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ZAZY - mon blogue de lecture

Raphaël JERUSALMY - Sauver Mozart

2 Janvier 2013, 21:54pm

Publié par zazy

http://lettresexpres.files.wordpress.com/2012/12/sauvermozart.jpg?w=154&h=300

Sauver Mozart

Raphaël Jerusalmy

Actes Sud

150 pages

Mars 2012

ISBN : 9782330005160

 

4ème de couverture :

C'est l'histoire d'un attentat musical. Eté 1939, au lendemain de l'Anschluss, Otto J. Steiner égrène ses jours dans un sanatorium de Salzbourg tandis qu'au-dehors l'Histoire montre les crocs.
Autrichien, juif (un peu), seul (complètement), il n'aime plus que la musique - et la tuberculose le ronge autant que l'humiliation d'être malade, ou les privations qui achèvent de le pousser à la marge du monde. Un monde dissonant à son oreille de mélomane, une faute de goût existentielle pour cette âme libre, témoin privilégié et involontaire du délitement d'une certaine idée de l'homme.
Tout semble joué, quand un évènement inattendu le conduit à deux doigts de faire basculer le siècle. Mais s'il ne restait jamais plus rien à sauver que Mozart? 

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J’ai horreur du vendredi. Filet de cabillaud et pommes de terre bouillies. Le fils du concierge est allé m’acheter deux cents grammes de cervelas. En catimini. Je festoie dans ma chambre. Dehors, il fait gris. La lumière est triste.

Je n’ai jamais tenu de journal. Avant. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.

Ce cabillaud reviendra souvent comme un leitmotiv de son mal-être.

 Otto J. Steiner, critique musical, malade, "autrichien de confession phtisique" est dans un sanatorium sur es hauteurs de Salzbourg, la ville de Mozart. De juillet 1939 à août 1940, il va tenir son journal. Bien sûr, il y est question de la guerre, de l’annexion de l’Autriche par le régime nazi, d’Hitler, de ses « collègues d’infortune »  mais il y a plus.

Il raconte ses sorties ; Une  représentation du Bourgeois Gentilhomme qu’il compare à Hitler « ce rustre qui se dandine avec des mimiques de grand seigneur, ce Monsieur Jourdain, imbu de lui-même, qui vocifère bien haut pour se donner des aires de tribun, n’est-ce pas un peu Hitler ? »

La musique seule trouve grâce à ses yeux, surtout Mozart et Hans « On a discuté de Karajan, de sa carrière fulgurante, de ses concerts à Berlin. Je suis un peu jaloux. Alors j’ai dit à Hans que Karajan donnait trop dans la grosse cavalerie, qu’il gaspillait son talent pour plaire aux masses. Ça n’a pas plu à Hans, je ne sais pas s’il reviendra de sitôt. Il fallait bien que je dise quelque chose, pour avoir l’aire d’être au courant. Pour remplir. »

La guerre gronde tout autour, sa juiveté le questionne « les juifs ont été déplacés. Et les gitans. Ils contribuent à l’effort de guerre. » Un de ses voisins de chambrée a été dénoncé.

Son ami Hans lui fera un ultime cadeau en l’associant au fameux Festspiele. Alors là, il va se déchaîner, se démener parce que « Faire du festival un vulgaire outil de propagande, un amusement troupier, c’est un comble. Prendre Mozart en otage. L’avilir ainsi. N’y a-t-il donc personne pour empêcher un tel outrage ? » un audacieux pied de nez se prépare !!!!

 Ce court roman est un bijou de ciselure, de mordant, d’humour décalé et d’amour.

Mimi et Kathel, par leurs chroniques, m’avaient donné envie de le lire, il était dans les rayons de la bibliothèque et le livre passa dans mes mains. J’aime ces petits livres denses, ironiques, sarcastiques, avec de petits arrangements, mais si plein d’un amour que l’on n’ose dévoiler.

 

 

 

 

 

Commenter cet article

dominique 04/01/2013 12:20


la "critique" de Karajan est assez juste... ça semble intéressant à lire. mais le temps.. le temps.. 

zazy 04/01/2013 12:23



Karajan dirrigeant Chopin : un calvaire pour moi !



Colimasson 03/01/2013 21:23


J'avais noté ce livre à ma LAL...


Un thème qui promet une lecture intéressante...

zazy 03/01/2013 21:32



Très, je pense que tu aimeras et, tu en parleras très très bien



kathel 03/01/2013 07:29


Merci pour le lien, toi aussi tu vas contribuer à donner envie de le lire, c'est sûr ! 

zazy 03/01/2013 13:59



C'est si bon d'aimer un livre