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ZAZY - mon blogue de lecture

Knut Hamsun - Un vagabond joue en sourdine

12 Mars 2013, 15:52pm

Publié par zazy

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Un vagabond joue en sourdine

Knut Hamsun

Traduit du norvégien par Régis Boyer

Editions Calmann-Lévy

1979

200 pages

ISBN : 2702102972

 

 

4ème de couverture :

Le vagabond qui, ici, ne joue plus qu'en sourdine parce qu'il a passé la cinquantaine et s'estime vieux, c'est le Knut Pedersen dont l'éternel voyage sentimental nous fut conté dans Sous l'étoile d'automne et que nous retrouverons une ultime fois dans La Dernière joie. Amoureux de l'amour autant que de la nature du Nord au printemps, il avait cru, un temps, pouvoir offrir son cœur à prendre à la belle Mme Falkenberg, d'Ovrebö. Il avait renoncé, mais l'aimantation était trop forte : le voici revenu vers l'unique inaccessible, dans l'humilité adorante et la passion de l'holocauste. Mais la femme est imprévisible, inconstante et aveugle. A peine si elle pressent la délicate profondeur de la passion qu'elle suscite. Elle est toute à ce jeu cruel et dévastateur de l'amour possessif qui croit exaspérer la passion en provoquant la jalousie, sans voir que la véritable tendresse qui la sauverait de son irresponsabilité attend vainement dans l'ombre un signe, un regard, un sourire. Exercice dangereux, flamme menaçante à laquelle immanquablement les phalènes se brûlent. Symboliquement, la glace de la rivière cédera devant les ardeurs dispersées d'un feu follet qui ne put, ne sut purifier sa chaleur. Et la plume subtile de Knut Hamsun, au rythme lent, volontairement monotone, des battements d'un cœur attristé, parvient à merveille à rendre l'infime chassé-croisé des aveux retenus, des élans ébauchés, d'une pudeur infinie où tout, toujours, reste à dire. Œuvre tragique sans grandiloquence, constamment mesurée parce que l'essentiel est ineffable, mais dont l'intense pouvoir de suggestion ne se dément jamais. Œuvre qui refuse le désespoir aussi. Car à ce vagabond qui se croit un vieillard, à ce mal-aimé trop aimant, il reste la vie, simple et naturelle, accordé aux pulsations de la forêt, du torrent et de la montagne. Et « la simple grâce de recevoir la vie vous dédommage largement d'avance de toutes les misères de la vie, toutes sans exception ».Régis Boyer

 

Knut Hamsun :

Né en 1859 en Norvège, Knut Hamsun était fils de paysans et autodidacte. Ses premiers écrits passèrent inaperçus, et il dut émigrer par deux fois aux Etats-Unis. Peu après son retour, en 1890, La Faim lui apporta la célébrité. De nombreux romans suivirent. Un vagabond joue en sourdine fut publié en Norvège en 1909, trois ans après Sous l'étoile d'automne. Knut Hamsun obtint le Prix Nobel en 1920. Son talent s'est exprimé également à travers des récits de voyage, contes, nouvelles et pièces de théâtre. Il est décédé en 1952.

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 Le résumé de Régis Boyer en 4ème de couverture est parfait.

 Des instants de grâce tous les soirs lorsque je prenais ce livre. Je ne le lisais pas trop vite, le dégustais tant ce rendez-vous vespéral était une promesse d’enchantement. Pourtant, rien de vif, rien de saignant, juste une petite musique qui n’est pas sans rappeler certain auteur russe. Ou Madame Bovary.

Knut revient chez le capitaine. Il y retrouve ses anciens compagnons et surtout, Madame ; la belle Madame Falkenberg dont il est amoureux de l’amour qu’il lui porte, ou amoureux du rêve qu’il s’en fit.

 Knut Hamsun prend son temps, le rythme est lent mais cela ne nuit pas à la lecture, tout au contraire. Nous  cheminons à côté de August, le vagabond qui, l’âge venant, devient plus spectateur de la vie qu’acteur. Quand on est vieux, on ne vit plus sa vie, on ne se maintient sur pied que par des souvenirs. Nous sommes semblables à des lettres qui ont été envoyées : nous ne nous trouvons plus en cours de route, nous sommes arrivés. Reste à savoir si ce que nous contenions a provoqué un tourbillon de joie et de chagrin, ou si nous n’avons laissé aucune impression. Merci pour cette vie, elle fut plaisante à vivre !

