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ZAZY - mon blogue de lecture

Vanessa Bamberger - Principe de suspension

13 Mai 2017, 21:19pm

Publié par zazy

Principe de suspension

Vanessa Bamberger

Editions Liana Levy

Janvier 2017

208 pages

ISBN : 9782867468759

 

4ème de couverture :

«10% de talent, 90 % d’efforts.» C’est la devise de Thomas pour défendre son usine et ses salariés. Depuis qu’il a racheté Packinter, une PME de la filière plastique, il lutte pour conjurer le déclin de l’industrie dans sa région du Grand Ouest. Un hiver pourtant tout bascule, et il se retrouve dans la chambre blanche d’un service de réanimation, relié à un respirateur. À ses côtés, Olivia, sa femme, attend son réveil. Calme, raisonnable, discrète. Comme toujours. Dans ce temps suspendu, elle revit les craintes des ouvriers, les doutes de Thomas, les trahisons intimes ou professionnelles qui les ont conduits jusqu’à ce grand silence, ce moment où se sont grippés le mécanisme des machines et la mécanique des sentiments. Parce que la vie s’accommode mal de l’immobilisme, il faut parfois la secouer un peu, selon le «principe de suspension».
Un premier roman juste et subtil sur le blues du petit patron et le fragile équilibre du couple.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Vanessa Bamberger est née en 1972. Journaliste, elle vit à Paris. Principe de suspension est son premier roman.

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« Dans la chambre de réanimation du Centre hospitalier de Cambregy, l’air est rare et poisseux… Thomas est étendu sur le lit médicalisé, son long corps est recouvert d’un drap jusqu’aux aisselles. »

Cet homme couché, est dans le coma, relié à un respirateur. Sa vie est suspendue à ce tube. Olivia, sa femme, le veille, elle dont la vie est suspendue à celle de son mari.

Thomas, marié, père de famille, lâche un bon boulot pour racheter une petite  entreprise. Le voici sous-traitant unique d’une entreprise de respirateurs artificiels  française (l’ironie du sort) qui choisit de délocaliser en Europe de l’Est. Sa PME se trouve acculée à la fermeture. Thomas, victime d’un malaise,  est entre la vie et la mort, physiquement et socialement.

Thomas, en rachetant cette entreprise avait un idéal

« Thomas était persuadé que son optimiste pouvait se communiquer, il voulait changer les mentalités, redonner aux opérateurs leur fierté, il suffisait d’avoir de bonnes machines, croyait-il, les plus performantes, les plus innovantes. ».

Il a mis sa confiance, s’est presque rendu pieds et poings liés à  Loïc Rodier, beau parleur qui lui a vendu de l’espoir, du mirifique, du vent. César Gomez, le contremaître, « organisé, précis, posé, peu impressionnable » en conçoit quelque jalousie, mais l’amour de la boîte est le plus fort. Il reste, solide, aux côtés du patron.

Il a fait le mauvais choix en engageant Rodier et en ne diversifiant pas ses activités, ses clients

« Thomas n’avait pas cherché d’autres clients : il n’en avait pas eu besoin, puisque l’aérosol du laboratoire français se vendait si bien. »

HFL, son client licenciant ses propres employés, il va devoir faire de même et se sent un mauvais patron, se sent fautif.

«Dans ce pays, tous les patrons étaient des coupables potentiels. A force d'être pointé du doigt, on finissait par se sentir fautif.»

Thomas aime l’industrie, les machines.

« Thomas croyait à la performance de la machine créée par l’homme, à l’homme couplé à sa machine. On les détestait, on les méprisait de nos ours, les machines industrielles et leurs vieux opérateurs. C’est ce qui rendait vraiment malheureux les ouvriers de l’Ouest, encore plus que leur mauvaise paye et la menaces du chômage. Les nouveaux arrivants, plus jeunes, les contemplaient avec mépris. Comment acceptaient-ils ces conditions de travail, pour ce salaire de misère ? Oui, le métier était épuisant, le travail en équipe, les trois-huit, tous les quatre jours il fallait changer de cycle, deux nuits deux matins deux après-midi –les patrons étaient intransigeants sur la ponctualité comme à l’armée-, au bout de vingt ans les types étaient cramés, la machine les avait fait vieillir à grande vitesse quant elle ne leur avait pas cassé le dos, les mains. »

Un patron, maintenant, ne peut plus être paternaliste. César le confirme

« Tu veux sauver des gens, des emplois ? Tu veux être un bon patron ? T’es pas dabs l’humanitaire, t’es pas assistante sociale ! Qu’est-ce que ça peut faire que tu sois un chc type si tu plantes ta boîte ? De toute façon, il n’y en a pas un seul ici qui est reconnaissant des efforts que tu fais. »

Toutes ces petites PME, sous-traitantes uniques de grands groupes se font sucer, laminer. Toujours moins chers, plus vite, en flux tendu, à payer sous quatre-vingt-dix jours au lieu des soixante … Jusqu’au jour où ils s’enfuient vers l’Eldorado de l’Est ou d’ailleurs. C’est la vie quotidienne de Thomas. En tant que patron, il travaille beaucoup et plus il travaille, plus il est seul, La fuite dans le travail.

Olivia, sa femme, le veille, elle dont la vie est suspendue à celle de son mari, en suspension de sa propre vie, peintre sans exposition, même pas dilettante.

« A son avis, elle ne travaillait pas assez. La réussite, c’était dix pour cent de talent et quatre vingt dix pour cent d’effort ».

Petit à petit, elle fait le bilan de sa propre vie. Le coma de Thomas lui a permis de faire un travail sur elle-même

« Thomas ne parle jamais de son travail non plus, il a besoin de se changer les idées. Olivia respecte cette décision même si elle aimerait en savoir davantage. Parce que cela l’intéresse. Parce que cela leur ferait un sujet de conversation, à table.

