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ZAZY - mon blogue de lecture

Sandor Marai - Métamorphoses d'un mariage

9 Novembre 2011, 21:32pm

Publié par zazy

 

métamorphoses mariage

Métamorphoses d’un mariage

Sándor Márai

trad. du hongrois par Georges Kassai et Zéno Bianu

Editions Albin Michel

449 pages

 

4ème de couverture :

Ilonka, Peter, Judit sont les acteurs d'un même drame. Chacun à leur tour, ils confient " leur " histoire comme on décline un rôle. L'épouse amoureuse et trahie. Le mari cédant à la passion. La domestique ambitieuse qui brise le couple. En trois récits-confessions qui cernent au plus près la vérité des personnages par un subtil jeu de miroirs, Sándor Márai analyse avec une finesse saisissante sentiments et antagonismes de classe. Mais, au-delà, c'est la fin d'un monde et d'une société - la bourgeoisie hongroise de l'entre-deux-guerres - que dissèque avec lucidité le grand écrivain de la Mitteleuropa.

 

Ce que j’en pense :

 

Ce livre à 3 voix décortique les métamorphoses de 2 mariages dont le protagoniste commun est Peter. Chacun raconte à un auditeur muet sa vision de leurs relations.

 

En premier lieu Ilonka, la première épouse, issue de la moyenne bourgeoisie belle, riche, …. Tout pour réussir mais qui n’a pu percer ni la carapace de Peter, ni son secret et qui, de guerre lasse, après la découverte d’un modeste ruban dans le portefeuille de son mari, demandera le divorce. Ilonka restera blessée par ce mariage raté.

 

Nous découvrons Peter, sorte de gendre idéal, issu de la haute bourgeoisie, dont les maîtres mots sont ordre, travail, moralité, discrétion, maîtrise de soi, hors de tout sentiment excessif. Ce carcan l’étouffe et il crut le faire exploser avec  l’amour qu’il porte à Judit la jeune bonne. Avant tout, il n’accepte pas l’indépendance de sa femme et qu’ainsi, elle ne soit pas son « élève » « Elle avait une ouïe très fine et elle a vite deviné mes intentions… alors elle s’est vexée à l’idée de devenir mon élève…. Bref, ce qui m’empêchait de m’entendre avec ma première femme, c’était sa vanité, son amour-propre blessé…. »

À travers sa propre version Peter nous décrit très bien la société bourgeoise hongroise de l’entre-deux guerres et de l’après-guerre.

Quant à sa seconde épouse, Judit qui était l’ancienne bonne de sa mère, femme durcie par son enfance plus que misérable, elle aura  la vie matérielle d’une grande bourgeoise, mais ne pénétrera et ne comprendra jamais cette classe. Elle confie son récit à Ede, son amant, grand batteur de jazz.

Tout autour de ces récits, l’on voit la bourgeoisie hongroise évoluer, la lutte des classes. La guerre et l'arrivée des russes en Hongrie change la donne. Peter est obligé, toute vanité mangée, de fuir son pays et d’émigrer aux Etats-Unis.  Le confident et amant de Judit, lui aussi, se voit dans l’obligation de fuir son pays pour ne pas être « utilisé » comme taupe par les dirigeants communistes de l’époque. Il  se retrouve en Italie pour poursuivre sa carrière musicale. A la mort de judit, il  se retrouve barman à Broadway et rencontre Peter à qui il raconte Judit !!!

 

La désillusion continue aux USA et l’on voit que, même s’ils ont fui leur pays, ils n’ont pas trouvé le bonheur espéré, mais seulement la société de consommation !!!

 

A la fin de chaque monologue, j’ai interrompu ma lecture. C’est une écriture très dense, souvent linéaire, quelque fois un peu longue. Ces lectures en miroir permettent de constater l’incommutabilité existant entre ces personnages, de toucher du doigt le mur invisible qui existe entre les « castes ».

J’ai préféré de loin, les confessions des 2 femmes.

 

Ce n’est pas un coup de cœur, mais une belle œuvre et j’ai dans ma PAL un autre roman de Sándor Márai.


 

 

 

 

 

Commenter cet article

Yv 19/11/2011 17:24


J'en ai un de Sandor Marai qui m'attend aussi !

zazy 19/11/2011 20:01



J'en ai un second : la conversation de Bolzano !! c'est une belle écriture



Catherine 10/11/2011 20:43



Merci ! C'est donc bien un roman hongrois .


Bon long weekend !



zazy 10/11/2011 21:17



Merci de me l'avoir fait remarqué et bon long week-end



Catherine 10/11/2011 15:08



C'est un roman traduit du hongrois ? (tu ne l'as pas mis).



zazy 10/11/2011 16:36



Alors excuse, je le fais de suite, car les traducteurs sont très importants.