 Cet homme, misogyne, est bien dans l’air de son époque (début XXème) : Pour la femme, elle est telle que tous les sages le savaient déjà : pourvue de facultés infiniment médiocres, mais riche d’irresponsabilité, de vanité, de frivolité. Elle a beaucoup de l’enfant, sans rien de son innocence.

 Mais, August est toujours amoureux de la belle Lovise Falkenberg ! Une fois ou une autre, je l’avais vu avec Mme Falkenberg, elle était si jeune, si bien habillée et heureuse, un peu follette aussi, elle riait haut. Voilà ce que c’est que d’être une femme qui vient de fauter, pensais-je, mais demain ou après-demain, ce ne sera plus pareil !

Quand je la revis, je ne découvris aucune trace de gêne en elle, elle était aimable et froide. Ainsi, il n’y avait qu’à laisser tomber toute cette histoire. Que voulais-je aussi ? Non, vraiment

Mais elle était là, et toi, tu étais là. Tu sentais tout contre toi son haleine, qui avait un goût de chair.

 

August termine un cycle de sa vie à Ovrebö.   Un vagabond joue en sourdine quand il atteint le demi-siècle. Alors, il joue en sourdine.

Je pourrais aussi exprimer cela ainsi : S’il arrive trop tard à la forêt aux baies en automne, c’est qu’il y est arrivé trop tard et si, un beau jour, il ne se trouve plus en état de se montrer joyeux et de s’esclaffer de joie devant la vie, c’est sans doute qu’il est devenu vieux, ne l’en blâmez pas ! Aucun doute, du reste, qu’il ne faille un certain degré de vacuité du cerveau pour pouvoir rester constamment satisfait de soi-même et de tout. Pourtant de bons moments, tout le monde en a. Il part dans la forêt, Sa forêt, retrouver sa vie, sa cabane Comme je me sentais chez moi ici ! Ce n’était pas pour rien que j’avais hoché la tête en enlevant mon sac. « Est-ce que c’était ici que tu voulais venir ? » me dis-je pour plaisanter et me faire la conversation. « Oui » répondis-je.
 Knut Hamsun, à travers son vagabond fustige la transformation des mœurs de la haute société, la virulence mise à dénoncer l’affairisme des nouveaux riches comme l’ingénieur, le clinquant (tiens, aussi !!), l’arrivée d’un monde nouveau.  On sent que l’auteur a pris un grand plaisir à la description des travaux agricoles, la vie paysanne, les travaux inhérents à une grande propriété la vie des domestiques, leurs jalousies…..  

Un livre profond qui laisse une petite musique mélancolique dans la tête. Une ode à la liberté. Un livre à relire, un livre à garder.

Voici également l'avis de Sharon

 

 

 

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Départ

11 Mars 2013, 23:31pm

Publié par zazy

Puisque je vous le dis, l'hiver s'en va, la preuve, elles aussi partent

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Fidèles au poste

10 Mars 2013, 15:16pm

Publié par zazy

Oui, mais jusqu'à quand ???

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Triumvirat ?

8 Mars 2013, 14:38pm

Publié par zazy

Ou paix avant le rut ?

Voici une jolie brochette bien boisée.

Faudrait mieux ne pas faire l'andouille devant de tels andouillers !

Je vais essayer de les surveiller  car ils devraient perdre leurs beaux trophées bientôt.

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Chi Zijian - La danseuse de yangge

7 Mars 2013, 23:19pm

Publié par zazy

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La danseuse de Yangge

Chi Zijian

Traduction Dong Chun et Jacqueline Desperrois

Editions Bleu de Chine

136 pages

ISBN : 9782910884123

 

 

4ème de couverture :

