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ZAZY - mon blogue de lecture

Clavardage

31 Août 2016, 21:25pm

Publié par zazy

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Mènis Koumandarèas - La femme du métro

31 Août 2016, 16:00pm

Publié par zazy

 

La femme du métro

Mènis Koumandarèas

Quidam Editeur

80 pages

mai 2010

ISBN : 978-2-915018-46-2

 

4ème de couverture :

Fin d’hiver dans l’Athènes des années 70. Une femme mariée de quarante ans et un étudiant de vingt ans se retrouvent tous les soirs dans le même métro. Brève rencontre, amour impossible.
Une histoire toute simple en apparence, racontée par l’un des grands romanciers grecs, Mènis Koumadarèas, qui déploie là ses thèmes de toujours : beauté de la jeunesse, hantise du vieillissement, vies gâchées, mélancolie, amertume.
Un écrivain au sommet de son art et un portrait de femme inoubliable.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Mènis Koumandarèas est un écrivain grec né le 4 janvier 1931 à Athènes et assassiné le 6 décembre 2014 dans cette même ville. Il est considéré comme l’un des grands prosateurs grecs. Il est l’auteur de sept romans, cinq recueils de nouvelles et deux volumes d’essais. Il a entre autres traduit Carson McCullers et Francis Scott Fitzgerald, et reçu deux fois le Prix d’État pour le roman.

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Chaque jour, ils se retrouvent face à face dans le métro les ramenant vers chez eux. Elle, Madame Koula, quarantaine bien assumée, encore fière allure, sauf dans sont long manteau et lui, Mimis, jeune étudiant.

Ils s’arrangent pour, l’air de rien, se retrouver sur les mêmes sièges. Bien sûr, ils ont fini par lier connaissance, sont allés prendre un verre, puis…. Il l’emmène dabs sa garçonnière. Leur histoire prend une tournure qui, à la fois, ravit et apeure Koula. Rentrée chez elle, il fallait qu’elle se force auprès de son indifférent de mari et de ses filles. « Poussée par la force de l’habitude, elle préparait le repas, mettait la table, repassait un ou deux vêtements, aidait ses filles dans leurs devoirs, discutait avec son marie des affaires courantes. Il lui semblait qu’un automate avait pris sa place. » Vis-à-vis de Mènis, elle a, de temps à autre, des attitudes de mère plus que d’amante. Elle s’attache beaucoup (trop ?) à ce jeune homme. Elle se trouve au cœur d’un grand dilemme qu’elle résoudra, radicalement, au terme d’une journée bizarre.

Bon, me direz-vous, une banale histoire d’adultère, et alors ?

Et alors ? Cette histoire qui tient sur soixante dix pages est d’une très grande densité. L’impression de lire un livre beaucoup plus volumineux. En peu de mots, le décor, le métro, la vie sociale d’Athènes dans les années soixante-dix est installé. Koula, vivante au fil de pages est palpable, si vivante dans ses doutes. A l’image du métro, je sens que tout passe, mais leur histoire semble s’arrêter dans le temps avec un décor qui, lui, avance. Mènis Koumandarèas parle du passage de l’autre côté de la barrière de l’âge, de la jeunesse qui ne dure pas, de la vieillesse qui avance. De ce qui, au début de leur histoire les rapproche et ce qui, très rapidement va les séparer.

Je vais arrêter là mon verbiage car Michel Volkovitch, dans sa post face en parle beaucoup mieux que moi.

De cet auteur « Le fils du concierge » m’a conduite à « La femme du métro ».

