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ZAZY - mon blogue de lecture

Carla Guelfenbein - Le reste est silence

12 Janvier 2013, 23:36pm

Publié par zazy

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Le reste est silence

Carla Guelfenbein

Traduit de l’espagnol (Chili) par Claude Breton

Editions Actes Sud

Janvier 2010

312 pages

ISBN : 9782742788071

 

 

4ème de couverture :

 

Tommy a douze ans, et une maladie cardiaque qui lui interdit les jeux turbulents des garçons de son âge. Caché sous une table, il s’amuse à enregistrer sur son Mp3 le joyeux verbiage d’un banquet nuptial. Et voilà que l’on parle de sa mère, brutalement disparue dix ans plus tôt. Une brèche s’ouvre dans les secrets si bien gardés d’une famille recomposée, comme il en existe tant.
La vie que tous croyaient ordonnée et paisible dérape, et les liens se distendent à mesure que l’histoire se tisse. Dans les non-dits de l’autre, chacun cherche sa propre vérité. L’enfant découvre à travers la mort violente de sa mère l’improbable “faute” de la judéité. Le père voit se raviver l’abyssale impuissance à protéger ceux qu’il aime. Et la belle-mère d’affronter une fragilité qui lui vient de l’enfance, une incapacité d’aimer et d’être aimée.
Le reste est silence explore avec grâce la part d’ombre de chacun – cet infime espace intime auquel même l’amour ne peut donner accès – pour rappeler que c’est l’addition de toutes ces blessures qui constitue la pierre angulaire de l’édifice familial.

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 « Parfois les mots sont comme des flèches. Ils vont et viennent, blessent et tuent, comme à la guerre. Voilà pourquoi j’aime bien enregistrer les adules. Surtout quand ils parlent de leurs affaires et que soudain, comme par magie, ils éclatent tous de rire. » Tommy 12 ans, atteint d’une grave maladie cardiaque lui interdisant de trop gesticuler, s’amuse beaucoup à ce jeu, jusqu’au jour où les vieux secrets remontent à la surface.

C’est un jeu de cache-secrets mortel qui se joue dans cette famille. Comme dit Tommy, très mûr pour son âge, chacun a sa vérité, mais personne n’en parle. L’incommunicabilité comme ciment familial, on fait mieux question sérénité.

Carla Guelfenbein tresse une trame, à défaut d’une natte qui supposerait des échanges, qui m’a tenue éveillée jusqu’à la fin du livre.

Chaque personnage est représenté par un logo qui le définit parfaitement

-Sablier pour Juan, le père : le temps qui coule, le temps qu’il compte, le temps qu’il donne à ses malades, le temps qu’il ne prend pas avec Tommy, le temps des souvenirs.

- Flèche du sagittaire pour Tommy ; « parfois, les mots sont comme des flèches ». Il en reçoit beaucoup de flèches, elles sont fichées en lui et l’étouffent.

- le symbole de l’eau pour Alma, la mère ; « vers dix sept ans, ma perception du monde était celle d’une habitation remplie d’eau. » Elle vit entre deux rives, s’est construit son barrage que les évènements feront éclater.

Juan porte en lui le lourd secret de la mort de sa femme que Tommy, avec son habitude d’écouter et enregistrer les conversations en cachette,  recevra en pleine figure lors d’un repas familial. Les turbulences secouent les bases de la famille, les lézardes apparaissent, les secrets remontent à la surface. Chacun essaie de nager à contre-courant puis se laisse emporter par les vagues. J’ai eu cette vision d’oiseaux se cognant à un mur de verre transparent, s’y blessant, y retournant pour mieux se blesser. Tout marche par deux : Juan et Alma, un couple où l’un domine l’autre  ou, du départ, il y a un léger malentendu ; Alma et Tommy qui utilisent souvent le langage des sourds-muets pour communiquer ; Juan et Tommy qui n’arrivent pas à se parler, à se dire tout leur amour.

Un livre puissant et magnifique. Carla Guelfenbein met à nu ses personnages, éclaire leurs doutes et leurs angoisses. Son écriture, tout en retenue, renforce le sentiment de mal-être, renforce les non-dits, les secrets jusqu’à ce que, du fond de la piscine, ils donnent le coup de pied qui leur permettra d’oser.

 

 

 

 

Commenter cet article

Dominique 21/01/2013 15:33


C'est un roman qu'on a peu vu sur les blogs, j'ai fait un billet il y a plusieurs mois car je l'ai aimé je l'ai trouvé très fin et bien écrit

zazy 21/01/2013 18:58



C'est par un blogue que j'ai trouvé ce livre !!!



Selena 13/01/2013 17:47


La couverture est tout simplement magnifique!!

zazy 13/01/2013 18:16



Oui, c'est étrange car elle donne une impression de calme et sérénité alors que le livre est le contraire



dominique 13/01/2013 13:10


Bonjour,


Ça doit donner un récit fascinant, le monde des secrets d'adultes vu par un enfant. 


 

zazy 13/01/2013 13:20



C'est terrifiant car chacun garde en lui ses pensées jsuq'à la mort