Alzey, Frénégonde était la Dame Apothicaire. S’en suit une ribambelle d’aventures désopilantes concomitantes à l’arrivée de Dame Anna de Rüdesheim qui conduit tout le monde au monastère qui à cheval, qui sur une mule. La fratrie s'emmêle, s'en mêle pour mieux démêler l'intrigue.

A partir des ruines majestueuses du monastère tu as fait de la belle ouvrage, j’ai pris beaucoup de plaisir et ri, à la lecture des aventures de Frénégonde.

Non, ce n’est pas du copinage. D’une part, j’ai acheté ce livre et, d’autre part, je ne pense pas que ce soit mon genre de lécher les bottes (cela m’a valu quelques ennuis dans ma vie professionnelle !). Si le livre ne m’avait pas plus, je l’aurais dit, ou rien écrit dessus.

Un petit bémol, tu ne parles pas assez de la vie des moniales, mais Frénégonde est si imposante !

Lydia Bonnaventure, historienne, auteur de « La maladie et la foi au Moyen-âge » a su trouver une plume  vive, alerte avec des dialogues truculents pour son premier roman historico-policier. Pourquoi bouder son plaisir lorsque l’on est au fond de son lit avec la grippe ?

Il est des romans sans prétention à mille coudées au-dessus d’un roman prétentieux.

Pour Noël, heureuse coïncidence, m’a fille m’a offert « Secrets et remèdes d’Hildegarde de Bingen » où son vin au persil me fait de l’œil.

 

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Aude Lancelin - Le monde libre

30 Décembre 2016, 19:47pm

Publié par zazy

Le monde libre

Aude Lancelin

Les liens qui libèrent

Octobre 2016

240 pages

ISBN : 9791020904607

 

4ème de couverture :

Un an avant une élection présidentielle, la « numéro deux » du plus célèbre hebdomadaire de la gauche française est brutalement licenciée. Rapidement, des causes politiques à cette éviction seront évoquées par les médias. Le parti au pouvoir, traître à toutes ses promesses, se verra ainsi soupçonné d’avoir voulu remettre au pas « sa » presse, tandis que les actionnaires du « Monde libre », auquel appartient le journal, seront interpellés au sujet de leur rôle dans l’affaire.

Partant de ces événements, la journaliste Aude Lancelin livre ici le récit de ses quinze années passées au cœur des médias français, entre décadence d’un métier, opérations de police intellectuelle, et socialisme d’appareil à l’agonie. Une plongée sans précédent dans le « quatrième pouvoir », par quelqu’un qui l’a connu de l’intérieur. Un appel aussi à la résurrection d’une vraie gauche, et à la libération des journalistes.

L’auteur ‘site de l’éditeur) :

Aude Lancelin, spécialiste de la vie des idées, a été directrice adjointe des rédactions de "L’Obs" et de "Marianne", entre 2011 et 2016. Elle est notamment le coauteur des Philosophes et l’amour (Plon).

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Une plongée dans le monde du journalisme écrit dont je suis sortie un peu groggy.

Aude Lancelin, en direct du ventre de l’Obs raconte, témoigne de la lente et inexorable dégradation de la presse écrite, du copinage, des acoquinages des journalistes avec le pouvoir et l’argent.

Qu’un nouveau riche venu du minitel rose s’offre un journal, pourquoi pas.

Qu’un esthète (soi-disant) venu du monde de la haute couture s’offre un journal, pourquoi pas

Qu’un banquier s’offre un journal pourquoi pas

Mais que ces trois lascars  se réunissent créent un groupe baptisé « Le monde libre » pour désincarner des journaux comme Le Monde, l’Obs entre autre et, surtout, le mettre à leur service, il y a de quoi rugir. Le nom de la holding prête à sourire jaune après lecture du livre.

Aude Lancelin va plus loin que l’explication de son licenciement, elle décrit le déclin de l’Obs devenu sous sa plume « l’Obsolète » -titre très parlant- et, plus généralement, de la presse écrite.

La collusion entre le politique et la presse, à travers ses journalistes, a toujours existé. A trop se fréquenter, se mêler s’épouser… Amoindrir la liberté de la presse équivaut, pour moi, à amoindrir la démocratie… C’est peut-être le but visé des grands argentiers.