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Caroline Solé - La pyramide des besoins humains

31 Août 2016, 06:35am

Publié par zazy

La pyramide des besoins humains

Caroline Solé

L’école des loisirs

Collection Médium

125 pages

Mai 2015

ISBN: 9782211221979

 

4ème de couverture :

L’ensemble des besoins des êtres humains peut être classé en cinq catégories. Aujourd’hui, cette théorie est le principe d’un nouveau jeu de téléréalité : La pyramide des besoins humains.
Nous sommes 15 000 candidats, et dans cinq semaines il n’en restera plus qu’un.
Et moi dans tout ça ? Disons que je m’appelle Christopher Scott. Disons que j’ai dix-huit ans. Que
j’habite sur un morceau de carton, dans la rue, à Londres.
Enfin, peu importe mon nom, peu importe mon âge. Je suis le candidat no 12778. Je n’existe pas encore. Mais je risque fort de devenir quelqu’un, et même quelqu’un de célèbre.
Et c’est bien ça le pire.

 

L’auteur (site de l’éditeur) :

Née à la fin du XXème siècle, sous un climat tempéré. Bonne constitution. Mauvaise mémoire. Enfance au clair de lune. Adolescence troublée. Texture : papier. Voyage : intérieur.
Des origines aux antipodes (Calais - Le Caire), escapades londoniennes, vie parisienne dans différents écosystèmes (université, mairie, journalisme).

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An force de se faire taper dessus, il s’enfuit, prend un train qui l’amène à Londres et, tout aussi directement dans ce quartier qu’il appelle Chinatown. « Je suis l’un de ces gosses qui dorment à Leicester Square, Piccadilly Circus ou dans une rue adjacente. Même pas recroquevillés, juste crevés, étalé de tout leur lons dans des sacs de couchage qui sentent l’urine et la bière. Bienvenue à Chinatown. ».

Avec son compagnon d’infortune, il vit dans des cartons, « J’ai appris à dormir sans dormir et mes yeux se sont éteints ».

Pour fuir une pluie magistrale, il entre dans une boutique informatique et tombe nez à nez avec une affiche proposant un jeu de téléréalité: « La pyramide humaine ». Après moult hésitations, il s’y inscrit sur internet « Une demi-heure d’internet coûte le prix de trois hot-dogs. » Alors commence sa propre pyramide, tout s’accélère, tout peut changer.

Je ne vous en dirai pas plus pour garder le mystère.

Difficile de suivre le jeune homme à travers les mots de Caroline Solé. Cela va à cent à l’heure. Pas d’attendrissement sur sa vie de laissé pour compte, Christopher ne le veut pas et, puis, vivre dans ces conditions prend toute son énergie.

Beaucoup d’allers et retours, non pas en train, mais dans la vie du jeune homme. Il est parti, mais, certains soirs, les beignes de son père lui paraissent douces à côté de ce qu’il vit. Son frère, surtout, lui manque, comme leurs promenades dans la campagne environnante.

A travers ce court récit, Caroline Solé épingle les dérives de notre société ; la téléréalité, où, pour gagner, des êtres humains étalent leur vie privée, voire très privée pour gagner un instant de célébrité qui durera le temps de l’émission. Christopher parle de ses « amis » qui « like » son profil et le font monter dans la pyramide. Dualité entre ce besoin de connaître son fameux « quart d’heure de célébrité », les paillettes qui disparaissent au démaquillage et la vie sordide de ces miséreux, hommes, femmes, enfants, qui luttent pour ne pas crever dans la rue.

Une écriture nerveuse, rapide, sans fard pour ce livre pour jeunes adultes, mais pas que. pyr

Livre lu dans le cadre du prix de littérature jeunesse, section baroudeurs, de « L’échappée lecture », organisé par la bibliothèque départementale de la Nièvre et son réseau de bibliothèques locales.

