Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ZAZY - mon blogue de lecture

Henning Mankell - Les chaussures italiennes

31 Mai 2013, 21:46pm

Publié par zazy

Les chaussures italiennes

Henning Mankell

Traduction : Anna Gibson

Editions du Seuil (2009)

ISBN : 2020944650

 

4ème de couverture :

A soixante six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l'archipel. Depuis qu'une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s'est isolé des hommes. Pour se prouver qu'il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s'y immerge chaque matin. Au solstice d'hiver, cette routine est interrompue par l'intrusion d'Harriet, la femme qu'il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer. Le temps de deux solstices d'hiver et d'un superbe solstice d'été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l'amour et la rédemption.

=========

Depuis plus de dix ans, Fredrik Welin joue les autruches misanthropes (est-ce possible ?) sur son île au bord de la Baltique et, le climat n’est pas propice à ces oiseaux, tout le monde le sait. Chaque matin, Monsieur Bougon prend son bain de mer après avoir creusé son trou dans la glace, puis vaque à quelques occupations. Bien qu’il rudoie le facteur, son seul interlocuteur,  il l’attend à chaque passage, sur son ponton « Je l’attends, je me demande pourquoi et je sais que je n’aurais jamais de réponse »…. La vie pourrait continuer ainsi à écrire sa chronique d’une vie qui a tourné court, sauf que, un matin, « Il y avait quelqu’un sur la glace. Une silhouette noire sur fond de blancheur immense. » « C’était une femme. On aurait dit qu’elle marchait appuyée contre un vélo. Puis j’ai compris : c’était un déambulateur ». En y regardant de plus près, avec ses jumelles, il reconnait Harriet « la femme que j’avais aimée autrefois plus que n’importe quelle autre ». C’est le début de la fin ou la fin de l’ermite ? Toujours est-il que sa vie va changer radicalement. Il va faire de sacrés découvertes familiales et oser se retourner sur son passé, ne plus fuir ce pourquoi il a joué les autruches gelées pendant si longtemps. Petit à petit, la forteresse qu’est devenue son île, la carapace qu’il l’encombre va tomber, en respectant simplement « la seule promesse vraiment belle » que l’on n’ait jamais faite à Harriet.

Le vieux bougon misanthrope qui s’isole et voit sa vie radicalement changer suite à un évènement extérieur est un thème souvent « exploité ». Le charme de l’écriture précise, teinté d’humour, de Henning Mankell, la description des couchers de soleil, du froid que l’on sent arriver, la neige qui tombe, les pas qui crissent dans la neige, le bruit des oiseaux, du vent…. les ambiances qu’il a créées font de ce livre un délicieux moment de lecture.

Ce que j’ai aimé dans ce livre : tous ces personnages à la dérive qui se réinventent un monde. L’amour, ou pour le moins, la solidarité, le soin de l’autre qui les unit en ces terres, pour nous, hostiles, même Fredrik y succombe en sauvant un chien. Henning Mankell prend son temps pour nous amener au mot fin. Le temps qu’il faut à Monsieur Bougon pour récupérer le fil de sa vie, là où tout a basculé, le temps d’envisager un possible avec les autres, le temps d’envisager donner un sens à sa vie.

Encore un ouvrage que je n'aurais pas voulu rendre à la bibliothèque !

Un livre que beaucoup ont lu donc voici quelques liens vers leurs blogues :  

MimiAsphodèle -  LilibaMétaphore – sur des plateformes LibflyEntréeLivre -

Quelques extraits

« La plupart des voyages dont on rêve n’ont jamais lieu. Ou alors on les accomplit intérieurement. L’avantage, quand on emprunte ces vols intérieurs, c’est qu’on a de la place pour les jambes. »

« Tout est silence, au-dedans comme au-dehors. L’été, le printemps, l’automne ne sont jamais silencieux. L’hiver, lui, est muet. »

« L’ordre était perturbé. Harriet était venue et elle avait bouleversé ma vie. »

« La mort était une coupe claire où ne subsistait plus aucune cachettes de la vie »

« J’ai quand même compris une chose, c’est qu’on est tout seul avec sa mort. Mais nous pouvons être là et l’aider ».

« J’avais trahi parce que j’avais peur d’être trahi à mon tour. Cette peur du lien, cette peur de sentiments trop intenses pour pouvoir être contrôlés, m’avait toujours poussé à réagir d’une seule façon : l’esquive, la fuite. »

« Vivre, au fait, ce n’est jamais qu’avancer dans son petit bateau au milieu d’un flot de promesses variées à l’infini. »

 

 

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

Ritournelle 13/06/2013 21:46

J'ai bien aimé moi aussi ce livre:
Un beau roman sur la solitude, l'amour, la culpabilité, avec toujours, le souci de l'introspection qui en fait une oeuvre intimiste, sensible.

"La vie, au fond, c'est quelque chose de sérieux. Il y a un enjeu, je ne sais pas lequel, mais il faut tout de même croire qu'il existe, et que le sens caché se trouve un cran au-dessus des chèques-cadeaux et des tickets de grattage."

zazy 13/06/2013 22:03

J'en garde un très bon souvenir. Je me demande si je ne vais pas l'acheter

Valérie 07/06/2013 12:24

J'ai préféré ce titre à la série des Wallender (que j'aime beaucoup en série TV par contre). C'est un roman très sensible.

zazy 07/06/2013 13:25

Ah bon, les polars sont devenus une série télévisée ?

Aifelle 06/06/2013 06:27

A ce jour, c'est mon préféré de Mankell, j'ai adoré l'atmosphère et le vieux bougon comme tu dis !

zazy 06/06/2013 09:36

Je prévois de me pencher sur le cas polar !!

Philisine Cave 05/06/2013 10:03

Un livre que j'ai bien aimé. Je l'ai aussi emprunté en biblio et suis ravie que d'autres en profitent. Bises

zazy 05/06/2013 11:13

Tout-à-fait, mais bon l'avoir égoïstement dans sa biblio, pouvoir le refeuilleter....

Yv 04/06/2013 14:03

Moi aussi c'est mon exemplaire et je le garde ! Un bouquin que j'ai adoré autant que les polars avec wallander, pas pour les mêmes raisons, mais c'est excellent

zazy 04/06/2013 15:34

Je vais jouer mon Calimero : c'est pô juste, faut que je le rende à la bibliothèque
Je vais aller voir du côté de ses polars