Comme chez les politiques, une fois les spots éteints, les patrons de journaux sont copains comme cochons !! « Les patrons des trois plus grands hebdomadaires, « L’Obsolète », Le Point et Marianne, qui toute l’année faisaient mine de s’empailler sur les tréteaux comme des marionnettes batailleuses, passaient tous leurs Nouvel Ans à festoyer ensemble. Tantôt dans l’hôtel particulier de Saint-Germain-des-Prés qui appartenait à l’un d’entre eux, tantôt dans leurs datchas respectives de la côte normande qu’ils avaient achetées à proximité tant leur symbiose était totale et ne s’embarrassait pas d’obstacles idéologiques. » Mince (remarquez comme je suis polie !)Marianne !  Moi qui croyais en sa liberté pure et dure « La chose était d’autant plus stupéfiante à remarquer dans le cas de Marianne, fer de lance de la dénonciation de la « pensée unique » depuis la fin des années 90. ». Il est vrai que Laurent Joffrin Môquet passe gaillardement du fauteuil de Marianne à celui de l’Obs !

« L’Obsolète » est victime des « amis du journal » dont « Une sénescente poignée d’hommes politiques fermait le ban de cette infernale cohorte, au premier rang desquels un ancien ministre de la Culture, incarnation parcheminée et presque parodique de la gauche incantatoire des années 80, celle-là même que tout le monde était désormais désireux d’oublier. » qui font la pluie et le beau temps pour leur petit entre-soi. Certains intellectuels philosophes dont notre BHL national (« un pitre mégalomane dont chacun riait par-devers soi. »), Finkielkraut font partie de ces gens qui font la pluie et le beau temps à l’Obsolète.

Ce n’est pas qu’un règlement de compte mais la constatation de l’échec du parti socialiste, de sa glissade à droite « La glissade à droite de tout le spectre intellectuel et politique était continue, d’une profondeur inouïe. Et ce qui ne laissait pas d’étonner, c’est que, même parmi les journalistes qui comprenaient la situation, rares étaient ceux qui s’aventuraient à en fournir le saisissant tableau ».

Aude Lancelin envoie non pas des gifles, mais des scuds que j’ai reçus en pleine figure. Avec beaucoup de talent, de calme, elle raconte ce qu’elle a vu, ce qu’elle a supporté. Les lâchetés des patrons de presse, de sa hiérarchie, des collègues, la mainmise de certains intellectuels, d’anciennes gloires du PS, les courtisans genoux à terre, la médiocratie, la fuite des plumes. Elle met à nu la misère intellectuelle du triumvirat, de ses supérieurs hiérarchiques.

Un livre cruel par ce qu’il dévoile, mais un livre nécessaire ; un constat accablant

Combien d’années faudra t-il pour réparer ce formatage, cette descente vers la nullité. J’attends d’un journaliste, d’un éditorialiste qu’il élève le débat, qu’il soit, non pas impartial, cela n’existe pas, mais intelligent et courageux. L’Obsolète n’était plus, depuis plusieurs décennies, le journal de gauche que l’on a connu, mais quand même !!

Notre président de la république actuel est bien un président normal : le fait du prince, il pratique. « Une source élyséenne celle-là, affirmait qu’il y avait plus d’un mois que mon sort avait été scellé lors d’une entrevue ».

Claude Rossignol, fondateur de l’Obsolète l’avait compris « Le danger aujourd’hui est que, n’ayant pas fait les réformes nécessaires et sans moyens financiers, la presse et ses lecteurs tombent entre les mains des pouvoirs de l’argent, du politique ou du CAC40, dont les intérêts sont liés ». Nous avons un immense pouvoir, nous lecteurs : ne plus acheter ces journaux !!

Quelle plume, quel vocabulaire ! « Dans tous les événements qui seront relatés ici, il n’est pas une phrase, pas un fait, qui ait été informé ou même déformé. » écrit Laure Ancelin dans l’avertissement en début de l’ouvrage.

Un livre salutaire à lire, une belle plume.

Une question me taraude : Pourquoi Aude Ancelin est-elle restée si longtemps à l’Obs ? Pourquoi n’être pas partie avant puisque le hiatus augmentait entre sa conception du journalisme et l’hebdomadaire ? La réponse est peur-être dans la citation  suivante :

« Quel était, au fond, ce désir sur lequel je ne voulais pas céder ? Seulement, je crois, celui de ne pas renoncer à prendre ma part, celle que n’importe qui peut prendre à tout moment du temps, dans la lutte éternelle contre l’écrasement de l’esprit. Lâcher l’affaire, prendre ses distances, couvrir prudemment des opérations de faux-monnayage intellectuel, comme j’en vis tant d’autres, des gens de qualité parfois, accepter de le faire au fil des années, c’eût été capituler, et capituler c’eût été mourir intérieurement. Cela  ne m’était tout simplement pas possible »

