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ZAZY - mon blogue de lecture

Valérie Mrejen - L'agrume

27 Février 2012, 22:57pm

Publié par zazy

L-Agrume.jpg

 

L’Agrume
Valérie MREJEN
Editions ALLIA
77 PAGES
ISBN : 9782844850713


4ème de couverture

Nous étions assis sur un banc près des Halles, sous une espèce de pergola en bois. Il faisait bon. Il m'a dit je ne t'aime pas. La veille, il était arrivé une heure en retard au rendez-vous. J'étais devant la station d'essence de la porte d'Orléans à guetter les 4 L en espérant qu'il vienne. Il a fini par apparaître. J'avais envie de faire la tête mais la gaieté de le voir annulait tout. Ce n'était pas le moment de faire une remarque : déjà qu'il ne m'aimait pas beaucoup. J'ai juste relevé son manque de ponctualité sur le ton de la plaisanterie. Valérie Mréjen

Biographie de Valérie Mrejen (source Wikipedia) :

Valérie Mréjen, née en 1969 est une romancière, une plasticienne et une vidéaste française. Elle effectue ses études à l'École nationale supérieure d'arts de Cergy-Pontoise. Elle produit ses premières vidéos en 1997. Elle est produite par Charlotte Vincent, Aurora Films.

Elle a été pensionnaire de la Villa Médicis en 2002-20031. Elle a été, en 2001, invitée d'honneur de l'Oulipo.

Mon avis :

Le sens unique n’existe pas seulement dans le code de la route. En amour, cela fonctionne très bien si l’on en croit Valérie Mrejen. Amoureuse ( ?) de Bruno, alias l’Agrume, espèce de mec lui aussi à sens unique, très imbu de sa petite personne, soit-disant esthète et amateur d’agrumes pourris. Dès le début, il a fixé les règles de leur histoire : c’est moi qui commande, c’est moi qui dit quand, où, pourquoi… Les rendez-vous où il ne vient pas, les absences, le téléphone silencieux, l’attente interminable…. Rien ne lui sera épargné, la narratrice accepte tout le lot avec en prime l’ex-petite amie.

Chose bizarre, alors qu’elle nous parle de l’homme qu’elle aime, il n’y a aucun mot d’amour, rien qu’un rapport de faits. La construction du livre est faite de petits paragraphes. Elle écrit par petites touches très précises comme pour mieux disséquer son amour à sens unique.

Dès le début, nous sommes fixés :
« Nous étions assis sur un banc près des Halles, sous une espèce de pergola en bois. Il faisait bon. Il m’a dit je ne t’aime pas »

La fin est assez inattendue :

« A la scène du vaudeville en peignoir, j‘ai propos » que nous rompions. Il a tout de suite été d’accord.
Je m’étais attendue à une apocalypse. Qu’allait-il se passer ?
Je ne vous pas voir ça.
En fait, il ne se passa rien : le téléphona n’a plus sonné. Ça n’a pas été trop brutal comme transition. »

Les deux antagonistes sont aussi agaçants l’un que l’autre. Lui, par sa suffisance, sa lâcheté, sa petitesse ; elle par sa soumission. La force de Valérie Mrejen, est de nous donner une succession de faits, non des états d’âme et la banalité devient un bon livre.

Quelques extraits
« La première fois qu’il est venu chez moi, c’était en revenant de Tours. Il m’avait pris une boîte de macarons chez un pâtissier tourangeau. Nous sommes restés debout à nous embrasser au milieu du studio. Il était arrivé chez moi, avait réussi à trouver ma rue et apporté ces délicieux gâteaux. Bientôt, il m’a dit qu’il devait remettre un document à son frère aux environs de Jouy-en-Josas. Il est parti en promettant de revenir. Pendant ce temps, j’ai tournoyé en rond et admiré les macarons. Au bout d’un moment, je me suis mise à la fenêtre pour guetter sa voiture.
Il est revenu au bout d’une heure. J’ai pensé ouf. »
« La veille d’un jour passé, il m’avait dit qu’il m’appellerait. J’ai attendu. Je n’osais pas sortir. J’avais peur qu’il raccroche en trouvant le répondeur. Je suis restée chez moi, j’ai patienté non loin du téléphone en pleurant d’impatience. Il s’est mis à faire nuit. Je n’avais fait qu’attendre et espérer toute la journée. Peut-être était-il arrivé quelque chose? (Je me disais cela pour ne pas l’accuser). Je l’ai appelé vers 9h10. Puis vers neuf heures et quart. Tout à coup, il venait de rentrer. Il m’a dit : on est allés voir une exposition au Jeu de Paume. Il parlait gentiment mais avec une voix ferme. Il m’a promis de rappeler plus tard.
Avant ça, j’étais tombée sur elle au téléphone. Je ne me posais pas trop de questions. J’avais surtout demandé à parler à Bruno. »
« Une fois, il avait oublié un reste de couscous dans une cocotte minute avant de s'en aller trois jours. C'était moisi à son retour. Je me disais : comme il est attendrissant. Il a la tête ailleurs. Je trouvais les mouches drosophiles attendrissantes. »

 

J'ai lu ce livre dans le cadre de l'opération Exemplaires voyageurs d'Un éditeur se livre avec Allia

lancée par logo-libflybis et les Editions ALLIA que je remercie.

Autre son de cloche avec l'avis de Mimi

Commenter cet article

jeneen 07/03/2012 16:25


oh je l'ai dans ma PAL ! un des plus vieux, je pense ! je vais le lire, tiens, tu me relances ! je t'ai du coup lue en diagonale ! bye

zazy 07/03/2012 18:31



Il se lit vite et j'ai passé un assez agréable moment.


Je fais comme toi lorsque je dois lire un livre, je lis les commentaires en diagonale



Livres d'un jour 01/03/2012 13:59


J' adore ton expression ;" Autre son de cloche avec l'avis de Mimi "  ...


Je te conseille d'aller voir sur mon blog, un tag t'attend !!!


Bonne fin de journée !



zazy 01/03/2012 16:15



Tu ne connaissais pas cette vieille expression ????  mais non, ce n'est pas Mimi la cloche !!!



Céline72 28/02/2012 21:38


Je pense que pour cette fois, je passe mon tour.


Bonne soirée

zazy 28/02/2012 22:02



C'est un livre d'une écriture sans fioriture, ciselée, mais le sujet n'est pas très agréable pour une femme, quoique l'on puisse s'y reconnaître à unmoment ou un autre; Qui n'a pas attendu devant
le téléphone ????