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ZAZY - mon blogue de lecture

Vita Sackville-West - Toute passion abolie

30 Septembre 2012, 11:07am

Publié par zazy

http://ecx.images-amazon.com/images/I/5119srbZ2-L._SL500_AA300_.jpg

 

Toute passion abolie

Vita Sackville-West

Traduction de Micha Venaille

Editions Salvy

230 pages

ISBN : 9782905899286

 

 

 

 

Au décès de son mari « C’est probablement parce qu’Henry Lyulph Holland, premier comte de Slane, vivait depuis si longtemps, qu’on avait fini par le croire immortel. », Lady Slane  décide d’habiter une maison à Hampstead seule avec sa chère Genoux (vous noterez que, pour une gouvernante, on ne met pas Mademoiselle devant !!) où elle se lie d’amitié avec son propriétaire et l’artisan chargé des menus travaux. A 88 ans, elle désire, à l’âge où toutes les passions sont abolies, La vie coule paisiblement, entre promenades, thé. Elle se remémore sa vie de femme mariée et prend le temps de regarder, de s’abandonner à ses rêveries, surtout loin de ses enfants.

 

Elle se souvient de la demande en mariage de Holland, de sa réponse distraite, mais ferme devant ses velléités de peintre…. Pourtant elle l’a aimé, l’a soutenu, l’a suivi et décoré de sa présence.

 

La vie lui réserve encore quelques surprises, entre autre,  sous la forme de Mr. FitzGeorge, collectionneur atypique, un ancien amoureux platonique de la belle vice-reine. Lui-aussi devient un habitué de la maison et les conversations au coin de feu ou les promenades à petits pas font leur bonheur à tous.

Lady Slane me fait penser aux  paysages peints par John Constable, qu’elle apprécie tant. Ce n’est pas une vieille dame indigne, mais une femme digne qui au soir de sa vie veut vivre comme elle le désire, entourée par son petit aréopage  de son choix, sans souci des convenances.

 

La plume élégante et alerte de Vita Sackville-West fait que l’on ne s’ennuie pas un instant. Passant de l’ironie à la poésie, de la douceur aux sarcasmes, elle nous dépeint la fin d’une époque : celle de Lady Slane,  ainsi que ce 19ème siècle bourgeois et guindé où ses enfants évoluent obsédés qu’ils sont par l’argent, le rang….. Par petites touches, sans avoir l’air d’y toucher, elle met le doigt dans les fissures de cette société anglaise.  Autant l’atmosphère est légère lorsque Vita Sackville-West raconte Lady Slane, autant lorsque ses enfants arrivent, on a une brusque envie de se tenir bien droit sur sa chaise.

 

La lecture de ce très beau portrait de femme m’a ravie et j’ai noté cet auteur que je ne connaissais pas. Merci Letitbe, ta chronique m'avait alléchée. Je relirai cette amie de Virginia Wolf.

Leur avis : les livres de George - Letitbe  - 

 

4ème de couverture

 

« En un éclair lady Slane sentit que le puzzle éclaté de ses souvenirs venait de se reconstituer [...]. Elle se retrouva sur la terrasse de la villa indienne désertée [...]. Elle appuyait ses bras sur le parapet brûlant, faisant pivoter lentement son ombrelle. En fait, elle se tenait ainsi pour dissimuler son trouble car elle venait de se retrouver à l’écart de tous avec ce jeune homme à ses côtés.» Le jour même de la mort de son mari Henry Holland, comte de Slane, lady Slane décide de vivre enfin sa vie. Elle a quatre-vingt-huit ans. Lady Slane surprend alors son entourage en se retirant à Hampstead. Dans sa nouvelle demeure, toute passion abolie par l’âge et le choix du détachement, lady Slane se sent libre enfin de se souvenir, de rêver…de "pénétrer jusqu'au plus profond du cœur de la jeune fille qu'elle avait été".

 

Biographie de Vita Sackville-West :

Vita Sackville-West, née le 9 mars 1892 et morte le 2 juin 1962, est une poétesse, romancière, essayiste, biographe, traductrice et jardinière anglaise. En 1913, elle épouse Harold Nicolson, diplomate. Couple ouvert, elle eut des amours passionnées avec des femmes comme Violet Trefusis et la romancière Virginia Woolf.

Son œuvre littéraire est riche. Au temps du roi Édouard (The Edwardians, 1930) et Toute passion abolie (All Passion Spent, 1931) sont sans doute ses romans les plus connus de nos jours. Son roman de science fiction Grand Canyon (1942) est un conte édifiant (ainsi qu'elle l'appelle) sur l'invasion des États-Unis par les nazis. La chute inattendue en fait davantage qu'un roman d'invasion typique. Elle consacra la fin de sa vie aux jardins.

 

Lu dans le cadre du http://www.babelio.com/users/critiquesABC2013.jpg

 

 

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Philisine Cave 30/09/2012 20:36


Une tranche de vie agréable à te lire (et à lire). Why not ? a day...

zazy 30/09/2012 21:01



or an other !!!