Merci à Lecteurs.com pour cette lecture

 

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Vladimir Lortchenkov - Le dernier amour du lieutenant Petrescu

27 Décembre 2016, 22:32pm

Publié par zazy

Le dernier amour du lieutenant Petrescu

Vladimir Lortchenkov

Traduction Raphaëlle Pache

Editions Agullo

octobre 2016

256 pages

ISBN 9791095718109

 

4ème de couverture :

Le bruit court qu’Oussama Ben Laden se cache des services secrets américains dans le pays le plus méconnu au monde : la Moldavie ! Tanase, le chef du KGB local, a bien l’intention de mettre la main dessus pour satisfaire ses ambitions. Alors quand Dan Balan, un journaliste qui joue parfois les informateurs, lui donne au hasard le nom d’un certain Petrescu, il met en place la surveillance du seul Petrescu qu’il connaisse : un jeune lieutenant des services secrets. Ignorant tout des soupçons qui pèsent sur lui, le lieutenant Petrescu fréquente tous les jours un restaurant tenu par des Arabes, dont un des employés se prénomme justement Oussama. Coïncidence étrange, ou véritable complot visant à instaurer une république islamiste en Moldavie? Comble de malheur, Petrescu a pour maîtresse la belle Natalia, dont Tanase est éperdument amoureux... Entre filatures alcoolisées, rapports bidons et assassinats foireux, le pauvre Petrescu se retrouve embarqué dans un inextricable imbroglio dont les services secrets tirent les ficelles... quand ils ne se tirent pas dans les pattes. Et pour couronner le tout, c’est le moment que choisit Donald Rumsfeld pour débarquer en visite officielle à Chisinau...

L’auteur (site de l’éditeur) :

Vladimir Lortchenkov est né en 1979 à Chisinau. Fils d’un officier de l’armée soviétique, il a sillonné durant son enfance l’URSS et ses pays satellites. Ecrivain et journaliste, il a été sélectionné en 2014 pour le Prix Médicis Étranger pour Des mille et une façons de quitter la Moldavie. Il vit avec sa femme et leurs deux enfants à Montréal.

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Je découvre un second ouvrage de Vladimir Lortchenkov, tout aussi déjanté que le premier, « Des mille et une façons de quitter la Moldavie ».

Peut-être ne le saviez-vous pas, mais Oussama vit à Chisnau, capitale de la Moldavie et fabrique des chawarmas, spécialité locale très gouttée des autochtones, voir plus, mais vous le découvrirez.

Donc, Oussama coupe les légumes dans un kiosque situé juste en face du SIS (le KGB ou la CIA moldave). Ce brave émigré se voit soupçonné d’être Ben Laden lui-même, réfugié en Moldavie pour fuir ses poursuivants.

Tanase, chef du SIS apprend, après avoir questionné un certain journaliste, qu’un de ses lieutenants, Petrescu en l’occurrence, serait de mèche avec Oussama. Ce même lieutenant est l’amant de Natalya, son ancienne maîtresse dont il est encore très épris…

Le SIS,  pas du tout à la pointe du progrès, est gangrené par la corruption et, surtout, par l’alcool et la paresse. Après tout, ce n’est pas totalement de leurs fautes, ils sont sous-payés, ne sont pas entrainés… Ont gardé certains vieux réflexes du temps du KGB.

S’en suit des situations dantesques, abracadabrantesques. La farce est grosse et, cela fonctionne à plein. C’est « Hénorme », cela fonctionne. Derrière la farce, il y a une critique de la vie politique moldave, une écriture terriblement affûtée et efficace.

Merci Yves pour ce grandguignolesque, mais pas que, moment de lecture et la découverte d'une maison d'éditions que je ne connaissais pas

N’hésitez pas, un petit voyage en Moldavie sera très bénéfique à vos zygomatiques.

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Pause

23 Décembre 2016, 14:57pm

Publié par zazy

Depuis quelques jours, je ne suis plus présente. Mes 5 lutins de Noël sont arrivés.... avec le mauvais temps et des rhumes et autres délices du même genre, qu'ils se sont empressés de me refiler. Donc, pas le temps de venir vous voir. Il en sera ainsi jusqu'au xxxxx

Profitez des fêtes de Noël et de fin d'année pour faire le plein de tendresse, d'amour, de plaisir, de mets délicieux.... Bref de tout le bonheur possible.

