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ZAZY - mon blogue de lecture

Hélène Gestern - La part du feu

30 Mai 2013, 11:07am

Publié par zazy

La part du feu

Hélène Gestern

Editions Arléa

1er/mille

ISBN : 9782363080097

 

4ème de couverture :

Ma fille aura vu l’archive d’un mouvement dont plus personne ne se souvient. Ces gens et ces évènements ne sont que des abstractions pour elle. Elle ne fera jamais le lien.

À la suite d’une révélation qui la bouleverse, Laurence Emmanuel comprend que sa vie est peut-être moins simple qu’elle ne le pensait. Très vite, ses recherches l’amènent sur la piste d’un militant d’extrême gauche,

Qui était ce Guillermo Zorgen, militant d’extrême gauche, qui a défrayé la chronique dans les années 1970? Un idéaliste dans une époque troublée ou un dangereux pyromane ? Et surtout : quels liens entretenait-il avec les parents de Laurence ?

Après Eux sur la photo, Hélène Gestern se plonge à nouveau dans la quête du passé révélant les formes ardentes et parfois destructrices, de la passion.

==========

Secrets bien enfouis, famille, quête identitaire, recherches, douleurs du secret. Hélène Gestern nous embrigade dans une nouvelle quête, une nouvelle enquête sur les secrets familiaux.

Embrigade est bien le mot car nous nous retrouvons au milieu d’un groupuscule d’extrême-gauche des années 70.

 A+ et B-, deux groupes sanguin incompatibles et Laurence découvre brutalement qu’elle n’est pas la fille de son père « J’ai appris la nouvelle de mon adoption il y a un peu plus de deux ans, presque par hasard. »

 

Petit à petit, mais inexorablement, elle va à la pêche aux informations. Spécialiste de l’histoire du papier, son métier, ses relations vont lui permettre d’avancer et de découvrir

Guillermo Zorgen, activiste d’extrême-gauche. Son père ? « Au fond, j’avais envie d’être née de cette liaison qui avait eu l’intensité des grandes amours, de prolonger un être lumineux mort trop tôt. » Mais on ne remue pas un tel passé sans risques « Je vous donne un conseil amical : ne remuez pas ce passé-là, il est noir comme la suie. Vous risquez de vous salir, jeune fille ».

 

Hélène Gestern introduit des extraits de journaux, des poésies, des lettres pour mieux appuyer les recherches de Laurence, donner plus d’épaisseur à Guillermo Zorgen, à son action, aux relations amoureuses entre cet homme et sa mère.

 

L’engagement aussi bien amoureux que politique est extrême (ce qui est normal pour un groupuscule politique de cet acabit). L’emprise de Zorgen sur ses troupes est très forte « on a suivi comme des moutons ». La passion entre Guillermo et Sonia intense « Toi et moi on s’aimait, mais ne savait que se faire du mal ». L’amour de Jacques pour Laurence. Tout ceci donne de l’épaisseur, du corps au livre d’Hélène Gestern. Laurence avance lentement dans ce tunnel. A un moment elle dit : « Je ne voulais plus savoir, mais comprendre, ce qui n’avait rien à voir ». Elle s’attarde beaucoup sur Zorgen, pivot de ses recherches : « Au fond, j’avais envie d’être née de cette liaison qui avait eu l’intensité des grands amours, de prolonger un être lumineux mort trop tôt. ».

Ce plongeon dans le passé remet en mémoire cette époque post-soixanthuitarde  où Action Directe (France), la Bande à Baader (Allemagne), les Brigades Rouges (Italie) faisaient régner une certaine terreur ; où le désir de « tutoyer la mort, la frôler d'aussi près que possible, dans l'espoir de la rencontrer.», celui de tout renverser ; où l’Etat agit en sous-main (les choses ont-elle changé ?)

 

Un livre sur la passion et ses dégâts : « Pour le moment, je ne voyais qu’un gâchis, celui des illusions d’une jeunesse, leur jeunesse à tous. Certains avaient voulu la liberté, mais avaient retourné l’aiguillon de leurs batailles contre eux. D’autres croyaient en la vertu de la violence, et la violence les avaient plaqués au sol. ». Un livre sur la renaissance, la reconstruction.

 

Autant il semble que Laurence Emmanuel semble ne plus contrôler la situation, autant Hélène Gestern la maîtrise avec une narration ciselée, précise. « Eux sur la photo » est un roman épistolaire, ici  il y a plus de « chair ».

 

Un livre que j’ai beaucoup apprécié.

 

Hélène Gestern était présente au dernier Salon des Dames à Nevers et j’ai pu voir son émotion lorsque les élèves du Lycée Raoul Follereau de Nevers ont jouer, en sa présence, des extraits de son livre. L’émotion était partagée par ses acteurs en herbe…. Jouer devant l’auteur !

 

 

Hélène Gestern - La part du feu

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Michel Quint - Sur les trois heures après dîner

26 Mai 2013, 10:31am

Publié par zazy

Sur les trois heures après-dîner

Michel Quint

Belem Editions

94 pages

novembre 2004

ISBN : 9782915577136

 

4ème de couverture :

 

« Et puis une porte s’est ouverte dans le haut du théâtre, on a entendu descendre la travée à quatre et il est arrivé. Thomas Bertin ! Et le soleil s’est couché sur le reste de l’univers ». Un roman bouleversant, tendre et tragique. La passion du théâtre. L’amour ébloui de Rachel, lycéenne de terminale, pour son professeur. La tragédie d’un homme. Une langue superbe. Celle de l’émotion et des sentiments forts. Un « Michel Quint », tout simplement.