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Antonio Moresco - Fable d'amour

30 Août 2016, 15:11pm

Publié par zazy

 

Fable d’amour

Antonio Moresco

Editions Verdier

Traduit de l’italien par Laurent Lombard

128 pages

Août 2015

ISBN : 978-2-86432-807-0

 

4ème de couverture :« Fable d’amour, écrit Moresco, raconte une histoire d’amour entre deux personnages qu’il serait impossible d’imaginer plus éloignés : un vieux clochard qui ne se souvient plus de rien et qui a pratiquement perdu la raison, et une fille merveilleuse. C’est l’histoire d’une de ces rencontres qu’on croit impossibles mais qui peuvent avoir lieu dans les territoires libres et absolus de la fable, et aussi quelquefois dans la vie. »

Fût-il le plus pur, l’amour a-t-il vocation à durer ? Mais puisque l’amour est sans pourquoi, doit-on chercher plus d’explications à ce qui le tue qu’à ce qui le fait naître ? Et si la fable était le seul mode pour raconter aujourd’hui la puissance d’aimer ?

L’auteur (site de l’éditeur) :

Figure majeure de la prose narrative contemporaine, Antonio Moresco est né à Mantoue en 1947. Il est sans aucun doute l’un des écrivains les plus inspirés, les plus puissants, les plus imaginatifs, mais aussi les plus délicats de la littérature italienne, et qui depuis toujours poursuit son œuvre dans la solitude des plus hautes exigences.

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C’est écrit sur la couverture : Fable d’amour. Ainsi, ami lecteur, laisse tes vérités, la réalité de côté et entre par la porte qu’ouvre Antonio Moresco.

Oui, c’est une fable qui commence comme un conte par « Il était une fois… » mais la réalité est là avec toute sa dureté. L’écriture d’Antonio Moresco, toute en finesse saisit la misère de la misère.

Lui, Antonio, alias « Le vieux fou » est un clochard anonyme qui vit couché « sous sa couverture dure comme de la tôle, au milieu des sacs en plastiques éventrés et de ses haillons »

Elle, Rosa « Elle était belle, elle avait de merveilleux yeux noirs et, bien qu’encore jeune fille, elle avait déjà de merveilleuses formes de femme. »

Un jour, Elle prend Antonio par la main pour l’emmener chez elle. Elle le lave, le caresse... Aussi belle qu’il est laid, aussi lumineuse qu’il est dans le noir, ils vont s’aimer. Il se livre totalement à Rosa.

Ils vécurent heureux et eurent…. quelques mois de bonheur, jusqu’au jour où elle le renvoie brutalement, sans plus d’explications, à sa condition de miséreux qui devient misérable par l’étendue de son chagrin. Il en meurt… Et…quelque chose change. Et … je n’en dirai pas plus.

Cette fable décrit notre société dans ce qu’elle a d’impitoyable où les laissés pour compte sont abandonnés, invisibles. Antonio Moresco nous pose aussi cette question ; doit-on se livrer corps et âme à l’être aimé au risque de tout perdre ? Le vocabulaire, les mots sont directs, réalistes, quelque fois crus ; pourtant il émane de ce livre une très grande poésie. Le style de l’auteur donne du rythme, voire une légèreté à la lecture qui tranche avec la dureté de la vie d’Antonio. J’ai navigué entre la beauté et la laideur, la légèreté et la cruauté, l’ombre et la lumière, la vie et la mort, le conte et la réalité. Cette fable est un petit bijou

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Arnaud Dudek - Rester sage

29 Août 2016, 22:30pm

Publié par zazy

 

Rester sage

Arnaud Dudek

Alma Editeur

Janvier 2012

120 pages

ISBN : 9782362790096

 

4ème de couverture :

Enfant, il imaginait que, s’il restait sage, il réussirait sa vie. Grossière erreur.

À 32 ans, Martin Leroy perd tout du jour au lendemain, sa petite amie et son emploi.

Mais il décide de se battre, prêt à tout pour remettre sa vie dans le bon sens. Il glisse un marteau dans son sac et se rend chez son ancien patron, une idée derrière la tête. Heureusement, celui-ci est absent et Martin s’installe dans un bar, attend.