A très bientôt

 

 

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Antonio Xerxenesky - F

19 Décembre 2016, 14:39pm

Publié par zazy

F

Antonio Xerxenesky

Editions Asphalte

Traduit par Mélanie Fusaro

222 pages

Septembre 2016

ISBN : 978-2-918767-63-3

4ème de couverture :

À vingt-cinq ans, avec un passé de guérillera et une carrière de tueuse à gages, Ana a tout vu : décapitations, chutes mortelles, exécutions par balle... Mais elle n’a jamais vu Citizen Kane, considéré comme le plus grand film de tous les temps.

Quand son commanditaire habituel lui désigne Orson Welles comme cible, Ana  prend conscience de ses lacunes cinématographiques et entreprend, pour préparer cet assassinat, de découvrir la filmographie de sa prochaine victime. De Paris à Los Angeles en passant par Rio, Ana développe une obsession pour le réalisateur, jusqu’à le rencontrer et travailler pour lui. Mais autour d’Orson Welles, fiction et réalité, vérités et mensonges finissent toujours par s’entremêler...

Après Avaler du sable, Antônio Xerxenesky confirme son originalité dans le paysage littéraire brésilien et son goût pour la pop-culture. F est une véritable déclaration d’amour au cinéma – à tous les cinémas.4

L’auteur (site de l’éditeur)

Antônio Xerxenesky  est né à Porto Alegre en 1984. Son premier roman Avaler du sable

 (Asphalte, 2015) lui a valu d’être distingué comme l’un des meilleurs romanciers  brésiliens  contemporains  par  la  revue  Granta.  F a été finaliste du prix Sao Paulo de littérature.

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F for Fake d’Orson Welles,

F comme femme

F comme fatale

F comme fiction

T comme tueuse à gages

A comme Ana qui n’est pas un ange

F, c’est « L’histoire de la femme qui devait tuer Orson Welles », sous-titre du livre. Ana, jeune femme brésilienne tueuse à gage « Combien de filles de mon âge pouvaient en dire autant ? ». se raconte.

Elle rencontre son  oncle, José, opposant à la dictature, lors de l’enterrement du père d’Ana. Elle  va le rejoindre à los Angeles. Devant son aptitude au tir, son sang-froid, elle se trouve embringuer dans  cette faction révolutionnaire et accepte de partir à Cuba s’entraîner Ce même José lui apprendra la vérité sur son père, ingénieur, surnommé « Docteur Electrochoc et qu’il utilisait son talent incroyable pour l'ingénierie à développer des systèmes perfectionnés de torture par chocs électriques». C’est ainsi qu’elle devient tueuse à gages.

La Voix, c’est toujours par téléphone que cela se passe, lui donne la cible à viser, à elle de se débrouiller. Dès son premier contrat, Ana tue sans se délecter, mais avec une réelle efficacité,  un vrai petit artisan. Très professionnelle, elle suit sa proie, la regarde vivre, apprend ses points faibles  et, comme l’araignée, surgit au moment opportun. Elle en fait une œuvre unique (sans jeu de mot), comme un tableau « Je me soucie de la beauté de la mort, de l’art de l’assassinat. ». 

Sa  dernière mission ? La Voix lui demande de tuer Orson Welles himself. Elle va s’immerger, moi aussi, dans le monde du cinéaste. A Paris, elle étudie la filmographie, la bio du réalisateur avec des passionnés.

Départ pour Los Angeles ; elle entre en contact avec Orson Welles, où miracle, il tourne un nouveau film « Quelle était la relation entre le studio et ceux qui m’avaient engagée ? Etait-il possible que la voix désincarnée donne des ordres au studio, que ces figures faites d’ombres commandent à Hollywood ? » lui qui était en délicatesse avec le milieu.

Ce qui cloche pour ce dernier contrat, c’est sa relation avec le cinéaste. Jusqu’à présent, elle se contentait d’observe ses victimes. Là, elle est l’assistante de Welles. Une relation amicale se noue, mais jusqu’où… Comment tuer, pour elle, vu son style, ce serait plutôt, causer une mort qui peut passer pour naturelle, un type qu’elle admire ? Ici se rejoint la théorie du vrai, du faux, du vraisemblable. Le cinéma peut se faire hors champ de la caméra, surtout lorsque l’on côtoie un mythe

Ana raconte sa vie sans affect,  elle est tueuse à gages, c’est tout, circulez il n’y a rien à voir. Je ne saurai rien de ses motivations. Je pense que son passé, voire sa filiation, joue un grand rôle dans sa vie actuelle « Combien y avait-il de mon père en moi ? Si j’étais un homme, notre ressemblance physique serait-elle plus évidente encore ? Qu’est ce qui le séparait de lui ? Les morts qu’il a causées, en quoi diffèrent-elles des miennes ? C’est une question d’esthétique, ai-je pensé ».