 

Voir la biographie de Michel Quint sur son site : ici

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Prenez un prof de théâtre, Thomas Bertin, 35 ans, beau gosse dans une terminale de lycée option théâtre, amoureux de sa partenaire, Babette ; Rachel, 19 ans, (Oui, c’est également le prénom d’une grande tragédienne du 19ème siècle) étudiante dans cette classe, apparemment une excellent apprentie comédienne : et vous avez tous les ingrédients d’un mélodrame.

 

Bien entendu, elle tombe immédiatement raide amoureuse de ce beau gosse « Ça m'a fait vlan au creux de la poitrine, du chaud aux joues, un picotis partout partout et une bête envie de pleurer…»
Lui semble comprendre les dimensions théâtrale de cette élève et tombe sous le charme de son talent en herbe. « Pas seulement une tragédienne, tu seras une grande amoureuse… »

Ah oui, j’oubliais,  ils étudient Cyrano !!

Patatras, le mélodrame arrive ! Thomas est victime d’une hémorragie cérébrale et Rachel viendra à son secours pour une rééducation aussi rapide qu’efficace. Les parents, ouvriers chômeurs, en prennent ombrage. Kader, qui joue le personnage de Christian, est amoureux de Rachel… Vous voyez les interférences entre les acteurs de la pièce et les personnages du roman.

 

Dans ce roman pour adolescentes, Michel Quint abonde dans le parler jeune. J’étais  un peu énervée au début, cette façon qu’à Rachel de ne pas mettre la négation « Moi, pareil que les autres, je vaux pas mieux » ! et puis je m’y suis faite ; après tout, c’est Rachel qui raconte son histoire et puis, en tant que prof, il a des exemples vivants sous les yeux. Les portes claquent (un Vaudeville ?), la chrysalide devient comédienne, le prof meurt en scène (comme un certain Molière), Un enfant nait (non, je ne vous dirai pas qui est la  mère) que l’on appelle Jean-Baptiste (voir la parenthèse plus haut)….

 

Mais… c’est sans compter la plume de Michel Quint et ce qui ne pourrait être qu’une bluette pour adolescente devient un mélodrame. L’écriture nerveuse ne donne aucun repos. Toujours sur le fil, la pièce, le livre, la vie, la mort des héros, tout s’imbrique comme un puzzle, sauf cette petite pièce essentielle que l’on nomme le cœur et qui s’amuse à jouer les trouble-puzzles. On peut y trouver un peu de l’éducation sentimentale de Flaubert. Peut-être Rachel pourra-t-elle dire plus tard " rien ne vaut les souvenirs et les illusions de l'adolescence".

 

Pourquoi ce titre ? Une tirade extraite de Cyrano et quelque peu modifiée par le cerveau malade de Thomas

Un petit livre que j’ai beaucoup apprécié. Une nouvelle plus qu’un roman, lu en une soirée sous la couette. De toute façon, je suis de parti pris : j’apprécie les livres de Michel Quint, que ce soit dit.

Lors d'un précédent partenariat  , j'avais découvert cet auteur avec "ma révérence". et j'ai toujours autant de plaisir à lire ses livres.

D'autres avis : Clarabel - Alonso - livrons-nous

 

 

 

 

 

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Joann Sfar - l'Eternel

24 Mai 2013, 08:55am

Publié par zazy

 

L’Eternel

Joann Sfar

Editions Albin Michel

455 pages

Avril2013

ISBN : 9782226246851

 

 

4ème de couverture :

Les vampires, ça n’existe pas. La psychanalyse, ça ne marche pas. On était vraiment fait pour se rencontrer

 

Le parcours de Joann Sfar (source Entrée Livre)

Dessinateur et scénariste de bande dessinée, réalisateur de cinéma (César du meilleur premier film pour Gainsbourg, vie héroïque, du meilleur film d’animation pour Le Chat du rabbin.), Joann Sfar est né à Nice en 1971. Intarissable raconteur d’histoires, il puise son imaginaire délirant dans la fiction populaire (roman d’aventures, films fantastiques…) et le folklore lié à ses origines juives, ashkénaze et séfarade à la fois, qui imprègne nombre de ses albums comme Kletzmer ou Le Chat du rabbin (la série qui l’a imposé auprès du grand public).

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Ca y est : j’ai rencontré mon premier vampire et j’ai aimé ça !!!

Bien sûr, ce n’est pas un vampire frankensteinien, mais genre Woody Allen. Quoi ? J’ai dit que W. H. nous vampirisait ? Oh, vous m’avez mal comprise !

J’ai eu un moment de recul en recevant le livre, mais quand je m’y suis plongée, j’ai adoré. Imaginez, l’histoire d’un vampire qui avait honte d’être un vampire. «très heureux de parvenir à ne pas tuer».

 

Mais, commençons par le début assez déroutant s’il n’y avait ce vocabulaire imagé, outré qui ne m’a ni gênée ni choquée pour parler de la violence, des viols, des exactions malheureusement propres (oh ! le terme parait bizarre ici) à toute guerre.

«  Elle a besoin de dormir, Caïn. Les femmes enceintes dorment beaucoup.

  • Tu veux voir ses loches, petit frère ? Elles étaient déjà conséquentes, mais là, ça devient….
  • C’est pas ma fiancée, Caïn.
  • Pas la mienne non plu, ça n’a rien  à voir ! C’est juste une paysanne et je la baise.
  • Oui, mais mon enfant, c’est le tien, murmura l’Ukrainienne sans ouvrir les yeux »

 

Avant que de devenir un vampire, Ionas sera tué à la guerre, dans une anse de la Volga, pendant la 1ère guerre mondiale, avec tout son régiment et les filles à soldats qui y vivaient. Des scènes terribles, atroces mais la façon d’écrire, le vocabulaire de Joann Sfar font que cela en devient épique et Oh, je vais oser : ce n’est qu’une « mise en bouche » (on ne me tape pas !!!).