Un roman très bien construit où l’alternance entre l’hôpital,  la vie privée, la vie de  et dans l’entreprise donne du corps à la trame psychologique. Thomas et Olivia, comme tout un chacun sont faits de glaise, structures non linéaires que l’épreuve changera, mais je vous laisse le plaisir de la découverte.

Un très bon premier roman sur un patron de PME. C’est un milieu que je connais un peu ; la solitude du patron, les difficultés des ouvriers, la dureté du travail, la saleté, le bruit, la petite paye …

«Chaque mois, Thomas signait les nombreuses demandes d'acompte sursalaire de ses employés.»

Un livre fort bien écrit, réaliste, avec de très belles tournures de phrases. Un très bon premier roman au ton juste lu dans le cadre des 68 premières fois

 

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Stéphanie Kalfon - Les parapluies d'Erik Satie

3 Mai 2017, 15:52pm

Publié par zazy

Les parapluies d’Erik Satie

Stéphanie Kalfon

Editions Joëlle Losfeld

Février 2017

216 pages

ISBN : 9782072706349

 

4ème de couverture :

En 1901, Erik Satie a trente-quatre ans. Sans ressources et sans avenir professionnel, il délaisse Montmartre et l'auberge du Chat Noir pour une chambre de banlieue sordide où, coincé entre deux pianos désaccordés et quatorze parapluies identiques, il boit autant, ou plus, qu'il compose. Observateur critique de ses contemporains, l'homme dépeint par Stéphanie Kalfon est aussi un créateur brillant et fantaisiste : il condamne l'absence d'originalité de la société musicale de l'époque, et son refus des règles lui vaut l'incompréhension et le rejet de ses professeurs au Conservatoire.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Lauréate en 2007 de la bourse « Scénariste TV » décernée par la Fondation Lagardère, Stéphanie Kalfon a notamment travaillé pour la série Vénus et Apollon diffusée sur Arte. Elle est également la réalisatrice du film Super triste avec Emma de Caunes, et travaille actuellement sur un long métrage avec Jean-Pierre Darroussin. Les parapluies d'Erik Satie est son premier roman.

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Ce n’est pas une biographie mais une interprétation, une recomposition de la vie d’Erik Satie, sa longue descente dans les enfers de la solitude, de la folie, de la création.

Avec Erik Satie, homme très entier

 

« On ne partage rien pour de faux. On ne partage rien pour passer le temps, faire quelque chose, rester à ensemble sans importance. »

Depuis sa plus tendre enfance, le compositeur est hors temps, hors jeu, "un égaré dans ce siècle" Il se cherche dans un monde qui se modernise mais dont les parangons refusent toute innovation comme ses professeurs du Conservatoire. Il entre en lui-même, écorché vif. Sa chambre à Arcueil, est son cercueil, son refuge ultime, il y crève de solitude. Pourquoi partir si loin de Paris, de ses amis ?

« Il veut être à la périphérie car il se sent périphérique. Et Satie est avant tout un être cohérent. Voilà ce que les autres n’ont pas compris, ceux qui le croient fou, excentrique. Ceux qui ne voient en lui qu’une dérisoire dérision ».

L’amitié est importante pour lui et n’en veut même pas à son ami Debussy qui lui vole ses idées et créera  Pelléas et Mélisande.

« Il s’était senti compris, et aussitôt dépossédé, mais trop tard mon bon vieux, il ne fallait pas en dire autant, tout donner pourquoi ? Est-ce qu’un peu d’admiration vaut assez pour tout donner ? Juste pour le plaisir d’être le centre éphémère du monde ? »

Man Ray, quant à lui estimait que

« Erik était le seul musicien à avoir des yeux.. Le photographe avait repéré qu'Erik n'écoutait pas la musique, il la peignait, il la photographiait, il l'observait."

Un écorché vif qui se protège, mais de quoi ? Avec ses quatorze parapluies noirs.

Quelques petits entractes lorsque Stéphanie Kalfon met en scène les actualités de l’époque, naissance du cinéma, la construction de la Tour Eiffel, même la naissance du Coca Cola ! Heudebert et la création de la biscotte…  « Mais ceci est une autre histoire. »

L’écriture vive, alerte, de Stéphanie Kalfon est à l’opposé de ce qu’elle raconte de la vie misérable, décalée d’Erik Satie. Pourtant, elle épouse le rythme du compositeur, scande la musique de ses mots au rythme des divagations de Satie, le suit dans ses désespérances, sa fuite en avant. Elle le suit en Absurdie, dans sa déchéance, son enfermement. Pour moi, cette apparente dichotomie est la force de ce livre.

Un très bon premier livre qui m’a permis de découvrir une autre vue de la musique de Satie

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois.

 

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Seray Şahiner - La coiffure de la mariée

29 Avril 2017, 13:51pm

Publié par zazy

La coiffure de la mariée

Seray Şahiner

Traduit du turc par Canan Marasligil

Editions Belleville

192 pages

ISBN : 9791095604006

4ème de couverture :

Comme s’il savait que je ne voulais pas de ce mariage, voilà que notre voisin meurt avant même que mon henné ait eu le temps de sécher !

Elle était tellement triste, Sibel, mais ça ne l’a pas empêchée de se consoler avec l’espoir que ce décès soudain annulerait la cérémonie. Avant de venir au salon de coiffure, elles étaient à l’enterrement à la mosquée Murat Paşa. Sa future belle-mère n’a cessé de marmonner : « Qu’il repose en paix, même s’il a bien choisi son jour pour mourir ! Maintenant, la moitié des villageois ne viendra pas au mariage, il aurait pu attendre un jour ou deux, paix à son âme ! »

L’auteur (site de l’éditeur) :

Seray Şahiner est née à Bursa en 1984 et a grandi à Istanbul. Également journaliste, elle a collaboré à bon nombre de magazines et fanzines turcs, a été correspondante pour Marie Claire et a également écrit des scripts pour la télévision. Ses romans ont attiré l’attention du public lors du Yaşar Nabi Nayır Short Story Competition organisé par le Varlık Literary Magazine, grande revue turque.