Il croise par hasard un ami d’enfance perdu de vue depuis des années, son antithèse a priori, nanti d’un travail, d’une fiancée ; lui sait comment occuper ses journées.

Leur rencontre nous donne l’occasion d’en apprendre un peu plus sur l’enfance rocambolesque de Martin auprès de sa mère-enfant vendeuse de chaussures que ses délires finiront par mener à l’hôpital psychiatrique. L’occasion aussi d’éviter le pire : les deux amis finiront la journée comme ils l’ont commencée, sagement, mélancoliquement, cruellement conscients que leur vie n’est pas vraiment fabuleuse et qu’il faudrait faire quelque chose… Mais quoi ?

L’auteur (site de l’éditeur)

Arnaud Dudek est né en 1979 à Nancy et vit à Besançon. Après Rester sage (Alma, 2012) sélectionné pour le Prix Goncourt du premier roman, Les fuyants est son second roman.

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Un livre qui n’a rien de palpitant. Il y est question d’un trentenaire (encore un) qui a perdu son boulot, sa fiancée. « Martin a tout perdu en quelques semaines. » Encore une histoire de nombril ?

Si on veut, mais, le style d’Arnaud Dudek a un petit quelque chose en plus : l’ironie, la dent dure, la dérision. J’ai aimé ses digressions comme lorsqu’il parle de l’escalator « On le sait, l’Escalator souffre d’un déficit d’image dans le cinéma comme en littérature. » ou sur un braquage foireux, ou le nom de la psy. Et puis un personnage principal qui a "des amis assortis au tapis du salon" ne peut qu’être attachant.

Un premier roman dont l’écriture travaillée, le style très personnel m’ont ravie. A bientôt de vous retrouver Arnaud Dudek. Promis, en attendant, je resterai sage.

Merci Philisine de me l'avoir recommandé

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Marcus Malte - Garden of love

29 Août 2016, 14:03pm

Publié par zazy

 

Garden of love

Marcus Malte

Editions Zulma

320 pages

Janvier 2007

ISBN 978-2-84304-389-5

 

4ème de couverture :

Troublant, diabolique même, ce manuscrit qu’Alexandre Astrid reçoit par la poste ! Le titre : Garden of love. L’auteur : anonyme. Une provocation pour ce flic sur la touche, à la dérive, mais pas idiot pour autant. Loin de là. Il comprend vite qu’il s’agit de sa propre vie. Dévoyée. Dévoilée. Détruite. Voilà soudain Astrid renvoyé à ses plus douloureux et violents vertiges. Car l’auteur du texte brouille les pistes. Avec tant de perversion que s’ouvre un subtil jeu de manipulations, de peurs et de pleurs.

Comme dans un impitoyable palais des glaces où s’affronteraient passé et présent, raison et folie, Garden of love est un roman palpitant, virtuose, peuplé de voix intimes qui susurrent à l’oreille confidences et mensonges, tentations et remords. Et tendent un redoutable piège. Avec un fier aplomb.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Marcus Malte est né en 1967 à la Seyne-sur-Mer. Il est l’auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles dont Garden of Love (récompensé par une dizaine de prix littéraires, notamment le Grand Prix des lectrices de Elle, catégorie policier) et, plus récemment, les Harmoniques.

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Avec ce livre, je me suis offert un puzzle géant. Ce qui parait simple et limpide au début de ma lecture devient trouble, troublant. Jeu de miroirs ? Jeu de rôles ?

Marcus Malte joue sur plusieurs tableaux. Alexandre Astrid reçoit par la poste, un manuscrit anonyme qui semble être la réplique de la vie de ce policier qui se raccroche bien aux branches de sa famille pour ne pas sombrer. A nous de démêler l’histoire de la vie, du vrai du raconté.

Marcus Malte sait joue sur les ambigüités. Nous passons de l’amour à la folie. L’horreur, l’angoisse, la tendresse, les confidences, l’amitié… Tout se mélange, passé, présent. Je fus un peu perturbée au début du livre par les changements d’époque, de personnages, d’autant que deux jeunes femmes portent le même prénom. La lumière m’est venue la nuit tant ce livre m’obsédait.