 

Maintenant Ionas est mort et bien mort et « Malgré les querelles de générations, les thaumaturges de toutes obédiences s’accordent, aujourd’hui encore, sur ce point précis : Il n’est pas prudent de laisser un mort sans sépulture ». Pourtant c’est ce qui se passe souvent en temps de guerre.

 

Mais retrouvons Ionas « Au moment où leurs lèvres se rencontraient, loin d’Odessa, sous un monticule de neige et de corps, le cadavre d’un jeune soldat reprenait vie. Deux yeux anxieux et perdus s’ouvrirent au cœur du charnier ». Tout comme la mue de chrysalide en papillon est difficile, Ionas peine à se sortir de l’enchevêtrement de bras, de jambes, de corps qui sont au-dessus de lui. Ce fut douloureux, lent, laborieux mais le sang d’un cheval qu’il enfourcha lui remit « le pied à l’étrier » (OK, un autre de mauvais genre, mais il faut vous y faire, ce ne sera pas le dernier, enfin j’espère !). « Il remit sa bouche sur la plaie et Ionas absorba à petites lampées le sang de sa victime. Comme apaisé, il s’endormit. L’étalon avait l voie de chemin de fer. Il galopait maintenant comme hypnotisé. »

 

Un vampire amoureux va, forcément, retrouver sa belle qui se trouve mariée à Caïn, son cher frère aîné, une vague histoire de tradition juive -enfin vous lirez ( je ne vais pas me saigner aux quatre veines et vous mâcher le travail !)

 

Avouez que c’est ballot, lorsque l’on trouve dans la bouche de Caïn cette phrase : « Moi, j’ai le goût du sang. Je sais quand il faut mordre et quand il faut se planquer. Ionas agissait en fonction d’idées abstraites : l’honneur, le devoir. La guerre c’est plus lâche, plus bête, plus… »  et qui c’est le vampire ? c’est Ionas ! Toujours à la poursuite de Hiéléna, sa fiancée, « L’idée d’un vampire père de famille ne le défrisait pas, puisque les arbres parlaient. Tout lui semblait possible »

Il s’inventa une sorte de code d’honneur :

« - Manger avant la faim, pour ne pas enrager,

- Ne pas tuer

- Dans la mesure du possible, ne s’en prendre qu’aux bêtes. »

 

Il s’aménagea un home confortable dans le cimetière chrétien, car il faut bien le dire, un cercueil c’est plus confortable que les tombes juives où les cadavres sont enterrés en pleine terre !!! « Avant le jour, une fois qu’il se fut retrouvé assis dans les huit mètres carrés de son refuge, chacun de ses cercueils débordant de sachet de lavande et de coussins, il s’installa jambes croisées dans on canapé, tripota ses journaux pas trop anciens posés en tas sur une console et alluma une pipe. Alors, jetant des regards vers un petit miroir à maquillage dans lequel il ne se reflétait plus, il vit le chien faire trois tours sur lui-même et s’endormir.

  • Ne me manque que des pantoufles, grommela Ionas »

Comme quoi, un vampire aime son confort, enfin lui, le vampire juif version Woody Halen !!! il s’amuse beaucoup, le galopin,  à faire claquer un volet, bouger un caillou… embêter le bourgeois quoi ! Il continu sa vie sa mort de petit bourgeois-vampire ou vampire-bourgeois, jusqu’à rencontrer l’amour : celle d’une vivante de notre siècle : Barbara Rebecka Streisand. Mais bon, c’est sa psy (juive, plantureuse, veuve depuis la veille), alors, nouveau dilemme. Il veut suivre une thérapie pour «réapprendre le meurtre». Une psy qui ne se formalise pas plus de côtoyer des fantômes, une mandragore, un loup-garou loup-dragou.

Mais j’arrête-là mes digressions. Une chose est importante : il FAUT lire ce livre déjanté (à ce que j’aime-ça !!!). Ionas  et son mal de vivre, son mal-être qui se choisit d’une psy. Cela me fait également penser à Philippe Roth et son livre « Portnoy et son complexe ».

Beaucoup d’autodérision. On accepte même que Ionas suce le sang, faut bien vivre !!!

 

Joann Sfar vient de la BD et cela se sent car beaucoup de phrases percutantes, de parodies, un texte très imagé, foisonnant, riche. Humour et sensualité donnent le La à ce livre déjanté qui part dans tous les sens, mais un désordre organisé, comme le « home sweet home » de Ionas.

 

J’ai aimé ce roman disjoncté, « total foutraque », ordonné dans son désordre.  Que diantre, ça fait du bien une telle explosion ! Joann Sfar, vous m’avez réconcilié avec les vampires, enfin s’ils sont du même acabit que le vôtre, pour les autres, la cause n’est pas encore entendue. Quelques longueurs m’empêchent d’en faire un coup de cœur.

 

Je remercie et la librairie   pour m’avoir envoyé ce livre, synonyme, pour moi, d'un bon moment de plaisir.

Allez voir les chroniques des autres lecteurs sur le site en cliquant sur le logo, sur le titre ou l’auteur.

Quelques phrases extraites de ce livre :

« Content de lui et remerciant le Seigneur qui autorise le mensonge et la peur de se faire prendre, et ce sentiment très relatif de pécher qui rend la vie plus belle, Reb Mordechaï descendit l’escalier qui séparait le paradis du monde séculaire en gratifiant l’atmosphère de petite flatulences joyeuses ».

