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ZAZY - mon blogue de lecture

Herbjorg Wassmo - Cent ans

11 Mars 2012, 16:43pm

Publié par zazy

Cent ans

 

Cent ans

Herbjǿrg Wassmo

Traduitdu norvégien par Luce Hinsch

Gaïa Editions

558 pages

ISBN : 9782847201826

 

 

 

 

 

4ème de couverture :

 

Cent ans retrace la vie de plusieurs générations de femmes. Celle de Sara Susanne, de sa fille Elida, et de sa petite-fille, Hjørdis. On y découvre les hommes qu'elles ont voulus, ceux qu'elles ont eus et les nombreux enfants auxquels elles ont donné naissance. La petite Herbjørg, elle, appartient à la quatrième génération de la famille. Son histoire est celle d'une fillette qui se cache dans une grange pour échapper à son regard à lui. Elle possède un carnet et un crayon jaune qu'elle taille avec un petit canif. Sa seule issue est d'écrire pour mieux gommer les embûches trop tôt tendues par la vie. Et filer vers l'avenir comme on grimpe aux arbres pour approcher les oiseaux.

 

Biographie de Herbjǿrg Wassmo

Herbjørg Wassmo, née en Norvège en 1942, vit à Hihnöy, une petite île située au nord du Cercle polaire. Cette ancienne institutrice se consacre à la littérature depuis plus de vingt ans. Son œuvre, Le Livre de Dina, a été portée à l'écran par le réalisateur Ole Bornedal avec dans les rôles principaux Maria Bonnevie et Gérard Depardieu.Elle a reçu le prix Jean Monnet de littérature européenne du département de Charente1 en 1998.

 

Mon avis :

 

Cent ans, c’est le temps qui sépare la narratrice de son arrière grand-mère : Sara-Suzanne.

 

Ces femmes des îles Lofoten n’ont pas la vie rose c’est le moins que l’on puisse dire. Travailleuses, dures à l’ouvrage, d’un caractère fort et capable de passion. Herbjǿrg Wassmo,  en fait des femmes très attachantes.

 

Commençons par la doyenne. Sara-Suzanne, pour fuir la misère s’est mariée très jeune à Johannes Krog, jeune commerçant bègue et part vivre dans une des îles du Lofoten. Le commerce prospère. Le mariage de raison se transforme en une union féconde, amoureuse et voluptueuse. Un sacré caractère Sara-Suzanne, elle sait ce qu’elle veut et soutient son mari dans ses entreprises. Le pasteur la peindra sous la forme d’un ange sur un retable qui existe réellement.

 

Puis, nous avons Elida, fille de Sara. Elle fera un mariage d’amour en épousant, contre l’avis de sa mère, Frederik qui tombera malade. Elida l’emmènera à Kristinia, la capitale, pour essayer de le soigner et, se faisant, abandonnera ses enfants à des familles nourricières.

Ainsi Hjørdis sera laissée à 2 ans et ne rencontrera sa famille que vers l’âge de 6 ou 7 ans.

 

Elida et Hjørdis connaîtront les bouleversements de la modernité et les guerres.

 

La dernière, Herbjǿrg Wassmo, fille de Hjørdis  naîtra par une nuit de tempête et ne connaîtra pas les joies d’une famille aimante. Herbjǿrg  passera sa vie à essayer de Lui échapper, LUI, son géniteur de père. Elle n’aura de cesse d’écrire dans de petits carnets jaunes, toujours aux aguets. « Durant mon enfance et mon adolescence à Vesterålen, je tiens un journal dont le contenu est terrifiant. Si éhonté qu’il n’ doit tomber sous les yeux de personne ».

 

 

Cette biographie « arrangée », en effet, Sara-Suzanne n’est pas sa vraie aïeule, lui permet de parler de son enfance, de sortir enfin de la honte, de pouvoir l’affronter LUI.

 

C’est aussi un roman où soufflent le vent et la tempête omniprésents sur ses îles désolées où les hommes ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Pardon, je devrais dire où les femmes ne peuvent compter que sur elles-mêmes, les hommes étant en mer.

 

Un récit âpre mais attachant, Herbjørg Wassmo aime ses îles et cela se sent. Je l’ai trouvé un peu long par certains moments, alors je refermais le livres, passais à un autre et revenais vers ces femmes avec plaisir.

 

Quelques extraits :

 

« La honte. Pour moi, c’est au cœur du problème. La honte, j’ai toujours essayé de la camoufler, de l’esquiver ou d’y échapper. Ecrire des livres est en soi une honte difficile à cacher puisqu’elle est documentée de manière irréfutable. La honte y trouve son format, pour ainsi dire. »

 

« Durant mon enfance et mon adolescence à Vesterålen, je tiens un journal dont le contenu est terrifiant. Si éhonté qu’il ne  doit tomber sous les yeux de personne. »

 

« Celui qui raconte une histoire choisit ce qui lui convient de raconter. C’est ainsi que l’on peut enterrer les pires histoires de famille et que chacun doit repartir à zéro. »

 

« Dans ce livre je suis à la recherche de mes aïeules et de leur époux. Mais c’est une grande famille qui ne demande qu’à être découverte. Certains restent cachés, ou bien laissés dans l’ombre. Lui demande plus de labeur que les autres. Il écrase tout, il n’apporte que le chaos et l’obscurité. Il a le pouvoir de détruire la moindre fragile petite joie ou pensée positive. Ce n’est qu’après sa mort que je peux entreprendre la tâche essentielle, celle d’essayer de le considérer comme un être humain. »

 

« Ils étaient seuls dans l’église devant le retable. Bouleversant. Elle se reconnaissait, mais ce n’était pas elle. Absolument pas. Il l’avait faite tellement plus belle qu’elle ne l’était. Les couleurs chatoyaient vers elle avec une telle force qu’elle en eut les larmes aux yeux.  Elle ne savait qui dire pour l’exprimer. Personne ne lui avait appris les mots dont elle aurait besoin maintenant »

 

Commenter cet article

lespassionsdemalo 12/03/2012 12:43


Il me tente bien celui-ci...


Merci pour cette critique.


Bonne journée!!

zazy 12/03/2012 13:48



C'est un livre très intéressant



Céline72 11/03/2012 22:21


Merci pour cette chronique, je prends note


Bonne nuit et bon début de semaine !

zazy 12/03/2012 09:32



Merci Céline et bonne semaine ensoleillée



Richard 11/03/2012 19:09


Malheureusement, ce n'est pas mon genre de livres ..


Merci Zazy


Amitiés

zazy 11/03/2012 19:12



Il en faut pour tous les goûts. Je n'en lirai pas tous les jours, malgré plusieurs pauses, je considère que c'est un bon bouquin