Malgré ce qui semble être des embrouillaminis, ce livre est superbement bien construit. Un puzzle bien ficelé je vous dis.

La fin est superbe « J’ai senti les larmes inonder mes joues. Un flot tiède et lent et continu. Libérant la place pour quelque chose qui ressemblait effectivement à la paix. Les bulles de Schubert. Les chœurs de Fauré…. La lumière baissait avec le soir. La mer était d’un bleu de méthylène. Exactement de la couleur du ciel. »

Un livre efficace, un coup de cœur pour ce polar

 

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Joann Sfar - Comment tu parles de ton père

28 Août 2016, 14:25pm

Publié par zazy

Comment tu parles de ton père

Joann Sfar

Editions Albin Michel

160 pages

Août 2016

ISBN: 978-2226329776

 

4ème de couverture :

Papa est né l'année où tonton Adolf est devenu chancelier : 1933. C'est l'année où pour la première fois on a découvert le monstre du Loch Ness. C'est l'année, enfin, où sortait King Kong sur les écrans. Mon père, c'est pas rien. Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir et un père comme André Sfar. Ce livre pudique, émouvant et très personnel, est le Kaddish de Joann Sfar pour son père disparu. Entre rire et larmes.

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Je n’ai pas encore lu le chat du Rabbin, ni les autres… C’est grave docteur ?

Par contre, j’ai découvert Joann Sfar avec « L’éternel » qui m’a fait rire. J’ai aimé le style décalé Sfar , j’étais piégée. J’aime aussi l’écouter sur France Inter.

Revenons à son père, pardon, papa comme il dit. « Je vous signale que papa est né l’année où tonton Dolphi est devenu chancelier : 1933. »

Orphelin de mère très jeune, trois ans, son père lui a tu la vérité exhortant chaque membre de la famille à en faire autant. C’est finalement le grand-père qui, deux ans plus tard, lui dit la vérité

Un homme ou une femme adulte qui nomme son père, papa ou sa mère maman, cela m’a toujours interpellée quelque part. Est-ce le signe d’une relation intense ? Je ne saurais dire. Tiens, Joann Sfar, pourquoi écrivez-vous papa au lieu de père ? « J’ai eu un bon papa, mais je suis fou. C’est comme ça. Dieu me pardonne. Papa, je t’aime ».

Le livre se présente comme le Kaddish (4ème de couverture) que le fils doit réciter sur la tombe de son père, lors des funérailles. C’est un roman d’amour pour ce père qui l’a protégé et aimé.

Toujours ses mots à l’emporte-pièce qui font mouche, la dérision, comme pour les jeunes femmes des pompes funèbres, un régal « Je vous dois le plus grand four rire et sans doute la seule vraie érection de cette’ semaine funèbre » ou « Dans les années 30, la France a souhaité importer des médecins polonais, sans doute de la même façon qu’on a fait venir récemment des plombiers. » ou son prépuce dans une boîte à bijoux

J’ai aimé son raisonnement, sa conclusion sur la paix entre Israël et la Palestine : « Là-bas, il y aura a paix le jour où les gens le voudront bien. Et aujourd’hui, il ne veulent pas ». « Il y aura la paix lorsque les hommes oseront n’être plus d’aucun clan. Aucun de vous ne le souhaite. Ayez au moins la décence de cesser de pleurnicher. » Arguments marqués au coin du bon sens ! Joann Sfar, dans ce livre vous me donnez l’impression d’être redevenu le petit enfant de votre père, d’où votre vocabulaire : papa, zizi… de mots employé par les jeunes enfants. j’espère que le manque « C’est cela qui me manque depuis le décès de mon père : je ne parviens plus à avoir peur de quiconque. » ne vous empêchera pas de garder le petit enfant qui est en vous. « Il parait que c’est ça, devenir adulte : le père meurt, on n’a plus d’autre ennemi que soi-même ».