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Neuf instantanés de vie. Neuf femmes turques  qui  oscillent entre modernité et traditions. Elles sont aussi diverses que le peuple turque, avec, en commun, la société patriarcale dans laquelle elles évoluent. Elles vivent librement, ont des amants mais espèrent toutes un mariage convenable.

Zeynep, célibataire, fut la maîtresse de son chef pendant quelque mois, mais cela n’ira pas plus loin

« Un homme a deux mois de se marier ne prend pas le risque d’être vu avec sa copine illégitime. Je crois bien que j’ai servi d’enterrement de vie de garçon à notre responsable de service. »

Elif quitte son amant, mais ce qui lui pèse le plus, c’est de quitter leur appartement qu’elle a décoré à sa manière, comme elle aime. Sorte de fuite, non pas par amour pour le garçon, mais pour SON appartement.

« Cette maison est bien plus importante mes yeux que Samet »
« Je n’ai jamais rien quitté dans ma vie, j’ai déjà laissé tomber des gens mais jamais quelque chose que j’ai construit moi-même… ».

Selman se marie, sans chichis, sans cérémonie, même sans robe de mariée et sans voile, sans ses parents. Pourtant, ils s’aiment. Premier acte positif de ce livre. Elle veut se marier avec Selman et le fait.

« Mes beaux-parents étaient venus demander ma main ; mon frère et ma mère n’avaient pas accepté. Ils avaient dit que Selman était un « vaurien » ; mais ce n’est pas Crésus qui allait demander la main d’une fille sans père, alors je m’étais enfuie. »

Sibel résume très bien sa situation par cette phrase :

« A quoi bon faire des études si on n’échappe pas à la mentalité d’arriéré ».

Pourtant, elle se retrouve mariée à Eren.

Cette nouvelle « La coiffure de la mariée » dépeint très bien ce grand écart entre la modernité et la tradition.  Eren a fait des études supérieures, a une vie indépendante, n’est plus vierge et, pourtant elle va se marier avec un homme qu’elle ne connait pour ainsi dire pas. Sibel a même pensé à l’éventualité de se faire recoudre l’hymen. J’aimerais connaître l’attitude du marié au lendemain de la nuit de noce !!

« Ô mon dieu, faites que ce type soit impuissant, qu’on évite la catastrophe familiale. »

J’ai ri en écoutant Fidan parler de ses voisines devenues musulmanes intégristes. J’ai ri en la regardant coudre ses fameuses culottes à sept couches…. Après la danse des sept voiles, la culotte à sept couches ! Faut-il en rire ou en pleurer ?

Là où les unes s’émancipent en créant leur entreprise, les autres s’enveloppent dans leurs voiles noirs et se cachent.

Esme est une femme libre, traductrice, elle a son propre appartement aménagé selon les critères de « Marie-Claire », un amant qui adore lire aux toilettes… Sa devise : « Etudier pour échapper au ménage ». Elle est même devenue « Madame Esme » sans être mariée. Esme a horreur de tout ce qui peut trouble sa vie bien rangée… Jusqu’au jour où il y eut des travaux en bas de chez elle.

Elle semble s’éveiller à la vie extérieure, revient chez ses parents, devient humaine et… un petit retour à la tradition.

Çiğdem et son hésitation amoureuse, qui, choisit l’Autre, le Vrai ou se laisse choisir. Serait-elle la plus moderne ?

Pas facile d’être une femme qui se voudrait libre dans un monde entre orient et occident, modernisme et traditions, liberté et patriarcat.

Des portraits à la fois drôles, ironiques, tendres dont il ressort un sentiment de mélancolie ; ces femmes acceptent leur sort, certaines ne cherchent même pas à contredire la tradition.

Ah ! Le culte de la virginité, que de parlotes il fait dire ! Ces jeunes femmes, universitaires pour certaines, ont lancé leur bonnet par-dessus les moulins, mais craignent le meunier et les lendemains d’un mariage arrangé, où la mariée n’est plus ce qu’elle aurait dû être.

Un très beau bouquet de femmes stambouliotes qui pratiquent le grand écart culturel avec humour, détachement,  fatalisme.

Seray Şahiner a mis tout son amour  dans ces neuf nouvelles qui se lisent comme un roman.

Couverture très joliment illustrée par Duru Eksioglu pour ce premier livre des Editions Belleville ; qui plus est, livre connecté. Système amusant et bien fait qui donne un plus à la lecture. Ecouter la musique,  lire les explications. La page est ici.

Je souhaite une belle postérité aux Editions Belleville qui allient beauté des textes et des couvertures. J’avais lu et aimé « Sainte Caboche »,  second livre paru chez ces éditrices.

Cerise sur le gâteau ici

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Viveca Sten - Au coeur de l'été

27 Avril 2017, 13:20pm

Publié par zazy

Au cœur de l’été

Viveca Sten

Traduction Rémi Cassaigne

Editions Albin Michel

Mars 2017

416 pages

ISBN : 9782226318220

 

4ème de couverture :

Week-end de la Saint-Jean sur l’île de Sandhamn. Les jeunes fêtards ont envahi les pontons, le port grouille de bateaux blancs. Musique à fond et alcool à flots. Dans la foule, une jeune fille avance en titubant avant de s’effondrer sous les yeux de la police.
Pendant ce temps, Nora Linde s’apprête à célébrer la Saint-Jean avec son nouveau compagnon Jonas et sa fille Wilma. Mais la fête tourne au cauchemar lorsque, dans la nuit, Wilma disparaît. Le lendemain matin, le cadavre d’un garçon de seize ans est retrouvé sur la plage.
L’inspecteur Thomas Andreasson, l’ami d’enfance de Nora, est dépêché sur les lieux. Les premiers éléments de l’enquête lui en révèlent toute la difficulté, chacun ayant sa propre version des faits. Qui est la victime et qui le meurtrier de cette nuit d’été ?
Viveca Sten est désormais une figure incontournable dans le paysage du polar suédois : après Les Secrets de l’île, la nouvelle enquête de l’inspecteur Thomas Andreasson et de Nora Linde, le couple qui a inspiré la célèbre série télévisée Meurtres à Sandhamn diffusée sur Arte.