 

«Dans ces bourgades dont on avait depuis longtemps massacré tous les juifs et où l'on était obligé, à chaque attaque, d'assassiner d'innocents orthodoxes»

 

« En Amérique, les juifs ne servent à rien, alors on leur fiche la paix. Ici, ils servent à calmer les nefs des gens »

 

 

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orchidés

22 Mai 2013, 21:36pm

Publié par zazy

orchidés
orchidés

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Dominique Lin - Passerelles

21 Mai 2013, 17:05pm

Publié par zazy

Passerelles

Dominique Lin

Editions Elan Sud

Collection Regards

1er trimestre 2013

ISBN : 9782911137297

 

4ème de couverture :

Prendre le temps de se poser, comprendre le hasard qui sculpte notre histoire bien avant notre naissance.

« On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille, être né quelque part c'est toujours un hasard. » Chantés par Maxime Le Forestier, ces mots résonnent tout au long de ce roman. Léon va voir défiler les composantes de sa vie, assis sur un banc, en face de chez lui.

 

Quelques mots sur Dominique Lin (source Elan Sud) :

Membre de la Société des Gens De Lettres, Dominique LIN se consacre entièrement à l'écriture. Ateliers, aide à l'édition, conférences et romans sont autant de vecteurs propices pour partager, transmettre ses compétences, mais aussi sa vision humaniste du monde.

Il nous emmène là où on ne l’attend pas, là où les vagues de l’évidence ne viennent pas déverser leurs clichés. Ses romans en sont le bel exemple : une aventure à Cuba, un cri d'amour pour les Cévennes. Son troisième, dans lequel il a enlevé tout cadre pour se concentrer sur l'essentiel, amorce la condition humaine, sujet cher à l’auteur. Il éclaire, sans complaisance, une vie heurtée par des intérêts opposés.

Son quatrième part encore dans d'autres directions, comme pour nous décrire un monde sous différentes facettes, tout en restant centré sur un seul sujet : l'être humain, c'est aussi ce qui le définit le mieux.

 

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Dans ma région bourbonnaise, il était un écrivain-paysan (c’est ainsi qu’il se décrivait) Emile Guillaumin, auteur de « La vie d’un simple ». Et bien, c’est une parfaite description pour ce livre.

Un soir, en revenant chez lui après sa journée de travail, Léon se sent attiré vers un banc, pas envie de rentrer de suite. Il succombe et s’installe sur ce banc, juste en face de chez lui « Mais ce soir-là, en arrivant devant la maison par le trottoir d’en face, Léon s’arrêta. Le banc qu’il voyait de sa fenêtre depuis des années semblait l’attendre, l’inviter à s’asseoir. Il ne prêta pas tout de suite attention à cette idée. Tout le poussait à rentrer chez lui, à suivre le cours normal de sa journée et pourtant, sans qu’il eût rien décidé, il s’assit. Le monde lui sembla distant, tout se figea, sauf ses pensées qui s’'éveillèrent. »

Les souvenirs affluent et le talent de Dominique Lin est de nous les restituer sans que ce soit redondant. Nous partageons les silences de Léon, ses souvenirs, ses pensées au fur et à mesure que le banc s’enfonce dans la nuit, que les téléviseurs, ces petites taches lumineuses, s’éteignent les uns après les autres. « Assis sur ce banc, j’ai la sensation que mes pensées, tapies depuis des années, se libèrent telles ces feuilles poussées par le vent, que le réverbère n’est là depuis des années, lui aussi, que pour les mettre en lumière. Que ne me suis-je assis là avant ? »

 

Je me suis assise à côté de Léon, j’ai appuyé sur le bouton « arrêt » et je me suis délectée des mots, des phrases, de la poésie de Dominique Lin. Léon nous offre ses réflexions sur le monde, sur notre société actuelle où l’argent et la réussite sociale priment. La télévision omniprésente : « Pas un foyer où les gens seraient ensemble à se parler, manger, lire ou partager un moment sans ce déversoir universel d’immondices culturelles propre à rétrécir le champ de réflexion de l’esprit humain transformé en décharge à ciel ouvert. "pas un foyer où les gens ensemble à se partager, manger, lire ou partager un moment sans ce déversoir universel d’immondices culturelles propre à rétrécir le champ de réflexion de l’esprit humain, transformé en décharge à ciel ouvert. » Toutes les questions qu’il se pose, nous nous les sommes posées à un moment ou un autre. Pas de grandes déclarations, mais des phrases ciselées sans être précieuses, des phrases qui font mouche et que l’on se délecte de relire ; un livre qui se découvre au fil des pages ; un livre profond ; un livre que j’ai aimé ;  un auteur que je découvre et dont je lirai d’autres ouvrages.

Une lecture que je vous recommande et je remercie de me l’avoir envoyé.   Vous pouvez nous rejoindre en cliquant sur le logo et découvrir de nouvelles lectures.

Cerise sur le gâteau, Dominique Lin m’a gentiment dédicacé ce livre. Oui, vos mots sont vraiment une passerelle entre vous l’auteur et nous les lecteurs. Merci pour cette belle lecture. Oui j’aime ces livres à contretemps où l’on n’a pas envie de voir arriver la dernière page ; que l’on ferme le soir avec bonheur tout en goûtant à l’avance l’immense plaisir de le retrouver le lendemain.

Ils l'ont lu et apprécié  : Yv - Alex - Nadael

 

Quelques extraits  :

"J'aimerais partir pour cette ville que je n'ai jamais quittée, mais que je ne vois plus. Ma rue est aussi vaste que l'océan, mon quartier est un continent. La maison de ma mère est bien celle où j'habite, j'y suis voyageur en transit."