Il n’y a pas que le père et l’image du père dans ce livre, Joan Sfar pousse quelques coups de gueule sur la religion. La sienne et les autres « J’ai deux enfants qui s’en foutent d’être juifs, j’y ai veillé. » Pourtant, il en parle beaucoup dans le livre, « Je répète partout que la principale qualité du Christ, c’est la colère mais le message ne passe pas. » Ah bon ? J’aime vos réflexions, restez athée, païen, cela me plait.

J’ai trouvé, dans ce livre, beaucoup de l’humour de Philippe Roth, de Woody Allen. Peut-être est-ce ça l’âme juive, cacher ses sentiments derrière l’humour et les pirouettes.

J’ai lu ce livre d’une seule traite et je lui dois une nuit très écourtée et fort agréable.

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Jeanne Benameur - Pas assez pour faire une femme

22 Août 2016, 20:21pm

Publié par zazy

 

Pas assez pour faire une femme

Jeanne Benameur

Editions Thierry Magnier

96 pages

août 2013

ISBN 978-2-36474-309-0

 

4ème de couverture :

Quand Judith rencontre Alain, elle découvre à la fois l’amour et la conscience politique. Cette jeune fille qui a grandi en oubliant qu’elle avait un corps est parvenue de haute lutte à quitter une famille soumise à la tyrannie du père pour étudier à la ville. Alain est un meneur, il a du charisme et parle bien, il a fait Mai 68. Si elle l’aime immédiatement, c’est pour cela : les idées auxquelles il croit, qu’il défend et diffuse, qui donnent un sens au monde.
Bref et intense, ce récit est celui d’une métamorphose : portée par l’amour qu’elle donne et reçoit, Judith se découvre un corps, une voix, des opinions, des rêves. L’entrée dans le monde de la littérature, de la pensée, de l’action politique lui ouvre un chemin de liberté. Jusqu’où ?

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Jeune fille dans un milieu petit-bourgeois provincial, Judith étouffe sous le joug d’un père tyrannique « Et depuis quand on fait ce qu’on veut dans la vie ? » et d’une mère soumise. La parole lui est refusée, elle ne peut parler, « parce que chez moi à l’intérieur, il y a une zone fermée barricadée. Depuis si longtemps que je ne sais même plus. Peut-être que je suis née avec. »

La délivrance arrive avec l’entrée en fac. Une petite chambre, la LIBERTE ! « Et quelle joie quand je suis sortie la première fois avec ma clé dans la poche. Rien qu’à moi. » Et, il y a eu la rencontre avec LUI, Alain. Elle a fondu dans ses bras, connu sa première fois avec lui. Pourtant, jamais, elle ne peut dire « Je suis incapable de prendre le risque d’oser dire. Même à lui». Avec Alain, elle découvre un autre monde, une autre littérature, la lutte avec les autres étudiants. Elle le reconnait elle-même, elle n’est pas politisée, elle fait tout ça pour être à la hauteur d’Alain, pour être avec lui. Elle apprend, la politique, les cours à la fac, l’amour, la vie.

Cette époque correspond à sa chrysalide. Elle n’est plus chenille mais pas encore papillon. Tant de choses tues sont en elle, « Est-ce que je sais au fond de moi ce qui m’a toujours fait peur ? est-ce qu’on sait toujours tout ? » comme les relations incestueuses de sa sœur avec son père « Quelque chose de puissant venait de se frayer un chemin dans ma tête »

 

Elle n’a pas pu tuer le père pour s’assumer complètement en tant que femme, il est mort avant. « Il m’est arrivé de me demander si c’était pour fuir la parole qu’il était mort si tôt. Il m’arrive encore de regretter que la confrontation ‘ait jamais pu avoir lieu. »

 

« Savoir ne permet pas forcément de se libérer soi-même de tout. Si mon pas est plus ferme aujourd’hui, je sais qu’il me reste encore des portes à ouvrir à l’intérieur de moi. Mais la lourde épave a entamé sa remontée du fond du lac. Un jour, je sais qu’elle sera à l’air libre et que le courant l’emportera au loin, vers la mer ».