La vie peut-elle être banale ? Dans les deux nouvelles de Chi Zijian, sous l'apparente monotonie quotidienne d'une bourgade mandchoue, qu'elle soit ancienne ou moderne, les passions couvent et il arrive que la violence se déchaîne. Ainsi l'appât du gain conduit-il au vol, la faim sexuelle au viol, le dégoût au meurtre, l'humiliation au suicide vengeur ; le rémouleur joue les Don Juans et le lettré meurt d'amour pour la jolie danseuse de Yangge. Mais ce qui rassemble les villageois, c'est l'attrait unanime du merveilleux, produit de l'imaginaire, de l'art et de la nature. Comme si le bonheur, collectif ou individuel, ne pouvait se nourrir que de l'exceptionnel, de l'extraordinaire : beauté scintillante de la jeune danseuse entr'aperçue un bref instant, parfois au prix de souffrances définitives ; nuits blanches où s'effacent les ombres d'une vie conjugale manquée. Hommes et femmes vivent dans l'attente constante de l’émerveillement, ils en cultivent à satiété le souvenir et le fantasme, s'enivrent, coûte que coûte, de son retour fugace et disparaissent, un jour "banal", d'accident ou d'usure. Le fleuve Amour peut bien rouler ses vagues, tantôt paisibles ; tantôt tumultueuses, l'artiste, dans ses meilleurs moments, ne retient pour ses estampes que la brume poétique qui enveloppe ses rives et les nimbes d'un halo qui en fait disparaître jusqu'aux aspérités

Claude PRIN

 

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La danseuse de Yangge :

La tradition est chose primordiale dans ce petit village du Grand Nord chinois et les fêtes du Nouvel An sont très attendues d’autant que, chaque année, une troupe de danseurs de Yangge, danse populaire chinoise, s’y produit et, surtout, les villageois attendent La danseuse étoile, la bien nommée « Petite Parure », source de convoitise et d’espérance des mâles. Le lettré se tuera par amour pour Petite Parure, le bijoutier, homme richissime en est amoureux… enfin bref, toute la vie de ces paysans tourne autour de ce jour où ils La verront danser.

Nuluo, qui a des raisons de ne pas aimer la danseuse, n’assiste plus au spectacle et préfère déambuler dans la rue des lanternes où elle fit une « mauvaise rencontre », celle de Wang, le rémouleur. Il la suit jusque chez elle et abusa d’elle. C’est mal connaître Nuluo qui, lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle est enceinte, obligera le rémouleur à l’épouser.

Cette petite nouvelle est pleine de la vie quotidienne de cette bourgade. Les saisons défilent, les gens vivent, meurent, s’épousent, se remarient, vieillissent…

Nuluo va son petit bonhomme de chemin, devenue une herboriste renommée, elle reçoit un jour la visite d’une vieille petite femme qui s’avère être ……

 

Voyage au pays des nuits blanches :

Le Heilongjiang, la province la plus septentrionale de la Chine, attire les foules une semaine par an, lors de la nuit blanche, moment où la nuit n’existe pas lors du solstice d’été. Elle fait ce voyage, qu’ils auraient voulu faire depuis longtemps, avec Ma  Kongduo, son ex-mari. Mais il y a comme un hiatus, personne ne remarque alors qu’elle lui parle et qu’il répond, fait la gueule, boit…. Enfin ce que tout homme fait !

Nous suivons leur voyage, empli de rencontres, jusqu’à l’arrivée au bord du fleuve Amour et là, ils se séparent lors de la soirée « nuit blanche ». La fin de cette nouvelle met un point final et permet la reconstruction de la jeune femme.

 

Deux nouvelles fort différentes l’une représente la Chine éternelle et la seconde une époque plus moderne où les gens voyagent et font du tourisme. J’ai aimé ces deux voyages, l’écriture de Chi Zijian. Elle dépeint une vie quotidienne où l’attente de l’émerveillement est présente et mobilise toute une population. Les habitants, les touristes vivent dans cet espoir puis dans le souvenir et le fantasme du merveilleux, alors que la vie quotidienne charrie son lot de bonheur et malheur.

Un livre que je vous recommande ; doux et violent, poétique et réel. Le résumé qu’en fait Claude Prin, en 4ème de couverture, est parfait.

 

 

 

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Laurence Cossé - Vous n'écrivez plus ?

4 Mars 2013, 23:43pm

Publié par zazy

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Vous n’écrivez plus ?

Laurence COSSE

Editions Gallimard

200 pages

Septembre 2006

ISBN : 9782070779734

 

 

4ème de couverture :

Quand on feuillette les catalogues des grandes maisons d'édition, où figurent les noms de tous les auteurs qu'elles ont publiés, on a un peu froid dans le dos. Quatre-vingt-quinze pour cent de ces noms sont oubliés. Une autre chose est frappante. Beaucoup de ces auteurs ont disparu après avoir publié un livre ou deux, pas plus. Comment ont-ils vécu ensuite ? Qu'ont-ils fait, que sont-ils devenus alors que plus personne ne se souvenait qu'ils avaient écrit ? Écrire n'a jamais transformé la vie, ni arraché qui que ce soit à l'humaine et infirme condition. Le constat serait amer s'il n'y avait l'humour de Laurence Cossé et son attrait pour la face cachée des êtres et des destins, si touchante, souvent, si incongrue qu'on se dit : cela ne s'invente pas.