« Viveca Sten fait partie de l’élite des auteurs suédois. Si elle continue ainsi, elle sera bientôt à sa tête. » DAST Magazine

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La Saint Jean sur l’île de Sandhamn est un jour de fête, joie, plaisir, bonheur. Les choses peuvent déraper et beaucoup de policiers patrouillent pour essayer d’éviter tout débordement.

Victor, est l’adolescent d’une famille dont le père est toujours au boulot, ou ailleurs, la mère abonnée aux tranquillisants et au botox. A seize ans, il il ne veut pas aller avec ses parents chez des amis, d’ailleurs, il a prévu autre chose

« J’ai prévu de me barrer à Sandhamn avec Tobbe et des potes. Christoffer peut emprunter le bateau de leur vieux, ça déchire »

Oui, c’est ainsi qu’il parle à sa mère.

Wilma Sköld a quatorze ans et veut aller, elle aussi à la fête avec sa copine retrouver d’autres potes. Le père, divorcé, finit par accepter.

« Ça ira, si je rentre à deux heures du matin ? »

Le père cède encore mais la transaction donne une heure du matin.

Habillée et maquillée comme une poupée Barbie, elle file retrouver sa copine, après avoir piqué quelques bouteilles de vin à son père… Et la fête alors !!

Pourtant, au petit matin, un homme et son chien découvrent un jeune garçon mort, à moitié caché sous des branches et des passants ont trouvé Wilma totalement choquée. Que s’est-il passé ?

Ce qui devait être une fête, nature comme mon idéal suédois me poussait à le penser, est une beuverie monstre, une séance de shoot généralisée en plein air… Les clichés partent en mille morceaux et la jeunesse dorée s’envolent dans les paradis artificiels et dangereux.

Andreasson et Linde enquêtent, fouillent plus profond malgré une évidence qui s’impose rapidement. D’indices en fausses pistes, de témoignages en  auditions, de grains de sable en nuits blanches, le dénouement, inattendu pour ma part, arrive.

Viveca Sten plante le décor dès le début, la fête, les familles éclatées, les parents qui s’occupent plus de leurs personnes que de leurs enfants,  « pauvre petite fille riche » pour parodier un chanteur. Un gamin qui reçoit du pognon en guise de bises parentales, la permissivité, bref une jeunesse dorée lors de la nuit de la Saint Jean. Les lendemains sont beaucoup moins dorés et ont une mauvaise haleine.

J’ai lu ce livre d’une seule traite car l’écriture de Viveca Sten m’a rendue dépendante. Il fallait absolument que je sache. L’écriture, donc la traduction, est vive, alerte. Les chapitres courts donnent beaucoup de rythme. Le ton est juste. J’ai visualisé l’enquête comme j’aurais pu la regarder à la téloche.

Attention, maintenant, je vais enfoncer une porte ouverte… Merci à toi ami lecteur qui prendrait de mes nouvelles de mon exploit. Pourquoi chers auteurs, vous en prendre ainsi aux estomacs de vos enquêteurs en leur faisant ingurgiter de la bouffe infâme ?

Enquêtrices, enquêteurs de tous les pays, unissez-vous pour exiger de vos auteurs, la fin des sandwichs de mauvaise qualité, la bière tiédasse, les cafés qui sentent le carton !

Un très bon moment de lecture et une nuit blanche des plus agréables. Vive le polar suédois ! Je vais essayer de dénicher les précédents tomes.

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Je n'aurais pas dû

24 Avril 2017, 22:21pm

Publié par zazy

La sonate oubliée

Christina Moreau

Editions Préludes

Janvier 2017

256 pages

ISBN : 9782253107811

 

4ème de couverture :

À 17 ans, Lionella, d’origine italienne, ne vit que pour le violoncelle, ce qui la distingue des autres adolescents de Seraing, la ville où elle habite en Belgique. Elle peine toutefois à trouver le morceau qui la démarquerait au prochain grand concours Arpèges. Jusqu’au jour où son meilleur ami lui apporte un coffret en métal, déniché dans une brocante. Lionella y découvre un journal intime, une médaille coupée et... une partition pour violoncelle qui ressemble étrangement à une sonate de Vivaldi. Elle plonge alors dans le destin d’Ada, jeune orpheline du XVIIIe siècle, pensionnaire de l’Ospedale della Pietà, à Venise, dans lequel "le prêtre roux", Antonio Vivaldi, enseignait la musique à des âmes dévouées.

Entremêlant les époques avec brio, ce premier roman vibrant nous fait voyager à travers la Sérénissime, rencontrer l’un des plus grands compositeurs de musique baroque, et rend un hommage poignant à ces orphelines musiciennes, virtuoses et très réputées au XVIIIe siècle, enfermées pour toujours dans l’anonymat.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Christiana Moreau est une artiste autodidacte belge, peintre et sculptrice. Elle vit à Seraing, dans la province de Liège. La Sonate oubliée est son premier roman.

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L’argumentaire du livre me plaisait Lionella, jeune violoncelliste belge, d’origine italienne, très douée est confrontée à une œuvre inconnue peut-être attribuée à Vivaldi. C’est son grand ami qui a déniché ce trésor dans une brocante. Dans la boîte, il y avait également le journal d’une jeune fille, Ada. La mise en regard de deux périodes, de deux jeunes femmes unies par le même amour du violoncelle est intéressante.… Las, j’y ai trouvé une histoire convenue cousue de fil blanc, que la découverte d’une partie de la vie de Vivaldi n’a pas suffi à me faire vibrer.