« On devient vieux quand on a oublié l’enfant qu’on a été. »

« Nul ne peut ignorer qu’il est en vie et que le temps imparti va s’arrêter quand ce sera l’heure. »

« Comment font les gens pour être surpris, dire qu’ils ne s’y attendaient pas quand ils apprennent le décès d’un proche ou d’un  personnage connu ? Comme s’ils ne savaient pas que nous y allons tous. »

 

« Aucune importante, les rails sont là pour être quittés. »

« Si nos vieux d’aujourd’hui regrettent leur temps passé comme le regrettaient déjà ceux de mon enfance, ce n’est pas parce qu’il était meilleurs, comme ils se complaisent à le dire, mais parce qu’il est le leur. »

« Indignez-vous ! avait écrit un homme dont chacun s’appliquait à dire qu’kl était sage. Mais après ce cri dont le seul symbole contenait du sens, qu’avait-il fait ? Les millions de lecteurs bien intentionnés, qu’avaient-ils faits, eux aussi ? Le soufflé était retombé, le livre gisait désormais sur quelque étagère de bibliothèque, entre Hemingway et Hugo… autant se taire. »

« Sa vie si discrète prenait un sens ; il n’avait rien accompli de grandiose, il n’avait pas eu son quart d’heure de gloire, mais il acceptait qui il était. »

 

 

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Une visite surprise - Claudie Pernusch

16 Mai 2013, 22:15pm

Publié par zazy

Une visite surprise

Claudie Pernusch

Editions Belfond

222 pages

Mai 2013

ISBN / 9782714455901

 

4ème de couverture :

 

L’amour, l’océan les dunes de Soulac-sur-Mer… C’est la vie que Paulin s’est choisie, et il n’en veut pas d’autre. Il ne répond même pas à la lettre de Louise, une aventure d’un soir depuis longtemps oubliée. Lui, père d’une fillette ? Pas question de faire le test, encore moins de rencontrer l’enfant. Mais la petite déferle dans sa vie et elle ne lui laissera pas le choix.

 

Une émouvante comédie de mœurs, vive et fine, grave et légère, sur fond d’algues et de vent de mer. L’histoire d’un homme obligé d’affronter la réalité : une enfant inconnue qui lui demande de l’aimer.

 

Quelques mots sur Claudie Pernusch (site librairie Decitre) :

Claudie Pernusch est plus connue sous le nom de Sandrine Pernusch, auteur de livres à succès pour la jeunesse chez Bayard, Hachette, Grasset, Magnard, Casterman, Hatier, comme Mon je me parle (Casterman, 1996), au programme des écoles, et Faustine et le souvenir (Casterman, 1998), ou encore Un Fantôme en Classe Verte (éditions Rageot, 1995). Beaucoup sont traduits en plusieurs langues. Elle a ensuite décidé d'écrire pour les adultes et publié deux romans chez Albin Michel, Le Destin de madame Picmol (2006) et Le Cartable à musique (2009).
Son sujet de prédilection ? Quand le réel vient catapulter des vies bien rangées… pour le meilleur ou pour le pire.

 

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« Depuis ce matin l’enveloppe patiente dans mon veston. Je n’ose pas l’ouvrir. Je ne veux pas l’ouvrir. Je répugne à l’ouvrir. » Oh comme je comprends qu’il ne veuille pas l’ouvrir cette satané lettre qui risque de bouleverser toute sa vie. Une vie qu’il a choisie, surtout maintenant qu’il a rencontré « la femme de sa vie », qu’ils se veulent sans enfant, simplement tous les deux amoureux fous.

Mais voilà, le ver est dans le fruit, la réponse dans la lettre, la curiosité fera le reste. Bien entendu, la réponse est positive : il est le père de cette petite grenouille, le père d’Hermine dite Mine.

Il refuse cette paternité tardive et le lui dit « « Bien que vous n’ayez nullement eu l’honnêteté de partager avec moi le choix de garder cette enfant. Une enfant que vous avez faite uniquement vôtre pendant des années. Alors aujourd’hui assumez votre choix et je vous en supplie, respectez ma vie. » A quoi elle rétorque « Tu verras Mine. Tu verras ton enfant, déclare la femme au regard flamboyant. Je m’y suis engagé »e. Rien au monde n’est plus important pour moi, je ne pense plus qu’à ça. D’une façon ou d’une autre, je ne e lâcherai pas ».

Paulin et la mère font une partie de ping-pong dévastatrice. Mine est l’obus  qui risque de faire sauter la vie de Paulin, sa pauvre vie qu’il a peiné à réinventer. Il est venu se lover dans le giron de sa Gironde natale, dans son village, dans la maison familiale et c’est petite chose va venir tout faire sauter !!! Ah mais non, il va ruer le bougre, refuser, pas question. Il y a Lena, l’amour de sa vie !!! « Et je devrais prendre le risque de laisser une enfant inconnue jusqu’à ce jour ruiner un tel amour ? Entre une gamine qui m’est totalement étrangère et la femme de ma vie, y a pas photo. Et mollo, hein, les âmes bien pensantes, mollo. »

Mais c’est sans compter la douce insistance de Mine, qui telle l’hermine reviendra au terrier, doucement, sans brusquer, mais sans lâcher.

« -Tu veux pas m’aimer un peu ? supplie la petite d’une voix pleine de larmes.

- Mine, on ne commande pas ses sentiments comme des cornets de frites.

- Peut-être mais si on connaît pas les frites ben on peut pas savoir qu’on les aime. »

Petit à petit, ces deux-là vont s’apprivoiser sous le regard presque haineux de Lena qui refuse et s’enfuit. Paulin devra faire des choix,  se colleter de nouveau aux réalités de la vie. La parenthèse enchantée est finie. Tout choix implique une petite mort et Paulin y laissera quelques plumes. Le bonheur (et la tranquillité ?) est à ce prix. Lena ne veut pas être la belle-mère

« Rien. En tout cas je ne serai pas la belle-mère de ta fille. Je ne redeviendrai pas celle à qui on peut prendre son père, je… (lapsus révélateur des souvenirs de son enfance)

Je ne suis pas ton père Lena ! Merde !