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  Janvier 2013 ; 314 livres sont sortis (source book.node). combien iront au pilon ? Combien d’auteurs ne seront pas ou peu lus ? Combien d’auteurs ne publieront pas d’autres livres ?

Combien de premiers livres surprises ?

 Laurence Cossé nous raconte la vie de plusieurs de ces auteurs.

 Ainsi, cette jeune auteure ; son premier roman est couronné par un grand prix prestigieux ! La voici devant le micro pour remercier et là…… elle nous donne à voir l’envers du décor, les petites employées invisibles….. Quelle revanche oui, mais quelles humiliations, faire partie du décor ni plus ni moins que les plantes vertes décorant le hall d’entrée. Cette nouvelle acerbe donne à penser sur la vanité des « élus », de la cruauté du monde de l’édition, tous ces écrivains, ces éditeurs, ces journalistes, ces ….  « La standardiste » une nouvelle cynique… mais jouissive.

 « Le coup du lapin » : Non il ne s’agit pas des suites d’un accident de voiture, mais un accident maternel. Une mère auteure, l’inspiration l’a fui depuis longtemps. « Heureusement » son fils, par une de ses maladresse coutumière lui donne l’Inspiration  « Quel sujet, répéta-t-elle. Voilà ce que j’attendais depuis des mois : qu’on m’apporte un vrai grand sujet sur un plateau ! ». Les dommages collatéraux, comme les fous de guerre, elle ne s’en occupe pas du tout.

 « Les carnassiers » tout aussi dur et cruel.  « Le nœud de l’histoire » comme un nœud gordien qu’Eric ne saura trancher. « Eric le comprenait soudain, il n’avait jamais écrit qu’à son père, et dans un but unique : essayer de lui plaire ». et quelle chute !

« Un pull bleu très doux » ou les bévues d’une journaliste télé avec un auteur enfermé dans son monde. Reportage scénarisé que l’auteur vit très mal. « Te frappe pas, j’ai vu ça dix fois. Ce mec est comme les autres. Tous les gens qui écrivent sont cinglés. Plus u moins cinglés, mais cinglés. C’est pour ça qu’ils écrivent du reste. »

Laurence Cossé dépeint le quotidien de ces écrivains en panne d’inspiration, en panne de vie, des auteurs perdus dans leur quotidien « Quand on lui demandait « Ah, c’est vous qui écrivez ? » (aux réunions de parents, au retour de sorties de classe, parfois à un dîner exceptionnellement dans l’autobus), elle disait « Oui, de temps en temps ». Des années durant elle avait répondu « Oui, à mes moments perdus », mais un jour elle avait pris conscience que les moments perdus étaient une chose qu’elle et son existence ignoraient complètement, et elle avait changé de formule. Elle écrivait l’après-midi, entre deux et cinq, tous els jours sauf les jours où c’était impossible ».

En lisant ces nouvelles,  je me suis demandée pourquoi l’écriture est-elle si aléatoire qu’est-ce qui fait qu’un écrivain renommé tombe d’un seul coup dans l’oubli, pourquoi un auteur arrête soudainement d’écrire, pourquoi certains n’osent braver l’interdit et publier leur manuscrit « la dame lui a rendu son manuscrit quelques jours plus tard, en lui disant – ma mère l’a noté scrupuleusement : «  c’est une histoire de vie très touchante, je dois dire qu’on est ému. Mais je ne vois pas pourquoi je vous tairais la vérité, je vous parle comme je parlerais à un auteur : ce texte n’a pas d’intérêt littéraire. » » Or ce livre vient de recevoir un prix prestigieux !!!

 Quelle chirurgie, quelle vivisection du monde littéraire. Laurence Cossé tranche dans le vif ! Elle manie, à la fois, la cruauté, l’humour, l’ironie, la légèreté voire une certaine tendresse envers ces écrivains sans livres, sans gloire ou à la gloire passée, ces exclus des gondoles, mais qui, vaille que vaille, rament, continuent.  Les chutes sont aux petits oignons.

 Je suis de parti pris car Laurence Cossé est un écrivain que j’aime beaucoup, mais, lisez-le, c’est un très bon bouquin. Des nouvelles à lire et à relire.