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois

 

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Alejandro Palomas - Une mère

14 Avril 2017, 17:41pm

Publié par zazy

Une mère

Alejandro Palomas
Traduit de l’espagnol par Vanessa Capieu

Editions du Cherche Midi

Mars 2017

310 pages

ISBN : 9782749153018

 

4ème de couverture :
Barcelone, 31 décembre. Amalia et son fils Fernando s’affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu’elle aime. Ses deux filles, Silvia et Emma ; Olga, la compagne d’Emma, et l’oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.

Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans remous ?
Entre excitation, tendresse et frictions, rien ne se passera comme prévu.

Alejandro Palomas brosse avec humour le portrait d’une famille dont les travers font inévitablement écho à nos propres expériences, et celui d’une mère loufoque, optimiste, et infiniment attachante. Une mère profondément humaine, à qui il reste encore quelques leçons à transmettre à ses grands enfants : au cours de cette longue nuit, secrets, mensonges, non-dits et autres révélations familiales vont éclater.

Prenez place à table. Vous allez être servi !

L’auteur (site de l’éditeur) :

D’abord traducteur des ouvrages de Gertrude Stein, Katherine Mansfield, Willa Cather ou encore Jack London, Alejandro Palomas devient ensuite journaliste et scénariste ‒ il a été finaliste de nombreux prix littéraires en Espagne. Énorme succès dans ce pays, traduit dans une dizaine de langues, Une mère est son premier roman publié en France.

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Les repas de famille sont souvent le prétexte à des joutes oratoires ou pas entre les membres de la famille présents autour de la table.

Cette année et, depuis très longtemps, depuis son divorce, Amalia reçoit tous ses enfants et son frère Eduardo, "l’embobelineur". Fernando, le fidèle, Sylvia, célibataire et bosseuse ainsi que Emma qui vient avec sa compagne Olga.

Une belle tablée qui met Amalia en joie, la rend fébrile et inquiète.

« Maman est sur les charbons ardents. Elle est dans cet état depuis quelques semaines, depuis qu’elle sait avec certitude que nous serons tous là ce soir. »

Amalia, du fait de son handicap visuel, de sa nervosité casse beaucoup, ce qui a le don d’énerver Sylvia. D’ailleurs beaucoup de choses la font réagir. La nervosité gagne Fernando, dit Fer.

« Sur l’écran de mon radar personnel, une nouvelle lumière rouge se met à clignoter en plus de celle qui tremblote depuis quelques jours déjà. Danger. Danger en vue. »

Le couvert est mis, avec une chaise supplémentaire, pour l’absent. J’apprendrai au cours de ma lecture qui est l’absent.

 Les invités arrivent, les sous-entendus aussi. La mère est merveilleuse dans son innocence feinte, sa maladresse, ses bévues, dans son désir que ce réveillon ne soit pas un ratage.

Chacun va s’exprimer, des aveux seront faits, des vérités dites. Certains masques vont tomber.

La mère, si infantile que Silvia se doit d’être la mère de sa mère, avec son handicap, ses bévues, cette mère « pleine de faiblesses » se révèle être la colonne vertébrale de la famille. Elle a été et est capable de sauver la vie de ses  enfants partis à la dérive par sa ténacité.

S’esquisse une famille touchante dans ses fêlures, ses secrets, ses espérances, ses naufrages… Bref, une famille « normale »

Alejandro Palomas est, entre autre, scénariste et cela se sent dans l’écriture très visuelle de ce roman qui m’a fait passer des rires aux larmes. Les personnages sont finement travaillés et pas aussi caricaturaux que je l’ai craint au début.

Un bon  moment de lecture.

De belles phrases d’amour maternel :

« Et si je dois t’arracher des eaux pur que tu vives, je le ferai, quoi qu’il en coûte. Parce que je n’ai rien de mieux à faire dans la vie, ma fille chérie…Non il n’y a rien de mieux à faire dans la vie. Pas pour une mère. »

« Quand je ne serai plus là, tu auras cette couverture. Tu pourras te couvrir avec en hiver pendant ta sieste et moi, je serai heureuse parce que ce sera comme si je te faisais tous ces câlins dont tu as besoin et que tu ne me laisses jamais te faire. »

Livre lu dans le cadre d’une opération Masse Critique concoctée par Babelio.

 

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Maryam Madjidi - Marx et la poupée

5 Avril 2017, 19:52pm

Publié par zazy

Marx et la poupée Maryam Madjidi

Le Nouvel Attila

208 pages

Janvier 2017

ISBN : 9782371000438

 

Résumé de l’éditeur :

Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris.
À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets – donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes -, l’effacement progressif du persan au profit du français qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.

Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.

L’auteur (site de l’éditeur)

Maryam Madjidi est née en 1980 à Téhéran, et quitte l’Iran à l’âge de 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Aujourd’hui, elle enseigne le français à des mineurs étrangers isolés, après l’avoir enseigné à des collégiens et lycéens de banlieue puis des beaux quartiers, des handicapés moteur et psychiques, des étudiants chinois et turcs, et des détenus. Elle a vécu quatre ans à Pékin et deux ans à Istanbul.

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Comment devenir française et comment rester iranienne. Un dilemme qui court tout au long de la vie de Maryam Madjidi. Avant que de naître, elle a failli périr. Sa mère, enceinte, pour ne pas tomber dans les griffes de gardiens de la révolution, saute par une fenêtre du second étage. Les deux seront sauves.

« Ma mère porte ma vie mais la Mort danse autour d’elle en ricanant ».

Cela n’arrête pas le couple versé côté communisme, de continuer à publier et distribuer des tracts, jusqu’à les cacher dans les couches-culottes de Maryam. Elle servait de boîte à lettres.

Un jour, pourtant, il a bien fallu partir, s’exiler. Avant, ses parents enjoignent Maryam à donner ses jouets, dont une fameuse poupée, à ses voisins, d’où le titre Marx et  la poupée.

