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ZAZY - mon blogue de lecture

Mathias Enard - Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

3 Juin 2012, 21:44pm

Publié par zazy

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Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants

Mathias Enard

Editions Actes Sud

154 pages

ISBN : 9782742793624

 

 

13 mai 1506, Michel-Ange débarque à Constantinople à la demande du Sultan Bajazet qui ne lui propose rien de moins que la construction d’un pont entre les deux rives du Bosphore (celui dessiné par le Grand Léonard de Vinci n’ayant pas eu l’heur de lui plaire). A son arrivée, il se trouve en pays doublement étranger, mœurs et langue. Mesihi de Pristina, fin lettré, poète et protégé du Vizir sera son guide.

Nous suivons les deux amis à la découverte de l’architecture : Sainte Sophie, la bibliothèque ; chefs d’œuvres architecturaux qui émerveillent le sculpteur et l’inspireront plus tard pour ses propres œuvres. Le sculpteur s’imprègne de la cosmopolité de cette ville : Chrétiens, juifs, andalous, Arabes… tous mélangés, tous heureux de vivre dans un monde d’odeurs capiteuses et suaves. Tout ceci va l’imprégner, jusqu’au jour où, d’un trait, il dessinera le pont.

 

Le poète et Michel-Ange vont développer une amitié ambigüe, teintée d’une homosexualité, chargée d’un désir qui n’ose dire son nom, mais c’est une danseuse orientale superbe au style androgyne qui ira dans son lit. Toutefois, Michel-Ange n’est pas débarrassé de sa peur. Il craint l’ire du pape Jules II, mauvais payeur et dont il a laissé en chantier le tombeau à Rome. Constantinople n’est pas non plus une ville d’une grande quiétude : la jalousie, la trahison règnent.

 

La réalité n’est pas toujours souriante pour Michel-Ange car, bien qu’invité du Sultan, il n’en est pas moins son obligé tout comme le Pape à Rome et, malgré son orgueil, il doit plier l’échine et obéir : « Sous tous les cieux il faut donc s’humilier devant les puissants ».

 

Ce livre est plein des mélanges de  l’orient et l’occident, du « combat des chefs » dans le cerveau du sculpteur,  de désir, de douceur et de perfidie et Michel-Ange qui ne peut choisir ou, peut-être se refuse à choisir. Les chapitres peuvent s’ouvrir sur des listes, extraits des carnets du sculpteur : « 22 mai : cipolin, ophite, sérancolin, serpentin, cannelle, dauphin, porphyre, brocatin, obsidien, cinatique »

 

Ce pont, jonction entre l’occident et l’orient sera détruit par un tremblement de terre avant son achèvement, est-ce une métaphore sur cette jonction occident-orient si difficile…..

 

 

Sur un lit de faits historiques de la vie de Michel-Ange et de l’histoire de Constantinople, Mathias Enard rajoute les voiles de son imagination et de ses connaissances pour un livre très agréable à lire. Les chapitres courts donnent le rythme au récit et permettent une promenade des plus attrayantes dans cette parenthèse de la vie du sculpteur.

 

 

4ème de couverture :

En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait qu’il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l’édification du tombeau, à Rome. Mais comment ne pas répondre à l’invitation du sultan Bajazet qui lui propose – après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci – de concevoir un pont sur la Corne d’Or ?
Ainsi commence ce roman, tout en frôlements historiques, qui s’empare d’un fait exact pour déployer les mystères de ce voyage.
Troublant comme la rencontre de l’homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman, précis et ciselé comme une pièce d’orfèvrerie, ce portrait de l’artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l’acte de créer et sur le symbole d’un geste inachevé vers l’autre rive de la civilisation.
Car à travers la chronique de ces quelques semaines oubliées de l’Histoire, Mathias Enard esquisse une géographie politique dont les hésitations sont toujours aussi sensibles cinq siècles plus tard.

 

Biographie de Mathias Enard :

Né en 1972, Mathias Enard, docteur au CNRS, a étudié le persan et l’arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone. Il a publié quatre romans chez Actes Sud : La Perfection du tir (2003, prix des Cinq continents de la francophonie ; Babel n° 903), Remonter l’Orénoque (2005), Zone (2008, prix Décembre 2008 et Livre Inter 2009) et Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (2010, prix Goncourt des lycéens en 2010).

 

Lu dans le cadre du challenge : challenge-abc2012

Commenter cet article

Nico 07/08/2012 22:33


Une déception pour moi: ce roman m'a paru assez vide, je n'y suis jamais vraiment entré, et ne me suis pas non plus attaché aux personnages, quant à l'histoire elle est finalement assez creuse.
Bref, je suis passé totalement à côté!

zazy 07/08/2012 22:59



Cela nous arrive à tous et c'est dommage pour nous



Colimasson 04/06/2012 10:52


Le mélange des genres semble intéressant...


Après, je crains que ce ne soit un peu trop anecdotique... M'enfin !

zazy 04/06/2012 11:55



C'est un livre plaisant et j'aime bien qu'un auteur me prenne par la main à la découverte de son livre.