 

 

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Rosa Montero - Le roi transparent

4 Mars 2013, 22:39pm

Publié par zazy

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Le roi transparent

Rosa Montero

Editions Points poche

561 pages

 ISBN : 9782757815717

 

4ème de couverture :

Lorsque pour échapper au viol et à la mort la jeune Léola revêt l'armure d'un chevalier tué, elle ne sait pas qu'elle va dorénavant devoir vivre comme un homme et apprendre à se battre. Nynève la rousse, la guérisseuse, la sorcière, devient son guide et l'aide à grandir et à faire sa route de femme indépendante dans ce Moyen Âge réel et fantasmé qui permet au talent de conteuse de Rosa Montera de nous montrer, en l'espace d'une vie, un siècle qui marque l'ouverture du Moyen Âge vers la Renaissance. Léola va apprendre à penser et à écrire, fréquenter la cour d'Aliénor d'Aquitaine, voir la corruption de l'Église et le fanatisme de l'Inquisition, admirer la lutte des Cathares, découvrir les pouvoirs de l'imagination et rêver du roi Arthur tout en évitant soigneusement la malédiction du Roi Transparent. Le grand talent de Rosa Montera est de savoir tenir le lecteur prisonnier de son histoire tout en l'amenant à s'interroger sur un siècle turbulent et déroutant peut-être à l'image du nôtre. Émouvant et épique, original et puissant, ce roman a la force irrésistible des histoires que le lecteur a du mal à abandonner.

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 Mars, mois de la femme et dieu de la guerre dans la mythologie romaine. Coïncidence heureuse puisque nous sommes en mars et que  ce livre parle de Léola, jeune serve appartenant au seigneur d’Aubenac.

  Mais, commençons par le début. Léola tire la charrue avec son frère telle une bête de somme pendant que, dans le champ à côté, les hommes en armure se battent.  Scène apparemment courante ! Mais les choses dégénèrent, son père, son frère, son promis sont capturés. Léola s’enfuit et se cache. Après la bagarre, elle vole l’armure d’un chevalier sur le champ de bataille. Il est plus sûr en ces temps de guerre, de famine… d’être un chevalier qu’une femme. A partir de cet instant, sa vie va changer radicalement.

 Le roman épique débute. Léola sera sauvée des griffes de bandits par un preux chevalier. Ensuite, elle rencontre Nynève qui serait la fée Viviane, celle des Chevaliers de la Table Ronde qui ne la quittera plus. Léola, toujours en chevalier trouvera un autre chevalier qui lui apprendra, durement, le maniement des armes et tout ce qu’un bon chevalier doit savoir pour se battre. Elles continuent leur chemin, toujours à guerroyer. Elle rencontrera Aliénor d’Aquitaine, Héloïse (celle d’Abélard), rencontrera et écoutera les Cathares…..

Une vie faste qui chemine au gré des chemins, des rencontres. Je ne suis pas certaine de la véracité de la chronologie, mais bon, c’est un roman épique donc, infidèle au temps et aux personnages.

 Malgré cette vie compressée, le livre m’a paru un peu long.  J’en avais un peu assez d’être à cheval, de guerroyer…. Trop, c’est trop ! Je me suis arrêtée en cours de chemin, laissant tout ce beau monde à Monségur.

 

 

 

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Noann Lyne - Délivrances

3 Mars 2013, 21:53pm

Publié par zazy

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J’ai aimé l’écriture de Noann Lyne, les descriptions bretonnes sont superbes et vivantes, mais, oserais-je terminer sur ce mauvais jeu de mots (encore un) : son livre m’a laissée de marbre

 Merci Lili pour ce livre-voyageur.

Noann Lyne est livrogne de service dont j'apprécie beaucoup les chroniques.

 

 

 

 

 

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Russell H. Greenan - Bric-à-brac man

28 Février 2013, 19:20pm

Publié par zazy

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Bric-à-brac man

Russell H. Greenan

Traduction d’Aurélie Tronchet

Gravures de Sarah d’Haeyer

Editions l’œil d’or

251 pages

ISBN : 9782913662407

 

 

4ème de couverture :