- Pourquoi je dois donner mes jouets ?
- Parce qu’on ne peut pas les emporter avec nous là-bas.
- Mais je veux pas.
- Ecoute, c’est beau de donner, tu comprends ?
- Non, je suis obligée de donner, c’est pas la même chose. Je veux pas !

Pas facile d’expliquer le communisme, le partage à une fillette qui ne veut pas se séparer de son petit monde. Elle les enterre comme ses parents enterrent les livres interdits (Marx, Makarebki, Che Guevara)

L’exil l’amène en France retrouver son père. La séance à l’aéroport est  aux petits oignons.

La chute dans ce pays inconnu est rude, les croissants n’ont pas le goût du lavâsh, le camembert sent les chaussettes. La petite fille est complètement perdue lors de sa première journée de classe. Personne ne lui explique. L’angoisse la pousse à se sauver, sortir de l’école. Elle ne parle toujours pas, s’abreuve de français, écoute, digère… ne dit rien jusqu’au jour où elle accouche de la langue française et déserte le farsi.

Soudain c’est sorti : j’ai enfanté mon français. Je me suis mise à parler en français sans m’arrêter avec un enthousiasme et une vitesse fulgurants.

Adulte, elle séduira les hommes en jouant l’orientale, leur récitant des poèmes persans. Ils tomberont dans ses bras.

« Je module ma voix, je mets mon costume de femme persane, je secoue mes voiles et, sous les feux de ses yeux déjà conquis : je lui récite Omar Khayyâm. Je commence toujours en persan et je donne ensuite la traduction française. »

A la faveur de sa thèse, elle réapprend le persan, se réapproprie  la langue qui l’a vue naître. Ce sera sa troisième naissance et son premier retour en Iran.

« C’était le premier voyage, le premier retour à la terre-mère, la première descente vers l’origine. Une descente ou une chute, je ne sais pas. J’ai failli perdre la tête, j’ai glissé sur mon identité et je suis tombée. »

Sa vie sera faite de ces allers-retours avec son passeport français.

« Il y eu aussi le soulagement d’un autre retour : le retour en France et le sentiment de m’y sentir un peu chez moi malgré tout. L’Iran, dépouillé de mes fantasmes et de mes idéalisations, était de plus en plus difficile à supporter. Je n’ai jamais idéalisé la France. »

"Mais toujours l’Iran m’appelle, voix en sourdine, présence derrière mon dos, il me tapote l’épaule pour me rappeler à lui. Par devoir, par culpabilité, par peur de ne plus revoir les vieux, par rituel, par amour peut-être aussi, je me sens poussée à y retourner régulièrement."

Souvenirs éparpillés restitués dans cette autofiction éclatée, où elle raconte une vie, une famille dispersée par l’exil, mais toujours avec deux soutiens, le persan et sa grand-mère.

Un très bon premier livre à la fois tendre, triste, drôle, original d’une très belle plume, qui se lit d’une seule traite : un petit bonheur de lecture.

 Livre lu dans le cadre des 68 Premières fois

 

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Simon Beckett - Les témoins de pierre

2 Avril 2017, 21:15pm

Publié par zazy

Les témoins de pierre

Simon Beckett

Traduction Isabelle Maillet

Editions Piranha

Traduit de par Isabelle Maillet

octobre 2016

ISBN : 2371190519

4ème de couverture :

Un homme blessé et en fuite est recueilli dans une ferme. Il croit être enfin à l'abri mais ses habitants semblent cacher bien des secrets...

Sean est en fuite. Malgré la chaleur qui écrase la campagne française, il préfère abandonner sa voiture accidentée et couper à travers champs pour éviter la police. Mais sa cavale se termine brutalement lorsque les mâchoires implacables d’un piège se referment sur sa jambe. Retrouvé quasiment inconscient par les deux filles du propriétaire d’une ferme voisine, il est recueilli et soigné. À peine capable de tenir debout, Sean se croit enfin à l’abri et est loin de se douter des dangers qui le menacent.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Né en 1960, Simon Beckett a longtemps été journaliste pour de grands quotidiens anglais. Il est l’auteur d’une série de quatre best-sellers internationaux ayant pour héros l’anthropologue judiciaire David Hunter. Les Témoins de pierre est son dernier roman, indépendant de la série qui a rendu son auteur célèbre. Il vit à Sheffield.

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Sean a fui l’Angleterre pour des raisons peut-être très graves que je ne connaîtrai qu’à la fin du livre. Faisant du stop en France, il saute dans un bosquet car il a aperçu un gyrophare de police. Que n’a-t-il fait là !!

« Je sais que je réagis de manière excessive : la police française ne s‘intéresse certainement pas à moi. Je suis néanmoins trop à cran pour couvrir le moindre risque. Et surtout pas celui que les flics fouillent mon sac. »

Peut-être aurait-il mieux valu !!  En repartant, il a mis le pied dans un piège à mâchoires. Imaginez les dégâts. Pour son bonheur ( ??) il sera secouru par deux femmes qui le cachent dans le fenil de leur ferme.

Le voici embringué dans une histoire familiale bizarre. Outre Mathilde et Gretchen qui l’ont sauvé et le soigne, il y a le père, Arnaud, toujours armé, peut-être dangereux, hargneux et Michel un très jeune enfant dont, on le saura rapidement par les déductions de Sean, Mathilde est la mère, mais on ne connait pas le père.

Sean, peu désireux d’errer sur les routes par peur de la maréchaussée, accepte la proposition de la famille, faire le maçon, bien sûr, pas payé, mais nourri et logé (dans le fenil)

La vie familiale à la ferme est étrange, lourde de secrets. Même si les femmes lui ont sauvé la vie, il ne saurait préjuger de leurs actes. Tout est louche. Pourquoi personne ne vient jamais à la ferme, pourquoi tout est bouclé, pourquoi ce fusil, pourquoi les pièges, pourquoi les statues ? Pourquoi,  même si on sent la haine entre eux, la famille fait front ensemble, un bloc soudé par la haine, la peur ?