On ne nait pas femme, on le devient écrit Simone de Beauvoir dans le deuxième sexe. C’est un long chemin semé d’embûches, de découvertes, d’amour, de vie.

Une très belle lecture. J’apprécie vraiment les mots de Jeanne Benameur : Les insurréctions singulières, Orages intimes, Profanes,

Je trouve la couverture de ce livre très chouette.

 

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Stéphane Héaume - L'insolite évasion de Sebastian Wimer

20 Août 2016, 21:19pm

Publié par zazy

 

L’insolite évasion de Sebastian Wimer

Stéphane Héaume

Editions Serge Safran

268 pages

Août 2016

ISBN : 979-10-90175-53-2

 

4ème de couverture :

Carlotta-Pietra, ville fortifiée aux allures vénitiennes, vit ses derniers instants de liberté. Il ne reste que quelques jours avant que les portes de la cité ne se referment définitivement.
Sebastian, styliste de mode et son associé Dimitri, entreprennent de s’enfuir avant qu’il ne soit trop tard. Mais un soir, sur le chemin qui le mène à sa Villa des Mouettes Noires, Sebastian porte secours à une femme brutalisée, laissée inerte le long du canal. Troublé, il croit reconnaître Agathe, sa défunte épouse, même si ses papiers d’identité affirment le contraire.
Une chose est sûre, l’état de santé de la jeune femme l’oblige à retarder son projet initial. Aidé du jeune Leos, son aide de camp, et de ses proches amis, il échafaude un plan d’évasion insensé, puisant dans l’histoire de la cité et défiant le pouvoir en place.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Stéphane Héaume, né à Paris le 27 mars 1971, est l’auteur de plusieurs romans comme Le Clos Lothar (Prix du jury Jean-Giono 2002) ou Sheridan Square (Prix de la Ville de Deauville 2012). Il écrit également des essais, des nouvelles et des textes pour le théâtre lyrique.

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Stéphane Héaume déroule une tragédie antique, unité de lieu, d’action et de temps. Cela pourrait être n’importe où, n’importe quand.

Carlotta-Pietra ville fortifiée en bordure de mer est sous le joug d’un tyran qui ne veut rien d’autre que de fermer la ville et la mettre à sa botte. « Les portes de la ville fermeraient dans sept jours. » Certains arrivent à s’enfuir juste avant la fermeture physique des portes, d’autres y laisseront la vie, les autres restent.

C’est dans cet état de tension que Sebastian styliste de mode de renommée mondiale et son associé Dimitri décident de partir.

Le plan est rôdé, mais un caillou va se glisser dans les rouages. Sebastian sauve une femme d’une baston. Hagard, il découvre que c’est le sosie parfait de sa femme, tuée pendant des émeutes, qu’il vient d’enterrer. Il la ramène chez lui pour la soigner et est de plus en plus certain que c’est Agathe.

Le projet initial de fruite est remis en cause Sebastian et Leos, échafaudent un nouveau plan on ne peut plus audacieux, grâce à l’historique de la ville.

Je ne dévoilerai pas plus les arcanes de l’histoire, si ce n’est que Sebastian perdra une seconde fois sa douce et belle Agathe.

