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ZAZY - mon blogue de lecture

Véronique Ovaldé - Des vies d'oiseaux

8 Avril 2013, 14:27pm

Publié par zazy

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Des vies d’oiseau

Véronique Ovaldé

Editions de l’Olivier

Paru en 08/2011

236 pages

ISBN : 978-2879298276

 

4ème de couverture :

« On peut considérer que ce fut grâce à son mari que madame Izzara rencontra le lieutenant Taïbo ». Car c’est lui, Gustavo Izzara, qui, revenant de vacances un soir d’octobre 1997, appelle la police pour qu’elle vienne constater que sa somptueuse villa de Villanueva avait été cambriolée. Un vol pour le moins étrange puisqu’aucun objet n’a été dérobé et que les intrus, apparemment familiers des lieux, se sont contentés d’habiter la maison en l’absence du couple. Vida Izzara va peu à peu sortir de son silence et dévoiler au lieutenant Taïbo la vérité : Paloma, sa fille unique de 18 ans, s’est évaporée du jour au lendemain avec Adolfo, un mystérieux (dangereux?) jardinier, et elle la soupçonne d’être revenue, par effronterie, insolence, nostalgie ? hanter la demeure familiale. Les vies d’oiseaux, ce sont celles que mènent ces quatre personnages dont les trajets se croisent sans cesse. Chacun à sa manière, par la grâce d’un nouvel amour, est conduit à se défaire de ses anciens liens, conjugaux, familiaux, sociaux, pour éprouver sa liberté d’exister. Sans plus se soucier d’où il vient ni de là où la vie le mène. Avec Des vies d’oiseaux, Véronique Ovaldé continue à explorer les rapports qui lient les hommes et les femmes.

 =========

 Izzara appelle la police suite à l’intrusion d’inconnus dans sa maison lors de leur absence, mais rien n’a été volé. Taïbo, au bout du fil ira le lendemain chez eux.

 Vida s’ennuie sans le savoir tout en le sachant dans sa maison sur la colline, un quartier « résidentiel » de Villanueva. Déjà les maisons récentes se fendillent. Est-ce un signe précurseur de la vie familiale des Izzara ? L’izzara, chez nous, aide à la digestion ou permet de clôturer un repas dans le plaisir. Chez eux, c’est l’ennui, le silence. La maison ultra moderne, dont les fenêtres ne s’ouvrent pas, est froide et glaçante et ce n’est pas seulement dû à la climatisation poussée à fond. La chaleur familiale est absente de cette maison. Le père « travaille  et subvient aux besoins de la famille », je ne suis pas certaine que Vida ne se soit jamais sentie à l’aise dans son rôle de potiche bouseuse. Quant à Paloma, elle n’a rien de la colombe. Aucune discussion, chacun s’enferme. Les accidents de la vie vont faire éclater la bulle. Paloma rencontre Adolfo, jardinier engagé par Vida  (mais est-ce bien elle qui l’a fait ?) et tout explose, Paloma s’enfuit.

Nous passons de la colline, où elle habite, à la terre d’en bas, où elle est née. Sa fille fera le chemin inverse avec la même passion. De la richesse à la pauvreté, de l’élégance et la bonne éducation, à la sauvagerie.

 Taïbo, l’enquêteur est un brin nostalgique et l’auteure met de jolies phrases dans sa bouche ! « Ici c’est comme une remorque attachée à la terre, il n’y a plus rien derrière. »

 La scène d’amour entre Taïbo et Vida es très belle et douce. « Taïbo sentait les cascades et les marécages, la mangrove et la roche rouge du désert, il sentait la selle des chevaux, il sentait Liberty Valence et la tristesse chilienne il sentait les pays que l’on quitte et le cuir qui s’est patiné » Comment ne pas tomber en pamoison devant un tel homme !!

Le chapitre sur le voyage « initiatique » !! d’Adolfo décidé par son père. D’un coup d’un seul, il décide d’emmener son fils  à la chasse au bison sauvage  dans le froid et la neige. Un chapitre dur et rude, à l’image de l’enfance d’Adolfo et de la folie de son père. « Ils ont marché pendant trois heures, Adolfo toujours dix mètres en arrière, attentif à maintenir cette distance, il suivait le père, grotesque dans son treillis jaune guerre du Sahara, qui avançait avec une détermination punitive, il suivait le père qui sortait sa flasque tous les deux cents mètres pour s’en enfiler une rasade, et lui, le gamin ramassant de la neige sur les branches des arbres et la posant sur sa langue pour apaise cette soif singulière qui vous saisit dans les espaces nus et enneigés, ne sentant plus ses pieds, apaisé de ne plus les sentir parce qu’au début c’est douloureux, ça pique, ça rend sensible jusqu’à la moelle des chevilles et après on a l’impression que les orteils gonflent et emplissent tout le volume de la chaussure, la plante des pieds se met à enfler et puis au bout d’un moment il n’y plus rien, juste deux briques vissés au bas des jambes. »

 

Véronique Ovaldé continue d’explorer la confrontation riche-pauvre, enfant-parents, certaines fois avec beaucoup de dérision. « Vida se lève de la table durant la soirée et, en passant dans le couloir, elle aperçoit son reflet dans le miroir. Ce qui lui crée un léger choc. Elle se sent ridicule dans ses voiles verts, on dirait une Grace Kelly inconsolable, l'une de ces femmes qui boivent trop de gin tonic dans les films brésiliens des années soixante. »

Un roman à déguster, très ovaldien. L’enquête policière n’est là qu’un support pour parler des liens unissant tous ces êtres, du courage qu’il faut pour changer sa vie et en devenir acteur. Ces vies d’oiseaux sur les branches des arbres, ou genre coucous dans les maisons des autres puis, bâtisseur de son propre nid.  

Oui, vraiment, un second livre de Véronique Ovaldé que j’ai beaucoup apprécié. Le premier était Ce que je sais de Vera Candida. Je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin….

Commenter cet article

Une Comète 18/04/2013 09:15


Dans mes bras ma Zazy ! Cette Ovaldé est une grande !

zazy 18/04/2013 09:49



J'arriiiiiiiiiiive



zazimuth 09/04/2013 20:44


J'avais beaucoup aimé Véra Candida alors je me le note ; merci !

zazy 09/04/2013 22:11



J'attends ton commentaire



Alex-Mot-à-Mots 09/04/2013 11:12


Son premier ne m'avait pas charmé, alors j'hésite à continuer avec cette auteure.

zazy 09/04/2013 11:34



C'est du Ovaldé pur jus. On ne peut pas tout aimer ! et ta PAL doit contenir de petites merveilles qui n' attendent que tes doigts pour tourner les pages



Philisine Cave 08/04/2013 17:48


J'ai assez bien aimé ce livre mais je crois que je préfère Véra que je suis en train d'écouter (livre audio). bises

zazy 08/04/2013 18:15



Comment peux-tu faire pour écouter un livre-audio ? Je ne pourrais rien faire d'autre et encore, mon espris, à partir d'un mot, partirai ailleurs !!!