Beaucoup de violence avouée et cachée dans cette famille. L’atmosphère pèse des tonnes, même la chaleur de plomb elle aussi en rajoute. Le désir, l’angoisse, la peur sont palpables.

Le roman, à ce moment, s’enlise dans la chaleur torride de l’été, ralentit sa marche. Et toujours Gretchen tourne autour de Sean,  dans sa danse du désir, épie chacun de ses gestes, attitudes, lorsqu’il est avec Mathilde.

Le temps semble suspendu, lourd, comme avant que l’orage ne s’abatte. L’impression que chacun se jauge, tourne autour de l’autre, se mesure, se défie, se rencontre, comme dans un cirque romain.

Heureusement, la pluie arrive, les feuilles jaunissent et, tout s’active. Mais, quelle suite ? Que va-t-il arriver à Sean pris en étau entre les deux sœurs, le père, l’extérieur… ?

Ami lecteur, amie lectrice, tu le sauras en lisant ce livre qui m’a passionné, intrigué jusqu’au bout. Tu seras comme chauffé à blanc sous le soleil de plomb,

Simon Beckett fait alterner le présent et le passé, ce qui s’est passé en Angleterre et ce qui se passe en France. Pourquoi Sean s’est enfui et pourquoi il reste. La progression de deux situations est parallèle, jusqu’à l’acmé.

Un polar, sans flaque de sang, sans mort, enfin presque. Simon Beckett nous enserre dans une atmosphère à couper au couteau. Les personnages sont tous des énigmes. Résultat : une nuit blanche.

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Je n'aurais pas dû - 3

30 Mars 2017, 20:10pm

Publié par zazy

Le principe du désir

Saïdeh Pakravan

Editions Belfond

mars 2017

432 pages

ISBN : 9782714470942

 

4ème de couverture :

Sarah Bly, artiste new-yorkaise en pleine ascension dans le marché de l'art contemporain, rencontre un homme exceptionnel et immensément charismatique, Thaddeus Clark. Non seulement est-il un collectionneur de renommée internationale, un mécène et un géant des marchés financiers mais c'est aussi un être profondément équilibré et adorant la vie. Un homme heureux dont Sarah s'éprend de toute son âme mais avec qui elle ne veut pas vivre une banale histoire d'amour. Pour parer à ce risque, elle fait sien le Principe du désir : puisque nous voulons tous ce que nous n'avons pas, jamais Clark ne verra d'elle autre chose qu'une tiédeur amicale et plutôt indifférente, sauf dans leur vie sexuelle, d'une rare intensité. Devant la poursuivre sans cesse, il continuera à l'aimer.

Dans l'état second qui devient le sien, saura-t-elle dépasser sa folie passagère pour arriver à vivre avec Thaddeus?

L’auteur (site de l’éditeur)

Saïdeh Pakravan, écrivaine franco-américaine de fiction et poète, est née en Iran. Ayant grandi dans un milieu francophone, elle s'installe à Paris, participant, après la révolution iranienne de 1979, à un mouvement de libération de l'Iran.
Publiée dans de nombreuses revues littéraires et anthologies, lauréate de prix littéraires dont le prix Fitzgerald, Saïdeh Pakravan est également essayiste et critique de film.

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Du début, ce livre avait un gros handicap ; je l’ai lu juste après « Les putes voilées n’iront pas au Paradis ! ». Un challenge qui n’a pas été relevé.

Cela m’a paru trop superficiel, trop convenu, trop roman à la BC. Je n’ai pas tenu plus de cent pages, je l’ai refermé définitivement. Je sais qu’il conviendra parfaitement à une personne : ma mère.

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Chahdortt Djavann - Les putes voilées n'iront jamais au Paradis !

30 Mars 2017, 19:55pm

Publié par zazy

Les putes voilées n’iront jamais au paradis !

Chahdortt Djavann

Editions Grasset

Avril 2016

208 pages :

ISBN : 9782246856979

 

4ème de couverture :

Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran.
Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d’humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu’elles resteront à jamais dans notre mémoire.
À travers ce voyage au bout de l’enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L’obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant « Allah Akbar ! » pour mieux lui imputer leurs crimes.
Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme.

L’auteur (site de l’éditeur)

Chahdortt Djavann, romancière et essayiste, est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, notamment Bas les voiles ! (Gallimard, 2003), La muette (Flammarion, 2008), Je ne suis pas celle que je suis (Flammarion, 2011), La dernière séance (Fayard, 2013), Big Daddy (Grasset, 2015), et Les putes voilées n'iront pas jamais au paradis! (Grasset, 2016).

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Une grosse colère  m’est venue à la lecture de ce livre et n’a cessée depuis.

Une femme est retrouvée morte dans son tchador, c’est automatiquement une pute. Sauf l’ouvrier qui l’a trouvée et se demande s’il doit avertir la police, personne, ni femme, ni homme pour avoir une once d’humanité devant le cadavre de cette femme.

« Moi, j’ai entendu une fois un gardien dire qu’il faudrait exterminer toutes ces femmes qui répandent le mal et pervertissent les croyants
Moi, je dis qu’elle méritait ce qui lui est arrivé
Moi, je dis pas
Et tu dis quoi ? Il faut les laisser faire, ces putes ?
Non, il faut les sanctionner fermement
Rien n’arrête une pute. C’est vrai, on n’en peut plus de ces traînées
Nos fils sont pervertis
Et nos maris alors ?
Une femme qui va avec des hommes inconnus ne mérite pas mieux que ça.
J’espère que ça va servir de leçon aux autres
Il faut laisser son corps, comme un chien, pour que les autres traînées la voient.
C’est vrai quoi ! On n’ose pus marcher Danby la vie à cause de ces traînées…
Vous dites n’importe quoi. Il ne manquait plus que des assassins dans ce quartier !
Ce n’est pas un assassinat, c’est du nettoyage.
Enfin un homme qui a eu le courage de nous débarrasser d’une souillure !
En tout cas, c’est un croyant courageux. »

En tout cas, c’est un croyant courageux. »

Que voici une bonne mise en appétit !