« Est-ce de l’art ». Cette question revient comme un leitmotiv tout au long du livre. L’art aurait-il pu modifier la vie de son père ? « Un livre de Tolstoï aurait-il été capable d’empêcher mon père d’entrer dans la chambre de ma sœur pendant la nuit ? » « Une œuvre d’art serait-elle capable de changer ma vie ? Une œuvre d’art est-elle capable de changer une vie ? Les prétendues humanités sont-elle capables d’humaniser quelqu’un ? Pourquoi associons-nous le terme d’humanités à la notion de faire le bien et d’éprouver de la compassion pour autrui ? Pourquoi la mort ne serait-elle pas une sort d’art ?  Ne serait-ce pas la mort, le véritable signe de l’humanité ? Toutes ces questions, sa peut-être ressemblance, son rapport au père sont autant de raisonnements qui pourraient modifier le cours de sa vie.

Antonio Xerxenesky connait, admire Welles et le cinéma. Pas de copié-collé sorti tout droit de wiki… Non, tout est connu, aimé, vécu. La vie, les mœurs des années 80, la musique le cinéma, la situation politique brésilienne, les nuits de Los Angeles avec la fameuse « witching hour » forment un décor bien présent.

L’auteur mêle personnages réels et fictionnels avec talent.  Est-ce vraisemblable ?  Je ne me pose pas la question tant je suis sous le charme de l’écriture vive, rapide, puissante. Une écriture toujours aussi visuelle, quasi cinématographique avec des flashbacks qui mêlent vraisemblance et surréalisme. Comme dans un bon polar, arrive le doute, les notions de vrai-faux. Oui, c’est connu de tous ou presque, Orson Welles est mort, le 10 octobre 1985 (merci la toile)… Et si c‘était l’œuvre ultime d’Ana ?

Je ne saurais faire des liens avec les films d’Orson Welles, dont je ne connais pas l’œuvre. Cela ne m’a pas empêchée de goûter au plaisir de cette lecture. J’apprécie l’univers déjanté, mais pas que… d’Antonio Xerxenesky, déjà hautement apprécié avec « Avaler du sable ».

F, comme Faut le lire !!

J’ai lu ce livre grâce à l’opération « La voie des Indés » initiée par Libfly. Je les remercie, ainsi que les éditions Asphalte pour ce très bon moment de lecture.

Asphalte, maison d’édition indépendante, proposent « des fictions urbaines et cosmopolites. Attachée à la ville et à ses marges, elle défend une littérature à la frontière des genres, nourrie de pop-culture, de voyages et de musique. »

 

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Pascal Prévot - Théo Chasseur de baignoires en Laponie

9 Décembre 2016, 18:34pm

Publié par zazy

Théo Chasseur de baignoires en Laponie

Pascal Prévot

Editions du Rouergue

juin 2016

128 pages

ISBN : 978-2-8126-1061-5

A partir de 9 ans

4ème de couverture :

Elle est terrible ! Elle est redevenue sauvage ! Elle est maligne et redoutable ! C'est une baignoire...
Dans le château de Kreujilweck-Potam, elle sème la terreur. Heureusement, le père de Théo est un des meilleurs chasseurs de baignoires au monde (enfin, c'est ce qu'il dit). Pour Théo et sa copine Elisa, c'est le baptême du feu, leur première grande chasse. Et elle promet d'être inoubliable !

L’auteur (site de l’éditeur) :

Pascal Prévot est né dans les Vosges et vit en Alsace entre la campagne, où il habite, et Strasbourg, où il travaille dans une agence de presse. Il a quatre enfants. Il publie des textes dans des revues et chez plusieurs éditeurs (Le Rouergue, Bayard, Milan, Oskar).

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Théo a une chance inouïe, il va louper l’école pendant quelques temps pours suivre son père qui exerce le difficile et dangereux métier de chasseurs de baignoires. Et oui, je vous assure que cela existe. Notre placide baignoire en fonte dans laquelle nous nous prélassons dans une eau tiède et émolliente, peut redevenir sauvage.