… Je ne serai pas celle à qui on peut prendre son compagnon, poursuit Lena des sanglots dans la voix, je ne serai plus jamais celle en trop, celle qu’on humilie, qu’on finit par chasser. Je préfère me chasser moi-même »

 

J’ai aimé la couverture acidulée de ce livre. J’ai aimé le papier issu de sources responsables. J’ai surtout aimé lire l’écriture de  Claude Pernusch avec Soulac-sur-Mer en toile de fond ; elle en parle avec du plaisir sous les doigts. L’écriture vive me fait penser aux marées girondines, au ressac. Repartir pour mieux revenir.

 

En lisant la 4ème de couverture, je m’attendais à un livre gentillet et bien non. Sous ses airs de comédie (cela pourrait faire un bon scénario), Claude Pernusch parle de la paternité non désirée. « J’insiste beaucoup sur ce choix non partagé. Je le trouve plus salopard que mon refus de paternité imposée. Je veux avorter ». Sujet dont on parle peu. Cette Mine va faire exploser sa vie en mille morceaux d’étoiles et de verre.

 

Oui, vraiment une belle visite surprise. Soyez rassurée Claudie Pernusch, le grain de sable dans le bonheur d’un homme a su me toucher et me plaire. Merci pour votre délicate dédicace.

Je remercie vivement les Editions Belfond qui m’ont proposées la lecture de ce livre délicat.

 

Une jolie phrase :

« Les mômes sont le négatif des anges, de petits diables sans pitié »

 

 

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Amanda Kyle Williams - celui que tu cherches

14 Mai 2013, 13:52pm

Publié par zazy

Celui que tu cherches

Amanda Kyle Williams

Traduction Pierre Reignier

Editions Albin Michel

mars 2013

400 pages

ISBN : 9782226246899

 

 

4ème de couverture :

Dans l’oppressante chaleur d’été, un tueur en série sème la terreur à Atlanta, annonçant ses crimes par lettre aux médias. La police fait appel à Keye Street, américaine d’origine chinoise, spécialiste de l’analyse comportementale, mise à la porte du FBI pour cause d’alcoolisme et désormais détective privée. La frêle jeune femme au Glock 10mm se raccroche à son métier, incapable de se passer du frisson de l’action et du goût du danger.
A la poursuite d’un des tueurs les plus effroyables et les plus habiles que le Sud des Etats-Unis ait jamais connu, Keye tente de démêler les liens entre ces différents meurtres tout en domptant ses propres démons. L’enquête ne tarde pas à devenir une affaire dangereusement personnelle, dans laquelle elle doit affronter son passé et défendre ceux qu’elle aime

 

Profil d’ Amanda Kyle Williams (source Albin Michel)

Tour à tour journaliste free-lance, représentante de commerce, huissier de justice, détective privé... Amanda Kyle Williams s’est nourrie de ses nombreuses expériences pour écrire son premier suspense, salué par la presse anglo-saxonne et élu parmi les meilleurs romans de l’année 2011 par Kirkus Reviews

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Vous prenez :

  • une profileuse ex-FBI, virée pour cause d’alcoolisme avéré et profond, devenue chasseuse de primes. Pour parodier une pub un peu ancienne : j’ai 5 secondes pour vous dire que  Keye Street, c’est de la dynamite !!!
  • un serial killer sérieux
  • des meurtres très spectaculaires
  • un commissaire peu ou prou amoureux de la profileuse
  • Atlanta, ville Etatsunisienne en pleine canicule et on la sent cette chaleur !
  • Des personnages secondaires très présents

Mettez ces ingrédients dans ce que vous voudrez, secouez très très fortement et vous obtenez un polar, pardon, un thriller qui vous tiendra éveillée jusqu’à ce que vous ayez terminé le livre (même si 3 schtroumpfs-vacanciers vous lèvent à 7 heures le matin).

C’est  un raccourci éhonté, mais …..Malgré tous ces poncifs, Amanda Kyle Williams a réussi quelque chose qui fonctionne très bien. Est-ce la cuisson, la macération ? Je n’en sais rien, en tout cas tout est réussi. La fin est l’apothéose, le feu d’artifice. Quant au meurtrier, ce serial killer…… quelques indices sont disséminés dans l’ouvrage, mais va savoir Charles si tu ne connais pas la fin !

Keye Street, vous êtes si vivante, si honteusement humaine et déjantée que vous m’avez plu. Votre auteur a fait en sorte que nous n’ignorions rien de votre vie, de votre passé et cela vous donne une grande force. Vous faites partie d’Atlanta. « Le Sud vous rentre dans le sang, par les narines, sous la peau, il vous pénètre jusqu’à la moelle. Je fais moins partie du Sud que le Sud ne fit partie de moi. C’est assez émouvant, cette idée du triomphe de la géographie sur soi. ». « J’étais donc devant cette maison sans savoir ce qui m’y attendait, sans renforts. J’y allais comme ça à chaud, le cœur battant la chamade, un torrent d’adrénaline dans les veines. L’adrénaline, je la sentais même dans ma bouche ; amande et saccharine. J’étais morte de trouille et j’adorais ça. »  D’après ma psy, j’ai un fantasme de puissance –un gros problème d’envie du pénis. C’est vrai, de temps à autre j’aime bien avoir un bon gros Glock à la main (oh je vous vois venir petits malappris, le Glock n’est pas un pénis, mais un pistolet !!!) De quoi avais-je si peur ? De ne pas pouvoir travailler sans boire, peut-être. Me sentais-je incapable de laisser mon esprit s’aventurer sur ce terrain violent, sauvage, de l’enquête criminelle, sans un verre à la main ? L’analyste comportementale que j’avais été ne devait-elle ses prouesses qu’à l’alcool ? Ces phrases vous définissent très bien.