Oui, il y a un homme courageux, un bon croyant qui prend la peine de débarrasser l’Iran de ce fléau que sont les putes. Les a t-il exterminées avant ou après usage ?? J’opterais pour le numéro deux. De toute façon, ce n’est pas grave, le sang de ces femmes était sans valeur, des chiennes.

Zahra et Soudabeh deux amies d’enfance, belles comme le jour, ont, au départ des envies, des espoirs. Las ! Zahra est mariée à douze ans, impubère, à un homme peut-être plus âgé que son propre père, ce qui signifie plus d’école et plus d avenir.

« Une fille si belle est un danger permanent, une tentation diabolique même pour ses propres frères ».

« Son époux avait dépucelé la gamine sans égard ni tendresse. Brutalement. Ce qui l’avait fait jouir puissamment. Préparer sa très jeune épouse avec des caresses et des baiser, l’exciter de sorte que son vagin fût humide et prêt à être pénétré était une vision avilissante et dégradante pour la sexualité virile des hommes de son milieu. On pénètre sa femme avec force, d’un coup, comme on enfonce une porte. Comme on viole. On pénètre sa femme vagin sec et fermé avant qu’elle n’écarte les cuisses comme une pute. »

Veuve à dix-sept ans, avec deux jeunes enfants, sans avoir connu l’insouciance de l’adolescence, et très naïve, elle sera mise sur le trottoir par un très bon ami de feu son mari. Elle n’est pas belle la vie !!!

Soudabeh, quant à elle, pour ne pas se trouver mariée à l’adolescence, et tout aussi naïve,  à treize ans, fait une figue qui se termine… au bordel

« En tant que novice, c’est avec talent et obéissance que Soudabeh se soumit à la volonté de Dieu et débuta sa carrière de prostituée. Puisque Dieu en avait décidé ainsi, elle accomplirait de son mieux sa destinée. ».

Soudabeh devient pute de luxe. Ces macs ne cessent de lui rappeler d’où elle vient.

« N’oublie jamais dans quel taudis on t’a ramassée, ta chance est inespérée. »

N’est-il pas !

 

Chahdortt Djavann, entre fiction et réalité, vous donnez la parole à ces femmes qui se sont prostituées et qui, toutes, sont mortes parce qu’elles étaient putes. Elles sont cueillies par la misère, pour avoir fait confiance à la mauvaise personne, payer les drogues parentales et ou maritales, vendues, bonnes à tout faire, dans le plein sens de l’expression. Ces fillettes n’ont aucune éducation et lorsqu’à 17 ou 20 ans, elles sont veuves, répudiées, divorcées quel autre destin peuvent-elles avoir. De toute façon, la mort est au bout de leur chemin d’épines. Mouche sur le tas de fumier qui leur sert de vie, la mère, à sa naissance ne la déclare pas et se sert du certificat de naissance de l’aînée morte à quelques trois mois. Dès le début les dés sont pipés, une fille cela ne cause que des ennuis, alors, le plut tôt elle sera mariée, le mieux ce sera.

Les termes sont crus, durs. Elles parlent de cul, de bite, de branlette, de violence, de sueur, de saleté, de viol, jamais de l’amour, elle ne l’on jamais connu. Ces termes n’évoquent que la violence

« Une femme de ce pays, même une pute, se déplace sans faire de bruit. A travers le tchador noir, les clients ne voient ni jambes, ni seins, ni peau, ni boucles de cheveux, ni chute de reins… Les hommes visent directement le trou où tremper leur bite, c’est tout. »

Shahnaz assume son métier, elle aime le sexe, c’est presque l’exception qui confirme la règle, mais sa fin fut commune aux autres femmes.

« Je préfère la bite et le sperme à l’urine et les excréments, et même parfois, outre le pognon, je prends mon pied avec vos pères, vos frères et vos maris ».

« Ce n’est pas pour rien que, dès que les extrémistes islamistes s’emparent du pouvoir, ils s’en prennent tout de suite au plaisir en général et au plaisir sexuel en particulier… Pour eux, la sexualité des femmes est diabolique. Ils ne supportent pas l’idée que leur mère ait écartée les jambes pour les fabriquer. »

Ces mollahs, ces hommes vertueux, religieux, obéissants…. Sont issus du ventre de leur mère. Est-ce pour cela qu’ils ne veulent pas écouter ni voir le plaisir d’une femme ?  parce que la jouissance, possible, de leur génitrice la rabaisserait ? Touche pas à ma mère, mais je viole ta sœur qui est seule dans la rue ou je l’épouse pas encore nubile.

Epouser une gamine de huit, dix ans, pour moi, c’est de la pédophilie. Tout comme ces contrats de mariage temporaire s’apparentent à du proxénétisme. Une fois le contrat terminé, la jeune femme ne sera plus vierge et, finira au bordel ou dans la rue. Quelle belle morale vous nous donnez-là, messieurs les mollahs !

Malheureusement, cela ne se passe pas qu’en Iran. La pauvreté engendre cette vie sans espoir, J’ai l’impression d’enfoncer des portes ouvertes. En France, je ne crois pas que les femmes venues chercher une vie un peu meilleure et qui se retrouvent sur le trottoir sans papiers, sous les ordres  d’un mac, d’une mafia, soient plus heureuses. Laissons venir à la tête du pays, des ultras et….

Que de conneries sont faites et dites au nom de la religion… Toujours au détriment de la femme. C’est à elle de se cacher, de s’enfouir sous un tchador, pas à l’homme de se maîtriser. Je me demande si la religion qui interdit tout n’est pas la raison de cela, le serpent se mord la queue (pardon pour l’image).

Pour ceux que la longueur de ma chronique  rebute, sachez que c’est un livre-document à lire absolument

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