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ZAZY - mon blogue de lecture

Brigitte AUBERT - Le souffle de l'ogre

15 Juin 2010, 21:54pm

Publié par zazy

 

 

Brigitte AUBERT

Le souffle de l’ogreLe-souffle-de-l-ogre.jpg

FAYARD -  298 pages

 

4ème de couverture :

 

Il était une fois… la peur, la folie et le sang, mais aussi l’amitié, l’espérance et la ruse

Sept le septième a sept ans quand il réussit à échapper à son père, qui veut transformer sa progéniture en saucisses. Avec son frère infirme, il quitte le pays d’Avant pour gagner celui d’Après, et rencontre en chemin, dans une forêt magique, Blanche-Neige et le Chat Botté, une Belle au Bois Dormant déjantée, des Hansel et Gretel shootés et une Peau d’Âne plutôt révoltée…

Dans ce conte merveilleux et cruel inspiré de Grimm et de Perrault, Brigitte Aubert met en scène, dans un moyen âge aux relents de cuir et de sueur, les aventures de deux enfants lancés coûte que coûte, le souffle de l’Ogre sur les talons, dans l’apprentissage de la liberté.

 Résumé et "critique"

Dès les premières lignes, il y a du sang qui dégouline sous la hache du père de Sept : « la tête de Deux était retombée dans la mare, faisant coasser les grenouilles ». Du brut de décoffrage, du sang à la une.  Nous assistons à la « liquidation » de la fratrie. Sept, le dernier, plus habile et leste que ses frères, arrive à sa cacher et retourne à la cabane pensant retrouver réconfort et amour auprès de sa mère. Las, lorsqu’elle le voit revenir, elle veut le trucider : il ne doit y avoir aucun rescapé. Sept s’enfuit avec son frère aîné : Un, pauvre nabot accroché au but d’une laisse et se nourrissant de ce qu’il trouve. Une dernière faible lueur de bienveillance disparait des yeux de Sept lorsqu’il se rend compte, en le suivant, que son père revend les scalps pour faire des perruques, les corps et les entrailles au boucher pour faire des saucisses….  Ils se sauvent en essayant de ne pas se faire prendre

Vous l’aurez sans doute compris, nous venons de faire connaissance avec un Petit Poucet sauce piquante de chez Aubert.

Vaincus par le froid et la peur, ils trouvent refuge dans une  masure, accueillis par une femme bien en chair. Ils viennent d’entrer dans un nouveau conte : celui de l’ogre, ici, il s’appelle Ernst  et a des pratiques sexuelles inconnues dans le vrai conte…. Mais, il finira par manger ses 2 fillettes pensant consommer du petit garçon !!!!!!!!. La colère de l’ogre est immense et il le lance à la poursuite des 2 enfants habillés en fille.

Ainsi commencent le Voyage de Sept et Un, dans un pays hostile. Ils passent la frontière du Pays d’Avant pour se retrouver dans le Pays d’Après, et ne rencontrent que désolation, car le prince d’Avant et le prince d’Après se font la guerre. Attention, pas la petite guéguerre, non, la vraie, la sanguinolente !!!!!!!!!

Chemin faisant, il rencontre Felipe dit « le Chat » avec des bagues hérissées de pointes pour lacérer les visages de ses victimes, détrousseur de grands chemins ou, si vous préférez : le Chat Botté puissance mauvais garçon. Il les emmène auprès de Belle, princesse  d’un château où toute la valetaille est pétrifiée. Bien, sûr, il s’agit, normalement, de la Belle au Bois Dormant, sauf que celle-ci, camée à mort,  cadavre ambulant, vit dans la luxure. Ensuite, ils suivront les traces d’animaux et se trouveront dans une clairière et feront donc connaissance avec Blanche Neige, à peu près « normale » et fidèle à son histoire. Il y aura également Hans et Gretel cruels et shootés. Puis ils rencontreront Peau d’Ane, pardon l’Infante, qui fuit son père qui l’a mise dans son lit à la mort de sa mère et qui est très « infante » voire despote. Au fait, les pères de Blanche et de l’Infante sont les 2 princes sanguinaires.

Tout ce petit monde, avec d’autres qui s’arrimeront à leur cortège,  cheminent, à travers des « goupilles » vers la mer et l’espoir d’une vie nouvelle qui sera forcément meilleure !!!!!

C’est le premier livre de Brigitte Aubert que je lis et je ne suis pas déçue. Décontenancée au début, j’ai suivi Sept et Un avec soif pour une aventure des plus gouleyante. Le rouge n’est pas bordeaux, mais sang.. Nous sommes très loin de Walt Disney et plus près de Rabelais. C’est du brut de décoffrage, sauvage, déjanté. Ce fut une lecture jouissive, ou je me suis sentie comme un sale gosse. Cela défoule et fait du bien.

 

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