PAR OÙ COMMENCER ? En voilà, une question piège. Dieu seul sait où naissent tous les drames personnels, et bien que le Très Haut
soit supposé être partout, Il n’est jamais dans le coin quand on a besoin de lui. Je rencontrai mon cousin, Maurice Fitzjames, par hasard, cet été. Je venais de garer mon break pourri devant le Harvard Club et je trottais sur Commonwealth Avenue lorsque je le percutai presque. En fait je n’ai eu aucune chance d’éviter ce saligaud. Comme d’habitude il était habillé comme la vedette d’une comédie de mœurs – une veste en tartan, une chemise à motifs cachemire, un pantalon en toile, et des sandales en daim – et, comme d’habitude, il portait ses lunettes de soleil enrobantes qui dissimulaient ses yeux fuyants et ophidiens. Seule entaille à ses habitudes : il me souriait. Le connaissant, j’en déduisis qu’il venait juste de dévaliser un pauvre bougre ou d’incendier un orphelinat à seule fin de toucher la prime d’assurance.

À Boston, Arnold Hopkins est antiquaire. Très regardant sur la qualité des objets qu’il négocie, il l’est moins sur les moyens de se les procurer, quitte à passer des accords avec le diable.

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Arnold Hopkins est brocanteur mais se voudrait antiquaire. Il vit, dans un bric-à-brac, une vie faite de bric et de broc.

Sa vie, une vraie aventure au quotidien, surtout faite de déboires, de rebondissements. A chaque fois qu’Arnold entrevoit le bout du tunnel matérialisé par un bon paquet de dollars, survient un contretemps fâcheux au mieux, une catastrophe au pire. Monte-en-l’air à l’occasion, Il faut bien vivre, gagner sa croûte pour acheter avant de vendre. Des fois, on vendrait même sa vie au diable pour un pactole qui permettrait de faire patienter le banquier, d’ouvrir une boutique (le rêve !).

Arnold héros antihéros, looser devant l’éternel ou éternel perdant tirant le diable par la queue, sauf qu’Arnold va le rencontrer le Diable et qu’il va lui prêter une somme rondelette à condition d’apposer sa signature en bas d’un document. Tout ça, Arnold le fait.

Arnold a comme un ange gardien ou une « conscience » qui lui évite de faire le faux pas de trop, qui le protège. Ces projets peuvent même partir en fumées, mais à la fin… enfin lisez-le, je ne vais pas vous mâcher la lecture ce ne serait pas marrant. Ce livre est un policier que diantre !

 J’ai omis de vous dire, Arnold a un sosie, un clone : son cousin. Mais si lui est un doux et un tendre, Maurice Fitzjames est brutal, veule et… antiquaire !

 Cette histoire tirée par la queue (du diable) a peut-être plusieurs lectures. Et si, du début de l’histoire ce n’était qu’un horrible complot ourdi par son « cher cousin » et une certaine beauté ? Et si, oui je sais, ça devient tordu, « son ange gardien » Barney était à l’origine de l’origine, histoire de mettre la main sur le pactole d’un « confrère », allez, hop, un concurrent en moins.

 Je vais trop loin ? Peut-être, en tout cas, je me suis bien amusée à lire ce livre. L’écriture nerveuse, les chapitres courts, les rebondissements nombreux, les gravures en noir et blancs de Sarah d’Haeyer (j’ai adoré les couronnes mortuaires) font que je ne me suis pas du tout ennuyée.

 Histoires rocambolesques, que Rocambole lui-même ne désavouerait pas. Histoires loufoques où les Pieds Nickelés n’auraient pas été dépaysés.Pas de téléphone portable, pas d'informatique, pas  de sang, ou juste un filet (il faut ce qu'il faut).

 L’œil d’or mais il ne dort pas sur ses deux oreilles !  La couverture, originale, me fait penser à ces vieux feuilletons du siècle passé, à ces vieilles bandes dessinées. Merci logo-libflybis de nous faire découvrir ces maisons d’éditions peu connues  et qui offrent cette qualité d’impression et de très bonnes lectures. D'autres avis sur le site (cliquez sur le logo)

 Afb, merci pour le prêt. Le gros hic, c’est que je vais devoir te le retourner et que je n’en ai pas du tout envie !!

 

 

 

 

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Geai

27 Février 2013, 23:10pm

Publié par zazy

C'est beau un geai, couleurs dans la grisaille, couleurs sur le blanc de la neige.

Pourtant, il mange les oeufs des autres oiseaux, son cri n'est pas beau, il est bagarreur.... mais il faut voir les mésanges batailler entre elles, ce n'est guère mieux.

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Là, il attend le moment propice pour fondre sur les morceaux de pains

 

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Déguerpissez tous, j'arrive !

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N'ai-je pas fière allure ?

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