Un livre que j’ai non pas dévoré, mais lu avec gourmandise, dégusté. Les mots qui me viennent en parlant de l’écriture de Stéphane Héaume sont délicatesse, musicalité. « Qu’est-ce qui cogne ? Qu’est-ce qui tape contre mes tempes ? Qu’est-ce qui bas, me bouleverse et me brise ? » Quel beau livret ! L’amour constant, l’amitié, la félonie, celle qui semble tirer quelques ficelles où, pour le moins, tout converge, le héros, les méchants... Le décor est grandiose, baroque, les personnages attachants. L’ambiance lourde laisse percer la peur. J’aime cette antinomie entre le décor et l’action.

Serge Safran, fidèle à sa ligne éditoriale, m’a offert un grand coup de cœur pour cette nouvelle rentrée littéraire. Merci à lui et à son équipe.

J’ai tellement aimé l’écriture de Stéphane Héaume que j’ai retenu « Le contemplateur » à la bibliothèque.

Je découvre la rentrée littéraire avec un gros coup de cœur.

 

 

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Gaëlle Josse - Les heures silencieuses

18 Août 2016, 13:22pm

Publié par zazy

 

Les heures silencieuses

Gaëlle Josse

Editions Autrement

140 pages

Janvier 2011

ISBN : 9782746715011

 

4ème de couverture :

« À l'heure où mes jours se ternissent comme un miroir perd son tain, le besoin de m'alléger de ce qui m'encombre devient plus fort que tout. Je garde l'espoir, naïf peut-être, qu'un tel aveu sera comme l'amputation d'un membre inguérissable qui, pour douloureuse qu'elle soit, permet de sauver le reste du corps. »
Tout paraît à sa juste place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Rigoureuse, maîtresse d'elle-même, elle aurait pu succéder à son père. Mais le commerce est réservé aux hommes. Sa place est au foyer. Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur, où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets, que son journal intime dévoile. Déceptions, souvenirs, drames familiaux, mais aussi joies, et désirs interdits...
Dans le silence de l'heure, derrière le précaire rempart de l'ordre et de la mesure, Magdalena transcrit les vacillements de son cœur, explorant les replis les plus secrets de l'âme.

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Comme sur la peinture d’Emmanuel de Witte « Intérieur avec une femme jouant de l’épinette », tout respire l’harmonie dans la vie de Magdalena. Pourtant, dans le journal intime que dévoile Gaëlle Josse, beaucoup de tourments et, surtout, un lourd secret tu depuis l’âge de ses douze ans.

Magdalena, est l’aînée de 4 filles, son père l’initie au commerce maritime. C’est là qu’elle rencontre Pieter qu’elle épouse. Bien sûr, c’est lui qui prend la succession des affaires du père. En tant que fille, elle n’en a pas le droit. Mariage, enfants, gestion de la maison… occupent la jeune femme. Arrive l’accouchement de trop qui aurait pu lui coûter la vie. Son mari, « grand seigneur » prend la « sage » décision de ne plus coucher avec elle. A trente-huit ans, elle ne connaîtra plus les plaisirs de la chair et Pieter les amoures ancillaires. Pas facile de à cet âge de se transformer en une nonne. Elle connaît quelque émoi tout platonique, mais…Heureusement, il y a la marche des affaires à laquelle elle est toujours associée. « Je me réjouis de bientôt l’y accompagner. Je crains que ce soit là un des seuls plaisirs qui me restent. La mer et les navires me demeurent chers, et avivent mes plus doux souvenirs. »

J’aime le contraste entre le tableau qui ne montre pas le visage de Magdalena, où beaucoup est dit par petites touches et le journal intime où elle dévoile ses secrets, ses entrailles. A travers la vie de Magdalena, Gaëlle Josse raconte également la vie de la bourgeoisie de Delft au dix-septième siècle

L’écriture de Gaëlle Josse est caressante, douce. La palette de ses mots est comparable à la chaleur des tons du tableau.

Une belle lecture, agréable, chaude et vivante. In livre à lire d’une traite bien lové au creux d’un hamac ou de son lit. Un auteur que j'ai découvert et apprécié avec Le dernier gardien d'Ellis Island

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