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ZAZY - mon blogue de lecture

Maylis de Kerangal - Tangente vers l'est

22 Décembre 2012, 23:52pm

Publié par zazy

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Tangente vers l’est

Maylis de Kerangal

Editions verticales

128 pages

Février 2012

ISBN : 9782070136742

 

 

4ème de couverture :

«Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d’une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, allongés sur les couchettes, laissant pendre leur ennui résigné dans le vide, plus de quarante heures qu’ils sont là, à touche-touche, coincés dans la latence du train, les conscrits.»
Pendant quelques jours, le jeune appelé Aliocha et Hélène, une Française montée en gare de Krasnoïarsk, vont partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d’un bout à l’autre du Transsibérien. Les voilà condamnés à fuir vers l’est, chacun selon sa logique propre et incommunicable.

 =============

 Nous avons fait un beau voyage….. ce n’est pas ce que pourrait chanter Aliocha.

 Aliocha conscrits parmi les conscrits est mort de trouille dans le train qui l’emmène jusqu’à son casernement où il subira le bizutage odieux, les mauvaises (le mot est faible) conditions d’incorporation, la guerre… Hélas, orphelin désargenté, il ne peut payer les pots de vin ni trouver la donzelle qui accepterait de se retrouver enceinte pour échapper à ce maudit service militaire. Son seul échappatoire : se sauver fuir…. Oui mais voilà, les militaires veillent !!!

Il sera sauvé par Hélène, une jeune française qui fuit l’amour vers la Sibérie. Elle le cachera dans sa cabine. Ce qui ne devait durer que quelques heures durera jusqu’au terminus

 Ce petit livre est dense comme l’atmosphère qui règne dans ce train, tout va vite mais... lentement. Maylis de Kerangal, par son écriture dense et descriptive pose les personnages dans une atmosphère close alors que le paysage s’éclate derrière les vitres des wagons. L’huis-clos  donne de la densité à Aliocha et Hélène. Ils veulent prendre la tangente, partir, fuir pour repartir, pour écrire une nouvelle page de leurs livres.

Ce petit livre dense ne vous tombe pas des mains, il faut aller jusqu’au bout, jusqu’a Vladivostok. Je suis devenue la complice d’Hélène, je suis la provodnitsa qui coince son balai pour ne pas que les troufions entrent dans la cachette où se terre Aliocha.

 Je les quitte au bord de l’océan de tous les espoirs. Maylis de Kerangal m’avait enthousiasmée avec « naissance d’un pont », un gros pavé et elle réitère avec ce court roman.

 

Ils ont quitté Novossibirsk et l’immense gare principale, les hauts murs d’un vert laiteux, le hall carrelé à l’acoustique de piscine municipale – un temps glacé. Aliocha a peur. Putain la Sibérie ! Voilà ce qu’il pense une pierre dans le ventre, et comme pris de phobie à l’idée de s’enfoncer plus avant dans ce qu’il sait être une terre de bannissement, oubliette géante de l’empire tsariste avant de virer pays du goulag.

Au bout des rails, il y aura la caserne et la diedovchina, le bizutage des appelés, et lorsqu’il sera là-bas, si les conscrits de deuxième année lui brûlent la verge à la cigarette, lui font lécher les latrines, le privent de sommeil ou l’enculent, il sera seul, personne ne pourra rien pour lui.

 Ils se sont donnés leurs prénoms, se sont donné du feu, se sont donné des clopes.

 L’océan apparaît à l’aube du dernier jour, il reste une quarantaine de kilomètres avant Vladivostok, c’est la fin de la piste. Hélène n’est sûre de rien, mais il y a cette clarté là-bas, cet horizon gazeux, aérien, et le paysage qui se dilate, ralentit, dérobé sous un léger brouillard.

 Viens, on va faire une photo, Hélène gorge serrée retient Aliocha qui bombe le torse, ils se tiennent côte à côté, posent ensemble, c’est la provodnitsa qui les photographie avant de les embrasse, et sur l’écran, ils se ressemblent, ils ont les mêmes visages.

 

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

dominique 28/12/2012 12:02


le commentaire c'est pour ta mésange, tête dans la casserole..  c'est génial. j'adore. 

zazy 28/12/2012 16:49



elle y allait de bon coeur. Actuellement, j'ai mis une autre casserole, mais, trop vive, je n'arrive pas à les photographier, surtout la petite mésange bleue



Bonheur du Jour 28/12/2012 06:21


Je n'ai encore jamais rien lu de cette auteure. Il faudra quand même que je m'y mette. Bonne journée.

zazy 28/12/2012 09:59



oui, tu peux !!!!



Sharon 27/12/2012 15:14


J'avais bien aimé aussi.

zazy 27/12/2012 15:17



Oui, une auteure à suivre



Yv 26/12/2012 11:18


Pas encore lu mais noté car j'aime beaucoup Maylis de Kerangal

zazy 26/12/2012 18:21



bon livre court mais bien construit



Selena 24/12/2012 04:50


Je ne connaissais pas cette auteur! Meric pour la découverte!!

zazy 26/12/2012 18:22



auteure à découvrir, comme naissance d'un pont http://zazymut.over-blog.com/article-maylis-de-kerangal-naissance-d-un-pont-69692616.html