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ZAZY - mon blogue de lecture

Kari Hotakainen - La part de l'homme

23 Avril 2012, 20:46pm

Publié par zazy

La part de l'homme

La part de l’homme

Kari Hotakainen

Traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

Editions JC Lattès

285 pages

ISBN : 9782709635264

 

 

4ème de couverture :

7000 euros, c’est le prix auquel Salme Malmikunnas a vendu sa vie à un écrivain pour son nouveau roman. Salme, une ancienne mercière de 80 ans, se confie : le mutisme de son mari, le malheur de l’une de ses filles, le mariage de sa cadette, les succès commerciaux de son fils… Mais Salme raconte-t-elle vraiment tout ? Et l’écrivain se contente-t-il de relater son histoire ou prend-il possession de sa vie ? A travers  ce destin touchant Kari Hotakainen dresse le portrait tout en finesse d’une société finlandaise en proie au doute face aux dérives du libéralisme. Grâce à une belle galerie de personnages, il interroge avec son humour décalé le destin de l’homme moderne.

 

Biographie de l’auteur

Kari Hotakainen (né le 9 janvier 1957 à Pori, Finlande) est écrivain à temps plein (poésie, roman, théâtre) depuis 1996 après avoir été reporter et chroniqueur.

En 2002, Hotakainen a reçu le prix Finlandia; en 2004 le prix Nordic Council's Literature; et en 2006 le Nordic Drama Award. En 2011 « La part de l’homme » a reçu le prix du meilleur livre étranger décerné par Courrier International.


Mon avis :

 

Ce livre attendait sur une table de la bibliothèque. Je fus d’abord attirée par sa face boutonneuse ! Puis par le résumé. Et hop dans mon sac.

 

Attention, fréquenter un salon du livre peut s’avérer grave de conséquences !

Salme Malmikunnas en fera l’expérience en rencontrant l’Ecrivain à un salon du livre alors qu’elle accompagnait sa fille aînée. Non, elle ne s’est pas prise pour Faust et n’a pas vendu son âme à Méphisto, elle a seulement « vendu sa vie » ou plutôt, l’histoire vraie de sa vie, puisque lui, plus jeune, n’en avait pas. Salme, ancienne mercière va donc se raconter (mais pas tout), bien qu’elle sache que tout écrivain n’est pas digne de confiance et que celui-ci arrangera les confidences à sa sauce.

 

 

Salme, qui parait si naïve, est pleine de bon sens et sait faire preuve de subtilité lorsqu’elle envoie des cartes postales, apparemment sibylline à ces grands enfants. Un peu comme dans les Fables de la Fontaine, ses conclusions sont un conseil, une porte ouverte sur le futur « Nous récolterons la semaine prochaine nos pommes de terre nouvelles. Pensez-y. « Il faut aussi entendre ce que l’on tait. La récolte de pommes a été bonne, ton père a fait des confitures. Teko est aussi le bienvenu ».

 

A travers les enfants de Salme, Kari Hotakainen démoli certains préjugés que nous avons concernant les pays nordiques. Avec un humour grinçant, il dépeint les travers d’une société finnoise avec ses laissés pour compte, le racisme, le capitalisme, et l’immobilisme de ce pays voisin de l’URSS….

 

Un roman original, très humain, avec quelques longueurs (les malheurs des enfants de Selma), mais j’ai vite réalisé que ses fils et filles étaient un condensé de la vie des jeunes finlandais.

 

Un très bon livre profond qui montre les réalités de la vie finlandaise et par là, de notre monde du travail à l’heure de la mondialisation ainsi que le travail de l’écrivain face à une confession. Qui est le plus mercantile de l’écrivain ou de la mercière ?

 

Quelques extraits :

 

J’ai failli lui avouer ce que je pensais des écrivains et des histoires inventé »es, mais ça ne semblait plus très utile.

 

C’est là que l’écrivain m’a fait cette proposition.

Si je lui r&racontais ma vie, il me paierait cinq mille euros.

J’ai dû m’asseoir

J’étais un peu effrayée.

 

Je lui ai demandé à quoi ma vie pourrait bien lui servir. Il m’a expliqué que lui n’en avait pas et qu’il voulait écrire encore un livre.

 

Pendant tout le trajet de retour, dans le train, j’ai réfléchi à la vente de ma vie. Avais-je eu tort ou raison ? Dans notre mercerie, nous n’avions pas à nous poser ce genre de questions, parce que nous savions qu’avec de la laine, le client aurait un chandail et nous la différence entre le prix de gros et le prix de détail. Tout le monde y gagnait de rester au chaud.

 

L’écrivain m’a regardée dans les yeux et a dit allez-y, le magnéto tourne, donnez-moi votre vie.

Et je l’ai donnée.

J’ai tout raconté au magnétophone, exactement comme ça s’était passé.

 

Ma Helena !

Ne t’élève pas au-dessus des autres. L’air s’y fait rare et on a la tête qui tourne. Mange du beurre et bois du lait entier. Ou au pire demi-écrémé. Ne touche par à l’allégé, ou tu t’envoleras. Reste là où tu es. Comme une bûche. Mais ne t’abaisse par non plus. Ça ne ressemblerait à rien. Ton père a fait hier de la daube carélienne pour plusieurs jours. Penses-y.

Maman

Commenter cet article

A_girl_from_earth 09/12/2012 21:04


Très bon roman en effet, qui donne envie de découvrir d'autres livres de l'auteur.

zazy 09/12/2012 21:06



tu as raison, merci de ta visite



Céline72 26/04/2012 23:47


Vraiment gentille ta bibliothécaire, c'est vrai que là on ne peut faire mieux

zazy 28/04/2012 14:06



je confirme



Céline72 25/04/2012 18:01


Je ne compte plus zazy, mais tous les livres que je souhaitent lire sont répertoriés dans un carnet comme ça quand je vais à la bibliothèque je l'emmène avec moi

zazy 26/04/2012 21:40



Je fais mieux


J'ai ma liste sur Word et je l'envoie par mail à la bibliothécaire qui me les commande et qui pousse la gentillesse à me surligner de couleurs différentes ceux qu'elles ne peut avoir, ceux
commandés et ceux livrés !!! On ne peut faire plus gentille. Merci Violaine



Colimasson 25/04/2012 10:56


Je comprends que tu n'aies pas résisté à l'attrait d'une telle couverture ;)

zazy 25/04/2012 13:49



c'est vrai



leslecturesdepasdel 24/04/2012 20:54


Je ne connaissais pas, je retiens l'auteur. Merci

zazy 25/04/2012 13:47



Moi non plus, mais il m'attendait sur une table à la bibliothèque !!