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ZAZY - mon blogue de lecture

Rick Bass - Nashville chrome

10 Juillet 2012, 21:02pm

Publié par zazy

Nashville chrome

 

Nashville chrome

Rick Bass

Traduction de l’anglais : Anne Rabinovitch

Christian Bourgeois Editeur

379 pages

ISBN : 9782267023305

 

 
 

 

 

Tout d’abord, un grand Merci logo2 et son opération masse critique qui m’ont fait me pencher sur un passé musical lointain mais émouvant….. Celui de mon adolescence. Cela parait de la guimauve maintenant, mais, à l’époque, c’était très moderne. Pour les connaître, j’ai écouté leurs chansons sur You Tube. Quel ensemble vocal parfait, bien qu’un peu trop lisse, je comprends qu’Elvis Presley demandait un « son Brown » et que pour les Beatles, ce fut un exemple.

 

The Brown ? Non je ne connaissais pas. Ce trio est constitué de Maxine, Bonnie et Jim Ed, 3 frères et sœurs à la voie soyeuse, chaude et complice. Dans les années 50, ils sont plus connus qu’Elvis Presley. Vainqueur de tous les oscars de la country-music : « Chaque chanson sortie par les Brown en 1955 et 1956 faisait partie du Top Ten. Jamais dans l’histoire de la musique un groupe n’avait eu autant de tubes au Top Ten en l’espace de deux ans, ni autant de numéros un ».

Le registre des graves et des notes hautes au son li lisse, si fluide. Johnny Cash, Jerry Lee Lewis, Pasty Cline, Buddy Holly et les Davis Sisters venaient les écouter. C’était un petit noyau dense ; les graines de ce qui deviendrait l’industrie multimilliardaire de la country de Nashville passaient par là, captivées par les Brown. »

 

Puis, tout change. « Certains des auditeurs passaient de la country à la pop…. Le public s’éloignait d’eux, il en suivait un autre à présent. Ce qui avait valu aux Brown une pareille adulation –leur capacité à camoufler leurs émotions sous une façade parfaitement lisse - serait en définitive leur faiblesse, mais ils seraient les derniers à le savoir. Il faudra un demi-siècle à Maxine pour le comprendre… »

Maxine Brown, l’ainée du trio ne peut se faire à l’idée qu’elle ne chantera plus jamais devant un public, que personne ne la reconnait, que son frère et sa sœur aient pu faire leurs vies en dehors du groupe. Elle remâche tout ceci à longueur de journée, des journées longues très longues. Elle peine à marcher depuis une vilaine chute, personne ne vient jamais lui rendre une petite visite, hormis Monsieur Buddy, un terrier à pois durs.

« Que faire de ces si longues journées, de cette interminable attente ? Quelquefois –même aujourd’hui, après avoir été oubliée pendant près de cinquante ans – elle envoie des mots rédigés à la main, des gribouillages tremblés de vieille femme, aux adresses de boîtes de nuit dont elle se souvient, ou à des compagnies de disques, pour demander du travail, un concert, un autre chance, un public…. »

Oui, la vie est dure pour Maxine. Elle a tout perdu en perdant la reconnaissance, sinon l’amour du public. L’alcool sera de la partie et la détruira un peu plus. Mais, jamais elle ne renoncera mais…… !!!

 

Rick Bass le note dans ses remerciements : « Les Brown sont réels, et ce qu’ils ont donné à la musique américaine, et la façon dont ils l’ont fait, sont réels aussi ; Nashville chrome, cependant, est une œuvre d’imagination….. Nashville chrome a pour objectif entre autre choses, de dépeindre le contexte émotionnel de leur parcours et ses défis ». Cette peinture d’une époque où beaucoup de choses étaient possible et qui a vu éclore nombre de stars, idoles et les Brown une référence.

« Nous leur avons ouvert la voie, poursuit-elle, une pointe de l’ancienne amertume perçant déjà dans sa voix. Nous leur avons offert le succès sur un plateau d’argent et maintenant on dirait qu’ils ne respectent rien de tout cela ».

Dans ce livre, chaque chapitre est une petite histoire qui mêle biographie et roman, comme lorsque l’on raconte ses souvenirs, en passant du coq à l’âne. 

J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre les routes des Brown avec, en fond la musique âpre de la dépression. Pourtant, Maxine nous raconte une enfance heureuse, pleine d’amour, de chants et de musique, sans toutefois occulter leur misère et ses rapports fougueux avec son père alcoolique.

Je remercie à nouveau masse critique ainsi que logo-bourgois.gif pour cet instant de plaisir.

 

 

4ème de couverture 

Qui se souvient encore des Brown, « le groupe américain préféré des Beatles » ? Dans les années 50, Maxine, Bonnie et Jim Ed Brown étaient pourtant aussi connus qu'Elvis Presley, qui trouva en eux des compagnons de route et une indéniable source d'inspiration.
Nashville Chrome retrace le parcours, romancé, de ce trio atypique : leur enfance à Poplar Creek, dans le sud de l'Arkansas, à proximité de la scierie paternelle dont émanaient les fumées qui ont donné à leurs voix cet éclat soyeux et rauque ; les tournées aux côtés de ceux qui deviendront des grands noms de la musique rock country. Jusqu'au milieu des années 60, le groupe occupe le devant de la scène. Leur étoile pâlit peu à peu et ils se séparent au début des années 70.
À l'image de leurs voix envoûtantes, Rick Bass construit un livre au ton délicat et juste. Au-delà du succès et du déclin de l'harmonie bien tempérée des Brown, se joue quelque chose de plus profond qui rappelle ses grands écrits sur la nature : leurs voix renvoient à l'authenticité d'une ère où les médias et les images ne sont pas encore rois.

 

 

Biographie de Rick Bass (site de l’éditeur) :

 

Né en 1958, Rick Bass a grandi à Houston, Texas, avant de faire des études de biologie et de géologie à l'université de l'Utah. Il travaille pendant plusieurs années dans le Mississipi comme géologue spécialisé dans les gisements de pétrole et de gaz, ainsi qu'en témoigne son livre Oil Notes. Rick Bass dit avoir appris à écrire en lisant les romans de Jim Harrison, Eudora Welty et Thomas McGuane. Il est l'auteur d'une douzaine de livres de fiction, dont les recueils de nouvelles intitulés Le Guet et Dans les monts loyauté. Le sud profond et le Montana constituent les décors privilégiés de ses fictions.

 

 

 

 

Sur votre moteur de recherches faites youtube the brown et vous écouterez d'autres morceaux
 

Commenter cet article

Oncle Paul 11/07/2012 14:33


Bonjour Zazy


Tiens, bizarre, je ne connaissais pas ce groupe ! Merci pour la découverte.


Je ne sais pas si c'est le titre original du livre mais ça ménerve ces titres américains non traduits !


Amitiés

zazy 11/07/2012 14:39



Moi non plus... Mais nous étions tellement émerveillés par Elvis que le reste est passé à la trappe. Déjà nous écoutions ce que la radio nous proposait !!