Keye Street possède sa propre agence et doit « faire bouillir la marmite ». A elle, les joies de la filature, la recherche de la vache perdue (et oui, ça lui est arrivé), les papiers à comparaître à donner en mains propres…. Des « entres-actes » dans cette quête au tueur car elle le sait, ce sera dur « Parce que le tueur me connaît, voilà pourquoi. »

Amanda Kyle Williams a nourri ce personnage qui devient humain. Ce n’est pas seulement une machine à débusquer, mais un être humain dense, riche dont nous connaissons tout sans que ce soit redondant. Ses descriptions, quelques fois trop longues pour moi qui ne connais pas les Etats-Unis, participent au roman et permettent une respiration, un temps de repos pour mieux repartir à la recherche de ce dangereux criminel. Le suspens augmente au fur et à mesure des pages tournées, le tout dans un style très vivant.

 

Je remercie chaleureusement pour ce joli cadeau qui m’a tenue éveillée une bonne partie de la nuit.

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Mercedes Deambrosis - Un après-midi avec Rock Hudson

13 Mai 2013, 14:38pm

Publié par zazy

 

Un après-midi avec Rock Hudson

Mercedes Deambrosis

Editions Buchet Castel

103 pages

2ème semestre 2001

ISBN : 9782283018644

 

 

4ème de couverture :

 

Dorita a réussi sa vie. Elle a un mari médecin, des bijoux, des fourrures et de grands enfants indépendants. Par une fin d'après-midi à Madrid, elle tombe sur cette vieille, cette bonne... enfin, quel est son nom, déjà ? Oui, Carmen. Mais la pauvre a tellement changé depuis le lycée ! Les deux amies décident d'aller boire un verre. Jusqu'à ce que les apparences s'effondrent, sous la plume toujours aussi corrosive de l'auteur, à qui l'on doit notamment La Promenade des délices et La Plieuse de parachutes. " Arrosé de vodka-orange, de Martini et de délire, l'après-midi finira quelque part en enfer [...]. Ce deuxième roman de Mercedes Deambrosis, d'une absolue et irrésistible cruauté, se lit d'une traite. Entre fou rire et apitoiement. "

 

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Si une « vieille » copine d’école avec laquelle vous ne vous entendiez pas particulièrement, ou plutôt, qui ne vous aimait pas, vous hèle dans la rue : Courage, fuyez à toutes jambes !!!

Cette chère Carmen en a fait les frais au grand bonheur de Mercedes Deambrosi.

« -Comment as-tu fait pour me reconnaître ? Quelle mémoire Dorita, quelle mémoire après tant d’années…

Cette pauvre fille est encore plus laide que lorsqu’elle était u lycée, comment aurais-je pu l’oublier ? » pensa Dorita, et à voix haute : -Mais tu n’as guère changé ma chérie dès que je t’ai aperçue, je me suis dit : mais c’est cette bonne amie Carmen Gonzalo y Gonzalo. Elle pinça ses lèvres étroites en un semblant de sourire où le rouge Revlon débordait généreusement »

Dorita, est-ce parce qu’elle s’ennuie un peu dans sa vie « réussie », embarque cette Chèèère Carmen dans une course échevelée vers…. Elles ne savent pas trop quoi. De cafeteria en bar, Dorita impose son luxe, impose ses vues, rabaisse, sans en avoir l’air tout en sachant ce qu’elle fait, cette Chèèère Carmen. Dorita se vautre dans son luxe, montrant les derniers bijoux offert par son Cheeer Mari. Cette pauvre Carmen n’a que son allure de vieille fille mal fagotée et Dorita s’en paye une bonne tranche sous couvert « d’amitié ».

Un après-midi mémorable fait de méchanceté à sens unique. Plus la soirée avance plus le vernis craque, le fond de teint part en plaques, tout comme la bienséance ! Dorita s’enfile Martini sur Martini. Mercedes Deambrosis s’en donne à cœur joie à dépiauter cette vieille Espagne des carcans, des faux-semblants, des apparences (mais cela vaut aussi dans notre chère France). La scène « d’amour » dans les toilettes d’un night-club est un délice mordant, dévastateur, cruel que je vous laisse découvrir.

Un livre que j’ai adoré ; un livre ponctué de rires, de ricanements, de oh scandalisé ou désolé. Une soirée que ni l’une ni l’autre n’oublieront facilement. De retour à leurs domiciles respectifs, elles y trouveront ce qu’elles n’auraient voulu y trouver : le vide. Cette journée fut une véritable descente en enfer !!

Au fait pourquoi ce titre ? La réponse est dans ce livre. Une réponse cruellement jubilatoire mais pathétique.

Ce petit roman est cruellement jubilatoire avec une pointe pathétique pimentée. Mercedes Deambrosis appuie là où ça fait mal à la bourgeoisie !!!!

Je l’ai rencontrée au « Salon des Dames » à Nevers début avril dernier où elle présentait son livre « Juste pour le plaisir ».

Mercedes Deambrosis en compagnie de Michèle Gazier lors du dernier Salon des Dames de Nevers

Mercedes Deambrosis en compagnie de Michèle Gazier lors du dernier Salon des Dames de Nevers

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Séverine Vidal et Delphine Vaute - La grande collection

12 Mai 2013, 21:50pm

Publié par zazy

La grande collection

Séverine Vidal et Delphine Vaute

Editions Philomèle

ISBN 9782918803447

 

 

4ème de couverture :

Violette collectionne les objets étranges, les phrases entendues, les souvenirs, les cauchemars même…. Avec eux, elle refait le monde et s’invente des histoires.