J’ai découvert ce métier, très dangereux, avec le livre de Pascal Prévot. « Mon père et moi sommes chasseurs de baignoires. La profession n’est pas aussi dangereuse qu’il y parait, sauf quand les baignoires sont redevenues sauvages depuis longtemps. Dans ces cas-là, il est conseillé de se monter prudents. En fait, c’est mon père, le chasseur de baignoires. Moi, je suis son assistant, j’apprends le métier. »

Donc, Théo et son père partent pour la Laponie, chez le comte Krolock Van Rujn. Le terminal, la gare de Kreujilweck-Grand Nord, petite gare isolée, sans village autour, rien, le vide, la neige, rien… Sauf  un distributeur de boissons de l’autre côté des rails.

Enfin, ils arrivent au château sous un orage à tout casser et Théo fait la connaissance d’Elisa qui l’aidera beaucoup dans la chasse à la baignoire « C’est une vieille baignoire. Une solitaire en fonte émaillée. Une dure. Elle ne fait plus confiance à personne. Ça va être une belle chasse pronostiqua papa. »

C’est vrai, la chasse sera épique, dangereuse, un vrai rodéo. Quelle aventure !!

Le père de Théo, en vrai professionnel soucieux de sa renommée est équipé de tout un barda logistique du plus sophistiqué au plus simple.

Souffrez que je vous parle du ricanement dément de la baignoire au fond des bois derrière les murs du château, ou du jet d’eau brûlante sortant de la pomme de douche alors que la baignoire, indépendante de toute tuyauterie, dévale les escaliers. Ah oui, vous commencez à avoir peur, je le sens, je le sens !! Je ne parle même pas du coup de la tortue luth, ce serait trop pour votre petit cœur. Sachez que Théo et Elisa, EUX, ont affronté cette démente avec ses « raisonnements de tuyauterie »

Théo, tu es un chef, un super chasseur qui au péril de sa vie et de celle d’Elisa, a réussi à vaincre la baignoire en furie.

Je n’ai pas émis des bruits de tuyauterie en lisant ce livre, mais je me suis bien amusée. Le livre est  noté à partir de 9 ans. Verdict des petits-enfants la semaine prochaine. Théo, Elisa, soyez prêts à les faire se gondoler.

On sent que l’auteur, Pascal Prévot, s’est documenté très sérieusement sur la chasse à la baignoire.

Je remercie Lecteurs.com qui m’a offert ce livre surprenant, bien écrit, trépidant ; pas de temps mort tant que la baignoire sauvage n’a pas été matée.

 

 

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Andréa Doria - N'Dréa

4 Décembre 2016, 20:37pm

Publié par zazy

 

N’Dréa

Andréa Doria

Editions du bout de la ville

Juin 2016

96 pages

ISBN : 9791091108027

 

 

4ème de couverture :

Andréa partageait sa vie avec un groupe d’amis qui, comme elle, refusaient le travail salarié et la société qui l’organise. En 1985, elle apprend qu’elle a un cancer. Après opération, rayons et chimiothérapie, elle n’a plus espoir de guérir. En 1990 on lui propose un traitement expérimental. Elle met alors à exécution une décision qu’elle avait prise depuis longtemps, celle de rompre radicalement avec le milieu hospitalier et médical, cela pour garder l’initiative de sa fin. Son choix est fait. Avec la complicité de ses amis elle fait « tout un flan d’une histoire banale ». 25 ans après, nous republions les textes qu’elle adresse à ses amis et à ses infirmières pour affirmer cette rupture.

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Evlyne, merci d’avoir fait voyager ce livre.

Qu’en dire ?

Le récit d‘Andréa Doria est on ne peut plus sincère et ce qu’elle dit est réel. Pourtant, à chaque page, je ne pouvais m’empêcher de penser à Caroline, jeune femme, la trentaine, qui se bat depuis très longtemps, trop longtemps, contre un cancer. Oui, elle sait qu’elle sert de cobaye, qu’elle essaie de nouveaux traitements à chaque fois que le précédent  n’a pas ou plus d’effet sur elle, elle le dit haut et fort. Caroline a l’espoir chevillé au cœur et au corps, vit, malgré deux allers-retours à Paris hebdomadaires.

Je comprends ce qu’Andréa veut dire, je la suis dans ses propos, mais… Caroline est là vivante, aimant vivre, combative.

Chacun lutte avec ce qui le pousse

Les avis d’Evlyne et Catherine sont sur Libfly

 

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