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J’ai reçu ce très joli livre grâce à l’opération lancée par Babelio. Je les en remercie vivement ainsi que les Editions Philomèle.

Parlons d’abord de cet objet-livre : Les Editions Philomèle font dans la haute qualité, couverture, papier, technique, tout est parfait.

« Faire sonner la langue,

la bousculer gaiement, la caresser dans le du rythme,

mettre les mots sens dessus dessous

dans des textes de fiction, proches

de l’imaginaire enfantin ;

Voyager d’une image à l’autre et découvrir le style

et les couleurs d’artistes illustrateurs

aux univers singuliers »

Tel est le crédo de ces Editions singulières et attirantes, très attirantes.

 

Nous suivons Violette et sa collection de tout et de rien, surtout de tout. « Violette récupère ce que les autres jettent » « Violette a un tiroir « à trier » où elle glisse les mots en vrac. Quand elle a le temps, les jours de pluie, elle trie tout, c’est sa petite fête ». Séverine Vidal par la magie de ses mots nous permet d’entrer dans les rêves de Violette.

Chape page apporte son lot de glanage, de petits riens qui fleurent bons la poésie, les madeleines de Proust. C’est subtil, un peu trop poétique pour mon loulou de 4 ans qui ne rêve que de batailles, d’épée….. Mais, la petite sœur attend son tour et là, j’ai toutes mes chances.

Ce livre nous remet en mémoire toutes nos petites trouvailles, cailloux blancs,  cailloux qui brillent, étoiles des mers, coquillages, petites bâtons…..

J’ai beaucoup aimé la fin, mais je vous laisse le soin de la découvrir.

Les dessins aux couleurs tendres mais pas mièvres sont absolument ravissants, les collages très explicites. Le maître-mot de ce livre : l’élégance. Un petit bric-à-brac que j’ai dégusté avec un grand plaisir. Tiens, lorsque Mamour (8 ans) reviendra cet été, je le lui montrerai, elle qui garde tant de choses !!!!

Un livre splendide que j’ai beaucoup aimé lire, feuilleter, regarder et que je feuillette encore en vous écrivant ces quelques lignes. Delphine Vaute  met en image les mots de Séverine Vidal  à moins que ce ne soit le contraire !

Un éditeur, des auteurs à découvrir qui prennent le parti de l’intelligence des enfants.

Encore merci pour ce partenariat et cette jolie découverte.

 

 

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Eben alexander - La preuve du paradis

12 Mai 2013, 19:52pm

Publié par zazy

 

La preuve du paradis

Dr Eben Alexander

Traduction de Jocelin Morrisson

Guy Trédaniel Editions

238 pages

1er trimestre 2013

ISBN : 9782813205797

 

 

4ème de couverture

 

Y-a-t-il une vie après la mort ? Ou plus exactement, est-ce que le Paradis existe ?

Eben Alexander, neurochirurgien à l’esprit rationnel, nous en donne la preuve, après avoir vécu une NDE (expérience de mort imminente). Cet homme de 52 ans atteste de l’existence du Paradis dans ce livre témoignage, aussi extraordinaire que bouleversant. L’auteur nous invite à partager son voyage dans une autre dimension, là où il a rencontré des êtres de lumière, très différents de tout ce que l’on peut connaître sur notre planète…Un récit dont l’authenticité a été reconnue par le Dr Raymond Moody, spécialiste renommé de l’au-delà.

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Hum, comme dire, sujet embarrassant pour moi.

Je viens de lire quelques nouvelles autour de ce thème, j’étais très dubitative….. et je le reste.

« Quoi, tu oses aller à l’encontre du récit d’un grand neurochirurgien américain ! » Je vous entends déjà. Mais laissez-moi essayer de vous expliquer ce qui m’a gênée dans ce livre :

La religion omniprésente. Cette foi bigoterie qui voudrait déplacer des montagnes sans poser aucune question, moi qui suis dans le doute constant.

Autre chose ; le vocabulaire froid comme coupé au scalpel, normal me direz-vous pour un chirurgien, ne m’a pas permis d’entrer dans ce livre. J’ai vraiment ressenti qu’Eben Alexandre était plus spectateur qu’acteur de son livre. Peut-être est-cela l’impression d’être sorti de son corps !

OK je me gausse, je me gausse, mais je suis vraiment embarrassée. Est-ce parce que c’est une sommité chirurgicale qui raconte son odyssée alors que, jusqu’à présent, il s’agissait de simples quidams ou d’illuminés (pardon pour cette outrance) ? Est-ce parce que, et oui, cela pourrait exister ?

Eben Alexander raconte son départ vers un monde meilleur, bien propre sur lui, qui ressemble étrangement à celui auquel il croit. Il évoque en long et en large, les raisons de son coma et là, j’ai trouvé que c’était du remplissage délayé. En proportion, peu de choses sur son aller-retour au Paradis.

 

Mouais, je suis très en retrait de ce livre dont je n’ai pas aimé l’écriture style communication médicale, qui n’a pas su m’intéresser. Quant au contenu il me manque des éclaircissements plus appropriés, non pas sur sa maladie, aussi rare, brutale qu’elle soit, ni sur son entourage à ce moment, là nous avons été gâtés ;  mais sur cette expérience E.M.I.

On y croit, on n’y croit pas et je ne pense pas que ce livre modifiera les avis, en tout état de cause, il n’a pas modifié le mien.

 

Je remercie et la librairie pour m’avoir gentiment envoyé cet ouvrage.

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